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Hôtel dit château Gaillard, 2 rue Noé (Vannes)

Dossier IA56007904 inclus dans Rue Noé, anciennement rue Saint-François et rue des Cordeliers et rue des pots réalisé en 2011

Fiche

Á rapprocher de

Dossiers de synthèse

Edifice majeur de la ville, Château Gaillard est le seul hôtel particulier du début du 15e siècle en pierre conservé à Vannes. Son commanditaire, Jean de Malestroit, chancelier du duc Jean V est alors un des plus importants personnages du duché, à la fortune considérable, qui possède en outre un hôtel à Rennes. Malgré la disparition du corps sur rue et de la spectaculaire coursière à deux niveaux qui la reliait au corps principal, l'hôtel conserve ses dispositions d'origine, en particulier ses deux tours d'escalier dont les dimensions différentes correspondent à l'usage public-privé. On mettra en évidence le décor de la cheminée de la grande salle du premier étage qui reproduit celui des cheminées du logis ouest de Suscinio construit vers 1420 par le duc Jean V. Mais aussi le remarquable décor de boiseries inspiré ou réalisé par les menuisiers du Parlement de Rennes ou encore la très belle charpente en carène renversée.

Parties constituantes non étudiées cour, jardin, portail
Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Vannes
Adresse Commune : Vannes
Adresse : 2 rue Noé
Cadastre : 1807 I3 1155 ; 1844 K8 1925 ; 1980 BS 44

Hôtel particulier construit pour Jean de Malestroit, alors évêque de Nantes, puis chancelier du duc Jean V (1408-1442), qualifié de "maison neuve" dans un acte de vente de 1455. L'étude dendrochronologique provenant de la charpente de combles date cette dernière de 1437. Plutôt qu'en référence au prénom de Gaillard Tournemine, ancien propriétaire de l'emplacement avec Thomas Faverill et Jean de Cresolles dans le rentier ducal, il vaut voir dans l'adjectif "gaillard" qualifiant l'hôtel une reconnaissance de la grande qualité de sa construction.

L'hôtel composé de deux corps de logis contemporains est bâti vers 1430-1440 sur une étroite parcelle, exempte de rente foncière car dépendant antérieurement des hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem : il manque cependant le corps de passage sur rue, et la coursière en encorbellement déterminés par l'analyse architecturale, probablement détruits à la fin du 17e siècle lors de la construction du portail actuel.

En 1457, le duc Pierre II achète l'édifice aux chanoines de Nantes (qui l'avaient acquis de l'héritier de Jean de Malestroit, son neveu Jean) pour servir d'auditoire au Parlement de Bretagne, mais aussi de demeure pour le président du Parlement. Après la réunion de la Bretagne à la France, le roi vend l’hôtel en 1554 à la famille Botherel qui le conserve jusqu'en 1645. A cette date, l'hôtel devient la propriété de Pierre de Sérent, seigneur de la Rivière, qui est à l'origine du décor du célèbre "cabinet des Pères du désert", au 2e étage du corps postérieur.

En 1675, l'hôtel passe à Claude de Francheville qui procède à d’importants travaux : suppression du corps sur rue et de la coursière le reliant au corps principal, au profit du portail actuel ; remplacement du corps de latrines à l'ouest ; remplacement probable des plafonds à poutres rapprochées par des plafonds à poutres et solives. Il remanie également le décor intérieur de plusieurs pièces, décor inspiré de celui utilisé pour les boiseries du Parlement de Rennes.

En 1912, la Société polymathique du Morbihan rachète l´immeuble et réalise quelques travaux pour y installer son musée, en particulier au rez-de-chaussée, la création de la porte d'accès à la salle remplaçant une fenêtre attestée dans un acte du 18e siècle, ainsi que la modification de la porte d’accès à la tour.

En 2002-2003, une grande campagne de restauration aboutit à la restitution de la charpente d'origine en carène renversée, masquée au 19e siècle sous un lattis plâtré. Cependant, le lambris du berceau n’est pas restitué.

La construction qui figure sur le plan cadastral de 1844 dans la cour côté ouest, sans doute écurie et remise à carrosse mentionnées dans un aveu de 1710 qui avaient en partie remplacé le corps de passage sur rue, a été détruite.

