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Hôpital psychiatrique Saint-Jean de Dieu (Léhon)

Dossier IA22018097 réalisé en 2013

Fiche

Œuvres contenues

L’hôpital aménagé dans un cadre favorable au rétablissement des malades a été conçu pour vivre en complète autarcie, d’où l’étendue du domaine, la présence d’une ferme modèle, de carrières et d’un moulin à vent.

Dirigé par la communauté des frères de Saint Jean de Dieu qui occupait l’établissement jusqu’à une date récente (juin 2013),l’hôpital était aussi un lieu spirituel, présence de trois chapelles, accueil d’un juvénat en 1935 destiné à l’éducation des enfants. Les bâtiments d’origine transformés par les nécessités d’usage sont toujours en place et s’organisent autour de plusieurs cours fermées. La plupart de ces patios étaient aménagés en jardins bordés de galeries sous arcades rappelant les cloitres conventuels. Servant de préau, de lieu de promenade en plus de leur fonction de distribution, celles-ci se retrouvent avec les jardins dans la plupart des établissements hospitaliers psychiatriques.

Les premiers bâtiments construits en 1836 sont attribués à Jean-Baptiste Jouannin, architecte briochain. Les plans conservés aux archives de l’Hôpital sont datés de 1851 et signés de l’architecte Eugène Hawke. Son projet sera en partie réalisé. Il propose, à cette date, une extension des bâtiments et la construction de la chapelle des Sacrés-Cœurs. Le style éclectique de cet architecte, en phase avec son temps, se perçoit au travers de ses différentes réalisations.

La chapelle des Sacrés Cœurs dans le style gothique rayonnant du 13e siècle est une œuvre majeure qui mériterait une protection au titre des Monuments Historiques. Empreinte de multiples références du gothique champenois et d’Ille-de France, l’élévation intérieure d’une grande élégance et luminosité est également remarquable par l’évidement de ses parois en partie basse. Au dessus, les colonnes détachées du mur jusqu’à la naissance des voûtes accentuent l’effet de légèreté et de transparence tout en permettant une circulation périphérique nécessaire à la sécurité que son discret garde corps en fonte fait presque oublier. L’ancien maitre autel, a double face, placé au centre de la croix permettait de toute part de suivre la célébration derrière une clôture de chœur, grilles hautes en fer forgé décorées de fines arabesques. Les frères étaient placés dans le chœur, les malades dans les bras du transept, et les familles dans la nef. Les vitraux du peintre verrier nantais Eugène Denis font référence pour le décor au vitrail archéologique tandis que les représentations de saints se rapprochent du vitrail tableau dont les cartons sont réalisés à partir de peintures ou de gravures. La richesse du décor, se perçoit également au travers des sols, carreaux de ciment peint complétés au début du 20e siècle par des mosaïques d’Odorico. La sacristie et ses meubles d’attache en merisier évoquent le mobilier régional et les longues entrées de serrure à tête de coq indiquent une production de Villedieu-les-Poêles. Cette création insigne contribue par sa magnificence au «don de l’Hospitalité» des frères et témoigne de la générosité des familles reconnaissantes.

Genre de frères de la congrégation des hommes
Vocables Saint-Jean de Dieu
Dénominations hôpital psychiatrique
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Léhon
Lieu-dit : Saint-Esprit

Contexte

En 1829, les frères de Saint-Jean-de-Dieu sont appelés dans le diocèse de Saint-Brieuc par Monseigneur Grouin de la Romagère. La communauté des frères hospitaliers s’installe dans un premier temps à Saint-Aubin-des-Bois. En 1835, leur arrivée à Lehon prélude à la loi du 30 juin 1838 qui demande la création dans chaque département d’un établissement public ou privé spécialement destiné à recevoir et soigner des aliénés.

Depuis la création de l’ordre en 1537, sous la règle de Saint-Augustin, les frères travaillent pour offrir à tous l’hospitalité, en mettant l’accent sur la santé physique (pratique de la balnéothérapie), la santé psychique (éveil à la foi) avec des conditions de vie dignes. Ils exercent des fonctions diverses, infirmiers, apothicaires, chirurgiens. Une vie spirituelle accompagne la vie des malades dans chacun des établissements et pour ceux qui le peuvent des activités de travail étaient anciennement proposées avec une indemnisation.

