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Hôtel dit hôtel de Jérusalem, 12 rue des Vierges (Vannes)

Dossier IA56007921 inclus dans Rue des Vierges, anciennement rue au Parisi, puis rue du Rempart (Vannes) réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

La maison connue sous le nom d'hôtellerie de Jérusalem, est la plus ancienne édifiée sur la rive sud-est de la rue des Vierges, dans l'espace afféagé longeant les remparts. Elle se compose d'abord d'un logis simple en profondeur construit en alignement partiel sur la rue des Vierges. Le type de sa façade dit à menues croisées, mais aussi la monumentale cheminée adossée au mur gouttereau révèlent une construction des années 1400. Les fenêtres carrées en continu dont les traces sont visibles au premier étage éclairaient au-dessus des allèges en croix de Saint-André, sans doute deux pièces. Au second étage, le pan de bois et la sablière de chambrée, de même que les solives formant encorbellement semblent avoir été refaites : en effet, l'encorbellement du mur latéral pignon en pierre de taille est en partie brisé à l'endroit où devait s'encastrer la sablière de chambrée d'origine. Si les allèges en croix de Saint-André ont été restituées, ce n'est pas le cas des menues croisées qui devaient les surmonter.

A l'intérieur, le rez-de-chaussée consiste en une seule grande pièce chauffée par la cheminée sur gouttereau encadrée à gauche (Est) d'une fenêtre, et peut-être d'une seconde fenêtre en symétrie à droite, disparue lors du percement du mur postérieur pour l'aménagement de la boutique au 20e siècle. L'escalier en vis ménagé dans le mur pignon est, dont la forme arrondie est encore visible, était peut-être dès l'origine logé dans un couloir et donc isolé de la salle, ce qui n'est pas certain.

On connaît le propriétaire de cette maison de grande qualité au milieu du 15e siècle, grâce au rentier ducal de 1455-1458 qui mentionne Guillaume Le Roux, officier ducal et trésorier général de Bretagne, déjà propriétaire d'une autre maison place Henri IV.

Dans la réformation de 1677, la déclaration de propriété est faite par Jean Bunetier, notaire et procureur royal. C'est probablement lui qui est à l'origine de l'importante campagne de travaux qui aboutit au doublement du corps principal et à la surélévation du comble en étage habitable du corps sur rue. Ce corps postérieur est essentiellement créé pour le prestige de la maison, avec son ostentatoire toit à l'impériale bien visible au-dessus des remparts : en effet, ce corps ne double pas la surface habitable, mais abrite un énorme escalier à jour central qui en occupe les deux tiers, le tiers restant étant dévolu à une seule pièce communiquant avec le corps principal sur rue. Les balustres en bois de l'escalier ne sont pas sans évoquer la forme de ceux de l'hôtel de Limur, de ceux de la Retraite du Mené, en calcaire, ou encore ceux disparus de l'escalier du palais épiscopal de la Motte. On accède à cet escalier par une porte latérale percée dans le corps sur rue, porte en saillie sur le mur dont la modénature se rattache au 17e siècle. Elle est surmontée d'une niche en calcaire.

La déclaration de 1677 décrit que la maison donnait à l'ouest en 1677 sur un petit jardin avec écurie ou appentis. Elle ne décrit pas la tour Poudrière, qui en 1844 fait partie de la même parcelle. L'hôtellerie acquise lors des ventes révolutionnaires par un négociant, Julien Aupied, faisait partie des biens de la famille de Lantivy, émigrée.

Appellationshôtel de Jérusalem
Parties constituantes non étudiéesboutique, cour
Dénominationshôtel
Aire d'étude et cantonVannes
AdresseCommune : Vannes
Adresse : 12 rue des
Vierges
Cadastre : 1807 I3 1034 ; 1844 K8 1730 ; 1980 BR 107, 108

La maison nommée hôtel de Jérusalem seulement à partir de 1769, date de sa fondation comme hôtel par Jacques Galland, est vraisemblablement lors de sa construction au 15e siècle le logement de Guillaume Le Roux, trésorier général de Bretagne, d'après le rentier ducal de 1455-1458. Cet important personnage possède aussi d'autres maisons rue des Vierges et place de Maine Guievre, actuellement place Henri IV. Au 18e siècle, l'édifice avec la tour Poudrière devient l'auberge de Jérusalem qui fonctionne jusque vers 1870.