Période(s) Principale : 1ère moitié 15e siècle
Secondaire : 4e quart 17e siècle
Auteur(s) Personnalité : Malestroit Jean,
Jean Malestroit

Jean de Malestroit, chancelier de Bretagne (1408-1442).


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commanditaire, attribution par travaux historiques

L'hôtel est établi aujourd'hui en retrait de la rue, entre cour et jardin selon le modèle en vogue au 17e siècle dont témoigne le portail en plein cintre couronné d'un fronton triangulaire ouvrant sur la cour pavée.

Complétant l'ensemble, il existait à l'origine, en bordure de la rue, un corps de passage relié par une coursière en encorbellement à étage à laquelle on accédait par deux portes superposées (aujourd'hui à demi-obturées en fenêtres) dans la tour polygonale ; un dispositif semblable se voit à Vitré à l’hôtel de la Boule d’or, de la fin du 15e siècle.

L'hôtel est composé d’un grand corps de logis flanqué d’un corps plus petit établis sur une parcelle étroite et irrégulière reflétant le tracé laniéré du tissu urbain propre au Moyen Âge, chacun des corps desservis par une tour d'escalier. Côté cour, la large tour d´escalier polygonale abrite un escalier en vis en pierre distribuant les cinq niveaux. Côté jardin, le petit corps de logis à usage privé ne comprenant qu’une pièce de service par niveau est desservi par un second escalier, logé dans une tourelle plus étroite appareillée partiellement en tuffeau. Sous l'ensemble du logis, deux caves dont l'une est voutée.

L'élévation sur cour à pignon avec tour polygonale hors-oeuvre accolée est construite entièrement en pierre de taille et éclairée en travée irrégulière d'une fenêtre à croisée par niveau (y compris celui du comble), la fenêtre du rez-de-chaussée ayant été transformée en porte d'accès au début du 20e siècle. La façade sur jardin est construite en moellon équarri ou irrégulier de granite, seule la base de la tour d'escalier étant en pierre de taille : la partie supérieure de cette tourelle est enduite, peut-être pour protéger le tuffeau visible dans l'escalier, dont elle est majoritairement constituée. Le mur occidental du corps postérieur est également enduit. Sur le mur nord des deux corps, les fenêtres à croisée sont disposées en travées. Une porte en plein cintre largement chanfreinée et surmontée d'un jour moderne donne accès latéralement à la grande salle du rez-de-chaussée du corps de logis principal.

Chaque niveau est composé de trois pièces dont deux dans le corps principal : salle, cuisine (?) et arrière-cuisine au rez-de-chaussée, salle, chambre et garde-robe (puis cabinet) aux étages.

La grande salle qui occupe aujourd'hui la totalité de l´espace du corps principal, était autrefois divisée en deux comme l'indiquent les deux cheminées monumentales identiques engagées dans le mur gouttereau occidental, selon une habitude ancienne qui fait préférer le gouttereau au pignon pour établir les cheminées. Aux deux étages carrés, l'espace est encore divisé en deux pièces par une cloison, chacune des pièces chauffées par une cheminée superposée à celles du rez-de-chaussée : au 1er étage, la cheminée de la pièce sur rue, à piédroits à colonnettes et à hotte en pierre de taille à arc de décharge a conservé son caractère médiéval ; cette cheminée de grande qualité indique clairement la salle principale où l'on recevait.

La pièce suivante, la chambre, est revêtue de lambris et dotée d'un plafond parqueté à moulures délimitant de caissons, qui remonte aux années1675, date conjointe de la mutation de propriété de l'hôtel et de l'arrivée du Parlement à Vannes : en effet, ces boiseries évoquent l'art des menuisiers au Parlement de Rennes ; au centre de la pièce, une guirlande en frise délimite probablement l'espace d’une alcôve occupant la totalité de la largeur suivant le modèle alors en usage. Face à cette ancienne alcôve, la modeste cheminée a perdu son revêtement boisé remplacé par deux portes de placards en remploi. Ces boiseries ont perdu leur peinture d’origine.