La loi de 1838 impose un cadre précis pour l’internement de malades et un suivi médical rigoureux. Toute admission doit être conditionnée par la présentation au chef d’établissement d’un certificat de médecin constatant l’état mental de la personne à placer. Ce certificat indique les particularités de la maladie et la nécessité de faire traiter la personne désignée dans un établissement spécialisé et de l’y tenir renfermée. De plus, quinze jours après le placement du malade, il est adressé au préfet un nouveau certificat du médecin de l’établissement confirmant ou rectifiant, s’il y a lieu, les observations contenues dans le premier certificat. Le suivi du malade est également signalé dans un registre précisant les changements survenus de l’état mental de chaque patient. Ainsi, l’évolution de la maladie est consignée par les médecins qui sont habilités à juger de la sortie ou non du préposé.

Les bâtiments de l’hôpital s’organisent autour de cours fermées selon une classification des patients, en usage au milieu du 19e siècle. A savoir, la condition sociale, la nature des maladies, les habitudes et manifestations « tranquilles », « agités », la guérison « incurables », « convalescents ». Le projet de 1851 de l’architecte Hawke est annoté au crayon gris de quelques précisions sur les différentes affectations des bâtiments et cours. Ainsi autour de la 1ere cour qui encadre la chapelle sont notés pour l’aile nord, une chapelle provisoire et pour l’aile sud une aile

pour la classe bourgeoise. La deuxième cour est réservée aux malades tranquilles de la classe ouvrière, au nord des cuisines et dépenses, au sud des parties réservées pour les convalescents. La troisième cour est divisée en compartiments, cour des bains avec un bâtiment en hémicycle conçu spécialement pour la balnéothérapie, puis cour des épileptiques. Sur l’aile nord de ce troisième quadrilatère, l’architecte mentionne les loges et chambres des agités, puis à l’est le bâtiment des épileptiques, le dortoir des gâteux puis celui des tranquilles suivis de celui des monomaniaques. Les équipements suivent l’évolution des techniques avec la volonté d’être à la pointe du progrès.

Chronologie

Les premiers bâtiments sont construits en 1836. L’hôpital s’étendra jusqu’aux années 1970, période où se mettent en place les nouvelles circulaires d’organisation des équipements en matière de lutte contre les maladies mentales. Elles aboutiront en 1985 et 1986 à différents textes sur la sectorisation des pathologies et sur le développement de l’hôpital de jour. Ces changements législatifs auront une incidence sur l’hôpital actuel puisque 1/3 de la surface des bâtiments d’origine est actuellement occupé.

1835 : Le père de Magallon acquiert pour la communauté la ferme des Bas Foins, propriété de la famille Lesage. Elle comprenait alors trente journaux de terre, correspondant à une surface labourable par un homme en un jour, soit environ 34 ares, tous contigus, une maison de ferme et un cellier, avec chambres, deux écuries avec grenier, un refuge à porcs, un hangar avec pressoirs et ustensiles.

1836 : Une première chapelle est bénite et dédicacée au « Cœur de Marie », puisque c’est le jour de la fête du Sacré-Cœur et sous les auspices de la Vierge Marie que la communauté a visité et marchandé la propriété. La première pierre de l’Hôpital est posée le 21 décembre 1836. [Cette pierre se trouve à l’angle nord-ouest du bâtiment principal, au nord de la cour d’honneur]. Ce premier bâtiment qui mesure 100m de long sur 12m de large est construit à la fin de l’année 1837, un autel y est consacré en 1838.

Les plans des premiers bâtiments ont été réalisés par Jean-Baptiste Jouannin, architecte briochin.

1841 : Il est décidé de construire de nouvelles ailes dont celle du midi afin de fermer les cours. L’hôpital compte 240 malades soignés par 10 employés et 40 religieux.

1842 : Construction de la maison « du Grand portail » pour y placer le premier portier et le médecin avec sa famille.

1843-1847 : Achat de nouvelles terres attenantes au domaine, un journal de terre supplémentaire derrière la chapelle (1843), trois pièces de terre supplémentaire, près de la grande carrière (1844), le courtil des Granges et d’autres terres, la Coulébart, propriété de 48 hectares 45 ares 82 centiares (1846-1847).

