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Front de mer : espaces littoraux remarquables (Trélévern)

Dossier IA22009886 réalisé en 2008

Fiche

Dénominations front de mer
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
Adresse Commune : Trélévern

Les espaces littoraux remarquables de la commune de Trélévern représentent une surface totale des sites de 410 ha 83 (Fig. 1). Les propositions suivantes concernant ces espaces littoraux remarquables ont été énoncées par la DIREN et le service des Espaces naturels du Département des Côtes d'Armor. Ils comprennent les sites suivants : 44/1 Estran rocheux de Trestel à Nantouar et île de Sieck : 328 ha 04 (tout en DPM, Domaine Public Maritime). La nature du site se caractérise par un large estran, des îlots inhabités, des formations géologiques remarquables (queues de comète, filon de diodérite). Les usages sur ces sites sont multiples : pêche à pied et site de mouillage pour les bateaux. La vocation souhaitée est le maintien des équilibres biologiques. 45/2 Coteaux, pointes et cordons de Port Le Goff à Pors Garo : 22 ha 49. Ce site recouvre un fort intérêt paysager (patrimoine culturel du littoral, patrimoine archéologique). Il est formé de falaises et abords, de caps et de formations géologiques remarquables (falaises du Quaternaire). Les usages agricoles sont concurrencés par un bâti en cours de densification sur la côte. La protection du patrimoine géologique et archéologique est souhaitable. La conservation paysagère et le maintien de l'agriculture littorale sont proposés comme forme de gestion durable de ces sites, en évitant l'artificialisation du trait de côte. 45/3 Coteaux de Nantouar : 29 ha 08. Les coteaux de Nantouar recouvrent des landes côtières et des falaises (accidents géologiques remarquables, formations quaternaires). L'agriculture est présente sur le plateau. Un sentier littoral est présent au pied des coteaux. La gestion proposée est le maintien de l'agriculture et la protection du patrimoine géomorphologique, en évitant toute artificialisation au pied de la falaise. 45/4 Vallée du Dourdu : 31 ha 22. L'intérêt paysager de ce site est liée à la zone boisée proche du rivage et aux zones humides le long du ruisseau du Dourdu. La vocation et la gestion du site proposées sont la conservation des boisements de feuillus et l'ouverture au public si opportunité.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
États conservations bon état, inégal suivant les parties
Statut de la propriété propriété publique
propriété privée

Annexes

  • De Port L'Epine à Keriec

    PINOT, Jean-Pierre.Extrait du "Rapport sur l'évolution du littoral autour de la Baie de Lannion et sur la côte de Granit Rose, SMVM de la Baie de Lannion", Brest : Laboratoire de Géographie de la Mer, UBO, 1993.

    "Dans l'encoignure à l'Est de la Butte de Crec'h an Ty Gward, un promontoire rocheux, aujourd'hui prolongé par une jetée (assez ancienne, mais qui n'a fait que récemment l'objet d'une concession d'endigage au profit de la commune) abrite un petit port d'échouage fort anciennement connu et fréquenté. Entre ce port et le platier rocheux qui part vers le Nord pour rejoindre le massif rocheux de Kéolec s'étendait en 1960, sur 500 m, une côte de galets. Derrière la crête littorale, plusieurs autres crêtes témoignaient d'apports successifs de galets, plaqués les uns devant les autres sur une soixantaine de mètres de large. Entre ces crêtes parallèles, des dépressions, de même orientation, marquaient les phases de ralentissement des apports de galets.

    La carte marine de 1843, qui reproduit rigoureusement le trait de côte de la carte des Ingénieurs Géographes de 1774, montre de cet ensemble de cordons de galets un état plus archaïque que le plan cadastral de 1819, ce qui m'avait posé problème dans ma thèse de 3ème cycle (Pinot, 1961, p. 79) parce que j'ignorais alors l'existence, et l'utilisation faite par Beautemps-Beaupré, de la carte des Ingénieurs Géographes.

    Si l'on dépassait le promontoire appuyé sur le platier rocheux partant vers le Nord, il n'y avait plus qu'une seule crête de galets, assez étroite, derrière laquelle se trouvait un petit étang de barrage, triangulaire, appelé "Poul Palud". Cette crête prolongeait une petite grève adossée, plus à l'Est encore, à une falaise taillée dans les sédiments quaternaires meubles.

