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Hôpital Frémeur, rue de l'Hôpital Fremeur (Quimperlé)

Dossier IA29000489 réalisé en 2001

Fiche

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Evolution architecturale

14e siècle :

Plusieurs léproseries ou « maladreries » sont attestées dans les environs de la ville, à Trélivalaire ou encore à la Madeleine en Mellac et peut-être à la périphérie de la ville haute, à l´emplacement des bâtiments actuels. La proximité de la rivière du Dourdu (ou Frout Meur, grand ruisseau, transformé en Frémeur), plaiderait, en effet, en faveur d´une implantation d´un établissement hospitalier. Dans l´état actuel des recherches, on ignore s´il est dû aux largesses de la famille ducale dont les armoiries (hermines pleines assorties d´une couronne) figurent, un peu maladroitement remployées, en position dominante par rapport aux autres armoiries présentes au-dessus de la maîtresse-vitre. En l' absence de documents probants désignant avec certitude les abbés de Saint-Croix comme fondateurs, on ne peut exclure l´hypothèse d´une fondation ducale qui a pu intervenir entre 1316 et 1491 dans cette partie de la ville haute où le grand chantier voisin de l´église Notre-Dame (1430) est issu du mécénat du duc Jean V.

Le dégagement des enduits intérieurs et extérieurs, notamment au niveau du choeur, pourrait éventuellement confirmer ou infirmer l´hypothèse de l´existence de traces d´un édifice antérieur englobé plus tard dans une construction nouvelle. Les colonnes circulaires du sous-sol sont peut-être les vestiges, en place ou remployés, de l´établissement d´origine.

1523-1537 :

Les éléments de décor (arcs, portes et fenêtres, niches, vestiges de cheminées, éléments sculptés) et les dates portées à l´extérieur (élévation nord) et à l´intérieur (sablière ouest du bras sud de la chapelle datée 1523, solive salle de l´étage datée 1531 ou 1537), tout comme un grand nombre d´armoiries sculptées ou peintes (Lohéac, Jubin et autres familles nobles ou corporations qui restent à identifier), témoignent de la reconstruction totale de l´édifice à cette période qui coïncide avec l´achèvement du choeur de l´église Notre-Dame avec lequel la chapelle de l´hôpital partage certaines caractéristiques stylistiques.

1636 :

Dubuisson-Aubenay mentionne "l'hospital de Saint Eutrope, situé sur un petit et gentil ruisseau qui vient d'une lieue plus ault, accompagné d'un autre voisin qui fait mouldre un moulin à tan, par aucuns appelé le ru de Beaubois, et par autres la tannerie."

1662 :

La date gravée sur le linteau de la fenêtre supérieure, plus tard agrandie, de la tour d´escalier paraît correspondre au rajout d´un niveau côté cour, suivi de la mise en place d´une vis en bois donnant accès aux pièces de combles sans doute aménagées simultanément. Les lambris de la chambre sud-est du premier étage semblent également remonter à cette période.

1679 :

Le « Plan particulier de l´hôpital général de la ville de Quimperlé » daté 1679 (A.D. Finistère, 5 H 93) désigne les fonctions des différentes parties du bâtiment et des espaces non construits ; il s´agit d´un document majeur qui permet de comprendre l´organisation d´un établissement hospitalier de l´époque.

Début 18e siècle :

Vers 1703 (?), construction d´un corps de bâtiment se greffant sur l´élévation sud de la partie enfermant les salles des malades. L´obturation des ouvertures au sud entraîne, au nord, le percement de deux fenêtres par salle. Installation d'un cimetière à l'est de la chapelle en 1720. Il figure encore sur le cadastre de 1825.

2e moitié 18e siècle :

Entrée en fonction des soeurs hospitalières de La Sagesse qui, l´époque révolutionnaire exclue, gèrent l´hôpital, puis l´hospice, jusqu´en 1976. Aménagements intérieurs : lambris de l´actuelle sacristie, clôture de choeur en fer forgé, autel en bois peint. Le bras sud de la chapelle (ancien choeur des religieuses) sert de cuisine au rez-de-chaussée, de dortoir au niveau supérieur accessible par une porte (bouchée) de la salle de l´étage.

1825 :

L´ensemble, désigné comme « Hospice Civil », figure le plan cadastral.