1850 (vers) : Construction de nouveaux bâtiments de ferme, autour d’une cour fermée.

1851 : l’entrée par le village du Saint-Esprit ne convient plus un nouvel accès est réalisé avec l’édification d’une conciergerie.

1853 : construction d’un hangar pour y installer les moulins et pressoirs en face de l’aile nord, extrémité est.

1856 : bénédiction et pose de la première pierre de la nouvelle chapelle.

1858 : construction d’un grand hangar de 250 pieds de long dans lequel on y installe les moulins et pressoirs pour la fabrication du cidre [en face de l’aile nord, extrémité est].

1873 : L’église est consacrée le 15 octobre 1873 par Mgr David, évêque de Saint-Brieuc.

1874 : nouvel orgue au fond de l’abside par M. Debierre fabricant.

1876 : reconstruction d’une partie de l’hôpital, suite à des incendies criminels. Déplacement au fond du transept, du côté de la sacristie, du reliquaire de saint Aurélien autrefois situé dans l’abside.

1878 : reconstruction et bénédiction de l’oratoire à saint Joseph. Acquisition du Clos Gatels (commune de Quévert).

1888 : achat de l’abbaye de Léhon.

Entre 1890-1892, achat de nouveaux bâtiments et terre.

1921 : Installation d’une minoterie.

1924 : achat de deux presses hydrauliques pour le cidre.

1925 : achat d’appareils T.S.F.

1929 : Installation du chauffage central dans tous les services.

1931 : Approbation du projet d’agrandissement de deux ailes parallèles qui prolongent l’établissement du côté est, installation d’une cuisine moderne et d’un laboratoire de bactériologie.

1933 : aménagement de la salle Saint Louis pour « les grands pensionnaires ». Aménagement de la pharmacie.

1936 : Centenaire de l’établissement. Construction d’un pré-juvénat destiné à accueillir les jeunes gens pour qu’ils perfectionnent leurs études primaires et s’exercent à la piété durant une période de 6 mois à un an. Aménagement du chœur de la chapelle pour les alumnistes. Déplacement et aménagements des orgues par la maison Debierre Gloton de Nantes.

Années 30 : Agrandissement de l’hôpital autour de la 4ème cour.

1950 (vers) : travaux d’agrandissement des locaux pour faire face à l’afflux des patients.

1954 : Aménagement d’un théâtre et d’un cinéma dans une aile nord.

1972 : mixité de l’établissement, arrivée des sœurs hospitalières du Sacré-Cœur de Jésus. [La chapelle des morts située à côté de l’infirmerie est dédiée aujourd’hui à Benoit Menni (1841-1914), fondateur de leur ordre. Après une longue carrière et de nombreuses fondations en Espagne, au Portugal et au Mexique, il meurt à Lehon en 1914 à l’hôpital Saint-Jean-de-Dieu]. Lié a la mixité de l’établissement deux nouvelles ailes ouest et est vont être aménagées et former un quatrième quadrilatère. (4ème cour G).

1983 : Fin de l’activité de la ferme.

Période(s) Principale : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates 1836, porte la date
1856, daté par travaux historiques
1876, daté par travaux historiques
1935, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Hawke Eugène, architecte, attribution par source
Auteur : Denis Eugène,
Eugène Denis

Peintre-verrier à Nantes, 15 rue du chapeau rouge


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peintre-verrier, attribution par travaux historiques
Auteur : Boyer, menuisier-ébéniste, attribution par source
Atelier ou école : Odorico, atelier, attribution par analyse stylistique
Atelier ou école : Beucher-Deubierre, atelier, attribution par travaux historiques
Atelier ou école : Société Dinardaise,
Société Dinardaise

(Menuiserie de la pharmacie de l'hôpital Saint-Jean de Dieu)


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atelier, attribution par travaux historiques
Atelier ou école : Vimeux,
Vimeux

Porceline, pace du Châtelet à Paris. Pots à pharmaie de l'hôpital saint-Jean de Dieu.


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atelier, signature
Auteur : Jouannin Jean-Baptiste,
Jean-Baptiste Jouannin (1776 - 1841)

Il participe avec l'architecte Grégoire à la construction entre 1821 et 1830 de l'un des remiers asiles de France, celui de Saint Yon à Rouen.

