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Les maisons et fermes sur la commune de Saint-Coulitz

Dossier IA00005399 réalisé en 1986

Fiche

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Matériaux de constructions

La commune est traversée par plusieurs bandes géologiques d’orientation nord-ouest sud-est. Le nord de la commune est largement dominé par des schistes ardoisiers caractéristiques du bassin de Châteaulin. C’est dans cette zone que l’on retrouve les deux anciennes ardoisières exploitées au moins dès le 18e siècle et jusqu’à la fin du 19e siècle. Le reste de la commune est dominé par des grès et quartzites, pierres que l’on retrouve également fréquemment dans les constructions.

L’emploi massif de schistes bleus, grès et quartzites dans les constructions rurales rendent compte d’un approvisionnement en matériaux principalement local.

Les schistes bleus présents dans le sous-sol de la commune ont été très tôt utilisés comme moellons plats, très certainement avant leurs utilisations et exportations comme ardoises. On en retrouve dans les maçonneries à Kerviliou (17e siècle) ou à Rouantélez (1781), bien qu’ils soient associés à d’autres matériaux (schistes, grès, granite). Les parties les plus anciennes de l’église et de la chapelle Saint-Laurent présentent les mêmes associations de matériaux locaux schistes-grès-granite. La façade sud de l’église Saint-Coulitz (17e siècle ?) ainsi que la partie haute de la façade occidentale (17e siècle) de la chapelle Saint-Laurent et sa façade et transept sud (1706), présentent de belles maçonneries de moellons de schistes bleus allongés avec unité géologique.

Dans la partie sud de la commune, on retrouve fréquemment une association de schistes sombres, grès clairs et quartzites, conférant aux murs une certaine polychromie et une alternance de moellons allongés et grossiers.

Les schistes du bassin de Châteaulin, pierres « feuilletées » faciles à débiter en moellons allongés, et les différents grès à grains relativement fin donnant directement des moellons près à l’emploi, confèrent aux édifices anciens de Saint-Coulitz un aspect brut, souvent aux maçonneries non jointoyées.Le granite, pierre d’importation totalement absente du sous-sol géologique de la Région de Châteaulin, est réservé aux seules encadrements de portes et fenêtres. Les mises en œuvre les plus ancienne présentent des encadrements en plein cintre avec chanfrein. Dès le 18e siècle, les linteaux de portes et fenêtres en granite sont droits. Les simples linteaux de bois sont cependant fréquent, mise en œuvre caractéristique des pays de schiste, tout comme l’absence fréquente de chainages d’angle en pierre de taille. L’utilisation du bois comme linteau disparait toutefois vers le milieu du 19e siècle avec la généralisation de pierres de taille de granite standardisées. Le faciès le plus fréquent est un granite gris clair provenant probablement de la Région de Locronan.

Au 19e et 20e siècle, les maçonneries sont majoritairement constituées de tout-venant, principalement différents schistes et grès. Les mises en œuvre sont moins soignées du fait d’une généralisation des enduits de façade. Les encadrements et chainages d’angles sont traités en pierre de taille de granite d’assise d’environ 30 centimètre et assemblés en « harpe ».

Les constructions antérieures au 19e siècle

Des constructions antérieures au début du 19e siècle, il ne reste que peu d’exemples, pour la plupart remaniés au cours des siècles suivants ou à l’état de ruine.

L’édifice le plus ancien recensé sur la commune pourrait être la maison de l’ancienne ferme de Kerviliou. Portant la date de 1666, l’édifice a cependant subi de profondes modifications : abaissement de la toiture et de la tour d’escalier, remaniement des ouvertures…

La partie sud du hameau de Kernévez présente des édifices datables de la deuxième moitié du 18e siècle : présence sur le cadastre de 1809, moellons allongés de tout venant, linteaux de bois… Les ruines présentes à Ty André, au Pérennou, à Gouesnarc’h ou à Ty ar Vengleus sont les vestiges d’édifices construits avant 1809. De même, la maison au Run pourrait dater du 18e siècle.

L'habitat au 19e siècle

Quatre maisons sont particulièrement intéressantes du fait de leur composition et de la contemporanéité de leur construction. A Rouantélez, la maison construite en 1781, qui faisait partie d’un ensemble agricole plus vaste, adopte un modèle de façade ternaire, qui ne se généralisera qu’à partir de la deuxième moitié du 19e siècle, pour devenir le seul modèle constructible jusqu’au début du 20e siècle. La maison de Pennarun (1799, disparue), la deuxième maison de Rouantélez (1813) et la maison de Coatigonan (1824), suivent le même modèle. Les inscriptions portées sur les linteaux des maisons de Rouantélez et de celle de Coatigonan nous renseignent sur les commanditaires qui appartiennent à la même famille Le Queau.