1874-1876 :

D´après les plans (perdus) de l´architecte diocésain Joseph Bigot, la campagne de restauration affecte surtout la chapelle. La date de 1875 figure sur la sablière est du bras sud (ancien choeur des religieuses) dont l´espace retrouve alors sa fonction cultuelle. Agrandissement des baies nord et sud, réfection du remplage de la baie du chevet avec mise en place de la verrière (atelier du Carmel du Mans), réfection, en l´agrandissant, de la tribune inférieure, création vraisemblable de la tribune du second niveau (remploi de balustres provenant de l´ancienne tribune), mise en place du lambris de couvrement peint et du mobilier néogothique (lambris de hauteur, chaire à prêcher, autels, confessionnal).

1899 :

Sur un vaste périmètre vierge, en limite du centre vital de la ville haute et de la place des foires, construction d´un nouvel hôpital (hôpital Saint-Michel) d´après les plans de l´architecte H. Ruer de Douarnenez ; conforme aux nouvelles conceptions hygiénistes en vigueur, l´ensemble est éclaté en plusieurs unités et pavillons. Désaffectation progressive de l´hôpital Frémeur.

Fin 19e et 20e siècle :

Couvrement des ruisseaux et des anciens jardins au sud. (Christel Douard, 2001)

Vocables saint Eutrope
Parties constituantes non étudiées chapelle, logement, cour
Dénominations hôpital
Aire d'étude et canton Quimperlé communauté - Quimperlé
Hydrographies Frout Meur (le) Dourdu (le)
Adresse Commune : Quimperlé
Adresse : Rue de l' Hôpital Frémeur
Cadastre : 1981 AR 560

La date exacte de la fondation de l´hôpital n´est pas connue. Plusieurs léproseries ou « maladreries » sont attestées dans les environs de la ville dès le 13e siècle. Un premier bâtiment destiné aux soins des malades pourrait remonter au 14e siècle. Les colonnes circulaires du sous-sol sont peut-être les vestiges, en place ou remployés, de l´établissement d´origine. Il n´est pas établi avec certitude que les abbés de Sainte-Croix soient à l´origine de la construction ; en revanche, la présence en position dominante d´un blason aux hermines pleines plaide en faveur d´une fondation ducale qui a pu intervenir entre 1316 et 1491. L´édifice actuel incluant chapelle, salles des malades et logement, a été reconstruit entre 1523 et 1531 (ou 1537) comme l´attestent plusieurs inscriptions ainsi que les éléments structurels et stylistiques. La sablière ouest porte la date de 1523. Sur l´élévation nord, à l´ouest de la porte d´entrée, une inscription en lettres gothiques donne la date de 1528 : « L´an mil cinq cent vingt huit redificatio. » Une poutre de la salle de l´étage porte la date de 1531 (ou 1537). Jusqu´à la fin du 17e siècle, l´ensemble n´a probablement pas connu de transformations importantes. La date de 1662, également celle des ordonnances royales imposant aux villes de créer des hôpitaux généraux, correspond à un agrandissement de la partie sud du bâtiment réservée à l´habitation. Un petit cimetière situé à l'est du choeur, absent sur le plan de 1679, est attesté en 1764 et figure toujours sur le cadastre de 1824. Vers 1703, le rajout d´un corps de bâtiment au sud, contre les anciennes salles des malades, est sans doute accompagné de quelques remaniements intérieurs. Entre 1874 et 1875, l´architecte diocésain Joseph Bigot dirige d´importants travaux de restauration qui affectent surtout la chapelle (agrandissement de baies, remaniement des charpentes, mise en place de lambris de couvrement peint et de lambris de hauteur). Le mobilier religieux néogothique remonte également à cette période. Après la construction, en 1899, d´un nouvel hôpital public à proximité (hôpital Saint-Michel), l´usage des salles de soin est progressivement abandonné, alors que la chapelle continuera sa vocation de lieu de culte rattaché à l´établissement hospitalier, lui-même progressivement désaffecté depuis la construction d´un nouvel hôpital, dans les années 1970, à la périphérie de la ville. Classé parmi les monuments historiques en 2002 en raison de ses caractéristiques architecturales particulières, l´hôpital Frémeur, dans un état de conservation critique, attend aujourd´hui une nouvelle affectation. (Christel Douard 2001)

Période(s) Principale : 1ère moitié 16e siècle
Secondaire : 14e siècle , (?)
Secondaire : 2e moitié 17e siècle
Secondaire : 1ère moitié 18e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1523, porte la date
1528, daté par source
1531, daté par source
1662, daté par source
1875, daté par source
Auteur(s) Auteur : Bigot Joseph, architecte diocésain, attribution par travaux historiques
Personnalité : Sainte Croix de, commanditaire, (?), attribution par source
Personnalité : Bretagne Jean V, commanditaire, (?), attribution par source
Personnalité : Luhandre, commanditaire, (?), attribution par source
Personnalité : Lohéac, commanditaire, attribution par source
Personnalité : Jubin de Kervily, commanditaire, attribution par source

