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L'habitat de l'île de Sein : village, maisons et logements (île-de-Sein)

Dossier IA00006543 réalisé en 2014

Fiche

Le cadastre ancien de 1836, montre un bâti très dense, concentré près du port et de l'avant-port. La densité s'explique par la nécessité de s'abriter des vents et de préserver les terres agricoles. Dans le journal L'Illustration, publié le 20 décembre 1851, les maisons de l'île sont décrites comme étant au nombre d'une "quarantaine [...] couvertes soit en ardoise soit en chaume. "Une muraille" entoure le village afin de le protéger des inondations. En pierre sèche cette muraille n'est pas suffisante. Les maisons sont petites et certaines possèdent un étage". Ce n'est qu'à partir de la seconde moitié du 19e siècle que le bâti évolue (formes et implantation) en raison de mutations économiques et de l'augmentation démographique.

Le bâti de l'île de Sein n'est pas ancien. Si quelques maisons portent une date, elle n'est jamais antérieure au début du 19e siècle. Plusieurs raisons à cela : les inondations fréquentes ont abîmé les maisons nécessitant des travaux réguliers de rénovations. D'autre part, à partir de la seconde moitié du 19e, et surtout au tout début du 20e, l'économie de l'île (pêche et commerce) a une conséquence directe, par l'aisance qu'elle apporte, sur l'architecture qui tend à adopter la typologie urbaine et commerciale : modification des ouvertures, développement du bourg vers l'ouest (Le Lenn) et le nord (prolongement de la rue Michel Le Nobletz, création de la rue Jacques de Thézac).

La typologie dite ternaire domine le 19e siècle et le 1er quart 20e siècle. Les exemples les plus anciens, aux façades les moins modifiées, étant situés, 2, rue des Fontaines (1er quart 19e siècle), 6, rue Saint-Corentin (1er quart 19e siècle) et quai des Paimpolais (1er quart 19e siècle). Ces façades sont le plus souvent enduites mais pas systématiquement. Une cour entourée de murets, plus ou moins hauts, est située en façade principale (rue Saint-Guénolé, rue Estienne d'Orves, quai des Paimpolais, rue Jacques de Thézac).

L'essentiel du bâti porte trace des modifications réalisées au cours des 19e et 20e siècles : rehaussements des façades, création ou agrandissements des ouvertures et les dates portées en sont souvent le témoin ; le besoin de trouver des terrains constructibles a créé des superpositions de bâtis, des enchevêtrements où les façades principales disparaissent, intégrées à des façades postérieures (quai des Français libres/rue Michel Le Nobletz). Cela explique la quasi absence de maison de type élémentaire, dont un exemple subsiste rue d'Estienne d'Orves, et de dépendance (étables avec parfois cheminée). Deux alignements de maisons basses, n'appartenant pas à la typologie ternaire, composés d'un rez-de-chaussée et d'un étage de combles, dont la pente de toit a été conservé, sont à signaler rue Saint-Guénolé (1837) et rue Paul Goardon (limite 18e 19e siècle).

Afin d'optimiser l'espace disponible quelques constructions, de la fin du 19e et début 20e siècle, sont implantées en alignement (rue Saint-Guénolé, rue Abbé Le Borgne et rue Fernand Crouton). Des immeubles de rapport (rue Charles de Foucault, rue Trojeur, quai des Français libres) sont édifiés afin de pouvoir loger une population en forte augmentation en raison de la natalité ou de l'arrivée de saisonniers.

Mais à partir du 20e siècle c'est la maison individuelle qui prédomine et ce surtout après la Seconde Guerre mondiale. Deux modèles se dégagent de ces constructions : La "maison turbot", nommée ainsi parce que construite grâce à la réussite économique liée à la pêche aux turbots dans l'immédiate après guerre et la maison de ville, modèle-type que l'on retrouve en grand nombre à Brest ou à Quimper.

Il se dégage de l'habitat de l'île une impression d’homogénéité : chaque période de construction marquant un quartier ("hyper bourg" : début 19e siècle ; rue Abbé Le Borgne : seconde moitié 19e ; rue Jacques de Thézac : début 20e siècle ; rue Ferdinand Crouton : limite 19e 20e siècle et 1er quart 20e). Cependant, les modifications, liées aux rénovations, entraînent une perte de cohérence du bâti. De plus, plusieurs maisons ont été divisées suite aux successions, ce qui est visible sur les façades : enduits, huisseries et ouvertures de toits différents, divisions des fenêtres, création de portes.

Les habitations de l'île, bien que non identifiées comme patrimoine maritime, sont des marqueurs forts des économies maritimes ; la nécessité de construire des infrastructures portuaires (création de quai, de môle, de cale) a modifié l'environnement proche des habitations. Et l'aisance économique, même relative, a permis une modernisation du bâti (modification des façades, changement de fonction) ou de nouvelles constructions aux typologies architecturales différentes.

Parties constituantes non étudiées quai, rue, maison, immeuble, immeuble à logements
Dénominations village
Aire d'étude et canton Parc Naturel Régional d'Armorique - Pont-Croix
Adresse Commune : Île-de-Sein
Cadastre : ?
Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Dates 1805, porte la date
1835, porte la date
1839, porte la date
1844, porte la date
1851, porte la date
1853, porte la date
1857, porte la date
1900, porte la date
1926, porte la date
Murs granite
Toit ardoise
Couvertures toit à longs pans
Statut de la propriété propriété de la commune
propriété privée

Annexes

  • 19832900820X : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Finistère (Quimper)

    19832900823X : Service départemental de l'architecture et du patrimoine du Finistère (Quimper)