    La comparaison de l'état d'alors avec le plan cadastral de 1819 montrait que le recul de cette falaise était rapide : on pouvait le mesurer, pour la période 1819 - 1952, par comparaison avec la photo aérienne de 1952. Il était compris entre 20 et 25 m à l'Est d'un petit massif rocheux très peu élevé qui était jadis entièrement masqué par les sédiments quaternaires, et supérieur à 30 m à l'Ouest de ce massif. Les sédiments avaient été enlevés sur toute leur épaisseur, puisqu'en avant de la plage de haut d'estran on ne trouvait qu'une plate-forme rocheuse. La roche en place étant recouverte en moyenne de 5 m de sédiments, c'était, en 130 ans, une masse de 60 000 m3 que la falaise avait livrée. Là dessus, le tiers au moins était en cailloux et galets. On ne s'étonnera donc pas de la masse de l'accumulation composite qui en était née. Car la grève qui était alors au pied de la falaise n'était qu'un relais vers le cordon du Palud.

    L'évolution de ce littoral s'est compètement renversée à la suite des prélèvements de galets, opérés pour la construction du CENT (vers 1960), sur le cordon en épi qui allait vers les rochers de Kéolec : le secteur situé entre Keriec et le Palud a cessé d'être protégé contre les houles de Nord-Ouest, de sorte que l'ancienne dérive littorale vers l'Ouest engendrée par la dominance des houles de Nord-Est a été renversée. La falaise de Keriec ne recule plus, aux dépens des champs cultivés, que dans sa partie centrale, tandis que Port L'Epine a cessé de recevoir les galets produits par l'ataque de la falaise."

    Remarque : Le texte de J.P. Pinot montre tout l'intérêt d'une démarche systémique lorsqu'on analyse la dynamique de l'espace littoral, parfois contrarié par certains aménagements lourds et coûteux, qui ont un impact à moyen ou long terme sur les activités agricoles ou maritimes, et sur la gestion du foncier bâti. Le linéaire côtier sur le plateau, entre Port L'Epine et keriec est très densément bâti avec des lotissements.

  • Les vestiges archéologiques de la butte de "Crec'h an Ty Gward"

    PINOT, Jean-Pierre.Extrait du "Rapport sur l'évolution du littoral autour de la Baie de Lannion et sur la côte de Granit Rose, SMVM de la Baie de Lannion", Brest : Laboratoire de Géographie de la Mer, UBO, 1993.

    "Il subsiste sur le flanc Est de la batterie, une coupe géologique de très grand intérêt, qui pour un touriste scientifique, ou simplement curieux de sciences naturelles, mérite le détour : c'est une plage ancienne de galets, témoin du stationnement de la mer au voisinage du niveau actuel avant la dernière période froide, mais qui présente cette particularité d'avoir été bouleversée par le gel (les scientifiques disent "cryoturbée"). En effet, alors qu'ailleurs (et notamment tout autour de la butte de Crec'h an Ty Gward) la plage ancienne est couverte d'une épaisse couche de dépôts quaternaires qui l'ont protégée pendant la période froide, ici, trop loin du versant, elle n'a été recouverte que d'un peu de limon, et le gel de l'eau du sous-sol y a créé des festons très originaux. De plus, pendant la période froide, elle est restée quasiment en surface, au moins en début de période, et les hommes ont eu accès aux galets. Comme, parmi eux, il y a des silex provenant des affleurements crétacés du fond de la Manche, les hommes du Paléolithique supérieur sont venus ici tailler des outils de silex.

    On y trouve donc, à l'occasion, de petits outils qui ont échappé des mains de l'artisan et ont glissé entre les galets ; ce sont des grattoirs et des perçoirs, de quelques centimètres, et ils ont été pris dans les festons de galets créés par le gel".

  • le littoral de Trélévern

    PINOT, Jean-Pierre.Extrait du "Rapport sur l'évolution du littoral autour de la Baie de Lannion et sur la côte de Granit Rose, SMVM de la Baie de Lannion", Brest : Laboratoire de Géographie de la Mer, UBO, 1993.

    "Le littoral de Trélévern comporte deux façades : l'une, vers la Rade de Perros, a été étudiée avec cette rade, dont elle ne peut être détachée. L'autre, vers le Nord, se prolonge loin en mer par un vaste platier rocheux dont émergent plusieurs îlots.

    La disposition générale de cette façade Nord est liée à la présence d'un fossé d'effondrement, orienté Ouest-Sud-Ouest - Est-Nord-Est comme beaucoup des grandes cassures de la région ; il est occupé par un vaste estran sableux, qui sépare des platiers rocheux solidaires de la terre ferme, devant Keriec et Menez Balance en Trévou-Tréguignec, de la série des platiers, îlots et massifs rocheux qui vont de la Butte du Corps de Garde jusqu'à "Toc Gwen" (le "Chapeau Blanc" sur la carte de l'I.G.N.), rocher fort avancé en mer à 1 km au Nord de "Menez Balance". Ce fossé, à terre, sépare donc la Butte du Corps de Garde (Crec'h an Ty Gward) de la falaise morte qui borde le plateau trégorrois, et forme le couloir bas par lequel on passe de l'anse de Port-1'Épine à celle de Pors Garo.

