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Le village de Plouër-sur-Rance

Dossier IA22132461 réalisé en 2015

Fiche

Dossiers de synthèse

D'un petit bourg ecclésial comme il apparaît encore sur le cadastre napoléonien de 1844 avec des maisons construites en alignement tout autour de l'enclos paroissial, on passe à partir du 20e siècle à un bourg qui se développe, tout d'abord le long de la rue de la Rance et au sud du bourg autour des écoles (primaire et collège), puis vers le nord englobant ainsi l'ancien village des Landes par la construction de lotissements limités toutefois par la N176.

Depuis toujours, du fait de son emplacement sur une hauteur, les accès au bourg ont été difficiles. Pendant tout le 19e siècle revient périodiquement en délibération le mauvais état des chemins.

Dénominations village
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Plouër-sur-Rance
Lieu-dit : Le Bourg

Le Clos de Plouër :

Le bourg de Plouër-sur-Rance se situe sur la pièce de terre dit le "Clos de Plouër" et plus tard le "Clos du four", au sud-ouest du bourg actuel, et dépendait à l'origine de la Seigneurie de Saint Paul. L'aveu du comte de Plouër rendu le 15 janvier 1683 mentionne : "un coin de laquelle terre était bâtie l'église et temple servant à ceux de la religion, à présent démolie et ruinée, assez proche dudit bourg de Plouër, et entre les chemins servant à aller dudit bourg aux Maisons dudit Plouër et de Saint-Paul".

Sur cette parcelle de terre, les Sires de SAINT-PAUL, puis ceux de Plouër avaient établi un auditoire pour y rendre la justice, un four "banal" où les vassaux devaient s'approvisionner en pain, et plus tard, un temple pour les Protestants. Les autres maisons, construites dans le "clos de Plouër" - la Vieille Auberge, par exemple - le furent probablement par concessions féodales ou "afféagements". A la veille de la Révolution, il faut remarquer que les maisons y étaient très peu nombreuses. Vers 1782, l'Audience était bornée, au nord par une vieille maison (la Vieille Auberge) appartenant a la famille EON, et au sud, par la demeure de Me Guillaume-Mathurin DESGUETZ Sieur de la Noë, procureur fiscal du Comté de Plouër, qui deviendra au 19e siècle le couvent Saint-Joseph.

Ainsi, un plan du centre de Plouër vers 1809, montre les halles, l'auditoire et le pilori au sud de l'église, au sud-ouest le Temple protestant qui deviendra la maison Saint-Joseph par la suite, le cimetière protestant et le four banal.

La plupart des maisons du bourg sont tenues du seigneur de Plouër.

Période(s) Principale : Temps modernes

L'ancien auditoire de justice existe toujours. Le seigneur de Plouër était en possession du droit de haute, moyenne et basse justice sur toute l'étendue de la juridiction de Plouër. Il avait droit de pourvoir aux charges du Sénéchal et autres officiers commis à l'exercice de sa justice. Appelé aussi l'Audience cette maison daterait du milieu du 17e siècle et comportait une salle assez grande pour recevoir les personnes qui avaient affaire aux justices de seigneuries de Plouër, à savoir Rigourdaine, Plouër, les Vaux Carheil. Cette audience jugeait en premier ressort des causes civiles et criminelles et pouvait percevoir les rentes féodales. L'exercice de la justice seigneuriale avait lieu chaque samedi aux 17e et 18e siècles. Nombreuses sont les pièces notariales rencontrées à l'en-tête de "l'auditoire de Plouër". Les armoiries de la famille de La Haye, comtes de Plouër, se trouvaient dans la petite niche au-dessus de la porte. Les fourches patibulaires étaient élevées dans les landes de Rougeterre. On y pendait les individus condamnés à mort.

Le pilori : A la haute justice de Plouër était attaché un droit de ceps et collier. Le pilori se dressait face à l'auditoire. La place de l’Église s'appelait autrefois place du Carrouge et c'est sur la petite butte où s'élève l'ancienne mairie que se dressait le pilori. On y exposait publiquement les condamnés, entravés par des fers et par un carcan au poteau. Ce pilori jouxtait l'église paroissiale afin que les fidèles puissent voir les condamnés attachés au poteau de justice portant une pancarte avec le motif de leur condamnation.

Le temple et le cimetière protestant : L'histoire de Plouër de la fin du 16e siècle à la fin du 17e siècle est dominée par les problèmes de l'apparition du protestantisme. Le protestantisme fut implanté à Plouër en 1571 par le mariage de Charles Gouyon, baron de la Moussaye et comte de Plouër (1548-1593) avec Claude de Chastel, de religion calviniste. Pour plaire à sa femme celui-ci abjura le catholicisme et se convertit à la réforme. Tous leurs successeurs jusqu'en 1684 essayèrent par tous les moyens de fixer à Plouër la religion réformée. En 1606 le roi Henri IV avait délivré à Amaury Gouyon des lettres patentes autorisant l'exercice public à Plouër de la religion protestante. Le temple principal avait été édifié dans les années qui suivent situé au plus près de l'église catholique au clos de Plouër sensiblement à l'endroit où se trouve l'ancienne école Saint-Joseph. C'était une demeure avec cour devant et jardin derrière. II eut rapidement un grand rayonnement attirant les coreligionnaires de Saint-Malo et de Dinan. II ne semble pas que la propagande des Gouyon ait connu beaucoup de succès à Plouër en dehors du cercle immédiat des personnes qui gravitaient autour de la demeure seigneurale. Le cimetière des huguenots était donc tout proche. Malgré la protection seigneuriale le temple fut détruit et la pratique de la religion réformée interdite comme l'avait ordonné Louis XIV. Longtemps les ruines du temple restèrent apparentes. ce n'est qu'en 1703 que la destination des lieux fut modifiée. En effet, Pierre de la Haye, comte de Plouër (1650-1703) par dispositions testamentaires, laissa une somme de 10000 livres destinée à construire une maison pour les sœurs de la Charité afin de soulager les pauvres et les malades. Cette maison qui portait sur sa façade les armes du fondateur (mutilées à la Révolution) est l'actuelle maison Saint-Joseph. Les sœurs de la Charité assurèrent leur service jusqu'à la Révolution. Les biens dont elles avaient l'usufruit furent vendus comme bien national le 2 mai 1794.

Les halles : Adossée au mur méridional du cimetière entourant l'église, et toujours sur la place du Carrouge, une grande halle, à la toiture en appentis, et reposant sur des poteaux de bois, était utilisée par les bouchers. Les halles, figurées sur le cadastre napoléonien de 1844, ont disparu au commencement du 20e siècle, lorsque le cimetière entourant l'église fut désaffecté.

Le four : un ancien four banal de la seigneurie de Plouër sous l'Ancien Régime se situait également dans le bourg.

Murs granite moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise

Références documentaires

Périodiques
  • Le Carrouge, n°1 à 92, revue de l'association Le Carrouge, Plouër-sur-Rance.

    Bibliothèque municipale de Dinan