L´ensemble est composé d´un sanctuaire de plan rectangulaire avec bras sud (oratoire ou choeur des religieuses) ; la nef est prolongée, vers l´ouest, par un corps de bâtiment renfermant un sous-sol et deux salles de malades superposées d´environ 150 m2 de surface chacune. Ces salles communiquent directement avec la chapelle permettant ainsi aux malades d´entendre ou d´assister aux offices. Cette communication est assurée, au premier niveau, par une tribune (la seconde tribune à été aménagée plus tardivement). Un petit corps de logis se greffe à la fois sur la chapelle et les salles des malades, la distribution étant assurée par un escalier en vis qui est en pierre entre le sous-sol et le premier étage et en bois dans la partie supérieure ; cette différence de matériaux correspond sans doute à un rehaussement intervenu au 17e siècle. (Christel Douard 2001)

Murs granite
enduit partiel
pierre de taille
moellon
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages sous-sol, 1 étage carré, étage de comble
Couvrements lambris de couvrement
charpente en bois apparente
Couvertures flèche en maçonnerie
toit à longs pans
noue
pignon découvert
Escaliers escalier en vis sans jour, en maçonnerie
États conservations désaffecté, remanié, inégal suivant les parties
Techniques sculpture
peinture
Représentations homme tête humaine tête d'ange humain fabuleux armoiries ornement géométrique ornement végétal
Précision représentations

Un homme, pèlerin ou mendiant, figure, à l´extérieur, sur la crossette nord du pignon est. Un ange portant un phylactère gravé portant une inscription en lettres gothiques relatant la réédification de l´édifice figure sur l'élévation nord, à l´ouest de la porte d´entrée. Une tête de personnage tenant un calice figure, à l´intérieur, sur le culot du gâble de la porte ouest de la chapelle. Des têtes d´anges, des petites figures fantastiques et des armoiries peintes figurent sur les sablières du bras de transept sud. Des blasons sculptés (Bretagne, Lohéac, Jubin, armoiries non identifiées) sont remployés dans la partie supérieure du chevet. Le mur du chevet porte un enduit peint (19e siècle) à décor géométrique et végétal ainsi que, dans la partie supérieure, une inscription en latin entourant un oculus bouché dont on lit quelques éléments (Venite adoremus).

L´hôpital Frémeur, qui appartient à un type de monument abritant sous le même toit un hôpital et une chapelle, est unique dans la région et un des rares conservé en France. Un établissement comparable, avec association chapelle/salles des malades, existait probablement à l'hôpital Saint-Nicolas de Vannes (disparu). Au milieu du 17e siècle, l'hôpital Frémeur compte parmi les 48 hôpitaux généraux en Bretagne et dont 5 se situaient dans le diocèse de Quimper. Malgré l´évolution de certaines parties de l´ensemble liée aux adaptations successives d´un tel établissement, l'édifice conserve, en grande partie, sa structure initiale qui remonte au premier quart du 16e siècle. Ses valeurs formelles, distributives et historiques et ses parties anciennes sont en place. L´imbrication de trois espaces différenciés - lieu de prière, lieu de soins et pièces d´habitation - est très originale et reste parfaitement lisible. Dissimulés par des aménagements plus tardifs, notamment des lambris et des coffrages, la plupart des éléments d´origine tels que charpentes, cheminées, hagioscopes ou poutres monumentales posées sur corbelets, sont conservés. La rivière du Dourdu, aujourd´hui couverte, reste accessible à plusieurs endroits mais suit toujours son cours inchangé depuis au moins la fin du 17e siècle. La pérennité de ce lieu destiné aux soins des malades dépasse une période de plus de cinq siècles et s´achève autour de 1900 par la construction de l´hôpital Saint-Michel, qui, par sa conception et son organisation, est représentative de l´architecture hospitalière de l´époque. Quimperlé conserve ainsi un site urbain et des bâtiments exemplaires qui forment un ensemble très cohérent et portent témoignage d´une évolution sociale et architecturale significative et unique en Bretagne. (Christel Douard 2001)

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables hôtel-Dieu
Protections classé MH, 2002/06/17
classé MH, 2004/05/24
Précisions sur la protection

L'édifice, inscrit MH depuis le 12 août 1997, a été classé en 2002.