    Le long de la terre ferme, la dynamique des sédiments s'opère séparément, à l'intérieur de deux casiers, séparés par la Pointe de Beg ar Vir, située en avant du quartier de Keriec. À l'Ouest, il y a de part et d'autre de la corne de galets qui s'avance vers le Nord au lieu dit Le "Palud", un même système littoral dans lequel la dynamique a changé vers 1960. À l'Est, c'est un autre système, constitué, comme le précédent, à un bout d'une falaise de dépôts quaternaires qui fournit des sédiments, et à l'autre bout de cordons constitués par ces sédiments, après dérive littorale.

    Mais pour bien comprendre la dérive littorale, il faut avoir d'abord mis en place l'ensemble rocheux qui, au Nord du fossé d'effondrement, limite la pénétration des houles longues et fait que, d'un point à un autre, la résultante de ces houles change du tout au tout."

    Les massifs avancés

    "

    Au-delà d'une bande de 100 à 300 m de large, s'évasant vers le Nord-Est, sur laquelle n'affleure nulle part la roche en place, on retrouve la roche, dont les innombrables affleurements en platiers ou en chicots sont répartis en deux massifs principaux, celui de Kéolec à l'Ouest, celui d'Enes Lec à l'Est. À ces points d'appui rocheux sont accrochées des accumulations de galets, tant actuelles que quaternaires.

    a) Les rochers de Kéolec :

    Les deux roches que la carte d'État-Major appelle Kéolec, la carte marine Cahorec, la carte de l'I.G.N. Héotec, et les riverains d'expression française Roches Jaunes sont deux chicots granitiques toujours émergés, proches l'un de l'autre, et dominant une grande surface irrégulière formée d'autres roches moins importantes. Entre les roches basses existent des couloirs déprimés, étroits et rectilignes, qui résultent de l'érosion différentielle exercée aux dépens de filons moins résistants.

    Les deux roches sont disposées l'une à l'Est-Nord-Est de l'autre, et sont entourées d'une couronne de blocs provenant manifestement d'éboulements. L'ensellement entre les deux chicots est ainsi rempli de tels blocs, que la mer a été jusqu'ici impuissante à repousser dans la zone d'abri, et qui protègent des éléments plus petits. De la roche orientale, la plus haute, et la plus large, part une queue de comète, qui n'est pas la seule que l'on rencontre sur ce massif rocheux.

    Roches hautes, roches basses, et queues de comète concourent à briser les houles de secteur Ouest, qui déjà ont été fractionnées en deux groupes par la présence de l'île Tome. Il en résulte que les secteurs de côte qui sont au-delà de Beg ar Vir, et jusqu'à Menez Balance, sont à peu près totalement protégés contre les houles venant directement de l'Atlantique : seules les houles du Nord-Est, formées en Manche et habituellement négligeables par rapport aux houles de l'Atlantique, vont être efficaces à l'Est de Beg ar Vir.

    b) Enes lec et ses abords :

    Cet effet de protection est renforcé par la présence, plus à l'Est, d'une île plate et couverte de prairies, que les cartes sont unanimes à désigner sous le nom d'île Siée, bien que son nom breton soit Enes lec, et qu'elle ait le même éponyme que Keriec et Douriec. Elle est dotée de deux belles accumulations de galets, une grève au vent, et une queue de comète sous le vent. Cette queue de comète, totalement protégée des houles atlantiques par les roches de Kéolec, est façonnée uniquement par les houles de Nord et de Nord-Est, et fuit par conséquent vers le Sud-Sud-Est. À proximité, une autre île, appelée "Petite Ile" sur les cartes, possède aussi une queue, mais très médiocre (Pinot, 1963, fig. 6). Enfin, l'île Lec elle-même est, au moins en partie, une accumulation ancienne. L'ensemble est bas, puisque les points culminants, quelques rochers sur le flanc de l'île, ne dépassent que de quelques mètres le niveau des pleines mers.

    Ces deux massifs rocheux, Kéolec et Enes lec, ont évolué un peu depuis la carte des Ingénieurs Géographes, du moins dans les détails des formes des accumulations de galets. Cette évolution est modeste, et ne présente rigoureusement aucun inconvénient, il n'y a donc aucune intervention à y envisager".

  • La plage de Pors Garo

    PINOT, Jean-Pierre.Extrait du "Rapport sur l'évolution du littoral autour de la Baie de Lannion et sur la côte de Granit Rose, SMVM de la Baie de Lannion", Brest : Laboratoire de Géographie de la Mer, UBO, 1993.

