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Le centre-bourg du Rheu

Dossier IA35132624 réalisé en 2017

Fiche

Dénominations bourg
Aire d'étude et canton Rennes Métropole - Rennes Sud Ouest
Adresse Commune : Rheu (Le)

L’origine des premières installations humaines à l’emplacement de l’actuel bourg de Le Rheu est encore mal connue. Le Rheu est mentionné pour la première fois dans l’Histoire au 11e siècle dans un acte du seigneur Odon d’Apigné lorsqu’il donna une partie de sa dîme à l’abbaye de Saint-Georges à Rennes.

De même, aucun document n’atteste de la date de fondation de l’église Saint-Paul et Saint-Pierre de Le Rheu. Les premières mentions de l’église remontent au 12e siècle mais il est probable qu’elle soit plus ancienne. Nous pouvons penser par analogie aux paroisses voisines que l’église pourrait remonter au 11e siècle, fondée par les seigneurs de Méjusseaume, la plus ancienne famille du territoire. Il est à noter que ces familles ont eu un impact sur la construction du bourg en contribuant à l’édification et restauration d’édifices majeurs comme son église, son presbytère ou la “ferme de l'hôpital”.

Les éléments nous permettant de comprendre la configuration du bourg date de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle. Le cadastre Napoléonien de 1827 est une source importants. A partir de la seconde moitié du 19e siècle, le bourg se densifie. Jusqu’aux années 1950, il conserve la quasi totalité de sa configuration rurale : plusieurs corps de fermes étaient dispersés autour de l’église. A partir de cette date, la ville connaît une croissance démographique sans précédent. Elle engage un projet de restructuration du centre-bourg dans les années 1980 afin de répondre à de nouveaux besoins (logements, équipements commerciaux, services tertiaires, etc.). Dans cet objectif, le maire, Jean Auvergne fait appel à l’architecte-urbaniste Gaston Bardet pour construire des lotissements implantés de manière concentrique en périphérie du bourg ancien. Ce nouveau secteur résidentiel crée un contraste architectural avec le centre historique.

Période(s) Principale : 19e siècle, 20e siècle

Configuration du bourg du Rheu :

Le bourg historique du Rheu est établi au centre du territoire, à l’est du domaine de la Freslonnière. Le centre-bourg a la particularité de se situer à une faible altitude, c’est-à-dire en fond de vallée, en raison de son implantation à proximité d’un ruisseau, le Lindon.

Le coeur historique du Rheu a conservé partiellement sa configuration d’origine en raison de sa restructuration à la fin du 20e siècle.

A l’origine, plusieurs alignements d’habitation étaient organisés de manière concentrique autour de l’église. C’est à proximité de ce monument que se concentre la vie au Rheu, situé le long de la rue de Cintré où se développent les commerces, le presbytère et la mairie.

Une circulation rayonnante s’opère autour du centre historique à partir de la rue de Cintré. Elle dessert d’autres voies : la rue de l’Hermitage, la rue de Vezin et la rue de Rennes, cette dernière ayant été aménagée en 1982. Parallèlement à la rue de Cintré, une nouvelle voie a été percée, la rue du Docteur Wagner, afin de desservir les nouveaux lotissements.

Aux alentours, chaque lieu-dit est desservi par des routes qui convergent vers le bourg. Ils sont généralement constitués d’une ou plusieurs fermes ou d’un manoir, comme celui de Touche-Nogue situé près du centre.

Le bourg du Rheu aux temps anciens :

De tradition rurale, le bourg était majoritairement constitué de fermes organisées autour d’une cour. L’une d’entre elles, située au nord de l’église, était surnommée “la Cour des miracles” par ses habitants. Deux de ces anciennes exploitations subsistent : la Mare du Rheu, récemment réhabilitée en médiathèque, “l’Autre Lieu” et la ferme de la Noé aménagée en centre culturel associatif, l’Agora. Elles sont élevées en terre selon la technique de la bauge sur un soubassement en moellons de schiste.

Il existait également dans le centre du Rheu un hôpital, dit “ferme” ou “maison de l'hôpital” qui se situait derrière la mairie et dont la présence es mentionnée dès le 15e siècle, ayant pour vocation d’accueillir les malheureux. Cet hospice était vraisemblablement fondé par les seigneurs de la Freslonnière.

La paroisse était réputée pour la qualité de ses écoles qui attiraient les fils des familles de la noblesse des environs de Rennes. En 1460, le Rheu comptait jusqu’à quatre écoles chez des particuliers dont une était installée au presbytère. Au 19e siècle et au début du 20e siècle, de nouvelles écoles sont édifiées notamment rue de l’Hermitage et dont l’une, construite en schiste, persiste aujourd'hui.