Il construit en 1836, les premiers bâtiments de l'hôpital Saint-Jean de Dieu à Léhon.


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architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Frère Irénée,
Frère Irénée

Frère Irénée, mentionné comme ingénieur spécialiste adduction d'eau et de canalisations. (Hôpital Saint-Jean de Dieu, Léhon)


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ingénieur, attribution par travaux historiques
Auteur : Quézel Vincent de Paul, dit(e) Frère Vincent de Paul,
Vincent de Paul Quézel , dit(e) Frère Vincent de Paul

Mentionné comme entrepreneur pour la restauration de la chapelle et l'entretien de l'école ( Hôpital Saint-Jean de Dieu, Léhon).


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entrepreneur, attribution par travaux historiques

L’hôpital s’est implanté au cœur d’une vallée ouverte et verdoyante. Les bâtiments recouvrent à peine un tiers de la surface du domaine. A l’ouest, des boisements, au centre en fond de vallée plusieurs prairies, au sud ouest sur le plateau, des zones de maraichage proches des anciennes carrières de granite. Les différents bâtiments de la ferme sont situés en bordure de l’enclos au sud. Non loin, se trouvait l’ancienne maison du médecin proche de l’accès sud.

Voir situation des bâtiments sur l’ extrait du plan cadastral mis à jour en 2012, section AC.

A. La première chapelle (1836), Jean-Baptiste Jouannin, architecte.

On accède à la première chapelle dédiée au Cœur de Marie par un escalier droit extérieur. Son plan très simple, rectangulaire régulier à un seul vaisseau, est terminé par un chevet plat. Ses maçonneries de granite étaient vraisemblablement enduites à l’origine. La façade, sans ostentation, présente un décor de style néoclassique composé de pilastres. Le portail est surmonté d’un entablement et d’une niche dédiée à la Vierge. Le pignon de la façade à redents est quant à lui couronné d’une petite croix.

L’intérieur est aujourd’hui dépouillé d’une partie de son mobilier. Deux statues, l’Annonciation et saint Jean de Dieu, sont signées de Jean Fréour (1919-2010), sculpteur nantais de talent, reconnu pour ses œuvres « Seiz Breur ». L’Annonciation réalisée en 1968 était placée anciennement au centre Hélio Marin du Croisic. Cette sculpture d’une grande délicatesse présente la Vierge dans toute sa simplicité et féminité, son gestuel exprime à la fois la surprise et la retenue dans une extrême douceur. Quelques vitraux contemporains d'Adeline Bony, déclinent dans une gamme colorée, le christ en croix dont la facture exalte la Résurrection et l’ emblème de l’ordre de Saint-Jean de Dieu.

B. Les premiers bâtiments (1836-1844)

La peinture représentant l’hôpital en 1836 indique un bâtiment en forme de U. Le corps central (100 mètres de long sur 12 mètres de large) est surmonté d’un fronton triangulaire. L’aile arrière nord pour les religieux est terminée en 1844. L’ensemble rigoureusement symétrique est composé, en façade sur cour, d’arcades ouvertes en rez-de-chaussée surmontées d’un étage habitable et d’un étage de comble éclairé par de nombreuses lucarnes. C’est à partir de ces premières ailes que se sont greffés plusieurs corps supplémentaires de bâtiments. Cette élévation a été modifiée par la suite, les arcades ont été fermées et contre les travées centrales sont venues s’appuyer de nouveaux bâtiments formant une rotonde (accueil hospitalier actuel, s’y situe une autre statue de Saint-Jean de Dieu du sculpteur Jean Fréour).

C. La maison du médecin (mentionnée sur le plan cadastral de 1843, terminée en 1844)

Ce logis orienté à l’est sur le jardin est situé au sud de l’enclos. Il présente une élévation sur jardin régulière à trois travées. Le portail rue du Saint-Esprit donnait sur une allée ombragée qui menait à la chapelle et à l’ancienne ferme des Bas Foins. (Non visité).

