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Jardin public, dit Le Thabor

Dossier IA35022171 inclus dans Ancien faubourg Saint-Melaine réalisé en 1998

Fiche

  • Les bassins et les parterres devant les serres
    Les bassins et les parterres devant les serres
  • Impression
  • Agrandir la carte
  • Parties constituantes

    • jardin botanique
    • roseraie
    • escalier indépendant
    • serre
    • kiosque
    • volière
    • théâtre de verdure
    • orangerie
    • grotte artificielle
    • pont de jardin
    • colonne monumentale
    • ménagerie

Œuvres contenues

Le jardin du Thabor est le premier grand jardin public de la ville. Son jardin botanique et sa promenade en font un lieu en vogue durant la Restauration et la Monarchie de Juillet, comme en témoignent les embellissements réalisés durant cette période.

Situé en marge de la ville close, sur les terrains de l'ancienne abbaye Saint-Melaine qui n'a jamais bénéficié de la protection de l'enceinte, il joue un rôle décisif dans la rénovation des faubourgs qui le cernent, contemporaine des nouvelles entrées aménagées entre 1875 et 1900, comme dans la création d'un vaste lotissement résidentiel, sur les terrains de la Palestine qui le bordent au nord. L'ouverture de l'avenue de Grignan, dans l'axe de l'entrée du Thabor, comme les hôtels élevés en surplomb, autour de la roseraie (rue de la Palestine et boulevard de la Duchesse-Anne), en sont une illustration. A l'ouest, la construction de plusieurs hôtels succède à la nouvelle entrée aménagée sur le parvis Saint-Melaine ; au sud, celle de l'hôtel Maulion est contemporaine de l'aménagement d'une nouvelle entrée, faubourg de Paris. Enfin, boulevard de la Duchesse-Anne, les demeures les plus cossues du lotissement Jailliard se situent dans la proximité du jardin.

A l'exemple de la promenade de la Motte, dont la présence stimule la construction d'hôtels entre la fin du 17e siècle et les années 1840, le jardin du Thabor atteste lui aussi de l'influence des promenades et des jardins sur la typologie des quartiers. Tout en offrant une perspective paysagère, le jardin, symbole d'une nature civilisée, contribue à la définition d'une identité urbaine, qui prend ses distances avec la tradition périurbaine des faubourgs résidentiels.

Parties constituantes non étudiées jardin botanique, roseraie, escalier indépendant, serre, kiosque, volière, théâtre de verdure, orangerie, grotte artificielle, pont de jardin, colonne monumentale, ménagerie
Dénominations jardin public
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Adresse Commune : Rennes
Adresse : rue de Paris , place Saint-Melaine , rue de la Palestine , boulevard de la Duchesse-Anne
Cadastre : 1842 B 482, 482, 1127 à 1130 ; 1980 BH 227

Le jardin public du Thabor est constitué des jardins de l'abbaye Saint-Melaine, ouverts au public en 1793. Il est formé d'une promenade (actuels Carré Duguesclin et Enfer) et d'un jardin des Plantes, visibles sur le plan Caze de la Bove revu en 1806. On y accède par le parvis Saint-Melaine, après la démolition de l'église Saint-Jean (Banéat), par une entrée aménagée en 1826 (Noury, 1997). Selon l'ouvrage de Jean-Yves Veillard, cette entrée, aménagée au début de la Restauration, est réalisée sur les plans de l'architecte communal Vincent Boullé : "une grille appuyée à deux piliers couronnés de vases en fonte et, à droite et à gauche, un muret rythmé par six pilastres en faible saillie ; dans le prolongement de ces pilastres posés sur le rebord des murets, des vases de fonte." Louis-Michel Noury signale également l´acquisition de terrains, au nord de l´Enfer, de 1820 à 1827, et la création d´un accès depuis la rue de la Palestine, en 1821. Les premiers aménagements comprennent l´érection d´une statue de Duguesclin par Molcknecht (1825) puis de la colonne monumentale honorant la mémoire de Vanneau et Papu, réalisée sur les plans de l'architecte communal Charles Millardet (1835). Après l´agrandissement réalisé en 1862 et 1864 (Noury, 1997), le paysagiste Denis Bühler dessine les plans du jardin (1866 et 1868). Plusieurs aménagements sont réalisés sur les plans de l'architecte communal Jean-Baptiste Martenot : les serres et l'orangerie (1862-1863) remplaçant deux serres chaudes construites en 1807 (Noury, 1997), qui se situent, selon J.-Y. Veillard, dans la lignée des oeuvres de Ch. Rohault de Fleury. L.-M. Noury mentionne deux projets non réalisés pour les serres, ceux de Leroy en 1844 et d´Aristide Tourneux en 1851. L´architecte communal dessine également la grille formant la nouvelle entrée sur le parvis de Saint-Melaine, version simplifiée de celle du parc Monceau, de Davioud, également exécutée dans la fonderie Barbezat, en 1874 ; les plans du kiosque (1875), de la volière et de la ménagerie (1876). Le jardin est doté de bancs publics (1871), d´une conciergerie (1872), d´un manège et de latrines (1883). Le plan de 1877 montre que le jardin a été agrandi, à l'est et au sud du jardin des Plantes, d'un jardin botanique de plan circulaire, doté en son centre d'un bassin. Des plans d'eau sont également visibles, au sud. Le rapport de 1892 (série C 2-13) mentionne la réalisation de la rivière, de la cascade et de divers ouvrages d'art. En 1901, le jardin est à nouveau agrandi au sud, jusqu'au faubourg de Paris, sur les terrains de l'ancien hospice des Catherinettes qu'on détruit alors. Comme l'indiquent les documents conservés aux archives communales (série M), c'est l'occasion d'aménager une nouvelle entrée face à la rue de Viarmes : « pour cette entrée qui aurait un caractère monumental, on utiliserait une grande partie de l´ancien escalier de la promenade de la Motte. L´heureuse disposition en pente que présentent les jardins actuels des Catherinettes, permettrait de donner à cette nouvelle entrée du Thabor un aspect des plus pittoresques. D´un autre côté, l´exposition au midi de cette partie du Thabor en fera un lieu de promenade très recherché pendant l´hiver." La surface à réunir au Thabor serait d´environ 9229 m2. Blin, ingénieur de la voirie, est l'auteur du projet présenté à la commission spéciale, qui rend hommage au « plan exposé très beau [et au] projet de cette nouvelle entrée artistique et pittoresque, [qui] fait grand honneur à notre ingénieur ». L´ouvrage de L.-M. Noury signale encore les grilles en fer forgé placées à l´entrée de la rue de Paris (1912) et avenue de Grignan (1926), l´aménagement d´une ménagerie (1930) et d´un théâtre de Nature (1939) qui sera transformé en théâtre de verdure (1947). Des statues du sculpteur rennais Charles Lenoir sont installées entre 1890 et 1895 (L´enlèvement d´Eurydice, la Chasse de Diane et le Repos de Diane), ainsi que des copies de sculptures de Versailles (vases, bustes et statues).

