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Hospice Saint-Méen, asile départemental d'aliénés, actuellement Centre Hospitalier Spécialisé Guillaume-Régnier, avenue Général-Leclerc (Rennes)

Dossier IA35022576 inclus dans Ancienne route de Paris, actuellement rue Jean-Baptiste-Martenot, rue de Paris et avenue du Général-Leclerc (Rennes) réalisé en 1998

Fiche

Conservant son affectation datant du milieu du 19e siècle, l'édifice actuel constitue un exemple, sans doute unique dans le département, de l'évolution de l'architecture des hôpitaux psychiatriques.

Suivant les critères définis après la loi de 1838, qui prévoit la création d'un hôpital psychiatrique dans chaque département, on y observe :

- une implantation à la campagne, au centre du département et dans la proximité d'une ville ;

- un plan pavillonnaire, dont chaque unité permet d'isoler les malades en fonction de leur pathologie ;

- une organisation spécifique des fonctions (administration, chapelle), lisibles depuis la rue.

La reconstruction partielle de l'édifice, sur les plans de l'architecte départemental Jean-Marie Laloy, marque son intégration à l'espace urbain par la filiation avec l'architecture savante du 18e siècle introduite à Rennes par Gabriel.

Son évolution lente vers l'hôpital-village, au cours du 20e siècle, est exemplaire des caractéristiques de ces établissements avec un plan libre au coeur d'un vaste parc paysager.

Destinationshospice, asile d'aliénés, hôpital
Parties constituantes non étudiéesferme, chapelle, château d'eau, logement, parc
Dénominationshospice, asile d'aliénés
Aire d'étude et cantonRennes ville - Rennes ville
AdresseCommune : Rennes
Adresse : avenue
Général-Leclerc
Cadastre : 1812 C 1381 à 1394 ; 1980 BM 27 ; 1980 BK 373

Selon Guillotin de Corson, l´établissement est fondé pour recevoir les pèlerins qui se rendaient à la fontaine miraculeuse de Saint-Méen, par Guillaume Régnier, fils d'un conseiller au Parlement de Bretagne. Il fait l´acquisition d'une maison et de quelques terres au Tertre-de-Joué, en 1627. La chapelle, construite en 1652, "n'offre rien d'intéressant au point de vue de l'art" pour l´auteur. Le premier aumônier de l'hôpital est le fils du fondateur Gilles Régnier. Les aliénés y sont admis à partir de 1725. Les religieuses hospitalières de Saint-Thomas de Villeneuve s'y installent en 1735, remplacées en 1847 par les Filles de la Charité. Dans la seconde moitié du 18e siècle, l'établissement sert de prison politique. Selon Jean-Yves Veillard, le département entre en possession de l´asile en 1852, après une longue querelle juridique avec la ville. Le préfet charge l´architecte départemental Léonce Couétoux de dessiner un projet de reprise des bâtiments existants et d´extension de l´asile départemental d´aliénés. L´architecte demande l´autorisation d´aller visiter les établissements récemment construits et donnés comme modèles, ceux de Charenton et de Rouen ; il remet un avant-projet, en 1855. En 1857, le préfet demande un nouveau projet moins dispendieux. Le ministre de l´Intérieur désigne alors l´architecte Philippon (architecte de l´institution des Sourds-Muets et de celle des Jeunes Aveugles), auteur de l´asile des aliénés du canton suisse de Neuchâtel. L´architecte départemental Léonce Couétoux assurera le suivi des travaux, jusqu´à sa mort survenue en 1860. La reconstruction des bâtiments sur rue (chapelle et services administratifs) est réalisée sur les plans de l'architecte départemental Jean-Marie Laloy, entre 1902 et 1905. La reconstitution de l'édifice, en 1660 (doc. 1), montre une disposition à cour centrale que confirment les plans de 1783 et de 1837. Le plan de 1846 montre l'asile d'aliénés agrandi de corps de bâtiment disposés au sud, autour d'une cour-jardin ouverte. Une chapelle, située dans le prolongement du corps sur rue, à l'ouest, est visible sur le plan de 1854. Le plan de 1877 figure les agrandissements réalisés sur un plan pavillonnaire à cours multiples, avec une chapelle au sud. Le plan d'extension de 1926 atteste d'importantes extensions réalisées à l'ouest et à l'est ; les pavillons délimitent des cours ouvertes. Enfin, d'autres agrandissements inscrits dans le système pavillonnaire apparaissent sur le plan de 1948.

