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Hôtel, 13 rue saint-Vincent (Vannes)

Dossier IA56003424 inclus dans Quartier de la Poissonnerie (Vannes) réalisé en 2001

Fiche

Dossiers de synthèse

Parties constituantes non étudiéescour, cellier
Dénominationshôtel
Aire d'étude et cantonVannes
AdresseCommune : Vannes
Adresse : 13 rue
Saint-Vincent
Cadastre : 1807 I3 1214 ; 1844 K8 1832 ; 1980 BS 135

L'emplacement est acquis par Pierre Jarno en 1683 pour y bâtir une maison ; cependant l'obligation de bâtir dans les 3 années suivant l'accensement du dit emplacement n'ayant pas été respectée, force fut à Pierre Jarno de revendre l'emplacement en 1686 à Jean Caillot, maître architecte (acte du 12/1/1686) avec en plus un droit de bâtir sur le canal au derrière de l'hôtel : ce droit ne fut pas utilisé. On ne sait cependant pas si la vente concernait la totalité de la parcelle actuelle : en effet, l'hôtel est construit en deux campagnes successives, au vu de la façade sur rue et des toitures ; la partie nord avec la porte d'entrée a précédé la partie sud plus étroite de quelques années. D'après les archives consultées et l'acte d'entente passé en 1689 entre le sieur de Catefret, propriétaire de l'hôtel sis au n°11 actuel, et Jean Caillot à propos des fenêtres que ce dernier ouvre dans l'aile latérale sud de son hôtel, Jean Caillot est très certainement le constructeur de cette aile donnant sur le canal. On peut donc dire qu'en 1689, l'édifice est réalisé en totalité. Le bail d´un an passé en 1690 entre Jean Caillo et N.H. Clette Bocou Sieur de Lespoul commis au greffe du présidial de Vannes de deux chambres de plain pied au second étage de la maison montre une fois de plus que cet hôtel est construit à des fins locatives.

La façade de l'hôtel fait l'objet en juillet 1848 d'une demande urgente de réparation par son propriétaire Le Clerc de la Herverie, conseiller à la cour royale de Rennes. Il était envisagé de refaire en partie la façade à partir du premier étage et peut-être même au niveau du rez-de-chaussée. ce qui explique sans doute les travaux importants intervenus à partir du milieu du 19e siècle qui ont fait disparaître l'escalier d'origine ainsi que les cheminées et tous les décors, de même qu'une partie de la distribution. Seule une cheminée d'origine est conservée au rez-de-chaussée, contre le mur de refends longitudinal, ainsi que les escaliers secondaires distribuant les ailes en retour sur la cour à l'ouest. Enfin, la 2e moitié du 20e siècle a vu la disparition de l'enduit de façade et la modification des fenêtres de l'étage de comble dans la partie sud.

Période(s)Principale : 4e quart 17e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Auteur(s)Auteur : Delourme Olivier
Olivier Delourme

La terre et seigneurie de Boismourault et Bilaire sont vendues à Olivier Delourme pour la somme de 15000 £ par acte du 23 janvier 1722.


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architecte (?), attribution par source
Auteur : Caillo Jean architecte (?), attribution par source
Personnalité : Jarno Pierre propriétaire attribution par source
Personnalité : Caillo Jean commanditaire attribution par source
Personnalité : Le Clerc de la Herverie
Le Clerc de la Herverie

La maison appartient dans les matrices cadastrales de 1844 à M. Le Clerc de la Herverie, conseiller à la cour royale de Rennes.


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propriétaire attribution par source