Période(s) Principale : 4e quart 18e siècle
Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e moitié 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Secondaire : 2e quart 19e siècle
Dates 1825, daté par travaux historiques
1862, daté par source
1892, daté par source
1901, daté par source
1957, daté par source
Auteur(s) Auteur : Boullé Vincent, architecte communal, attribution par travaux historiques
Auteur : Millardet Charles, architecte communal, attribution par travaux historiques
Auteur : Martenot Jean-Baptiste, architecte communal, attribution par travaux historiques
Auteur : Molknecht, sculpteur, attribution par travaux historiques
Auteur : Blin, ingénieur, attribution par travaux historiques
Personnalité : Robinot de Saint-Cyr, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Martin maire, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Ville de Rennes, commanditaire, attribution par source

Données complémentaire architecture Rennes

IAUT typicum
ICHR typicum
IESP unicum aire d'étude
ICONTX structurant
ITOPO jardins abbaye Saint-Melaine
POS sans objet
SEL sélection requise
NATURE sans objet
RESEAU réseau principal limitrophe
MORPHO sans objet
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. C. Rennes. Série C ; C 2 - 4. Des améliorations et constructions effectuées depuis quelques années à Rennes par l'administration municipale, Rennes : imprimerie A. Marteville, 1837.

    p. 6
  • A. C. Rennes. Série C ; C 2 - 5. Rapport du maire de Rennes, M. de Léon, au conseil municipal sur les travaux urgents à exécuter dans la ville de Rennes et les moyens de faire face aux dépenses qu'ils entraînent, Rennes : Oberthür, 1860.

    p. 6
  • A. C. Rennes. Série C ; C 2 - 7. Exposé des principaux actes de l'administration de M. Martin, maire de Rennes, à partir de l'année 1871. Rennes : Alphonse Leroy fils imprimeur, 1877.

    p. 10-11, 15
  • A. C. Rennes. Série C ; C 2 - 13. Emprunt. Travaux à terminer et à entreprendre. Rapport du maire au conseil municipal, 20 janvier 1892.

  • A. C. Rennes. Série M ; M 106. Hospice de Pontchaillou, acquisition de terrains ; construction (1891-1898). Hospice des Catherinettes (1901) .

Documents figurés
  • [1900 ca.]. L'escalier fontaine remonté dans le jardin du Thabor, carte postale, A. Mary-Rousselière éditeur, Rennes, 1er quart 20e siècle, in LESACHER (Alain-François), Les écoles rennaises, p. 69.

  • [1907 ca.]. La grande cascade du Thabor, carte postale, vers 1907 (A. P.).

  • [1914 ca.]. RENNES - Vue générale prise du Thabor, carte postale, 1er quart 20e siècle (A. P.).

  • [1842]. Plan cadastral parcellaire de la commune de Rennes. Section B, dite du Palais, 2e feuille, dessin, Jouchel du Ranquin, Roger, Viel, Ferré et Simon géomètres, 1842 (A. D. Ille-et-Vilaine).

  • [1842]. Plan cadastral parcellaire de la commune de Rennes. Section B, dite du Palais, 3e feuille, dessin, Jouchel du Ranquin, Roger, Viel, Ferré et Simon géomètres, 1842 (A. D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • MIDANT, Jean-Paul. In Rennes, embellir la ville. La mise en valeur d'un quartier résidentiel à la limite du centre ancien : Sévigné , étude réalisée avec le concours du ministère de la Culture et la Ville de Rennes. Paris : L'Art en province, 1987.

    p. 27-39, 145
  • BANEAT, Paul. Le Vieux Rennes. Rennes : Plihon et Hommay, [1911].

    p. 533-536
  • MARTEVILLE, A. Rennes ancien. Rennes moderne, par Ogée, annoté par A. Marteville. In Rennes moderne ou histoire complète de ses origines, de ses institutions et de ses monuments, par A. Marteville, [s. d.].

    tome 2, p. 252-258
  • NOURRY, Louis-Michel. Le Thabor. Laval : Kerdoré, 1990.

  • VEILLARD, Jean-Yves. Rennes au 19e siècle, architectes, urbanisme et architecture. Rennes : éditions du Thabor, 1978.

    p. 227-228 ; 351-352 ; 426-427
  • NOURY, Louis Michel. Les jardins publics en province. Espace et politique au XIXe siècle. PUR, 1997.

    p. 156-178