Période(s)Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source
Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
Secondaire : daté par travaux historiques
Secondaire : 2e quart 18e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 2e moitié 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates1627, daté par travaux historiques
1652, daté par travaux historiques
1725, daté par travaux historiques
1735, daté par travaux historiques
Auteur(s)Auteur : Couétoux Léonce architecte départemental, conducteur de travaux attribution par travaux historiques
Auteur : Laloy Jean-Marie architecte départemental attribution par travaux historiques
Auteur : Philippon architecte attribution par travaux historiques
Personnalité : Régnier Guillaume commanditaire attribution par source

L´édifice est construit en parcelle îlot. L´ensemble se compose de corps de bâtiment implantés en retrait de la voie et articulés autour de 5 cours fermées. Au sud, des extensions latérales, formées de pavillons de plan allongé, délimitent des cours rectangulaires. Au sud, s´étend un vaste parc où apparaissent des constructions ponctuelles isolées. A l´ouest et au sud, se situent des pavillons de plan en L ou en U, ainsi que des logements. La maison du directeur se situe au nord de l'avenue Général-Leclerc, face à la chapelle. Le corps principal, de plan en H, est formé de plusieurs pavillons reliés par la chapelle, en retrait de l´avant-cour, qui dispose d´un accès depuis l´extérieur ; un étage de soubassement rachète le dénivelé avec la cour-jardin postérieure. L´ensemble est construit en moellons de schiste masqués par un enduit et couvert d´ardoises.

Mursschiste
enduit
moellon
Toitardoise
Étagesétage de soubassement, 1 étage carré, 2 étages carrés
Typologiesa cour centrale, type articulé à cours multiples, hôpital-village
Statut de la propriétépropriété publique

Annexes

  • 20023515374NUCA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • [1870 ca.]. Plan de l'hospice Saint-Méen et de ses dépendances, dessin (A. C. Rennes ; 1 Fi 102).

  • [1837]. Plan géométrique d'une partie des propriétés de l'hôpital général et de l'hospice Saint-Méen, à Rennes, 1837, dessin (A. C. Rennes ; 1 Fi 103).

  • [1974]. Vue aérienne, photographie, par Heurtier, 1974 (A. C. H. S.).

  • [1960 ca.]. Vue du château d'eau, photographie, vers 1960 (A. P.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Côté des femmes. Pensionnat et vue sur la ville, carte postale, Mary-Rousselière éditeur, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Perspective sur la Vilaine, carte postale, Mary-Rousselière éditeur, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1810 ca.]. Hospice Saint-Méen en 1660, dessin par A. Paillard fils, Leroy lithographe, 19e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Côté des hommes et cultures, carte postale, Mary-Rousselière éditeur, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Vue de l'entrée, carte postale, Mary-Rousselière éditeur, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Vue côté jardin, carte postale, Mary-Rousselière éditeur, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Habitation du directeur, carte postale, Mary-Rousselière éditeur, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Cour intérieure, carte postale, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.] Rennes. Asile Saint-Méen. Le château d'eau, carte postale, Famiré éditeur, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Intérieur de la chapelle, carte postale, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Rennes. Asile Saint-Méen. Intérieur de la chapelle, carte postale, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1910 ca.]. Plan imaginaire, reproduction par Lesvier, début 20e siècle (A. C. H. S.).

  • [1812]. Plan cadastral parcellaire de la commune de Rennes. Section C, dite de Saint-Hélier, 4e feuille, dessin, 1812 (A. D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • BLANCHON. Catalogue de l'architecte rennais Jean-Marie Laloy : 1851-1927. Mémoire de Maîtrise d'Histoire, 1979.

    tome 1, p. 250
  • LOYER, François, GUENE, Hélène. L'Eglise, l'Etat et les architectes, Rennes 1870-1940, éditions Norma, 1995.

    p. 138
  • GUILLOTIN DE CORSON, Abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes.

    t. 3, p. 342-344
  • MARTEVILLE, A. Rennes ancien. Rennes moderne, par Ogée, annoté par A. Marteville. In Rennes moderne ou histoire complète de ses origines, de ses institutions et de ses monuments, par A. Marteville, [s. d.].

    tome 2, p. 349-351
  • VEILLARD, Jean-Yves. Rennes au 19e siècle, architectes, urbanisme et architecture. Rennes : éditions du Thabor, 1978.

    p. 88, 101-103, 481, 510
  • CABAL, Michel. Hôpitaux. Corps et âmes, éditions Rempart, 2001.

    p. 112-115