La 3e pièce située dans le corps postérieur est entièrement lambrissée, la cheminée adossée au mur est est revêtue de boiseries à trumeau d'une époque plus tardive que dans la chambre, probablement des années 1700, qui masquent sans doute la cheminée médiévale. Dans le mur ouest, on a conservé l'accès aux latrines (disparues) par une porte moulurée d'un cavet.

Le second étage présente la même disposition : cheminée médiévale dans la salle sud où subsiste également la fenêtre à coussièges (disparus au 1er étage) ; chambre au nord dont seule la cheminée a conservé ses boiseries du 17e siècle : comme au premier étage, leur décor est inspiré ou réalisé par les menuisiers du Parlement : on peut cependant regretter que la peinture dont elles sont revêtues depuis la dernière restauration ne soit pas du tout dans l'esprit du 17e siècle.

Dans l'ancienne garde-robe se trouve un cabinet de travail dit cabinet "des pères du désert" ornés de panneaux peints du 17e siècle. Une des cloisons peintes masque une fenêtre à un coussiège qui conserve encore son volet à plis serviette du 15e siècle, seul vestige des boiseries de cette époque.

Le comble est peut-être aujourd'hui l'espace le plus spectaculaire, après la restauration de 2003 qui a remis en valeur la charpente à chevron portant ferme qui recouvrait l'ensemble de l'espace, éclairé par deux fenêtres à coussièges percées dans les pignons. Le comble étant sans surcroît, chevrons et liens courbes qui composent le berceau reposent sur deux sablières par l'intermédiaire d'un blochet, petite pièce transversale. Les cheminées de cette salle ont disparu, l'une au pignon nord dont souche et conduit se voient encore à l'extérieur. Quant à la seconde au sommet du mur gouttereau, elle a disparu et seule se voit encore la trémie.

Le cabinet qui présente un haut surcroît a conservé sa petite cheminée du 15e siècle, à piédroits chanfreinés à griffes, linteau incurvé et hotte oblique. Eclairé d'une fenêtre à coussièges, il montre la même charpente à chevrons portant ferme, reposant sur deux sablières : le remplacement de la partie inférieure des chevrons et des jambettes a peut-être fait disparaître l'ancienne disposition à blochets.

Murs granite moellon enduit
granite pierre de taille
calcaire pierre de taille enduit partiel
Toit ardoise
Étages sous-sol, 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
toit polygonal
toit conique noue
croupe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, en maçonnerie
Énergies
Typologies en retrait de rue, double en profondeur, à pignon sur rue, coursière en encorbellement
États conservations restauré
Techniques peinture
menuiserie
Représentations denticule, guirlande, personnage profane
Précision représentations

Les boiseries du plafond de la chambre nord au 1er étage comportent une séparation avec personnages en haut-relief portant des guirlandes de fleurs ou une corne d'abondance. Les caissons sont bordés d'une frise de denticules et d'entrelacs au centre orné de fleurettes. Une même frise d'entrelacs orne l'imposte des portes.

La cheminée du pavillon nord au 1er étage montre un trumeau bordé de pilastres à chapiteau ioniques.

Au second étage, le foyer de la cheminée de la salle sud est encadré d'une guirlande florale en fort relief. La corniche est décorée d'acanthes, tandis que le trumeau orné d'un cadre bordé de feuilles d'acanthe, encadré de deux grosses fleurs stylisées.

L'étude dendrochronologique a porté sur 60 éléments en bois de chêne provenant de la charpente de combles du château Gaillard à Vannes. Leur excellent état de conservation a permis la conservation d'aubiers complets permettant ainsi de dater précisément l'abattage des bois utilisés et par voie de conséquence la mise en place de la superstructure. le prélèvement a permis de montrer la grande homogénéité de la charpente, de même que sa contemporanéité avec l'essentiel du bâti en pierre. L'ensemble se situe ainsi dans la première moitié du 15e siècle, la charpente étant datée de 1437.