D. La deuxième chapelle (1856-1873)

En ce qui concerne l’élévation de la façade, l’architecte Hawke s’inspire de l’ordonnancement de la Sainte Chapelle de Paris. On entre dans l’église par un narthex voûté d’ogives dans lequel deux plaques commémoratives honorent les membres bienfaiteurs et les différents frères, profès et oblats qui se sont succédés. Le plan adopté en 1856 est modifié en 1863 pour des raisons financières, diminution de la nef et abandon d’un projet de flèche. La chapelle terminée en 1866 se présente sous la forme d’un plan en croix grecque, dont le style puise son inspiration dans le gothique rayonnant du 13e siècle. Entièrement maçonnée en pierre de taille de granite, extrait sur place, elle est sans nul doute l’un des chefs-d’œuvre avec la basilique de Pontmain de l’architecte servannais Eugène Hawke (1830-1914).

Ce dernier la décrit ainsi « Un soubassement plein, uni dans le transept, mais orné d’arcatures dans la nef et le sanctuaire, supporte les 29 fenêtres et la superbe galerie qui règne autour de la chapelle et lui donne un air de grande cathédrale. Les trois pignons sont complètement ajourés. Sur celui de la nef, est dessinée une rosace admirable de 8m60 de diamètre, composée d’un oculus central et deus séries de compartiments tréflés et rayonnés. Ce travail est magistral. Sa valeur artistique est encore accrue par la richesse des travaux qui remplissent les trente-six rayons (compartiments) partant du centre et qui représentent les principaux mystères de la vie de Notre-Seigneur. Les deux pignons du transept sont ornés chacun d’une fenêtre aux vastes dimensions, divisés en quatre compartiments (lancettes), au moyen de trois meneaux intermédiaires, avec tympan ajouré et enrichi de trois roses à six lobes. Ces fenêtres sont décorées de beaux vitraux représentant des Saints ou retraçant des traits miraculeux empruntés à la légende de Saint-Jean-de-Dieu. Sur les verrières de l’abside, l’artiste a peint les bienheureux spécialement honorés dans l’ordre des Frères Hospitaliers, et les images des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie, auxquels l’Asile est consacré ». Parmi les originalités de la construction, il faut également signaler le déambulatoire extérieur adossé au chevet qui permet une liaison heureuse avec les arcades des ailes latérales. Il conserve encore ses imposantes dalles en pierre de taille de granite.

E. Les bâtiments d’entrée encadrant la chapelle (vers 1850)

De part et d’autre de la chapelle se dressent deux bâtiments formant un porche de style néoclassique. Ces deux entrées qui donnent accès à une cour intérieure sont traitées plus richement que les autres façades intérieures de l’hôpital : pierre de taille de granite, traitement en bossage de la travée centrale, ouvertures cintrées, bandeaux décoratifs, corniche à modillons, lucarnes à frontons triangulaires. Les pignons des ailes nord et sud étaient quant à eux enduits, hormis les frontons triangulaires en pierre de taille de granite.

F. Les extensions de la fin du 19e siècle au début du 20e siècle

Ces bâtiments qui encadrent la troisième cour compartimentée de l’hôpital sont moins hauts et ne possèdent pas d’étage de comble, ils reprennent cependant le même parti d’ordonnancement général. De l’extérieur apparait un niveau supplémentaire, par rapport au niveau des cours antérieures, qui présente un unique étage habitable. Les façades d’origine étaient recouvertes d’un enduit. Dans cette partie se trouvait anciennement l’infirmerie des frères et un oratoire éclairé par des grandes baies ogivales. Dans le prolongement de cette aile mais traité comme un édifice isolé se situait la chapelle des morts, dédiée aujourd’hui à Benoit Menni. Une partie de l’aile nord est aménagée en 1954 en théâtre et salle de cinéma.

G. Les ailes qui sont actuellement en cours de démolition.

H. La Chapelle des morts

La chapelle des morts forme une excroissance des bâtiments nord. Un oratoire dédié à Benoit Menni a été aménagé à l’étage par les sœurs du Sacré-Cœur-de-Jésus.

I. La ferme (entre 1843 et 1850)

La ferme des Bas Foins acquise en 1835 est mentionnée sur le plan cadastral de 1843. Elle n’apparait plus sur un plan de 1850 qui présente l’environnement de l’hôpital où une nouvelle ferme moderne à cour fermée la remplace. Plusieurs percements permettent actuellement de rentrer dans la cour, l’ancien portail au nord, en arc plein-cintre, se distingue par une rangée de boulins pour les pigeons. Les quatre ailes de bâtiments forment un ensemble homogène d’égales hauteurs.