Le logis sur rue est doublée d'un corps donnant sur la courtine au cours du 17e siècle, peut-être pour Jean Bunetier, procureur et notaire royal et propriétaire lors de la réformation en 1677. C'est alors qu'est ouverte la porte sur rue et supprimé l'escalier en vis latéral, remplacé par le grand escalier placé dans le corps postérieur. A cette époque, la maison est liée à la tour Poudrière voisine et comprend une partie de la courtine afféagée. Les fenêtres sur rue dites à menues croisées sont remplacées par de grandes fenêtres au 17e ou au 18e siècle. La maison a été surélevée d'un étage de comble avec toit brisé à la même époque. Au milieu du 20e siècle, la façade est transformée pour la vitrine de la boutique ; c'est aussi vers cette époque que la façade postérieure est modifiée : suppression d'un corps de latrines en saillie vers l'est, visible sur la carte postale des années 1900 et fermeture d'une fenêtre en demi-étage éclairant l'escalier. Cette fenêtre est ré-ouverte vers 1950 avec réfection de l'encadrement et les lucarnes en calcaire sont refaites en granite, tandis que le pan de bois de la façade est du corps de latrines est repris.

Période(s)Principale : 1ère moitié 15e siècle
Principale : milieu 17e siècle
Secondaire : milieu 20e siècle
Auteur(s)Personnalité : Le Roux Guillaume propriétaire attribution par source
Personnalité : Bunetier Jean propriétaire attribution par source
Personnalité : Galland Jacques propriétaire attribution par source

Maison construite en alignement de rue. Elle se compose de deux corps successifs associés, le second contenant essentiellement l'escalier. Le premier corps sur rue est en pan de bois, le corps donnant sur la courtine des remparts étant en moellon, avec un petit corps de latrines en hors-oeuvre en surplomb. Dans le corps sur rue a été conservée la grande cheminée sur mur gouttereau ouest à hotte oblique, piédroits en pilastres, avec bases et consoles moulurées, moulure reprise à la base du linteau. Une fenêtre en partie bouchée (donnant aujourd'hui dans la cage d'escalier) éclairait l'espace près de la cheminée. De cette partie subsiste encore l'emplacement de l'escalier en vis dans le couloir latéral d'accès au corps postérieur. Les deux tiers de ce corps est occupé par l'escalier. Il se développe au tour d'un vaste jour central, et comporte trois volées en bois, une rampe à balustres. Le large palier dessert par une porte le corps sur rue, et par une autre porte la pièce latérale du corps postérieur. Celle du 1er étage qui a conservé sa cheminée du 17e siècle, dessert le corps en appentis servant sans doute de garde-robe. En demi-étage, l'escalier donne accès au jardin sur la courtine. Le corps sur rue est couvert d'un toit brisé tandis que le corps postérieur, très visible par-dessus le rempart est coiffé d'un toit à l'impériale.

Mursgranite moellon
pan de bois
granite pierre de taille
Toitardoise
Étagessous-sol, 2 étages carrés, étage de comble
Couverturestoit à longs pans brisés
toit à l'impériale
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
Typologiesen alignement sur rue, plan double en profondeur
Statut de la propriétépropriété privée
Sites de protectionsecteur sauvegardé

Annexes

  • Rentier du domaine ducal à Vannes, 1455-1458

    A. D. Loire-Atlantique. B 2339 fol. 14r Rentier du domaine ducal à Vannes, parchemin, 1455-1458

    La meson qui fut aud[it] gaultier henry et safe[m]me Et que ap[rese]nt est aud[it] quill[aum]e le Roux tresor[ier] gen[eral] de bretaigne joignant dun coste alameson dud[it] abbe de Redon Et dautre Coste a ung appantiz qui fut guill[aum]e lorfebvre [et] que tint dempuis capedocze [et] que tient ap[rese]nt lafe[m]me et enffens feu guill[aum]e le breton Avecques laquelle meson est obligee lameson dud[it] abbe de Redon A III s[ous] II d[eniers] de Rante qui sont deuz par an ausd[its] termes Sur Celles choses Celles pource III s[ou]s II d[eniers]

  • Déclaration et dénombrement, 1677

    A. D. Loire-Atlantique. B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement de Jean Bunetier procureur et notaire royal en la sénéchaussée de Vannes demeurant rue des Vierges d´une maison couverte d´ardoises près la rue des Vierges avec un petit jardin au bout vers l´occident joignant à une maison aux chanoines de l´autre bout vers le levant à une maison de la chapellenie de Jésus par le devant au minuit sur la dite rue des Vierges et par le derrière aux murailles de la ville au midy dans lequel petit jardin il y a une petite écurie ou appentis qui ouvre sur la dite rue contenant ensemble le long de la dite rue 84 pieds et de profondeur 38 pieds y compris une petite cour au derrière de la dite maison, les dites choses acquises d´avec messire Sébastien Millon seigneur des Salles arrivées par succession de ses père et mère et ayeuls par contrat du 23 août 1675.

