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Hôtels particuliers (ville de Vannes)

Dossier IA56003162 réalisé en 2000

Fiche

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Vannes conserve le nombre de 60 hôtels particuliers toutes époques confondues. Ils relèvent de trois périodes principales : le Moyen Age, l'Ancien Régime et le 19e siècle.

Remontant au Moyen Age, Vannes conserve un seul exemple d’hôtel complet, le château Gaillard et plusieurs vestiges d’hôtels de cette époque comme l’hôtel des Trois Duchesses, rue de la Bienfaisance et l’hôtel de Jérusalem, à proximité rue des Vierges.

Sous l'Ancien Régime, ils sont essentiellement édifiés au cours du 17e et du 18e siècle, dans l'enceinte urbaine ou autour du port. Un seul remonte à la 2e moitié du 16e siècle, le 17 place de la Poissonnerie. Seuls 20 d´entre eux ont pour l´instant fait l´objet d´une fiche, et pour certains de ceux-ci l´étude est encore à compléter (hôtel de Limur par exemple) ; l´étude du secteur sauvegardé permettra une approche plus globale de cette période.

Sous l´Ancien Régime, l´hôtel est souvent tributaire d´une parcelle d´origine médiévale de type laniéré, en particulier sur la rive droite du port, parcelles parfois réunies par deux afin d´augmenter le développement de la façade sur rue (14 rue du port). Ceci est moins vrai dans la rue Saint-Vincent où les parcelles ouest non construites avant le 17e siècle ont des développements sur rue plus importants. La forte contrainte parcellaire fait que certains aspects propres à l´hôtel, en particulier l´espace libre, cour et (ou) jardin ne sont pas toujours présents. Ainsi l´hôtel dit à la parisienne entre cour et jardin n´est aujourd´hui observé qu´à l´hôtel Danet et à l´hôtel de Roscanvec en retrait de la voirie, ainsi qu´à l´hôtel de Limur, sans contrainte parcellaire. Il en était de même pour l´hôtel de Sesbouez aujourd´hui disparu. L´hôtel Le Verger du Téno ne présente aucun espace libre. La plupart de ces hôtels longent la voirie : 14 rue du Port, hôtel Billy, hôtel Bourdonnaye, hôtel de Montigny, 5 place du Poids public. L´installation sur une parcelle traversante a par deux fois favorisé la construction d´écuries sur la rue postérieure (5 place du Poids public/rue de la poissonnerie et 14 rue du Port/ rue du Drézen). L´hôtel de Montigny installe ses écuries adossées au rempart sur un espace libre latéral, jardin ou cour ; quant à l´hôtel 5 rue Mgr Tréhiou, il utilise la parcelle d´angle pour construire sa remise rue du Jointo. Les dépendances sont parfois plus modestes comme celles de l´hôtel Advisse et du 13 rue Saint-Vincent qui occupent en partie les ailes en retours de l´hôtel.

Les plans de ces hôtels sont également tributaires de leur parcelle. Le plus intéressant est celui du 14 rue du port : entre rue et jardin s´intercalent deux corps séparés par une cour et reliés par un étroit corps de passage avec tour d´escalier : c´est le seul qui adopte ce plan qui reprend ceux diffusés dans les recueils de plans de Le Muet. Le13 rue Le Dressay est construit sur un plan en U avec ailes en retours antérieures, tandis que le 13 rue Saint-Vincent également sur plan en U a ses ailes en retours sur la façade postérieure. Le plan en L est répandu : si certains comme l´hôtel de Marboeuf, l´hôtel Billy, l´hôtel Bourdonnaye ou l´hôtel Dubodan résultent d´une parcelle d´angle, pour d´autres, c´est le moyen d´agrandir l´espace habitable, en ayant un éclairage des pièces suffisant : 5 place du poids public, hôtel de Limur ou 6 rue Carnot. Les plans simplement allongés sont double en profondeur, sauf au 17 place de la Poissonnerie.

Ces hôtels remontant en majorité au 17e siècle, la distribution des étages se fait par un escalier à retours : seul le 17 place de la Poissonnerie est distribué par un escalier en vis en bois dans une tour en hors-oeuvre, correspondant à sa date de construction. Au 5 place du Poids public, l´escalier secondaire est également en vis et en bois. Les escaliers souvent dans oeuvre sont majoritairement en bois, les rampes avec ou sans jour étant faites de balustres tournés, comme dans les maisons contemporaines. La rampe en fer forgé de l´hôtel Bourdonnaye (seule pour l´instant des édifices visités) correspond à sa date de construction, la 2e moitié du 18e siècle. Seuls (pour l´instant), les 5 et 13 place du Poids public ont un escalier en maçonnerie, le second dans une tour hors-oeuvre, à deux volées droites sur mur-noyau.