Statut de la propriété propriété d'une association
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables charpente en bois, lambris, cheminée
Sites de protection secteur sauvegardé
Protections classé MH, 1913/01/03

Annexes

  • Rentier du domaine ducal à Vannes, 1455-1458

    A. D. Loire-Atlantique. B 2339 fol. 7r Rentier du domaine ducal à Vannes, parchemin, 1455-1458. Lamaison qui fut paulin et q[ue] tindrent aut[re]ffoiz gaill[ar]t

    to[ur]nemi[n]e thomas faverill et jehan dec[re]solles [et] safe[m]me

    fille dud[it] thomas et dempuis alevesque de nantes chancelier de

    bretaigne Et ap[rese]nt ap[ar]tient a miss[ire] demalestroit s[eigneur]

    de mesange son heritier joign[ant] dun coste alamais[on] dess[us]d[ite]

    dud[it] p[er]rot lorfebvre Et dautre Coste a une maison a jehan

    guillemot Sur laquelle on ne trouve pas quil y soit deu aucune Rante

    amondit s[eigneur] Et dient quilz la tienne[n]t des hospitaliers

  • Déclaration et dénombrement, 1677

    A. D. Loire-Atlantique. B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement de messire Claude de Francheville chevalier seigneur de Truscat d´une maison nommée le Château-Gaillard size près la rue de Saint-François ayant une cour au devant et un jardin derrière contenant de face sur le pavé 30 pieds et de profondeur 148 pieds au travers de la dite cour maison et jardin avec laquelle cour et au côté d´icelle il y a une écurie, les dites choses donnant d´un côté à maison appartenant aux héritiers de feu Jacques Pourmin Sr de la Forest et à maisons du Sr du Verger Le Méthayer et du Sr de Kerbourbon Chedanne et d´autre côté à maison appartenant au Sr de la Rivière Bonfils par le devant sur le pavé de la dite rue et par le derrière au jardin des R.P. Cordeliers et du Sr de Roscanvec. Les dites choses obtenues par acquêt judiciel du 17 juin 1675.

  • Bail

    A. D. Morbihan. 6E 20 : 5 août 1754 : Bail de deux ans passé entre dame Gillonne Charpentier veuve de messire François Vincent de Quifistre, chevalier seigneur de Bavalan et autres lieux demeurante en son hôtel en cette ville de Vannes paroisse de Saint-Pierre faisant et agissant pour messire Alexis de la Touche, chevalier seigneur de Beaulieu et autres lieux demeurant en son château de Beaulieu paroisse de Bignan à messire Philippe François Blevin chevalier seigneur de Penhoët chevalier de l´ordre militaire de Saint-Louis demeurant aussi en son hôtel en cette ville paroisse de Saint Salomon, sur ce aussi présent et l´acceptant pour et aux noms de monsieur et madame de Marboeuf demeurant actuellement en leur hôtel à Paris rue Saint Guillaume faubourg Saint Germain, une maison avec ses appartenances et dépendances appartenant au dit seigneur de Beaulieu situé rue Saint François de cette ville de Vannes, même paroisse de Saint Pierre pour 350 £/an.

  • ADM B 497 : 28 septembre 1712 : Procès-verbal de réparation.

    ADM B 497 : 28 septembre 1712 : Nous soussignants Jacques Emmanuel Mersant priseur et arpenteur juré et reçu expert en la sénéchaussée de Vannes et Jean Denabia N.R. et apostolique faisant pour le greffe de l’escritoire, certifions nous estre ce jour 28 avril 1712 à requête de monsieur du Bodory en luy le requérant transportés jusqu’en la maison du Château-Gaillard situé en la rue de Saint François ville close de Vannes paroisse de Saint Pierre pour faire estat et PV des réparations requises et nécessaires de faire dans l’appartement d’en bas et celuy du premier estage d’en haut, cour et jardin et escurie de la dite maison du Château-Gaillard par luy affermé de madame la comtesse de Francheville où estant y avons procédé en présence du nommé Le Bat dit La France demeurant chez le dit seigneur du Bodory au moyen des clés nous représentées et ouverture faite par le dit La France son garçon, avons,

    Entrés dans la cour et visité la grande porte d’entrée avons vu que la traverse de bois d’en haut estant au-dessus des battants de la grande porte est pourrie et de nulle valeur et qu’il y a besoin d’en mettre une autre en sa place et que sur la serrure estant sur la barre de bois traversant les battants de la porte pour la tenir fermée est toute mangée de rouille et de nulle valeur et que la bande de fer en crampon qui entre dans la serrure pour fermer la porte est attachée au courouil est cassé et ne peut servir qu’en l’accommodant ou en mettre un autre dans sa place.

