Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Les fermes et maisons des écarts de Lanvéoc

Dossier IA29004758 réalisé en 2011

Fiche

Le présent dossier concerne uniquement l'habitat rural proprement dit, c'est-à-dire les maisons et fermes situées en écarts ainsi que des hameaux entiers en l´absence de données historiques permettant de compléter les dossiers individuels. Le bâti du bourg est traité dans une autre notice.

Dans la présente étude, il y a peu de notices individuelles en raison des altérations importantes sur de nombreux édifices et de la répétitivité des modèles les plus récents.

Les modifications de l´habitat, sont liées aux évolutions d´usage et/ou de mode de vie (Kergalet, Kerzouanec), ou aux bombardements de 1943 et 1944. Tous les hameaux se trouvant au pourtour de la Base aéronavale ont été bombardés (Luguniat, Kerguéréon, Keralan, Kertanguy, Kersimon, Guernigenet, Kernaval) certains ne conservent plus aucun bâti antérieur aux années de la guerre (Kerborhel) ou très peu (Guernigenet).

Cependant, quelques hameaux ont conservé du bâti peu modifié et bien restauré (Seveleder ; Reun ar c´hrank ; La Boissière) et de façon ponctuelle quelques fermes et maisons sont à signaler (Sévignon ; Guénatec ; Kerguilivit ; Kersuelet ; Messibioc ; Kervengan ; Kerhontenant). L´étude du cadastre de 1831 permet de compléter cette analyse.

Lors de l'enquête, 112 maisons et fermes ont été recensées sur l´ensemble des hameaux de la commune : 20 % pour le 17e siècle, 21% pour le 18e siècle, 38% pour le 19e siècle et 13% pour le 20e siècle (jusqu´au milieu du siècle). Le degré d´authenticité calculé pour l´ensemble du bâti rural est de 23%. Ainsi, bien que souvent présent sur le cadastre relevé en 1831, et incluant des éléments anciens dans la maçonnerie (encadrements des ouvertures ; souches de cheminée) ou la charpente, le bâti rural est très modifié. Les propositions de datations sont cependant faites à partir de ces traces anciennes. Les pourcentages présentés ici ne prennent en compte que les datations principales et non les datations secondaires. Les dates inscrites sur les bâtiments vont de 1651 à 1925, elles sont gravées ou sculptées sur les linteaux de porte.

Composition d´ensemble :

Lanvéoc compte beaucoup de hameaux. Composés d´anciennes fermes de taille modeste. Le bâti s´est développé le long des voies d´accès, soit en parallèle (Penzer ; Keralan ; Guernigenet) soit perpendiculairement (Kergloff). Parfois, l´implantation se fait autour d´une cour (Kerlaboussec ; Kersuélet). Ces différentes implantations se retrouvent combinées dans un même hameau. L´implantation peut parfois sembler anarchique comme à Guénatec.

Les lavoirs de la commune ont été créés ou remis en état durant les années 1950, ils n´ont pas été étudiés. Le cadastre de 1831 ne mentionne qu´un seul lavoir, à Guenatec. On peut supposer que les sources indiquées sur le cadastre ainsi que la rivière de Kerloc´h et ses confluents devaient servir de lavoirs. Leur recensement n´a pas été exhaustif (Le Grand Launay ; Kersimon). Les délibérations du conseil municipal des années 1952 à 1956 portent sur la remise en état et/ou la création des lavoirs suivants : Kersouanec, Kersimon, Botsant, grand Launay, Saint-Efflez, Guernigenet. La décision de construire un lavoir à Kertanguy date de juin 1962.

La fontaine Saint-Thélo, rue du Poulmic, est indiquée sur le cadastre de 1831.

Quelques puits ont été recensés : Guernigenet, Penzer. Traversée par plusieurs cours d´eau (ruisseau de Kerloc´h ; cours d´eau alimentant l´ancien moulin mer du Poulmic ; source de Reun ar c´hrank ; source de l´actuelle rue des écoles) la commune de Lanvéoc possédait de nombreux puits. Suite à la construction du parc à hydrocarbures les sources n´ont plus été jugées potables. En raison de leur emplacement dans les propriétés privées, il n´en a pas été fait un inventaire exhaustif.