Hôtel sur rue avec ailes latérales en retour sur une cour postérieure donnant à l'origine sur le canal du moulin des Lices. L'élévation sur rue est de type compartimentée : en moellon de granite autrefois enduit, ses éléments de structure (ouvertures, niveaux), sont soulignés par des encadrements ou bandeaux de calcaire, à l'exception du rez-de-chaussée ou les ouvertures sont en granite. Les travées sont d'espacement inégal et le traitement des baies diffère légèrement : présence de tableaux en pierre de taille de calcaire sous les fenêtres nord, de larmier au dessus des fenêtre des deux travées sud. La porte d'entrée de style classique popularisé par les gravures de l'époque, est surmontée d'un fronton semi-circulaire dans lequel est découpé un oculus : elle marque la travée axiale. La façade sur cour fait apparaître les modifications intervenues sur la travée centrale lors du changement de l'escalier. Comme dans l'élévation sur rue, les ouvertures sont en granite au rez-de-chaussée, en calcaire pour les étages. L'hôtel est double en profondeur. Aujourd'hui, la porte d'entrée distribue un couloir traversant qui abrite la cage d'escalier ; l'escalier en bois à retours avec jour possède une rampe en fonte. Sous l'escalier, une porte modeste donne accès à la cour postérieure. Dans cette cour, au sud, un escalier extérieur droit dessert la cave sous le corps principal. Les ailes en retour sur cour ont chacune un accès sur la cour, accès qui dessert un escalier en bois à balustres, rampe sur rampe.

Mursgranite moellon enduit partiel
calcaire pierre de taille
pan de bois
Toitardoise
Étagessous-sol, 2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans brisés
toit à longs pans
appentis
croupe
noue
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour en charpente
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour en charpente
escalier de distribution extérieur : escalier droit en maçonnerie
Typologiesen alignement de rue, à plan double en profondeur
Techniquessculpture
Précision représentations

Porte axiale à fronton semi-circulaire et pilastres latéraux. Triglyphe en représentation sur le linteau de la porte d'entrée.

Malgré ses transformations intérieures au 19e siècle, cet hôtel construit en deux campagnes est un des édifices les plus marquants de la rue, d'abord par sa taille, mais aussi par le traitement de sa façade très compartimentée par des lignes de calcaire soulignant fortement travées et baies : on remarquera que les modifications de composition dues aux deux campagnes successives ont entrainé le repositionnement de la porte au centre de la façade, tandis que la lucarne axiale de la première campagne restait logiquement au centre de la croupe. C'est un des rares hôtels intra-muros qui a pu développer derrière son corps principal des ailes de service sur la cour postérieure. Le traitement soigné de ces ailes est à mettre en relation avec leur visiblité à l'origine, lorsque l'accès se faisait par-dessus le ruisseau des Lices. Clet Bocou, locataire de Caillo en 1690 est certainement originaire de la paroisse de Cleden-Cap-Sizun en Finistère : le prénom de Clet ainsi que le patronyme de Bocou sont originaires de cette paroisse et il est probablement parent de Clet Bocou, prêtre de Cleden et chanoine de Léon qui fait construire en 1660 une très belle demeure dans la paroisse voisine de Plogoff, à Lescoff.

Statut de la propriétépropriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Sites de protectionsecteur sauvegardé

Annexes

  • Prise de possession, 1686

    A. D. Morbihan 6E 872 : 19 janvier 1686 : A la requête de Jean Caillot et de Julienne Guignolays sa femme demeurant en la grande rue de Saint Patern, nous nous sommes transportés rue St Vincent à main gauche comme l´on va de la porte St Vincent aux Lices qui donne sur la dite rue et sur le canal qui descend du moulin des Lices pour mettre et induire le dit Caillot en actuelle et réelle possession, le dit logis faisant 48 pieds de face sur la rue avec droit de bâtir sur le canal étant au derrière après que le dit Caillo ait présenté le contrat de vente fait par Jarno le 12 janvier 1686.

    Le dit emplacement a été acensé au profit de maître Pierre Jarno le 6, 27 avril et 22 mai et 15 juin 1683 avec obligation de bâtir dans les trois années mais le dit Jarno ne pouvant exécuter la sentence ce dernier a subrogé Jean Caillo architecte dans ses droits.