    Et entrés dans le bas de la dite maison avons vu qu’il manque à la porte estant au bas de la montée en advis de la cour un gond de fer dans la muraille pour passer la barre de fer d’en bas n’y en ayant point et de mettre des clous à la bande de fer qui se décloutte et dérouille la serrure à ce qu’elle se puisse fermer et ouvrir facilement et y mettre un courouil de fer au derrière en un crampon de fer n’en ayant qu’un pour tenir le courouil paroissant y en avoir en un pour fermer la porte par dedans.

    Et entrés dans une petite antichambre estant à la gauche de l’allée d’entrée de la dite maison où sont placés les lieux d’embas, avons vu qu’il manque un courouil de fer et crampon à la porte d’entrée pour la tenir fermée par dedans paroissant y en avoir en un cy-devant et avons vu aussi qu’il manque une targette sur le haut d’un des battants du haut de la fenêtre vers la cour paroissant y en avoir en une cy-devant et relever les autres targettes pour les dérouiller à ce qu’ils puissent jouir et ouvrir et fermer facilement et qu’il manque trois carreaux de vitres sur la fenestre estant au-dessus des lieux et fournir les vitres et qu’il faut aussi relever le loquet estant sur la porte d’une clouaison de bois séparant les anneaux des latrines pour le desrouiller à ce qu’il puisse s’ouvrir facilement, et mettre deux volets de bois sur les anneaux pour les couvrir n’en ayant point à présent.

    Et entrés dans l’office avons vu qu’il manque une targette à courouil celle qui y est estant cassée et desrouillée la serrure à ce qu’elle puisse se fermer et ouvrir facilement.

    Et entrés dans la chambre basse estant au bout de l’allée avons vu que les panneaux du bas de la porte donnant sur une petite passe comme l’on va au jardin sont pourries et rapetassées de bouts de planches et qu’il faut desrouiller la serrure et ferrure d’icelleà ce qu’elles puissent s’ouvrir facilement. Avons vu aussi qu’il manque une fermeture de bois sur la fenêtre estant au-dessus de la porte vers le jardin avec sa carrée de bois et ferrure pour les attacher et targette pour la fermer quand il faudra. Avons vu qu’il faut mettre un bout de planche au bout des planches du plancher de la place procha la porte comme l’on va au jardin lesquelles estant pourries et cassées.

    Et avons vu aussi qu’il manque une targette à un des panneaux de la fenêtre d’en haut de la dite chambre donnant vers le jardin, celle qui y est estant cassée et desrouiller les autres targettes, il faut aussi un petit carreau de vitre. Il manque aussi deux grilles de fer au potager estant dans la dite chambre. Avons vu aussi qu’il manque un service et clé sur une vieille armoire à deux battants estant dans la dite chambre basse de derrière paroissant y en avoir une cy-devant et deux targettes pour la fermer.

    Et entrés dans la cuisine à côté avons vu qu’il manque une clef sur la serrure de la porte avec une targette. Il manque une porte de bois et sa carrée et des fiches pour la tenir et sa serrure courouillée et loquetouer pour la tenir fermée par dedans, sur une porte donnant de la dite cuisine sur une petite montée de pierres pour monter au haut ayant en une autre fois comme se voit par des crampons qui sont dans la muraille et avons vu qu’il manque une grille de fer à un des trous du potager de la dite cuisine. Comme aussy avons vu qu’il manque une serrure et clé sur la porte donnant de la cuisine dans un petit cabinet estant vis-à-vis.

    Et montés dans la salle haute du premier étage donnant sur la cour avons vu qu’il faut desrouiller la serrure de la porte donnant sur le degré à ce qu’elle puisse s’ouvrir et fermer, desrouiller les targettes estant à la fenêtre donnant sur la cour et avons vu aussi qu’il manque deux volets de bois en la carrée auparavant de la dite fenêtre par dehors paroissant y en avoir eu cy-devant par les deux côtés de la carrée qui y sont restés et qui sont de nulle valeur. Faire la même chose à la fenêtre vers midy. Il faut desrouiller la targette estant à la porte donnant de la dite salle dans la

    chambre de derrière.

