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Les écoles de Plouër-sur-Rance

Dossier IA22132526 réalisé en 2015

Fiche

L'école Saint-Joseph : une longue histoire

La première école Saint-Joseph, oeuvre de la famille de la Haye de 1707 à la Révolution

Suite au disposition testamentaire de Pierre de la Haye, Joseph de La Haye prit, en 1707, la décision de mettre à la disposition des sœurs de la Charité une maison située au bourg. Il choisit pour cela l'emplacement de l’ancien temple protestant édifié par les Gouyon dans la partie nord du clos des Vignes qui leur appartenait. M. de La Haye fit donc reconstruire une maison telle qu’elle est aujourd'hui avec ses belles pierres de taille, sa sévérité d’aspect et son fronton triangulaire d'entrée. Au-dessus de la porte, on distingue encore vaguement un blason sculpté dans la pierre et martelé à la Révolution portant les armes de La Haye. Il semble que les trois sœurs, devenues quatre un peu plus tard, s'installèrent en cet endroit durant l’année 1711. L'abbé LEMASSON indique dans son "Histoire du Pays de Dinan” que l'habitation "se composait d’une cuisine et de deux salles au rez-de-chaussée, deux chambres au-dessus, avec grenier, cave, caveau, jardin clos de murs vers le midi, cours close vers le nord, avec puits, celliers et volaillerie, plus un bâtiment appelé l’école et un cabinet à pansements”. La présence des sœurs de la Charité à Plouër se prolongea 83 ans. Il existe peu de renseignement sur leur activité, le rayonnement de leur établissement et le nombre des petites filles fréquentant l’école. Il est vraisemblable que ce nombre était peu élevé : les menues taches ménagères, la surveillance des petits frères et sœurs, la garde du bétail, les retenaient à la maison. Il semblerait d’ailleurs que les sœurs aient privilégié leurs fonctions d’infrmières par rapport à celles d'enseignantes. Quant au nom donné à l’établissement une tradition veut qu’il ait déjà reçu celui de Saint Joseph.

En I791, le Comte de Plouër, Victor de La Haye émigra et fit partie de "l’armée des Princes". Ses possessions furent sous séquestres, puis déclarés biens nationaux. La maison Saint-Joseph fut classée elle aussi bien national. Durant 30 ans, de 1794 à 1824, les petites filles de Plouër vont être privées d'établissement scolaire.

La deuxième école : l'action de Marguerite Desguetz et de ses héritières

Au bourg de Plouër, devant la façade sud de l’église et donnant sur la rue du Four à chaux, demeuraient au début du 19e siècle Bertranne Lemesle et ses enfants. Deux de ses filles travaillèrent de concert, comme fondatrices de l’École des Filles de Plouër. La maison des Desguetz-La Noé date du 18e siècle, elle comprend deux corps de bâtiments à angle droit donnant sur une cour et un grand jardin. Le tout est clos de murs et possède diverses constructions annexes. L'aile de gauche se compose de 3 pièces, l'aile de droite est un vaste cellier. Deux escaliers conduisent au premier étage avec 5 ou 6 pièces différentes, avec au-dessus de très grands greniers. L'ensemble formait et forme encore un ensemble imposant. Marguerite Desguetz, très pieuse et charitable, déplore que Plouër ne possède plus d’école pour fillettes, ni de bureau de bienfaisance comme c’était le cas avant 1789. Après la mort de sa mère, elle décide de faire revivre ces deux organismes et de les installer dans sa propre maison. En 1824, elle ouvre une petite école de filles et la confie à des personnes de la paroisse qu’elle charge en même temps de distribuer les secours du "Bureau de Bienfaisance”. Leur maison sera désormais appelée le couvent Saint-Joseph.

Marguerite meurt dans sa maison en 1837 et elle sera inhumée dans l'église de Plouër où sa pierre tombale est tout à fait visible dans la partie gauche du transept à la hauteur de la porte de la sacristie, elle est la dernière personne à avoir été ensevelie dans l'église.

