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Le patrimoine archéologique de la commune de Commana

Dossier IA29002451 réalisé en 2006

Fiche

Jusqu´à présent, la plus ancienne trace de fréquentation humaine du territoire de la commune de Commana est un couteau à dos naturel en silex découvert dans une coulée de solifluxion près de la source d´un affluent de la Penzé et qui remonte au Moustérien, c´est-à-dire à la dernière période de glaciation. Il faut attendre le réchauffement climatique de l´Holocène pour que s´installent, sans doute périodiquement, des campements de mésolithiques au confluent de la rivière du Mougau et de l´Elorn. Ils abandonnèrent sur place des déchets de taille et des pointes, lamelles à bord abattu, triangles scalènes, trapèzes, autant d´outils caractéristiques de cette période fabriqués à partir de silex récoltés parmi les galets du littoral, mais aussi en quartzite calcédonieux de la vallée de l´Elorn (Le Goffic, 1994). Dès lors, l´occupation de ce versant nord des Monts d´Arrée sera continue.

Au Néolithique remontent des découvertes de haches polies en roches diverses (métadolérite, fibrolite, jadéitite) effectuées en divers endroits de la commune. Du menhir de Quillidiec qui mesurait 5 m hors sol et au pied duquel se trouvaient deux grandes pierres plates appelées « palets des géants », il ne reste plus que quelques pierres près de la source du ruisseau (Lazennec, 1875). Le menhir était déjà abattu et brisé en trois morceaux (sa longueur totale a été évaluée à 8 m pour une largeur de 1,60 m et une épaisseur de 1 m) quand, lors de son inventaire en 1912, Guénin le chercha sans succès et le signala alors comme disparu. En fait, il a été dynamité en 1946 et les pierres servirent à la construction d´une grange à proximité. L´allée couverte du Mougau-Bihan est l´un des monuments mégalithiques de la fin du Néolithique les plus célèbres de la région, moins du fait de son architecture, somme toute très classique, mais en raison de l´ornementation des piliers de la chambre sépulcrale. Y sont figurées des représentations de la déesse mère sous forme de paires de seins, une hache et son manche en forme de crosse sur la dalle de chevet et, sur plusieurs piliers, de nombreuses « palettes » interprétées comme des avirons de gouverne d´embarcation.

A l´Age du Bronze, une dizaine de tumulus ont été construits, soit de façon isolée, près de la croix du Mougau dans Park Tort, champ au toponyme évocateur (le champ bossu), et à Poulloufriec, soit de manière groupée sur les hauteurs de Penn-ar-Ginquis. Aucun d´eux n´a encore été fouillé.

L´Age du Fer est très bien représenté par plusieurs souterrains révélant la présence de fermes indigènes en divers points de la commune : à Pentreff, Quillidiec (Giot et al. 1976), Penn ar Ginquis et Pontigou. Les trois premiers ont été fouillés et le mobilier mis au jour traduit une occupation de la période de La Tène ancienne et moyenne. Celui de Pentreff contenait deux superbes vases décorés (Le Roux et al., 1965) et quant à celui de Penn ar Ginquis, un décapage de surface a mis en évidence des trous de poteaux donnant le plan de l´édicule qui surplombait le puits d´accès principal (Le Goffic, 1990). La stèle tronconique qui se trouve sur la place du champ de foire (bourg) date également de cette période et devait matérialiser en surface l´emplacement de quelques urnes cinéraires enfouies. Objet de culte païen, comme beaucoup de ses semblables, elle a été transférée près d´un lieu de culte chrétien et christianisée par adjonction sommitale d´un crucifix de granite. Il n´est pas impossible qu´au préalable elle ait servi de borne milliaire à l´époque gallo-romaine. En effet, une voie venant de Carhaix (Vorgium) et se dirigeant vers Landerneau traverse la commune et desservait plusieurs établissements gallo-romains à Kerouat-Keriagu, Vernhir, Kerdrein, Bothuan et sans doute une villa dont les thermes ont été fouillés dans Park Bohars Izella, au nord du manoir du Bois de la Roche (Du Chatellier, 1899). Non loin de cet endroit, près de Kerdilès, fut trouvé un aureus de Néron (Sanquer, 1968).

BIBLIOGRAPHIE :

DU CHATELLIER, P., 1899. Fouilles exécutées à Park-Bohars-Izella, commune de Commana. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, T. XXVI, p. 457-477.

GIOT, P.-R., LE ROUX, C.-T., LE CERF, Y., LECORNEC, J., 1976. Souterrains armoricains de l´âge du fer. Travaux du laboratoire « Anthropologie-Préhistoire-Protohistoire-Quaternaire armoricains », Université de Rennes, p. 66-73.

LAZENNEC, 1875 . Communication. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, T. III, p. 128.

LE GOFFIC, M., 1990. Glanes archéologiques finistériennes. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, T. CXIX, p. 52-54.

LE GOFFIC, M., 1994. Le site mésolithique du Drennec en Commana, Finistère. Revue archéologique de l'Ouest, 11, p. 5-17.

LE ROUX, C.-T., GIOT, P.-R., 1965. Fouille d´un souterrain de l´Age du Fer à Commana (Finistère). Annales de Bretagne, LXXII, p. 95-113.

SANQUER, R., 1968. Chronique d´archéologie antique et médiévale. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, T. XCIV, p. 21.

Dénominationssite archéologique
Aire d'étude et cantonParc Naturel Régional d'Armorique - Sizun
AdresseCommune : Commana
Période(s)Principale : Préhistoire
Principale : Mésolithique
Principale : Néolithique
Principale : Age du bronze
Principale : Age du fer
Principale : Gallo-romain

Site des Monts d'Arrée (site pluricommunal). Site Inscrit : Arrêté du 10/01/1966.

Statut de la propriétépropriété publique
propriété privée
Sites de protectionsite inscrit

Annexes

  • 20062906271NUC : Archives départementales du Finistère, 2 Fi 38.