Logo ={0} - Retour à l'accueil

Les écarts du Cap de la Chèvre (Crozon)

Dossier IA29004177 réalisé en 2007

Fiche

  • Village de Lostmarc'h
    Village de Lostmarc'h
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • maison
    • remise agricole
    • étable
    • mur de clôture

Œuvres contenues

Appellationsvillages du Cap de la Chèvre
Parties constituantes non étudiéesmaison, remise agricole, étable, mur de clôture
Dénominationsécart
Aire d'étude et cantonBretagne - Crozon
AdresseCommune : Crozon
Lieu-dit : Rostudel Keravel Kerroux Kergonan Saint-Norgard Menesguen Kerguillé Kergonan Dinan la Palue Bregoulou Lostmarc'h Kertanguy Goulien Kersiguénou Kerdreux Lesteven Rosinec Kernaléguen Kerrellot Kerlouantec

Le long de la côte de la presqu´île de Crozon, on observe de modestes hameaux, appelés ici « villages », bénéficiant d´un accès direct à la grève et construits sur un modèle de petites maisons basses serrées les unes contre les autres pour résister aux vents balayant cette côte ouverte sur le large (habitat bioclimatique). Leur construction, en grès, quartzite ou dolérite, date, le plus souvent, des 17e et 18e siècles. Ces maisons et dépendances servaient à la fois d´habitat et de remises pour les travaux agricoles, de crèche pour la vache et le cochon et éventuellement d´abri pour les quelques engins de pêche de la famille. Ces écarts ne sont que très partiellement liés au maritime, cependant la pêche a toujours apporté un complément alimentaire pour les familles et souvent un revenu annexe, avec les petits surplus agricoles qui étaient commercialisés. Peut-on pour autant qualifier les habitants de ces hameaux de paysans-pêcheurs ? La réponse est négative car jusqu´aux années 1850 ces hameaux sont habités par des paysans et paysannes pour lesquels la pêche et le ramassage des produits de la mer ne représentent qu´une activité secondaire (poissons, coquillages), cette dernière activité étant souvent dévolue aux femmes et aux enfants. Néanmoins, cette ressource a eu de tout temps son importance dans la vie de ces populations souvent pauvres et surtout, à partir de la fin du 19e siècle, les hommes ont travaillé en grand nombre sur les bateaux de pêche de Morgat et Camaret alors en essor. Cependant ces hameaux se dépeuplent dès l´entre deux-guerres en raison des mutations du monde agricole, de la professionnalisation de la pêche, de l´attrait pour les carrières plus sûres et plus rémunératrices offertes par la marine militaire et l´arsenal brestois tout proche. Ainsi, le recensement de 1954 cite de nombreux « chauffeurs, fraiseurs, mécaniciens » habitant le cap de la Chèvre ou Crozon. Ces données mettent aussi en évidence le nombre grandissant de retraités, vivant dans ces écarts de plus en plus désertés. Aujourd´hui les hameaux du cap de la Chèvre renaissent, mais c'est en tant que lieux de villégiature qu'ils accueillent une population bien différente de celle d´origine, attirée par la proximité de la mer et la beauté des paysages littoraux de cette presqu'île.

Période(s)Principale : 19e siècle

La trentaine de petits « villages » anciens qui ponctuent le cap de la Chèvre constituent l´identité paysagère de cette presqu´île, à la fois en eux-mêmes par la finesse et la modestie de leur architecture, par la qualité de l´environnement accompagnant les bâtiments principaux et par l´intégration de l´ensemble de ces bâtiments au milieu naturel au sein duquel ils sont répartis. Ces hameaux sont à la fois semblables et différents les uns des autres de par la variété de leur situation géographique. Hameaux de plateau, de crête ou de versant, ils constituent autant d´entités paysagères caractérisées jusqu´aux mutations récentes des économies et des sociétés par l'imbrication indissociable et particulièrement harmonieuse des paysages naturels et des paysages humanisés. Ainsi, chaque « village », bien que décliné sur le même modèle, présente une structure originale, en fonction de sa situation, de son site, de son orientation. Les bâtiments principaux d´habitation sont généralement constitués d´un rez-de-chaussée surmonté d´un grenier éclairé de minuscules lucarnes à croupe dite capucine. L´ensemble est couvert d´ardoise. Les murs en pierres sont jointoyés. Sur la façade la porte centrale est encadrée de deux fenêtres. Les cheminées prolongent les pignons pleins. Les bâtiments secondaires (crèches pour les animaux, remises) sont parallèles ou perpendiculaires à la maison principale, accolés ou à proximité de cette dernière, délimitant de la sorte une petite cour. La sobriété des volumes, « l´extrême finesse des couleurs, des matériaux, des détails de composition et de construction, sont d´un grand intérêt » (Henry, 1981). Bien que la partie littorale du cap ait été classée en 1983, depuis une trentaine d´années, l´achat de ces hameaux par des populations de résidents secondaires a pour conséquence d´insidieuses modifications du paysage urbanisé : ajouts discordants, agrandissement des ouvertures des façades, percement des pignons, multiplication des ouvertures, fixation de clôture en plastique... Cependant, l´unité d´ensemble est encore assez largement préservée, mais pour combien de temps encore ? On trouve le même type d´habitat, lié à une histoire comparable, dans d´autres sites de la commune de Crozon, notamment à Saint-Julien, Kerguelen, Cléguer.

La partie sud du cap et la bande littorale appartiennent au site classé du cap de la Chèvre depuis 1983, à l´exception des villages qui sont, pour la plupart, des sites inscrits depuis 1985. La frange côtière est également une ZNIEFF.

Sites de protectionsite classé, site inscrit, zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

Annexes

  • 20082908352NUC : Service historique de la Marine, Brest, R 3440, planche 20.10.

Références documentaires

Bibliographie
  • HENRY, Xavier (Architecte DPLG). Etude de protection des villages du Cap de la Chèvre. Commune de Crozon, Finistère. Rapport de synthèse. Paris : Délégation Régionale à l´Architecture et à l´Environnement, Service Départemental d´Architecture, Direction Départementale de l´Equipement, 1981.

  • TRIOLET, Céline. Site inscrit du Cap de la Chèvre. Presqu´île de Crozon, Finistère. Rapport pour le Service Départemental de l´Architecture et du Patrimoine Finistère. Direction Régionale de l´Environnement Bretagne, 2006.

    19 p
Périodiques
  • SIMON, Jean-François. L´architecture rurale traditionnelle dans la presqu´île de Crozon. Crozon : Avel Gornog, n° 1, 1993.

    p. 5-9
  • SENECHAL, Michel ; KERDREUX, Jean-Jacques ; CADIOU, Didier. Rostudel. Crozon : Avel Gornog, n° 6, 1998.

    p. 31
  • FEREC, Solen ; KERDREUX, Roger Jean. Aspects d´un mode de subsistance traditionnel. Crozon : Avel Gornog, n° 6, 1998.

    p. 32-39