    Entrés dans la chambre de derrière du dit estage au milieu avons vu qu’il faut raccommoder le crampon estant au bas de la targette.

    Et entrés dans une autre chambre de derrière du dit estage avons vu qu’il manque une serrure sur une petite armoire estant dans la muraille proche la cheminée. Avons vu pareillement qu’il manque un côsté et fenêtre de bois par le dehors d’une fenestre d’un petit cabinet au dit estage donnant sur le jardin celui qui y est estant cassé et de nulle valeur.

    Et montés dans un petit cabinet donnant vers midy et occident sur le jardin avons vu qu’il manque sur les deux fenêtres 21 carreaux de vitres. Avons vu aussi qu’il manque le vitrage d’une des petites fenêtres de refent donnant jour à la petite montée de pierre et un carreau sur une autre.

    Et montés dans une chambre haute au dernier estage d’en haut estant au milieu advis des cordeliers avons vu que les deux carrées de bois où estoient attachées les vitres sont pourries par le bas et les traverses du milieu aussi pourries et en partie cassées et que les targettes sont mangées de rouille et de nulle valeur et qu’il faut la reblanchir et avons vu qu’il y manque quelques tuiles, et la regarnir de chaux et sable dans les endroits où elle se trouve dégarnie.

    Et entrés dans une autre chambre au dit dernier estage vers occident, avons vu que la carrée de la fenêtre vers occident est à demi pourri et le bas sans vitrage et qu’il manque en haut d’une d’icelle, un panneau de vitres et deux carreaux à l’autre côté et qu’il y manque quelques tuiles dans la place et est besoin de la reblanchir et la regarnir de chaux et sable.

    Avons vu aussi qu’il manque deux carreaux de vitres sur une petite fenêtre vers le nord paroissant y en avoir eu autrefois.

    Avons vu aussi que le trilly de la fenêtre de la gallerie vers midy est détaché et hors de place et la carrée cassée d’un bout et qu’il faudra regarnir le haut de la gallerie de chaux et sable où elle est dégarnie et qu’il manque plusieurs tuiles en différents endroits de la dite gallerie et la reblanchir.

    Et avons vu aussi que les quatre fenêtres vers le nord de la gallerie d’en haut avis de la chambre du milieu il n’y a aucun treillis ny fenestre de bois à coulisse quoi qu’il y en ai eu cy-devant comme se voit par les lieux des coulisses et qu’il manque plusieurs tuiles en différents endroits de la dite gallerie et la regarnir de chaux et sable là où elle se trouve dégarnie et la reblanchir.

    Et descendus dans la première cour avons vu que la muraille vers le nord cime beaucoup par l’endroit estant vis-à-vis des maisons circonvoisines et qu’il est besoin de cimenter cet endroit tas de bon ciment et chaux, et qu’une des poutres est estansoimée du bout vers le nord proche la dite muraille et avons vu qu’il y avoit là ci-devant une porte de bois et carrée dans l’allée allant dans la dite cave et qu’il est besoin de mettre une couverture sur la citerne.

    Et montés dans un petit cabinet estant dans le jardin à l’orient d’iceluy avons vu que la muraille du bout du nord est toute couleuvrée et menace ruine aussi bien que le bout de la longère vers occident du côté du midy qui est aussi couleuvré et qu’il manque sur la fenestre du milieu vers orient 13 carreaux de vitres et sur l’autre au côté tirant vers le nord un panneau de vitre d’environ 2,5 pieds et 1,5 pied de large et qu’il manque sur les deux fenestres donnant sur le jardin 8 carreaux de vitres et une targette à courouil et desrouiller les autres, il manque aussi quelques tuiles dans la place et qu’il faut regarnir les murailles dans les endroits où elles sont dégarnies et les reblanchir et réparer et d’ardoises et de chaux et sable la couverture où elle est dégarnie et avons vu aussi qu’il manque une clef à la serrure.