  • Acte d´accomodement, 1689

    A. D. Morbihan 6E 761 : Juillet 1689 : Acte d´accomodement passé entre N.H. Jean Le Vendeur Sr de Catefret demeurant rue des Vierges et Jean Caillo maître architecte demeurant rue de la Fontaine concernant les vues que le dit Caillo a tirées sur l´emplacement du canal étant au derrière de la maison du dit Sr Le Vendeur et à côté de celle du dit Caillo lequel emplacement le dit Caillo est en dessin de faire valoir et de s´en rendre adjudicataire pour le service de sa dite maison et sur lequel le dit Caillo a formé son opposition pour la conservation des dites vues et égoût d´eau de la couverture de sa maison, par lequel présent acte les dites parties pour obuier à tout procès et contestation entre eux cy-après sont convenus de ce qui ensuit savoir que les vues des quatre fenêtres qui se trouvent faites dans la muraille de la maison du dit Caillo donnantes sur le dit canal demeureront en l´état qu´elles sont à l´exception de celle de la chambre basse de la maison que le dit Caillo sera obligé de griller et garnir de barreaux de fer à la coutume et sans qu´il puisse ni ceux qui logeront dans les chambres hautes de sa maison jeter aucune eau ni immondice par les dites fenêtres des chambres hautes dans la cour ou espace qui sera au derrière de la maison du dit Sr Le Vendeur, lequel Sieur Le Vendeur ne pourra bâtir ni construire la muraille du bâtiment qu´il est en dessin de faire au derrière de sa dite maison qu´à quatre pieds de distance du jambage des fenêtres du dit Caillo et laquelle muraille ne sera que de 20 pieds de hauteur à prendre du niveau du pavé de la Poissonnerie et sera continue jusqu´à la muraille de séparation de la maison du Sr Morvan, que les égouts de la couverture de la maison du dit Caillo demeureront en l´état qu´ils sont, et qu´à l´égard des dalles qui se trouvent faites dans la maison du dit Caillo il sera tenu d´en renfermer les conduits dans l´épaisseur de la muraille pour tomber dans le dit canal au-dessous d´icelle sans qu´ils puissent s´écouler sur l´emplacement du dit Sr Le Vendeur ni qu´il en puisse recevoir aucune incommodité et en cas que par cy-après les dits conduits vinssent à crever le dit Caillo sera tenu de les réparer incessamment afin que le Sr Le Vendeur n´en puisse être incommodé.

  • Bail, 1690

    A. D. Morbihan. 6E 763 : 1er mars 1690 : Bail d´1 an passé entre Jean Caillo maître architecte demeurant rue Saint Symphorien à N.H. Clette Bocou Sr de Lespoul commis au greffe du présidial de Vannes de deux chambres de plain pied au second étage de la maison appartenant au dit Caillo située rue Saint Vincent, une des dites chambres donnant sur le devant de la dite rue Saint Vincent et l´autre sur la cour du Sr de Catefret et une cave dans laquelle le dit preneur a déjà fait loger du bois avec les lieux pour le dit preneur en particulier qui sont au transport du bout de l´escalier pour 120 £/an.

  • Sources iconographiques

    20055600531NUCA : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 88/1.

    20095605135NUCA : Archives départementales de Vannes, 3 P 297/22.

    19975601205XA : Archives municipales de Vannes

    20095605136NUCA : Archives départementales de Vannes, 3 P 297/53.

    20075605242NUCB : Archives départementales du Morbihan, 9 Fi.

    20125606245NUCA : Fonds privé

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan. 6E 872 : 19 janvier 1686 : Prise de possession par Jean Caillot et de Julienne Guignolays sa femme.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 872
  • A. D. Morbihan. 6E 761 : Juillet 1689 : Acte d´accomodement passé entre N.H. Jean Le Vendeur Sr de Catefret et Jean Caillo maître architecte.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 761
  • A. D. Morbihan. 6E 763 : 1er mars 1690 : Bail passé entre Jean Caillo maître architecte à N.H. Clette Bocou Sr de Lespoul commis au greffe du présidial de Vannes.

    Archives départementales du Morbihan : 6E 763
  • A. M. Vannes. 1G59. Matrices cadastrales, 1844.

    Archives municipales de Vannes : 1G59
  • A. M. Vannes. 1 O 216 Alignements. Demande de Le Clerc de la Herverie pour des réparations de façade, 14 juillet 1848.

    Archives municipales de Vannes : 1 O 216
Périodiques
  • ROMAN, Guy-Claude. Fragments d'histoire le 13 de la rue Saint-Vincent. In : Bulletin des Amis de Vannes, 2006, n°31.

    p. 9