Selon un phénomène bien connu, la plupart des fermes de la commune ont connu un renouvellement de leur construction dans la deuxième moitié du 19e siècle et le début du 20e siècle. Lié à différents facteurs économiques, sociaux et culturels, un nouveau modèle architectural de maisons va devenir le modèle unique des nouvelles constructions d’habitat sur la commune dès le milieu du 19e siècle, et jusque dans les années 1930. Cette forme d’habitat est basée sur une rationalisation et une symétrie des façades, selon un modèle « ternaire » (les façades présentent le plus souvent trois travées symétriques axées sur une porte centrale). L’augmentation de la population rurale (la commune compte jusqu’à 650 habitants à la fin du 19e siècle) et l’amélioration des techniques agricoles entrainent un renouveau quasi généralisé des constructions rurales. Le gout pour la symétrie et la recherche de lumière par la mise en place d’ouvertures plus grande sont également liés à la généralisation de la fenêtre à petits bois et vitres. De même, les phénomènes d’industrialisation, l’amélioration des voies de communication et l’apparition du chemin de fer dès les années 1860 facilitent l’utilisation de matériaux standardisés et importés. Enfin, c’est surtout les normes hygiénistes et la séparation de plus en plus marqué des hommes et des animaux, qui poussent à la construction d’édifices exclusivement réservés à l’habitat, rompant nettement avec les pratiques anciennes.

49 maisons de type ternaire ont été recensées, dont 24 constituent l’habitation d’une ancienne ferme. 17 de ces maisons présentent un plan simple en rez-de-chaussée. Le modèle le plus fréquent est un bâtiment à trois travées et trois niveaux (rez-de-chaussée, étage, comble).

Dépendances

90 anciennes dépendances agricoles ont été identifiées dans les 38 « fermes » recensées sur la commune.

Mis à part pour quelques exemples isolés (Kerroué, Pennarsuill), la majorité des dépendances ont été construites ou reconstruites au 19e siècle, dont la fonction est massivement orienté vers l’élevage de vaches et chevaux. Edifiées de manière isolées ou en alignement de la maison, les procédés de constructions sont les mêmes que dans l’habitat du 19e siècle : chainage d’angles, ouvertures de portes et fenêtres traités en pierres de taille de granit agencées en harpe. Les fenêtres, de petites dimensions, sont souvent réduites à un simple jour, dont la fonction semble plus être d’apporter une aération que de la lumière.

La forte dégradation de ces éléments et l’absence de témoignages rendent cependant difficile l’identification des fonctions d’origine pour bon nombres de ces bâtiments. 16 anciennes granges ont pu être identifiées, construites entre la fin du 19e siècle et le début du 20e siècle. Ces édifices de plan rectangulaires présentent principalement une porte charretière en mur gouttereau.

A partir des années 1930 puis après la seconde Guerre mondiale, l’augmentation des rendements agricoles et de la superficie des exploitations entrainent la construction d’une soixantaine de grands hangars à ossature bois couverts en ardoise ou en tôle.

6 puits ont été recensés, dont il ne reste souvent que la margelle. Le taux de disparition de ces dispositifs d’accès à l’eau autrefois vitaux, devenus simples ornements décoratifs ou désaffectés, est important. Le puits de Kernévez présente une mise en œuvre soignée en pierre de taille.

Habitat au 20e siècle

Depuis les années 1980, la commune connait un phénomène d’abandon des anciennes exploitations du fait d’un exode rural important couplé à l’apparition de nouvelles zones d’habitat de type pavillonnaire ou en lotissement principalement sur les secteurs du bourg, de Pennaros et de la Pointe. Si l’on exclut ces zones d’habitat récentes, quatre-vingt maisons ont été recensées, construites jusque dans les années 1970 de manière isolée (quarante-deux) ou incluse dans une ancienne ferme (trente-huit). Vingt-six de ces maisons sont aujourd’hui en mauvais état ou abandonnées (32,5%). De même, quatre-vingt-dix anciennes dépendances de plus ou moins grande superficie (étables, écuries, granges…) sont reparties dans les trente-huit anciennes fermes recensées. Construites en alignement du logis, ou de manière isolée rattachées à une ferme, la quasi-totalité de ces dépendances sont aujourd’hui en mauvais état ou abandonnés (85%).

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Dénominations maison, ferme
Adresse Commune : Saint-Coulitz
Cadastre : ?
Toits ardoise
Murs granite
schiste
grès
Décompte des œuvres bâti INSEE 129
repérés 3
étudiés 3