Le 19e siècle

Plusieurs édifices significatifs sont édifiés au cours du 19e siècle. Ainsi, dès 1832, un nouveau presbytère est édifié pour loger plus convenablement le curé et remplacer l’ancien presbytère estimé en “mauvais état”. La nouvelle construction est élevée en terre, le long de la rue de Cintré. L’ancienne grange, présente sur le cadastre napoléonien, a récemment été aménagée.

Par la suite, la 1858, la décision est prise de construire une maisone sur les plans de l’architecte Louis-Auguis-Auguste Leray . Celle-ci s’implante à proximité du nouveau presbytère, à l’angle de la place de la Mairie et de l’actuelle rue du Docteur Wagner. Elle comprenait la mairie, une classe pour l’école, ainsi que le logement de l’instituteur.

Ube une croix de mission installée auprès de l’édifice a été par la suite déplacée dans un parc, aménagé sur le tracé ancien de la route de Vezin. A cette époque, le bourg compoerte différents commerces, des forges et des maréchaux-ferrants. De même, un atleliers de menusierie se situait à côté de la mairie, le long de l’ancienne route de Vezin.

En parallèle, un bon nombre d’habitations sont édifiées à partir de la seconde moitié du 19e siècle jusqu’au début du 20e siècle. L’essentiel de ce bâti est constitué d’alignements d’habitations. Cela correspond à une période où l’industrie florissante de la brique se développe sur le territoire de la commune. Ainsi, nombre de constructions modernes sont dotées de ce matériau, très présent sur les encadrements des ouvertures et les chaînages d’angle. Certaines, dont les maçonneries en moellons de schiste, sont situées rue de Cintré et autour de l’église, d’autres en terre, ne subsistent plus. Enfin, l’aspect de la place de l’église change puisqu’en 1881, l'ancien cimetière est déplacé rue de Rennes, en face de l’actuelle place des Tilleuls.

Suite aux nombreuses inondations du bourg dû aux crues du Lindon, des premiers travaux visant à redresser le cours du ruisseau ont débuté dès 1891. Cette année là, un lavoir est construit au Rheu sur l’avenue Georges Brassens. Sa construction est facilitée par la déviation du ruisseau. Ces travaux de canalisation ne s’achèvent qu’en 1982 en parallèle de l’aménagement du centre. Ils ont permis un meilleur assainissement du bourg et l’élargissement de la chaussée, notamment rue de Cintré.

La restructuration du bourg au 20e siècle :

Le 20e siècle bouleverse l’urbanisme du bourg par un ensemble d’entreprises conséquentes. Dès 1964, une nouvelle poste est construite sous la municipalité de Jean Châtel, rue de l’Hermitage. L’ancienne étant devenue vétuste et trop petite.

Après la seconde Guerre Mondiale, le bourg ne répondait plus aux besoins de la population tant sur le plan résidentiel, que commercial. La ville devait faire face à une démographie urbaine en pleine expansion. Ainsi, au début des années 1980, débute un projet de restructuration du bourg ancien d’envergure, comprenant un groupement de trois immeubles : Les Jonquières.

Pour ce faire, d’anciennes maisons et fermes en terre situées face à l’église ont dû faire place à ces nouveaux équipements modernes. L’objectif consistait à construire un « cœur de ville ». Ce projet comprenait également le réaménagement de l’espace autour de l’église. L'aménagement d’un parvis piéton devant l’église modifie ainsi la circulation dans la ville. En effet, c’était à l'emplacement de ce parvis que la rue de l’Hermitage prenait son départ. Celle-ci contourne désormais le nouveau quartier.

Construits en brique afin de faire échos à l’architecture ancienne, les immeubles comprennent des installations de commerces de proximité et un supermarché aux rez-de-chaussées ainsi que des logements et des bureaux aux étages. Ce “coeur“, à ciel ouvert, est entièrement piétonnier et s’articule sur des différences de dénivellations/niveaux et est agrémenté d’une fontaine. Suite à ces aménagements urbains ainsi que la construction de lotissements dans les espaces périphériques, la plupart des habitants a pu être relogée, et ce malgré le regret de certains habitants de ne pas avoir pu conserver leur ancienne habitation.

Murs schiste brique et pierre enduit
béton parpaing de béton enduit
Toit ardoise

Références documentaires

Documents d'archives
  • Dossier de pré-inventaire, Service de l'inventaire du Patrimoine de Bretagne, 1975

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
Bibliographie
  • RENOULT, Michel. Le Rheu, chronique d'une commune du pays de Rennes. 1977.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine
  • Michel RENOULT, Le Rheu au pays de Rennes en Bretagne, Prégueux, Édition Jean-Pierre BIHR, 1998

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)