    Avons vu aussi que le jardin est à présent en frost et que la muraille vers le jardin des cordeliers est tombée par le haut et que l’on y a fait faire une balustrade vis-à-vis de la brêche, aussy bien qu’à l’entrée du dit jardin en advis de la chambre basse de derrière où l’on fait pareillement une balustrade et qu’il faut oster les pierres qui sont tombées dans un petit espace estant entre le dit jardin et la maison attendu qu’elles peuvent causer que les eaux qui y tombent iront dans les caves et avons vu aussi qu’il est tombé un petit bout de la muraille vers midy séparant le dit jardin de celuy de monsieur de Roscanvec d’environ 10 à 12 pieds de large par en haut, et reblanchir et regarnir les chambres d’en bas de chaux et sable par les endroits où elles sont dégarnies.

    Et entrés dans l’escurie estant au côté de la cour avons vu que la clouaison de colombes de bois et terrasses vers la cour est desgarny de terrasse et rapetassées de bouts de donnelles en plusieurs endroits ce que le dessous de la chapseule d’en bas est desgarnies de maçonne, laquelle il faut regarnir de bonne pierre et regarnir les terrasses de chaux et sable là où elles sont desgarnies.

    Et avons vu aussi que la porte d’entrée de la dite escurie y manque une clef et un loquetouer de fer celle qui y est n’estant que de bois et desrouiller la serrure et avons vu aussi qu’un des battants et costé de la porte est vieux et qu’il est besoin de remettre un autre à sa place de 15 pouces de large ou davantage ainsi que d’une autre bande de fer dans le milieu du plus grand des battants. Et avons vu aussi que sur une des fenêtres donnant sur la cour au dessus de la porte d’entrée, à deux battants que l’une desquelles est cassée et qu’il faut la remplacer.

    Et avons vu aussy que sur la fenêtre donnant sur la rue qu’il n’y a aucune targette et qu’il est besoin d’en mettre deux avec leurs crampons l’une au haut et l’autre au bas pour la tenir fermée. Il manque aussi huit bâtons au ratelier de l’escurie.

  • Transaction, 1782

    A. D. Morbihan. 6E 3460 : 25 janvier 1782 : Transaction passée entre messire Jyacinthe Joseph Alexis de la Touche, chevalier seigneur de Beaulieu, Penvern et autres lieux demeurant à son hôtel à Vannes rue Saint-François d´une part et le Sr Jean-Jacques Brunet marchand apothicaire demeurant au dit Vannes rue Saint Jacques dite paroisse Saint Pierre d´autre part, entre lesquelles parties a été reconnu que par exploit de chevalier huissier à Vannes du 14 août 1780, mon dit Sr de Beaulieu a fait assigner au siège présidial de Vannes le dit Sr Brunet pour avouer ou contester s´il n´est pas vrai que les matières fécales, urines et eaux infectées de sa fosse d´aisance pénetrent le mur mitoyen qui sépare sa maison située rue Saint Jacques de cette ville de celle de mon dit Sr de Beaulieu donnant sur la rue Saint François et de la cour derrière pour en cas d´aveu ou de preuve qui en seroit faite en cas de contestation tant pour témoins que pour experts, le Sr Brunet soit tenu obligé de prendre ses précautions et porter les remèdes nécessaires soit en faisant un contre mur ou autrement de manière que le mur mitoyen ne souffre aucun dommage et que les eaux ne pénètrent point dans la cour de la maison du dit Sr de Beaulieu, de plus le Sr de Beaulieu fera et entretiendra à ses frais un conduit qui fera communiquer la fosse de sa cuve d´aisance à celle de mon dit Sr de Beaulieu qui a une évacuation parce qu´en cas que les eaux ou matières regorgent chez l´un ou chez l´autre et qu´il soit nécessaire de vider à l´avenir aucune de ces cuves d´aisance, le conduit particulier de mon dit Sr de Beaulieu qui porte les eaux et matières fécales jusqu´au conduit banal, le tout sera aux seuls frais du Sr Brunet qui sera aussi tenu de garantir mon dit Sr de Beaulieu en cas que les eaux ne filtrassent chez les voisines et de plainte de leur part à cet égard.

  • Sources iconographiques

    20055600532NUCA : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 88/1.