Au nord-ouest : (à gauche du portail) les grandes étables surmontées d’un grenier à fourrage et (à droite du portail) une laiterie puis un réfectoire, le tout surmonté d’un dortoir.

Au nord-est : les porcheries et nurseries surmontées de greniers, elles donnent accès à une arrière cour avec des clapiers.

Au sud-est : (à gauche du portail), un abattoir et des remises à charrettes (sous arcades) ; (à droite du portail), quatre autres remises à charrettes. Le tout surmonté d’un grenier à grains.

Au sud-ouest : les écuries avec leurs greniers à fourrage qui ont été depuis transformées (percement tardif d’un porche).

Des constructions se sont greffées au noyau initial de la ferme. On accède à une basse cour, par le porche sud est, où était entreposé le fumier.

J. les annexes

Parmi les annexes de l’hôpital certaines sont mentionnées sur le cadastre de 1843, c’est le cas de la boulangerie et de la buanderie qui forme une aile basse indépendante au nord-ouest. Les affectations ont évoluées en fonction des périodes.

K. Le juvenat

Ce bâtiment situé a proximité de la première chapelle se distingue par une tour hors œuvre coiffé d’un bulbe. Hormis les linteaux de fenêtres et meneaux de béton, il est entièrement maçonné en moellons de granite.

En raison de l’activité même de l’hôpital tous les bâtiments n’ont pu être visités.

Murs granite moellon
granite pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan régulier en H
Étages étage de soubassement, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures
Statut de la propriété propriété d'une société privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables chapelle
Précisions sur la protection

Mériterait une protection au titre des Monuments Historiques.

Annexes

  • la grenade : symbole de l'ordre de Saint-jean de Dieu

    La grenade éclatée avec ses grains répandus, symbolise, dans la tradition chrétienne, la charité. Ce fruit est très vite devenu le symbole de l'Ordre hospitalier de Saint Jean de Dieu, en mémoire de la rencontre de l’enfant Jésus et de saint Jean. L'histoire de saint Jean de Dieu raconte qu'à son retour d'Afrique, il secoure un petit garçon qui se révèle être l'Enfant Jésus. Ce dernier, tenant dans ses mains une grenade entr’ouverte surmontée d'une croix, lui dit : « Jean de Dieu, Grenade sera ta croix ! ». Jean part à Grenade et fonde son premier hôpital.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Occupation des lieux au fil des siècles, Agence Prigent et associés. 2012. [Document imprimé].

  • A.D. Côtes d’Armor : 1X 115 (Transfert de l'établissement de Saint-Aubin.

    Rapport à Monsieur le Préfet des Côtes-du-Nord sur la situation de l' hos

    pice, pendant les douze mois écoulés depuis le 1er juillet 1839 jusqu’au 1 juillet 1840).

Bibliographie
  • Notice historique sur l'établissement des frères de Saint-Jean de Dieu dans le diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier (1830-1935). Rennes, Paris : Imprimeries Oberthur, 1936.

  • DEAN Frédéric. Moi Hippolyte, Eugénie... et les autres. De l'insensé à l'aliéné en Anjou (1800-1854). Centre de santé mentale angevin, Sainte-Gemmes-sur-Loire. Angers : A4 éditions, 1er trimestre 2005.

  • FOUERE-MACE Mathurin, Le Prieuré Royal de Saint-Magloire de Léhon, H. Caillière, Rennes, 1892, p.290-299.

  • HAMON Georges. Contribution à l'étude de l'histoire de l'hôpital psychiatrique de Léhon (22). Thèse de médecine, Rennes, 1971.

  • OLLIVIER Gilles. L’ordre et la folie, l'hôpital Saint-Jean de Dieu, Pays de Dinan, tome 14, 1994. P 194-224.

  • COUSSON, Jean-Caradec. Un promoteur de la renaissance hospitalière et religieuse au XIXe siècle. Paul de Magallon d'Argens- capitaine de la Grande Armée (1784-1859). Paris : Emmanuel de Vitte, 1959.342p.