Agrandissement jusqu'en 1896

Après la disparition de Marguerite Desguetz, ses héritières spirituelles continuèrent son œuvre. Les classes se tenaient comme par le passé dans la maison d’habitation devenue vite trop petite car le nombre des enfants augmentait régulièrement d’année en année. Il fallait trouver une solution. Contigu à la maison et donnant sur la route de Dinan l’ancien temple protestant transformé en école par M. de La Haye en 1707 convenait d'autant plus à l’extension projetée qu’il suffisait de percer une porte dans un mur mitoyen pour faire communiquer les deux jardins. Les "demoiselles" décidèrent de tenter l’aventure. L'ancienne école était devenue la propriété du docteur Ollivier ; âgé de près de 75 ans il avait cessé toute activité professionnelle et donna en 1851 son accord à la transaction pour le prix de 7 000 francs. L’opération ne fut possible qu’avec le concours financier d’Hippolyte de la Haye dernier comte de Plouër issu de la famille de La Haye. Ainsi la Maison Saint Joseph retrouvait-elle 57 ans plus tard sa vocation d’école, la maison Desguetz continuant à abriter les demoiselles, à servir d'infirmerie, à assurer le fonctionnement de la cuisine et du réfectoire.

Dès 1855, devant le nombre croissant des écolières on construisit un autre bâtiment relié à 2 niveaux à la maison Saint-Joseph par des couloirs. Au rez-de-chaussée furent aménagées 2 grandes classes et au-dessus une chambre et une vaste chapelle avec sa sacristie. Cette chapelle terminée en juillet 1857 fut placée sous le vocable de N.D. de la Salette.

En 1896, fut réalisé l’aménagement d’une cour de récréation pourvue d'un préau sur lequel on édifia deux nouvelles classes de 40 m2 chacune. L’école Saint Joseph avait acquis sa structure définitive, qu’elle devait garder pendant près de cent ans de 1896 à 1991. L'école devient mixte en 1968 et tout le primaire y est regroupé.

En 1980, les bâtiments de Saint-Joseph et du couvent n'étaient absolument plus adaptés au fonctionnement d'une école primaire et maternelle. En janvier 1990 le projet de transfert de l'école dans les anciens locaux rénovés du collège Saint-Stanislas est approuvé, ainsi que la vente de l'ensemble des anciennes constructions.

L'unique école de garçons de Plouër, installé à Bel-Air en 1824 et dirigée par les frères de Ploërmel, fut laïcisée en 1890, ce qui conduisit à la création presque immédiate d'une école libre de garçons à la Ville-au-Bault.

L'école communale

En 1824 Mme Mathurine Richard, veuve Sauvage, fait don à la commune de deux maisons contiguës "pour servir à l'établissement d'une école chrétienne, ou toute autre école pour l'instruction des garçons dans le cas où l'on ne pourrait pas avoir de frère de l'instruction chrétienne". Cette maison est située près du bourg à Bel Air.

Le début de l'école publique

La loi Guizot du 28 juin 1833 reconnaît la liberté d'enseignement. Dès 1855 une lettre de l'inspecteur d'Académie signale des travaux à effectuer dans la maison d'école : murs à peindre, à crépir, plafond à blanchir, le conseil municipal prend conscience de l'insalubrité du bâtiment et envisage l'achat d'un terrain. En 1861, le nouveau bâtiment d'école, composé de trois classes, est terminé et meublé. Dans une lettre au préfet, le maire M. Roger exprime sa fierté d'avoir "l'école la plus florissante du département". Ce nouveau bâtiment est complété en 1872 par un mur et un préau. L’enseignement est assuré par des frères et des laïcs.

Le 11 octobre 1885, le conseil municipal décide la construction d'une maison d'école pour les garçons et d'un pavillon pour le logement des instituteurs. Le bâtiment construit en 1860 deviendra une école communale de jeunes filles et y sera adjoint un pavillon destiné au logement des instituteurs. Depuis 1824, il n'y avait à Plouër qu'une unique école de filles, celle de Saint-Joseph. L'école publique de filles est apparue en 1890.

La nouvelle école de garçons fut construite à la Ville Mévault (rue de la Vieille Côte). En 1887, seul était construit le grand pavillon. Au début du 20e siècle, les bâtiments de l'école publique de filles situées à Bel AIr et ceux de l'école de garçons de la Ville Mévault sont terminés. Ils ne subiront jusqu'en 1945 que peu de transformation.

Aires d'études Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Dénominations école
Adresse Commune : Plouër-sur-Rance
Période(s) Principale : 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

Références documentaires

Périodiques
  • Le Carrouge, n°1 à 92, revue de l'association Le Carrouge, Plouër-sur-Rance.

    Bibliothèque municipale de Dinan