    19975601199XB : Archives municipales de Vannes

    19985600192XA : Archives municipales de Vannes

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Loire-Atlantique. B 2339 fol. 7r Rentier du domaine ducal à

    Vannes, parchemin, 1455-1458. La transcription du rentier a été réalisée par Marion Mauvais. Ce travail de transcription a fait l'objet de son master 1 sous la direction de Marie Casset (Lorient : Université de Bretagne sud. 2012). Dans un travail complémentaire en master 2 "La topographie de Vannes au 15e siècle, à partir des données du livre rentier de 1455-1458", Marion Mauvais a appliqué les données du rentier aux surfaces cadastrales de la ville émanant du premier cadastre de 1807-1809. Elle figure à ce titre comme enquêteur dans l'opération d'inventaire du secteur sauvegardé.

    Folio 7r Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2339
  • A. D. Loire-Atlantique. B 2340 : 1677 : Déclaration et dénombrement de messire Claude de Francheville chevalier seigneur de Truscat d´une maison nommée le Château-Gaillard size près la rue de Saint-François.

    Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2340
  • A. D. Morbihan B 497 : 28 septembre 1712 : Nous soussignants Jacques Emmanuel Mersant priseur et arpenteur juré et reçu expert en la sénéchaussée de Vannes et Jean Denabia N.R. et apostolique faisant pour le greffe de l´escritoire, certifions nous estre ce jour 28 avril 1712 à requête de monsieur du Bodory en luy le requérant transportés jusqu´en la maison du Château-Gaillard situé en la rue de Saint François ville close de Vannes paroisse de Saint Pierre pour faire estat et PV des réparations requises et nécessaires de faire dans l´appartement d´en bas et celuy du premier estage d´en haut, cour et jardin et escurie de la dite maison du Château-Gaillard par luy affermé de madame la comtesse de Francheville où estant y avons procédé en présence du nommé Le Bat dit La France demeurant chez le dit seigneur du Bodory au moyen des clés nous représentées et ouverture faite par le dit La France son garçon.

    Archives départementales du Morbihan : B 497
  • A. D. Morbihan. 6E 20 : 5 août 1754 : Bail de deux ans passé entre dame Gillonne Charpentier veuve de messire François Vincent de Quifistre, chevalier seigneur de Bavalan et autres lieux demeurante en son hôtel en cette ville de Vannes paroisse de Saint-Pierre faisant et agissant pour messire Alexis de la Touche, chevalier seigneur de Beaulieu et autres lieux demeurant en son château de Beaulieu paroisse de Bignan à messire Philippe François Blevin chevalier seigneur de Penhoët chevalier de l´ordre militaire de Saint-Louis.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 20
  • A. D. Morbihan. 6E 3460 : 25 janvier 1782 : Transaction passée entre messire Jyacinthe Joseph Alexis de la Touche, chevalier seigneur de Beaulieu, Penvern et autres lieux demeurant à son hôtel à Vannes rue Saint-François d´une part et le Sr Jean-Jacques Brunet marchand apothicaire demeurant au dit Vannes rue Saint Jacques dite paroisse Saint Pierre d´autre part.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 3460
Bibliographie
  • HERBAUT, Claudie. Le château Gaillard. Dans : Vannes, ville d'art et d'histoire. Le tour de la ville en 24 fiches. Vannes, le centre historique, fiche 1.

    Fiche 1
  • LEGUAY, sous la direction de Jean-Pierre. Histoire de Vannes et de sa région. Toulouse : éditions Privat. Pays et villes de France, 1988. 320p. ; 23,5 cm.

    p. 89
  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p. 34-37
  • DANET, Gérard. L'hôtel

    de Roscanvec et le château Gaillard à Vannes. Etude historique en vue de la

    prise en compte du patrimoine archéologique dans le cadre d'un projet muséal.

    Etude commandée par la ville de Vannes. 1997.

  • BERNARD, Vincent. Rapport d'étude dendrochronologique, Vannes, Château Gaillard (Morbihan). Centre national de la recherche scientifique : laboratoire d'Anthropologie, centre d'Archéobotanique.

Périodiques
  • FRELAUT, Bertrand. Cabinet des Pères du désert à Château-Gaillard. In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan.1998, T124.

    p. 87-97
  • LA MARTINIERE, Jean de. Le plus ancien manoir de Vannes Château-Gaillard. In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan.1920-1921.

    p. 93-153