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L'habitat de l'île-de-Molène

Dossier IA29131243 réalisé en 2014

Fiche

L'habitat de Molène s'est développé depuis le port actuel et le plateau, vers le nord et l'ouest. D'un bâti très dense-et répartit initialement en hameau-auquel on accède par des chemins très étroits, on est passé à un bâti plus lâche, qui s'organise le long de rues aérées, rarement autour de place, avant de prendre, au cours des années 1960 et des décennies suivantes, des structures qui s'apparentent aux lotissements existant sur le continent.

L'absence de cadastre ancien nous prive d'un document précieux pour étudier l'évolution du bâti.

Cependant le nombre de maisons répertoriées lors des recensements de population (1836-1926), accessibles aux Archives départementales du Finistère, permet de se faire une idée de l'évolution du bâti :

77 maisons en 1846, dont 23 au bourg, 15 à Kerguen, 16 à Larvor et 23 sur le port. En 1856, 83 maisons sont répertoriées. Cinq ans plus tard, 51 maisons composent le bourg, 14 pour Larvor, 13 pour Kerguen, 10 pour Vilioc et 11 à Poscoret. En 1869, 119 maisons existent sur Molène, 123 en 1872, 128 en 1881, 124 en 1898 et 137 en 1906. Sur ce dernier recensement, l'agent recenseur précise que "toutes les maisons de l'île de Molène se trouvent groupées en étage du port au sémaphore qui est le point culminant de l'île. Elles forment une agglomération dans laquelle n'existe pas de hameau, ni de quartier, ni de rue." Ainsi, les indications toponymiques ne sont plus en vigueur depuis la fin du 19e et actuellement aucune mention sur l'île ne permet de les repérer, hors habitude insulaire.

Une carte ancienne, éditée entre 1771 et 1785 représentant la topographie des iles au sud-est d'Ouessant, permet de constater de la densité du bâti, de la présence de murets entourant des parcelles de terres et du moulin nord.

Au cours du 19e siècle, le bâti s'est densifié dans la partie est de l'île, partie à l'abri relatif des vents. La construction du môle en 1864 a très certainement modifié et permis la construction de nouvelles maisons. L'église édifiée sur des parcelles alors privées et le déplacement du cimetière ont dû modifier les alentours d'une zone habitée où les alignements sont anciens.

Plusieurs typologie se dégagent de l'étude du bâti à Molène.

Typologie 1, de type élémentaire : habitation à pièce unique, à une cheminée au premier niveau ; second niveau-étage de comble-dédié au stockage des récoltes. Façade orientée sud, composée d'une fenêtre de petite dimension et d'une porte. Pente de toit très forte (pour les quelques rares exemples non modifiés), rampants constitué de blocs de granite, les chevronnières ; souche de cheminée assez large et parfois très haute (source orale) ; hauteur du mur pignon assez importante et fenêtre de petite dimension en pignon. Le chaînage d'angle est constitué de gros blocs de granite (mise en oeuvre en harpe). La maçonnerie est constituée de moellons de granite et grès de dimensions diverses. On trouve parfois des galets, issus des grèves, intégrés à la maçonnerie. L'emprise au sol est de faible importance. D'après les observations, ce type de bâti était organisé en alignement. Cela permet une meilleure protection au vent et surtout d'épargner les parcelles à usage agricole.

Typologie 2, variante du type élémentaire : à partir d'une base (1 fenêtre, 1 porte), les maisons ont été agrandies (2 fenêtres et 1 porte) : l'absence de symétrie en façade en est un signe ; parfois rehaussée (modification de la pente de toit, chaîne d'angle modifiée et complétée). Ces maisons sont soit intégrées à un nouvel alignement ou rajoutées à un alignement précédemment construit. Elles sont aussi des maisons individuelles. Contrairement à l'habitat plus ancien ces maisons ont été enduites au cours des années 1930 de ciment avec des motifs géométriques marquant les encadrements des ouvertures et/ou rythmant la façade. Plus rarement, quelques unes, non enduites, présentent un chaulage de la maçonnerie des ouvertures.

Typologie 3, de type ternaire : La maison de type ternaire (3 travées, un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble) est fréquente dans toute la Bretagne à partir de la seconde moitié du 19e siècle jusqu'au milieu du 20e siècle. Il s'agit d'un modèle urbain très largement diffusé en campagne, sur le littoral et sur les îles. Il est souvent le marqueur d'une économie tournée vers le commerce et l'administration. Elles sont toujours enduites. Certaines sont implantées autour de la place du Karit.

Typologie 4, d'autres modèles urbains :

Quelques maisons reprennent des formes architecturales urbaines. Bien qu'implantées à l'emplacement probable d'anciennes maisons, où la densité du bâti est assez forte, elles s'intègrent assez peu. Quant aux constructions, de type lotissement, réalisées à partir des années 1980, dans la partie nord-est de l'île, elles ne s'intègrent pas du tout au bâti de Molène : grande parcelle, bâti lâche, non respect de volumes plus anciens.

Les dépendances :

Comme partout sur les îles et sur le littoral, les habitations étaient occupées par des pêcheur-agriculteurs ; l'activité agricole étant dévolue aux femmes. Les dépendances, nécessaires aux activités maritimes et agricoles, construites avec les matériaux locaux, elles sont, pour les plus anciennes, accolées au pignon ouest des maisons. Par la suite elles sont éloignées des maisons, situées en bord de parcelle ; Il s'agit de crèches et d'étables. Sur certaines la couverture en ardoise avec joint de ciment est toujours en place.

Les matériaux sont issus de la carrière située à l'ouest de l'île pour les maisons les plus anciennes. Si le bâti était anciennement couvert de gled (mélange d'argile et de paille) dorénavant l'ardoise et le fibro-ciment prédominent.

L'intérieur : La distribution intérieure était tributaire des fonctions (habitations, commerces, hôtel de voyageurs) marquées surtout à partir de la seconde moitié du 19e siècle : les cloisons en bois et autres coffrages de cheminée sont parfois, mais rarement, restés en place.

Les cheminées les plus anciennes développent un âtre imposant ce qui n'est pas le cas des cheminées de la seconde moitié du 19e qui, comme à Ouessant, étaient cachées sous un coffrage de bois.

De façon générale, le bâti de l'île-Molène est assez dénaturé : créations et agrandissement des ouvertures, enduits, huisserie PVC, modifications des charpentes et des fenêtres de toit. Aussi, les quelques éléments, quoique ruinés, qui conservent trace d'un bâti non modifié méritent une attention particulière. A noter, cependant, quelles restaurations récentes qui tentent de maintenir les pentes de toit et les volumes initiaux et de ne pas mettre d'enduit; Cependant, bien souvent les ouvertures ont déjà été fortement modifiées dès les années 1960. Le constat est plus nuancé concernant les habitations de type ternaire (fin 19e, début 20e) dont les volumes ont été gardés.

Aires d'études Parc Naturel Régional d'Armorique
Dénominations maison, dépendance
Adresse Commune : Île-Molène
Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Références documentaires

Documents figurés
  • Carte des Iles au Sud-Est d'Ouessant, éditée en 1771-1785. Division 3 du portefeuille

    43 du Service hydrographique de la marine consacrée à la carte

    topographique des côtes de France offrant celles de la Bretagne depuis

    le Mont Saint-Michel jusqu'à l'isle de Noirmoutier

    http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42341978r

    Bibliothèque nationale de France : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb42340713c