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Les fours à chaux de la commune de Roscanvel

Dossier IA29004789 réalisé en 2011

Fiche

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Dénominations four à chaux
Adresse Commune : Roscanvel

Quatre fours à chaux sont répertoriés sur la commune de Roscanvel. Deux sont liés à une activité de briqueterie, deux autres ont une activité chaufournière unique. L´annuaire statistique du département du Finistère pour l´an XII, indique la fabrication à Roscanvel "de la chaux pour le service du port de Brest et des fortifications maritimes et pour celui du génie de terre de l´arrondissement de Brest." Quant à " la quantité que l´on fabrique [elle] peut s´élever à 700 barriques par mois et que la barrique de chaux se vend à Brest 8 francs 50 centimes. " Les fours à chaux de Roscanvel sont construits près des sites d'extraction. Le père Grégoire indique que avant la révolution des fours étaient érigés à Lanvéoc, Rostellec et Roscanvel, "presque tous étaient la propriété de bourgeois." D'après A. Dizerbo, le four à chaux de la Fraternité avait été construit "lors de l'établissement des fortifications. A la révolution il appartenait au citoyen Gaspard Alexandre Pennarun, un affairiste qui l'avait acquis avant cette époque ; le four consommait alors 1 700 fagots par mois." L'exploitation du calcaire à Roscanvel soulève quelques problèmes : le 14 juillet 1824, le directeur des domaines écrit au préfet du Finistère au sujet des exploitations entreprises sur le rivage de la mer à Roscanvel « par des particuliers qui extrayent à leur profit des pierres propres à faire de la chaux ». L´extraction s´élève à environ 1000 toises par an. La toise de pierre se vend 18 francs et les frais d´extraction sont à peu près de 12 francs ce qui donne 6 000 francs pour le bénéfice qui résulte de cette opération. Les pierres étant sur le domaine maritime, c'est-à-dire qu´elles sont recouvertes par la mer à marée d´équinoxe, c´est au gouvernement de donner le droit d´affermage. La Marine étant grande consommatrice de chaux, l´intendant de la Marine en 1824 indique « depuis un an la Marine a entrepris de fabriquer elle-même la chaux dont elle a besoin. « Afin de passer outre les querelles des chaufourniers de la commune et par souci d´autonomie." Quant à la commune de Roscanvel, le maire se demande "si la commune ne serait pas fondée à concéder à prix d´argent le droit d´extraire de la pierre calcaire sur les rivages et de créer ainsi un revenu ». Le risque étant une augmentation du prix de la chaux, en raison d´une hausse de taxes, au détriment de la Marine grande consommatrice. En 1861, Aristide Vincent est autorisé à extraire le calcaire sur la grève de Postermein. Le four à chaux de la Fraternité a été en activité de 1800 à 1875. La calcaire utilisé provenait d´un affleurement tout proche. Une réserve d´eau a été artificiellement créée pour refroidir la chaux. Le bois de chauffe provenait de Plougastel. Le four à chaux de Postermen, intégré à une briqueterie, utilise le calcaire extrait de la grève. Il est probablement en activité dès la fin du 18e siècle. Les fours à chaux de Quélern sont associés à la briqueterie. On sait, grâce aux écrits de Gilbert-Villeneuve, que, dès 1803, ces fours produisaient « une quantité de 700 barriques de chaux par mois » pour le service de la Marine et des fortifications. Le descriptif de la propriété en 1883 précise qu´il existe une canalisation menant l´eau à l´usine. Les fours et la briqueterie sont vendus en 1834 à M. Bordion. L´activité cesse en 1883. Le four à chaux du bourg est aussi associé à une briqueterie. Construit en 1809 pour répondre à la demande croissante de chaux et de tuiles, il appartient à la famille Rideau puis à Jean-François Salomon. L´activité cesse en 1878.

Période(s) Principale : 19e siècle

Fours à chaux implantés à flanc de falaises de façon à bénéficié d'un accès commode en partie basse pour le foyer et en partie haute pour le chargement. Les fours à chaux sont d'imposants fours de forme cylindrique alimentés par leur ouverture située en haut. La chaux vive devant être éteinte à l'aide d'une grande quantité d'eau, les fours se trouvent soit près d'une source soit près de la mer ce qui est le cas pour les fours de la commune. A la Fraternité, une digue avait été construite pour créer une retenue d'eau. Les fours à chaux se situent à proximité du filon exploité.

Eléments d'un four à chaux : la calcination du calcaire s'effectue dans un four à chaux. L'intérieur du four est ovoïde ou cylindrique sa paroi est tapissée de pierres ou de briques réfractaires. Pour éviter la déperdition de chaleur les murs sont très épais. Le chargement en combustible (bois, charbon de bois ou de terre) et du calcaire se fait par l'ouverture supérieure, le gueulard, établie sur la plate-forme ou terrasse. La sortie de la chaux se fait par les bouches de défournement, par la base. Les fours à chaux sont à calcination périodique ou permanente, à longue flamme ou à flamme courte.

