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Les églises et chapelles sur la commune de Quimperlé

Dossier IA29000470 réalisé en 2001

Liés aux élans spirituels, politiques et économiques, la Cornouaille du sud connaît, entre 1100 et 1700, trois périodes propices à l´essor de l´architecture religieuse. Au début de l´ère romane, l´église abbatiale Sainte-Croix de Quimperlé est, par l´originalité et l´ampleur de son plan - il restera pourtant sans postérité - l´une des créations les plus exceptionnelles et ambitieuses de la Bretagne médiévale. Le décor monumental des chapiteaux traduit une influence de Saint-Benoît-sur-Loire, Redon et Nantes qui atteint, sans retard, les terres des comtes de Cornouaille entre la fin du 11e et le début du 12e siècle.

La seconde période coïncide avec le mécénat des élites urbaines et celui du duc Jean V. Dans les années 1430, on fait appel aux ateliers d´architectes et d´artisans actifs au Faouët et à Kernascléden, pour reconstruire une partie de la chapelle Notre-Dame. La tour du transept et le porche nord, chef-d´oeuvre du gothique flamboyant, témoignent de l´influence de la cathédrale de Quimper.

Le troisième temps fort est marqué par l´essor du commerce maritime et le mouvement de Réforme catholique, sensibles entre le milieu du 17e et le début du 18e siècle : construction des couvents d´ursulines et de capucins, reconstruction du couvent de dominicains et surtout, reconstruction, à l´exception de l´église, le l´abbaye Sainte-Croix (1668 -1705). Ces réalisations adoptent des partis architecturaux similaires et conformes à l´architecture conventuelle de l´époque, avec un recours notable à la pierre calcaire acheminée par bateau. Chantiers considérables pour une ville qui, vers 1640, ne compte guère plus de 2000 habitants, ils favorisent l´intervention d´architectes confirmés comme, par exemple, Olivier Delourme, connu pour ses réalisations à Vannes, Saint-Gildas-de-Rhuys et auteur des châteaux de Loyat et de Kerguéhennec. Thomas Jouneaux, auteur des plans des abbayes mauristes de Rennes, Solesmes et Angers et du clocher de Sainte-Croix, n´est sans doute pas étranger à la conception globale de la reconstruction de l´abbaye bénédictine. S´ensuit, au 18e siècle, un ralentissement des chantiers. L´intervention de l´architecte diocésain Joseph Bigot dans la seconde moitié du 19e siècle se manifeste, conforme au goût pour les standards néo-romans de l´époque, par la reconstruction, après effondrement, de l´église Sainte-Croix (1864-1868), Parmi les rares réalisations du 20e siècle figurent la chapelle de la Retraite et surtout la chapelle des ursulines à Kerbertrand qui, élevée en 1933 (André Chaussepied, architecte), témoigne du courant néo-régionaliste de l´entre-deux-guerres.

Aires d'étudesQuimperlé
Dénominationséglise, chapelle
AdresseCommune : Quimperlé

Sur un total de vingt-quatre édifices religieux repérés sur le territoire communal, quatre églises (Saint-Colomban, Sainte-Croix, Notre-Dame et Saint-Michel, Saint Théa) et deux chapelles (Saint-Laurent, Saint-David) ont été étudiées dans un dossier individuel. Trois chapelles ont été traitées en tant que parties constituantes d´un édifice étudié (Saint-Eutrope de l´hôpital Frémeur, Notre-Dame d´ursulines, Saint-Louis de Keransquer, Notre-Dame de Kerbertrand). Douze édifices religieux ont disparu et parmi eux, quatre chapelles qui dépendaient respectivement de l´ancienne abbaye Sainte-Croix (chapelle Saint-Gurthiern), de l´ancienne abbaye de dominicains (chapelle Saint-Jacques), de l´ancien couvent de capucins et du château du Lézardeau. Parmi les autres édifices disparus, quelques-uns présentaient un intérêt architectural certain comme, par exemple, l´ancienne église paroissiale Saint-Michel, sans doute du 14e siècle et détruite en 1772 ; d´après Ogée, « les cintres hardis, les belles arcades, les colonnes, la tourelle octogone surtout, parfaitement exécutée en pierres de taille, annonçaient un monument important et une grande antiquité ». D´autres figurent encore sur le cadastre de 1825, à l´instar de la chapelle Saint-Yves située à la sortie ouest de la ville ou encore la chapelle Notre-Dame, au faubourg du Gorréquer, construite au 17e siècle et détruite vers 1970. Ayant disparus avant la fin du 18e siècle, sept édifices, sans doute de dimensions modestes, n´ont pas pu être localisés avec certitude (Saint-Nicolas, Sainte-Catherine, Trélivalaire, Saint-Jean-Baptiste, Notre-Dame de Bonne Nouvelle, Notre-Dame de Lorette à Lothéa, Saint-Yhuel). La chapelle Saint-Sébastien s´élevait dans l´actuelle rue Dom Morice. La concentration d´édifices religieux est particulièrement élevée en milieu urbain, aussi bien en haute qu´en basse ville, plus parsemée dans les faubourgs et le long des principales voies de communication, alors qu´elle est faible en milieu rural. La présence de quatre édifices religieux et d´un cimetière sur une seule place urbaine (Saint-Michel), qualifiée au 17e siècle de « montagne de prestres », est exceptionnelle.

Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 12e siècle
Principale : 13e siècle
Principale : 14e siècle
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1ère moitié 20e siècle
Auteur(s)Auteur : Chaussepied André architecte
Auteur : Bigot Joseph architecte
Auteur : Jouneaux Thomas architecte
Décompte des œuvres bâti INSEE 5185
repérées 24
étudiées 7

Références documentaires

Bibliographie
  • OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843.

    p. 427-437
  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

    p. 358-363 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Prestige d´une cité bretonne. Quimperlé. Les rues du Château et du Gorréquer. Ouvrage collectif : Société d´histoire du pays de Kemperlé, Bannalec, 1990.

  • L´Abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, des origines à la Révolution. Actes du colloque de Quimperlé, 1998. Centre de recherches bretonnes et celtiques, université de Brest. Association des amis de l´abbaye de Sainte-Croix. Quimperlé, 1999.