L'activité constructive qui redémarre à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle voit alors s'édifier une dizaine d´hôtels parfois de grandes dimensions, construits pour des particuliers aisés, des rentiers comme les hôtels Havret ou de Kersauzon, ou des hommes d'affaires, tels Martine, Normand, Ducroquet ou Juteau dans le quartier de la gare. Si les maîtres d'ouvrage sont connus, il n'en est pas de même des architectes ou entrepreneurs, demeurés souvent dans l´ombre. On citera cependant Joseph Caubert de Cléry pour l'hôtel Havret, ou les entrepreneurs Huchet pour l'hôtel de Kersauzon, Normand pour les hôtels Juteau et Normand, attribution d'ailleurs incertaine pour les deux premiers.

A l´exception des hôtels situés dans le quartier de la gare, liés aux entreprises locales, les lieux de prédilection de ces constructions se situent dans des quartiers à vocation résidentielle (quartier Jeanne D´Arc-Albert 1er, la Madeleine, le Jointo) ou sur des voies importantes (rue du Roulage, place de la République). A l´exception de ces derniers et de l´hôtel Normand dans le quartier de la gare, construits en bordure de la voie, tous les autres édifiés sur de vastes jardins environnants, dont plusieurs ont été morcelés pour y créer à la fin du 20e siècle de petits lotissements (les deux hôtels de Kersauzon) ou immeubles (hôtel Havret). La présence de dépendances isolées, souvent des écuries, remise ou garage, est un autre trait associé à l´hôtel. Les plans sont généralement très simples : le plan allongé double en profondeur prédomine, avec un seul étage carré sauf à l´hôtel de Kersauzon rue J. B. de la Salle et à l´hôtel Ferrand, à deux étages carrés. Les élévations à travées sont parfois marquées par un avant-corps central (hôtel de Kersauzon rue de Kerozen, hôtel Saint-Georges, hôtel Martine) ou au contraire une travée centrale en retrait (place de la République). De ce corpus se détache cependant l´hôtel Havret dont la silhouette se rapproche davantage de l´architecture de la villégiature plus que de l´hôtel urbain.

Aires d'étudesVannes
Dénominationshôtel
AdresseCommune : Vannes

Les hôtels particuliers édifiés à Vannes relèvent en gros de trois périodes : le Moyen Age, l'Ancien Régime et le 19e siècle ; hormis le château Gaillard, Vannes ne conserve pas d'exemple d'hôtel complet remontant au Moyen Age ; la plupart des hôtels est essentiellement édifié au cours du 17e et du 18e siècle, dans l'enceinte urbaine ou autour du port sous l’effet de plusieurs facteurs conjugués : l’arrivée du parlement de Bretagne à partir de 1675 et son besoin en logements, l’afféagement des terrains bordant l’enceinte, l’affirmation de l’hôtel particulier en tant que type architectural bien précis sous l’effet des pratiques parisiennes et de la littérature professionnelle sur ce sujet (Le Muet). On observe une reprise de cette activité constructive à la fin du 19e siècle qui voit alors s'édifier plusieurs hôtels parfois de grandes dimensions, construits pour des particuliers aisés, des rentiers comme les hôtels Havret ou de Kersauzon, ou des hommes d'affaires, tels Martine, Normand, Ducroquet ou Juteau dans le quartier de la gare. Si les maîtres d'ouvrage sont connus, il n'en est pas de même des architectes ou entrepreneurs, souvent restés dans l'ombre. On citera cependant Joseph Caubert de Cléry pour l'hôtel Havret, ou les entrepreneurs Huchet pour l'hôtel de Kersauzon, Normand pour l'hôtel Juteau, attribution d'ailleurs incertaine pour les deux premiers. Dans le quartier de la Gare, sont édifiés cinq hôtels particuliers uniquement pour des acteurs de la vie économique, ceux de Juteau, Ducroquet, Normand et deux successivement pour Achille Martine.

Période(s)Principale : 15e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

Le corpus se compose de 60 hôtels particuliers toutes époques confondues. Le tableau joint indique la répartition des édifices par siècle de construction. Le 17e siècle se distingue par la construction et la reconstruction de 33 hôtels particuliers. Ces derniers sauf exception faite de Limur et de ceux situés sur le port sont édifiés dans l'intra-muros.

Toitsardoise
Mursgranite moellon enduit
pierre de taille
calcaire pierre de taille
Décompte des œuvres étudiés 32
repérés 66

Annexes

  • Sources iconographiques

    20055605089NUCB : Archives de la Banque de France, Paris

  • Datation des hôtels particuliers

Références documentaires

Bibliographie
  • LE FRANC, Erwann. L'hôtel urbain à Vannes 1660-1730. Mémoire de maîtrise, 1998.

Périodiques
  • FRELAUT, Bertrand. Les hôtels du vieux Vannes. Bulletin des amis de Vannes, 1996, n°21.

    p. 43