    "La petite plage de Pors-Garo occupe l'anse aussi appelée anse de Pors ar C'hrec'h, en Trélévern. Elle est accessible par le chemin qui, partant de Port-1'Épine, passe au sud de la colline de Crec'h an Ty-Gward. Elle est enserrée entre deux massifs granitiques entaillés en falaises, et elle s'adosse à des formations meubles quaternaires. Sur la roche en place fortement diaclasée repose une plage ancienne, de galets, avec ça et là de petits témoins d'une couverture sableuse qui a presque partout disparu. Au-dessus, on trouve quelques colluvions du début de la période froide, puis des coulées caillouteuses, enfin du loess, très peu épais. Ce loess est loin de poser les mêmes problèmes qu'à Nantouar, parce que, tant par la médiocrité des eaux fournies par le versant qu'à cause de la présence des galets et de la couche caillouteuse, qui assurent un bon drainage, il n'y a guère d'eau dans le sol, et peu de risques de fluage.

    En 1960, il y avait en haut de plage des galets, jusqu'au niveau des pleines mers de morte Eau. Plus bas, c'était du sable, qui était, en dessous du niveau de mi-marée, façonné en rides occupées par des herbiers à zostères, à un stade primitif au Sud, mieux développés au Nord.

    Les galets sont pour la plupart issus de l'érosion des falaises, et ne sont, en fait, que des galets quaternaires récemment libérés, et remis en route. Ils occupent aujourd'hui un peu moins de place qu'en 1960, ou, plus exactement, les sables les recouvrent jusqu'à un niveau plus élevé qu'autrefois. Cette évolution me semble liée à la disparition quasi-totale des herbiers à zostères, qui fixaient le sable en bas de plage. Il y a bien quelques zostères ça et là, mais ils ne forment plus ces herbiers capteurs de particules errantes que l'on voyait autrefois. Comme on sait que les herbiers de zostères connaissent presque partout (les seules exceptions bretonnes étant la Chambre de l'archipel des Glénans, et le port de Trébeurden) des alternances de prospérité et de déclin, avec une périodicité de l'ordre de 40 ans, il n'y a là rien d'inquiétant. Leur disparition a libéré les sables qu'ils fixaient".

    "Malgré la surélévation du niveau du sable, qui devrait réduire l'attaque de la falaise, celle-ci a un peu reculé depuis une trentaine d'années (très peu : moins d'un mètre en général). C'est, à ce qu'il me semble, lié à la fréquentation des lieux, qui n'est pas énorme, mais quand même bien plus importante qu'alors, où il n'y avait jamais personne. Malgré la présence d'un chemin d'accès, beaucoup de gens escaladent la petite falaise, et la dégradent. La dégradation se propage vers le secteurs que personne n'escalade, parce que du coup ils sont mis en saillie par le recul des autres. Près de la chaussée ancienne, une sorte de cale descendant du chemin vers la plage, le recul est aisément mesurable, parce que j'en avais levé le plan en détail en I960 et pris diverses photographies. Ce monument historique, très ancien quoique peu datable (il pourrait être romain, mais en tout cas il n'est pas plus récent que le Moyen-Age) a malheureusement été réutilisé récemment comme fondations d'une cale de béton, et il a passablement souffert dans l'opération. Mais certaines pierres encore visibles permettent d'opérer des mesures comparatives, et le recul est de l'ordre du mètre".

    Conseil pour la gestion de la plage de Pors Garo

    "Cette plage n'évolue que très lentement, elle est peu fréquentée, et ceux qui la fréquentent sont assez attachés à son caractère naturel. On n'en a que trop dégradé déjà les abords, notamment par la construction d'un parking. Il n'est pas souhaitable d'intervenir par la construction d'une protection quelconque de la falaise, dont le recul est insignifiant. Il suffit de gérer un peu plus soigneusement, en balisant par exemple des itinéraires de promenade à partir de la plage, et en les faisant passer uniquement sur la roche, qui n'en souffrira pas".

  • 20082205232NUCB : Collection particulière

    20082205231NUCB : Collection particulière

    20082205148NUCB : Collection particulière

    20082205147NUCB : Collection particulière

    20082205182NUCB : Collection particulière

    20082205184NUCB : Collection particulière

    20082205185NUCB : Collection particulière

    20082205186NUCB : Collection particulière

    20082205188NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Bibliographie
  • DIREN BRETAGNE, OUEST-AMENAGEMENT. Les espaces littoraux remarquables des Côtes d'Armor. Rennes, DIREN Bretagne, 1998.

    168-169
  • PINOT, Jean-Pierre. Rapport sur l'évolution du littoral autour de la Baie de Lannion et sur la côte de Granit Rose, SMVM de la Baie de Lannion. Brest : Laboratoire de Géographie de la Mer, UBO, 1993.

  • MIOSSEC, Jean-Marie, PINOT, Jean-Pierre. Géographie humaine des littoraux maritimes. CEDES, CNED, 1998.