  • Adjudication, 1795

    A. D. Morbihan. 1 J 361 : 1er messidor en III : Devant les notaires publiés au département du Morbihan, résidence de Vannes soussignés a comparu le citoyen Mathurin Cormerais négociant demeurant Douves du Port à Vannes lequel après avoir déclaré que le 4 nivôse dernier il aurait acquis de l´administration du district de Vannes pour une somme de 10 000 £ la maison dite l´Auberge de Jérusalem située rue des Vierges à Vannes faisant partie des biens provenant de Julien Hilarion Jérôme Lantivy du reste et noble émigré, sous la faculté de nommer un autre acquéreur dans les délais de six mois accordé par la loi du 17 septembre 1791 faculté dont il use en faveur du citoyen Julien Aupied négociant demeurant près le port à Vannes, en conséquence il a cédé et transporté purement et simplement au dit Julien Aupied au soi présent présent et acceptant la propriété pleine et entière de la dite maison et dépendances pour en jouir à compter du jour de l´adjudication faite au dit Cormerais la présente cession faite et accordée entre parties pour la site somme de 10 000 £, le citoyen Cormerais reconnaît avoir été remboursé de cette dernière somme par le citoyen Aupied dont quittance et celui-ci a promis et s´est obligé d´acquitter exactement aux mains du receveur du district de Vannes, le surplus de la dite adjudication promettant garentir le dit Cormerais de toutes recherches à cet égard et de remplir les clauses et conditions portées en la dite adjudication.

  • Affiche de location, 1814

    A. D. Morbihan. 1 J 361 : 24 juin 1814 : Affiche de location de l´auberge de Jérusalem : ceux qui voudront affermer pour la Saint Jean (24 juin 1814), l´Auberge de Jérusalem, située dans la rue des Vierges, à Vannes s´adresseront à mademoiselle Aupied, demeurant en cette ville, rue Préfecture, première impasse.

  • Sources iconographiques

    20055600532NUCA : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 88/1.

    19975601181X : Archives municipales de Vannes, 21 Fi.

    19975601192X : Archives municipales de Vannes

    20105600820NUCA : Archives municipales, Vannes, 21 Fi.

    20055605142NUCB : Fonds privé

    20055605143NUCB : Fonds privé

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Loire-Atlantique. B 2339. Rentier du domaine ducal à Vannes, parchemin, 1455-1458. La transcription du rentier a été réalisée par Marion Mauvais. Ce travail de transcription a fait l'objet de son master 1 sous la direction de Marie Casset (Lorient : Université de Bretagne sud. 2012). Dans un travail complémentaire en master 2 "La topographie de Vannes au 15e siècle, à partir des données du livre rentier de 1455-1458" Marion Mauvais a appliqué les données du rentier aux surfaces cadastrales de la ville émanant du premier cadastre de 1807-1809. Elle figure à ce titre comme enquêteur dans l'opération d'inventaire du secteur sauvegardé.

    Folio 14r Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2339
  • A. D. Loire-Atlantique. B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement de Jean Bunetier procureur et notaire royal en la sénéchaussée de Vannes demeurant rue des Vierges.

    Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2340
  • A. D. Morbihan. 1 J 361.

    Archives départementales du Morbihan : 1 J 361
Bibliographie
  • LEGUAY, sous la direction de Jean-Pierre. Histoire de Vannes et de sa région. Toulouse : éditions Privat. Pays et villes de France, 1988. 320p. ; 23,5 cm.

    p. 90, 119
  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p. 48
  • VIAUD-GRAND-MARAIS, André. Vieilles auberges et hôtelleries de Vannes. Vannes, imprimerie Galles, 1930.

    p. 8-9
Périodiques
  • DEGEZ, Albert. Le colombage vannetais. Essai de classification et de datation des maisons en pan de bois à Vannes. Vannes, Impr. Galles. In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan. 1980, tome 107.

    p. 45-46