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Les maisons et hôtels sur la commune de Saint-Lunaire

Dossier IA35005978 réalisé en 1998

Fiche

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Appréhender la demeure dans le cadre d'une station de villégiature n'est pas toujours une chose aisée au cours de la phase de recensement. L'aspect extérieur d'une maison n'est pas suffisant pour affirmer qu'il s'agit ou pas d'une maison de villégiature, c'est à dire de ce qu'on appelle aujourd'hui d'une "résidence secondaire". De nombreuses maisons ont été transformées en maisons de villégiature dès la fin du 19e siècle, d'autres aux allures de villas sont construites pour les résidents qui les habitent et qui parfois les louent durant les mois d´été. On présentera donc une typologie générale des maisons, à l'échelle de la station, qui pourra être affinée par des recherches complémentaires.

A Saint-Lunaire, on peut distinguer deux types dominants de villégiature : la villégiature élégante des quartiers "urbains" de la station, c'est à dire inscrite dans le cadre d'un lotissement qui structure fortement le tissu et la typologie du bâti et la villégiature plus "libre" qui constitue des ensembles éparpillés le long de la côte avec une faible densité et un réseau, subordonné au bâti. Il s'agit là, comme l'exprime Emile Bergerat, d'avoir sa plage "à soi", sans se mêler à l'agitation de la station. Cette villégiature se traduit par des édifices exceptionnels comme le chalet La Louisiane, qui constitue vraisemblablement la première maison de villégiature du site, Le Nick, villa isolée et construite sur une vaste parcelle surplombant la mer, Le Port-Blanc et la Villa Caliban à la Fourberie, ou par des édifices plus modestes, simples "cabanes de plages" ou "chalets" appréciés des artistes (La Fourberie).

Dans la station, le lotissement joue un rôle déterminant dans l´implantation et la typologie des villas. L'implantation en isolé, en retrait d'une cour plantée (46%) ou en coeur de parcelle (23%), est majoritaire. La mitoyenneté totale (2%) ou partielle (7%) s'observe uniquement dans le quartier du centre, en particulier rue Saint-Jean ou encore boulevard de Saint-Cast avec le "collage" de plusieurs villas (Les Marronniers, les Terrasses, La Closerie), elle s'accompagne, dans les 2/3 des cas, d'un alignement à l'aplomb de la rue.

La maison de villégiature, se caractérise par la spécificité de son usage, lieu de séjour ponctuel qui génère un programme synthétique, et par sa dimension pittoresque, obtenue par un parti de plan, le plus souvent avec décrochement permettant un jeu de toitures, des éléments en saillie ou des effets de polychromie, qui participent à cet effet nécessaire de "légèreté" et de dépaysement.

Les premières villas sont construites sur la pointe du Décollé (Trinité, La Source ou encore Constantine), mais surtout en bordure de l´axe majeur de la station (Bagatelle, Sainte-Anne). Trois villas occupent une position dominante le Castel Sauffroy (actuelle mairie) conçu par l´un des promoteurs de la station, en bordure du boulevard maritime et à proximité immédiate du Grand Hôtel, la villa L´horizon, construite sur les hauteurs à l´ouest du « vieux bourg », et la villa Les Marguerites, au Décollé, sans doute dues au même architecte.

Le site de lotissement incite également à la construction de villas aux allures d´hôtel particulier comme les villas Lakmé ou Félicité.

Aux demeures construites dans les années 1880 par les promoteurs de la station, succèdent les nombreuses maisons de rapport, dont la villa Ker Loïc est un exemple bien conservé. De plan en L, le parti est simple et le programme réduit, le pittoresque est obtenu par un effet de polychromie et par la saillie des balcons et du porche en bois. La villa Les Ajoncs, implantée en parcelle d'angle, est une variante plus ambitieuse avec un volume cubique inscrit dans l'angle interne du plan en L. Ces villas sont parfois de plan rectangulaire à deux travées ou à trois travées. Dans ces cas, les éléments de décor sont plus nombreux ou plus proéminents. L´homogénéité des villas de Saint-Lunaire est due à la présence de Jules Lecreux, qui construit de nombreuses maisons, entre 1880 et 1914. La villa Jean-Joseph, exemple signé et daté par inscription constitue l'oeuvre de référence pour la production de cet architecte qui a pu travailler sous la direction d´Aimé Sauffroy.

Les modèles plus cossus (Castel d´Ys, Haute-Roche ou encore Les Deux Rives) sont implantés dans le quartier du Décollé ou à mi-pente, en retrait de la station, qu'ils surplombent (Le Tertre-aux-Scènes) mais aussi en bordure du boulevard maritime.

Les villas à deux unités d´habitation apparaissent dans les années 1890, La Brise-La Vague, L'Union-L'Accord ou encore Les Flots-Les Ondes. On distingue là encore des modèles économiques, destinés à la location (L'Alliance-L'Alliée). Leur appellation est souvent liée à leur typologie.

Bien que peu nombreux, les chalets sont particulièrement représentatifs de la maison de villégiature de bord de mer. Souvent construits par des entrepreneurs locaux, parfois sur des plans d'architecte, le confort y est minimum, la mise en oeuvre extrêmement simple (Ker Gar). Quelques chalets en bois ont été recensés, parmi lesquels La Louisiane et Fréhel Cottage sont les plus remarquables.

Les maisons dérivées des malouinières, sont le plus souvent des maisons d'armateur ou de capitaine qui sont parfois mises en location, c'est le cas de Printania, rue Victor Renaud, où Adelina Patti séjourne en 1877, et de Souïmanga, à La Fourberie, où Jules Verne passe ses vacances, en 1893. Il s'agit là d'une villégiature "marginale" plutôt à l'écart de l'animation de la station. Ces demeures sont nombreuses dans le vieux bourg (Maryjane ou Bellevue).

C´est enfin le style régionaliste, en vogue entre les deux guerres, qui incarnera le pittoresque de la maison de villégiature. Introduit par des architectes parisiens (A. Gagey et Legendre) ou régionaux (Laloy, Hémar et Guisnel), il montre sa capacité à s´adapter aux programmes les plus prestigieux (Le Revenant) comme les plus modestes, en apparence (Le Nid), voire à la production économique, diffusée par les entrepreneurs locaux.

Aires d'étudesIlle-et-Vilaine
Dénominationsmaison, hôtel
AdresseCommune : Saint-Lunaire
Période(s)Principale : 4e quart 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle
Décompte des œuvres repérées 243
étudiées 0