Logo ={0} - Retour à l'accueil

Habitations dit habitat insulaire de l'Ile Saint-Riom (Ploubazlanec)

Dossier IA22010939 réalisé en 2008
Aires d'étudesBretagne
Dénominationsdemeure
AdresseCommune : Ploubazlanec

Les premiers bâtiments conventuels, dont la chapelle d'inspiration romane, ont été édifiés entre 1184 et 1189, commandités par Alain d'Avaugour. Celui-ci installa les Augustins de Saint-Victor de Paris pour le repos de l'âme de son père Henri et de sa mère Mathilde de Vendôme. Il plaça les moines sous le vocable de saint Rion, dont l'île prit le nom et enrichit ensuite l'abbaye de nombreuses donations en Bretagne et en Angleterre. Ces biens anglais, confirmés par le roi d'Angleterre en 1289, restèrent la propriété des moines de Saint-Riom jusqu'au schisme d'Henri VIII au 16ème siècle. C'est à cette époque que les moines perdirent la moitié de leurs ressources. L'île Saint-Riom avait déjà été plus ou moins délaissée par les moines établis à Beauport depuis le 13ème siècle. La décadence de l'abbaye, les siècles suivants, participa à l'abandon des bâtiments. Un document daté de 1685 révèle que le fermier Pierre Colet élevait déjà quelques vaches et cultivait un maigre froment, du seigle, de l'avoine et des pois. L'abbaye mettait à sa disposition un bateau dont il était convenu qu'il paiera la moitié quand il sera plus riche. L'île abritait également des 'moutons de Dol', une variété de mouton de pré-salé qui fit la réputation des Mez de Goëlo. Ces mêmes cultures étaient encore pratiquées vers 1830 par le fermier du député Charles Armez, propriétaire de l'île. Les différents propriétaires qui s'étaient succédés sur l'île, après la vente des biens nationaux, dont la famille Armez au 19ème siècle, n'avaient pas entrepris de véritables travaux de restauration de ces bâtiments. Ceux-ci ont au contraire furent transformés et servirent d'habitation et de résidence d'été. Entre 1900 et 1940, la famille Hamelle avait entrepris les premiers travaux de défrichement, construisit deux citernes, un château d'eau (il existait deux puits), des serres et des dépendances pour la ferme, les récoltes et le bétail. Un régisseur, des domestiques et des ouvriers agricoles géraient l'île. Une partie des terres était cultivée, les anciennes pêcheries des moines servaient de viviers. Une maison d'inspiration normande avec des gerbières à l'étage fut même construite à côté de la chapelle, à usage d'habitation principale. La chapelle fut reconvertie en salle à manger. Le premier bâtiment jouxtant la chapelle comprenait la cuisine. Le reste de l'édifice du 11ème siècle, aujourd'hui détruit, comprenait un salon et une chambre. Les autres ailes contiguës servaient de logement pour le personnel. Après la vente à la famille Gachot en 1973, l'île a été entièrement défrichée quelques années plus tard par un fermier qui l'habitait en permanence avec sa famille. Selon le témoignage de Guillaume Bouchard, l'année précédent son installation, une cellule monastique avait été découverte lors de fouilles archéologiques par Jean6beranrd Cornélius, au centre de l'île, ainsi que des tombes au Nord et au Sud de la chapelle. Des outils en dolérite, une hache en pierre polie et des poids de filets, furent mis à jour par la famille Bouchard lors de travaux agricoles. En 1984, Jean-Bernard Cornélius relève les fondations en pierres sèches de sept petits bâtiments de forme circulaire, datant du Moyen Age (?) à l'Ouest de la Pointe aux Courlis. Il remarque aussi un grand bassin de 30 mètres sur 15 mètres au Sud-Ouest, qui représente l'une des deux pêcheries dite 'des moines'. Au centre de l'île, Il découvre les vestiges d'une autre cellule, de plan également circulaire dans un espace dégagé de tout relief, . Celle-ci aurait été fouillée en 1972 par un archéologue. Des grottes formées par des rochers à peine équarris et jointifs ont également été relevés dans le Nord-Ouest et le Sud de l'île, mais on n'en connaît pas l'origine. Le défrichement des terres a permis d'exhumer des pierres provenant de constructions anciennes, mais les fouilles archéologiques n'ont pas été poursuivies. Des bâtiments d'accueil ont été construits pour les nouveaux occupants agricoles ainsi que des granges. La physionomie de l'île s'est en quelque sorte 'modernisée'. Une éolienne et des capteurs solaires ont permis de fournir de l'énergie de façon régulière. A la fin des années 1990, l'île était revendue. La société Saint-Riom SA, propriétaire de l'île, a entrepris depuis plusieurs années la rénovation et la restauration de l'ensemble des bâtiments de l'île, y compris des jetées et quais. La chapelle a été restaurée comme elle l'était au 12ème siècle, en y rajoutant un clocheton. Les autres bâtiments ont été transformés au niveau des ouvertures. Ces travaux ont été conduits sous la surveillance de l'architecte des Bâtiments de France.

Période(s)Principale : 4e quart 12e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 20e siècle
Principale : limite 20e siècle 21e siècle

Cet ensemble forme presque une cour fermée en 'U', reliée à l'extrémité Ouest par un mur. Une petite jetée, appelée 'cale des moines', permet d'accéder à la crique Nord-Ouest et d'embarquer. Plusieurs petits quais ou simples jetées entourent cette anse afin de pouvoir accoster à presque toute heure de marée. Elles sont aujourd'hui encore en bon état. On remarque sur la Pointe aux Courlis, des vestiges de petits édifices circulaires, envahis par la végétation. Ce sont peut-être des cellules monastiques. Une croix non datée se trouve au point culminant de l'île (40 mètres). Elle fut implantée par l'une des familles propriétaires de l'île. Les cinq bâtiments situés aujourd'hui à l'emplacement des anciens édifices conventuels, dont la chapelle, sont en cours de restauration. Celle-ci a été presque entièrement reconstruite. Un sixième bâtiment, servant de logement pour le fermier de l'île, Guillaume Bouchard, ainsi que des dépendances à usage de hangars agricoles, complètent l'emprise du bâti foncier, regroupé sur la partie Nord-Ouest de cet espace insulaire. Un seul édifice a été étudié : la chapelle d'inspiration romane de Saint-Riom.

Mursgranite
moellon
pierre de taille
Décompte des œuvres repérées 5
étudiée 1

Annexes

  • 20082207443NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 Num 1/25.

    20082207716NUCB : Collection particulière

    20082207622NUCB : Collection particulière

    20082207702NUCB : Service Régional de l'Archéologie de Bretagne

    20082207701NUCB : Service Régional de l'Archéologie de Bretagne

Références documentaires

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor. 4 NUM 1/25. Plans cadastraux parcellaires de 1832, Numplan 1/25. Documents consultables sur le site Internet http://archives.cotesdarmor.fr.

Bibliographie
  • CORNELIUS, Jean-Bernard, CORNELIUS, Marie. Saint-Rion, la longue histoire d'une petite île. Dans Bulletin de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, CXII, 1983.

    p. 1-20
  • GESLIN DE BOURGOGNE, Jules, BARTHELEMY, A. de. Anciens évêchés de Bretagne. Histoire et monuments. Saint-Brieuc / Paris : 1855-1879.

  • VIDAL, Tessa. Etude de l'Île Saint-Riom. Licence de Géo-architecture, sous la direction de Louis Brigand, Brest : UBO, 1995.