Annexes

  • Plan particulier de l´hôpital général de la ville de Quimperlé avec son enceinte compris les ruisseaux naturels qui se rendent ensemble au lieu marqué au plan ou est leur lit naturel et ancien taillé dans le roc qui faisait autrefois tourner le moulin à foulon dudit hôpital (1679).

    La pente du lit du ruisseau du moulin à tans, à commencer à la chute et la roue à venir au bout du mur qui sépare le pré du courtille du moulin à foulon, est de deux pieds neuf pouces depuis cet endroit à venir au droit de la parcelle dudit moulin à foulon, la pente est d´un pied trois pouces, et depuis la ditte parcelle à venir au droit du trou de l´arbre dudit moulin à fouler, la pente est de cinq pieds un pouce ce qui fait neuf pieds et un pouce de pente en tout.

    Les rez-de-chaussées du courtille et dudit moulin qui est un rocher, sont élevés au-dessus du pré de la Montagne des prêtres de trois pieds six pouces.

    A - l´église

    B - la sacristie

    C - la salle basse

    D - chambre de l´aumônier

    E - ruisseau qui coule le long du chemin de la Villeneuve qui fait tourner le moulin à tan en dehors et au couchant de l´hôpital, autrefois au SR de Penquelen.

    F - autre ruisseau passant par dessous l´hôpital qui joint celuy du moulin à tan à l´endroit du plan marqué G et qui, ensemble, concourrent dans le vieux lit du ruisseau du moulin à foulon.

    H - courtille entre le pré de l´hôpital, la montagne des prestres, et le moulin à fouler.

    I - moulin à fouler à rétablir

    K- montagne des prestres à l´hôpital

    L - chemin de la Villeneuve

    M + pré de l´hôpital acquis du sieur Penquelen

    M ++ ancien pré de l´hôpital

    M +++ pré à l´hôpital acquis du sieur Dustang

    N - moulin à tans tournant sur l´eau du ruisseau en dehors du pré autrefois au sieur de Penquelen.

    O - jardin de l´hôpital

    P - buanderie et estable à vaches dont le pignon du couchant joint le ruisseau coulant de l´hôpital.

    Q - tissanderie

    R - coin du ruisseau coulant de dessous l´hôpital

    S - terres de la Villeneuve séparées des prés de l´hôpital

    T - pont de Mouellan ainsy nommé.

    (A.D. Finistère, 5 H 93).

  • 20032902753NUCAB : Archives départementales du Finistère, 5 H 93.

    20032900508NUCA : Archives départementales du Finistère, 5 H 93.

    20032900509NUCA : Archives départementales du Finistère, 5 H 93.

    20032901471NUCA : Archives départementales du Finistère, 3 P 292.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Finistère, 5 H 92. Inventaire des meubles et titres de l'hôpital (1542-1776) .

  • A.D. Finistère, 5 H 93. Plan particulier de l'hôpital général de la ville de Quimperlé (1679) .

  • A.D. Finistère, 3 P 292. Cadastre de 1824, section F.

Bibliographie
  • DUBUISSON-AUBENAY. Itinéraire de Bretagne en 1636. Archives de Bretagne. Recueil d´actes, de chroniques et de documents inédits, t. IX. D´après le manuscrit original, avec notes et éclaircissements, par L. Maître et P. de Berthou, Nantes, 1898.

    p. 105
  • LE MENE, abbé. L´hôpital Saint-Nicolas de Vannes. Dans : Bulletin de la société polymathique du Morbihan. Vannes, 1896.

    p. 93-146
  • CROIX, Alain. La Bretagne aux 16e et 17e siècles. La vie, la mort, la foi. Paris, 1981, vol. 1.

    p. 573-682
  • COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988.

    p. 360 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • CHEDEVILLE, André. Les hôpitaux bretons du Moyen Age. Dans : La santé en Bretagne. Paris, 1992.

    p. 83-86
  • BELLANCOURT, Armelle. L'hôpital de Quimperlé des origines à la Révolution. Mém. Maîtrise Hist. : Brest, Université de Bretagne occidentale, centre de Recherches Bretonnes et Celtiques : 1993 [inédit ; dactylographié].

  • Le Patrimoine des Communes, le Finistère. Charenton-le-Pont : Flohic Editions, 1998 (Collection Le Patrimoine des Communes de France).

    p. 1347
  • INVENTAIRE GENERAL DES MONUMENTS ET DES RICHESSES ARTISTIQUES DE LA FRANCE. Région Bretagne. Quimperlé et son canton. Finistère. Collection Images du Patrimoine n° 217, Rennes, 2002.

    p. 65

Liens web