Les fours à pain (édicule dans lequel on fait cuire le pain), et fournils (bâtiments de dimensions habitables dans lesquels se trouvent le four à pain), nombreux sur le cadastre de 1831. Il en a été recensé des vestiges à Kerguéréon, Keralan. Situé dans une propriété privée, celui du Grand-Launay est en bon état. A noter, à Kertanguy, un logis occupe un ancien fournil indiqué sur le cadastre ancien.

Les granges, remises, étables et écuries ont été modifiées, réhabilitées en logement (Reun ar c´hrank). Il en subsiste donc peu sur le territoire de Lanvéoc. On peut tout de même évoquer les exemples de Seveléder, Kervingan et la Boissière.

Matériaux et mise en œuvre :

Les schistes et le grès d´extraction locale fournissent la majorité du gros-oeuvre sous forme de moellons. On trouve des encadrements de portes de pierre provenant des carrières de l´île longue (Séveleder) mais aussi en microdiorite quartzique, granite et plus rarement en kersantite. Les baies des maisons construites entre la fin du 16e siècle et le début du 18e siècle font souvent l'objet d'une ornementation sculptée sur des pierres importées (accolades, chanfreins, moulures, volutes et coeurs sur les linteaux, griffes, sifflets et amortissements à la base des piédroits).

Structures et typologies :

Le logis élémentaire représente la quasi-totalité du bâti rural recensé. Il comporte une salle au rez-de-chaussée surmontée d'un comble à surcroît plus ou moins développé à usage de grenier. La façade présente une ou deux fenêtres suivant que le plan est massé ou allongé. Les logis les plus anciens datent des 17e-18e siècles (Kerbigot) présentant des modifications au cours du 19e siècle (modifications des ouvertures ; façades rehaussées). Les dépendances sont le plus souvent des appentis flanqués perpendiculairement à la façade nord (Seveleder ; Sevignon), parfois elles sont construites dans le prolongement du logis, formant ainsi un alignement (Le Grand Launay ; Villeneuve ; Kergoff ; Hellen ; La Boissière) ou bien autour d´une cour (Kerlaboussec).

Dans les logis de plan allongé à deux fenêtres de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle, on trouve parfois deux cloisons en bois formant couloir central qui délimitent deux pièces à usage de salle et de cellier/chambre à l'imitation des modèles urbains. Il en existe un exemple à Kernaval, logis du 17e siècle, modifié au cours du 19e siècle.

Les logis de type ternaire sont le plus souvent d'anciens logis élémentaires modifiés et rehaussés. Un seul logis de type ternaire (initialement et non modifié) a été recensé dans les écarts : Kerguilvit (1870).

Deux logis du 18e siècle, présentant des volumes et une élévation, différente du logis élémentaire est à prendre en compte : Kersuélet et Guenatec (deux niveaux et un étage de combles).

Les manoirs : Sur les cartes anciennes le seul manoir indiqué était celui du Poulmic. Cependant, deux logis reprennent cette terminologie : Hellen et Kerhontenant. Il s´agit en fait de demeures extrêmement modifiées au cours du 19e siècle et du 20e siècle.

Couvertures et mise en œuvre :

L´ardoise est omniprésente sur le bâti rural. Quelques dépendances sont couvertes de tuiles (Kergoff ; Kersouanec ; Sevelder ; Kerguéréon ; Penzer) mais peu. Les toitures, pour l'essentiel, ayant été refaites suite aux bombardements de 1944 ou rénovées dans les décennies suivantes, c´est l´ardoise qui domine.

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique, Crozon
Dénominations maison, ferme, écart
Adresse Commune : Lanvéoc

Dates portées : 1651 ; 1745 ; 1749 ; 1780 ; 1806 ; 1834 ; 1855 ; 1857 ; 1866 ; 1869 ; 1870 ; 1892 ; 1894 ; 1925.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 20e siècle