Murs granite
brique
gneiss
calcaire
Décompte des œuvres repérés 4
étudiés 4

Annexes

  • De la bonne préparation de la chaux et des mortiers :

    Extrait du rapport de l'Ingénieur de l'arrondissement de Châteaulin Tourbiez, concernant le projet d'amélioration du port du Fret (Archives départementales du Finistère, 4 S 1389).

    36. Chaux. Manière de procéder à son extension.

    La chaux sera prise à Brest et proviendra du calcaire de la rade. Elle sera de qualité la plus hydraulique, bien cuite en pierre et non en poudre et récemment sortie du four. On la transportera à pied d'oeuvre dans des barriques bien hermétiquement fermées. Elle sera éteinte de la manière suivante au fur et à mesure des besoins. On l'étendra dans un bassin imperméable disposé à proximité des travaux par couches de 20 à 25 cm d'épaisseur sur chacune des quelles l'eau sera répandue avec soin de telle façon qu'elle puisse pénétrer partout. On continuera ainsi à jeter alternativement de la chaux et de l'eau en se gardant bien de brasser la matière et de la réduire en laitance et en prenant, d'ailleurs, toutes les précautions convenables pour que la fusion ne s'opère point sans eau et qu'elle soit complète et uniforme. A cette fin on enfoncera un bâton pointu dans les endroits où l'on soupçonnera l'absence d'eau. Si ce bâton en sort enduit d'une chaux gluante, l'extinction sera bonne ; s'il en sort au contraire une fumée farineuse ce sera un indice que la chaux dans cette partie a fusée à sec. Dans ce cas on élargira ce trou formé par le bâton, on en pratiquera d'autres à côté et l'on y amènera l'eau par de légères rigoles pratiquées à la surface de la matière. L'extinction terminée, la chaux sera soigneusement purgée de tous les fragments incuits qu'elle pourra contenir et déposée immédiatement après dans un second bassin aussi imperméable établi, à cet effet, à côté du premier. Lorsqu'elle aura acquis la consistance de pâte ferme on la recouvrira d'une épaisse couche de sable. La chaux éteinte depuis plus de dix jours sera rejetée et lorsqu'elle aura durci dans le bassin on la ramollira au moment de l'emploi sans le secours de l'eau en la battant d'aplomb avec un pilon en bois.

    37. Pouzzolane artificielle.

    On emploiera dans la composition du mortier hydraulique la poudre schisteuse de Brest torréfiée. Cette matière sera bien et nouvellement cuite, de la meilleure qualité et transportée du lieu de fabrication c'est à dire, des fours à chaux de Brest, à pied d'oeuvre dans des sacs ou des fûts exactement fermés [...]

    40. Composition des mortiers.

    Le mortier hydraulique sera composé de deux parties de poudre de schiste cuit sur une partie de sable de mer et deux parties de chaux éteinte en pâte ferme. Celui de chaux et sable sera dosé dans la proportion d'une partie de chaux sur deux parties de sable.

    .Celui pour passage sera composé d'une partie de poudre de schiste torréfié sur une partie de sable et une partie de chaux éteinte.

    Ces différentes substances seront corroyées sur une aire de planches jointives et à couvert, à l'aide de pilons de bois ou de battes en fer sans addition d'eau et jusqu'à parfait amalgame.

    On ne préparera à la fois que la quantité de mortier qu'on pourra consommer dans la journée ou dans deux journées au plus. S'il en restait le premier jour, il serait rebattu le lendemain avant d'être employé afin de prévenir les dessications partielles, après avoir été humecté d'eau de chaux dans la cas où il aurait déjà durci à la surface.

  • Voir aussi enquête thématique régionale sur le patrimoine maritime culturel - Four à chaux de la Fraternité : .

    Voir aussi enquête thématique régionale sur le patrimoine maritime culturel - Four à chaux de Postermen : .

    Voir aussi enquête thématique régionale (fortifications littorales) - 2002 - Guillaume Lecuillier : Four à chaux, Pointe de la Fraternité (Roscanvel) : .

Références documentaires

Périodiques
  • CHAURIS Louis, CADIOU Didier, KERDREUX Jean-Jacques. Argiles et briqueterie aux abords de la rade de Brestdans Avel gornog, n°9, 2001.

    p. 28
  • CHAURIS, Louis Calcaire et four à chaux des abords de la rade de Brest, dans Avel Gornog 7 juin 1999.

    p. 44