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Front de mer de Loguivy-de-la-Mer (Ploubazlanec)

Dossier IA22010912 inclus dans Écart de Loguivy-de-la-Mer (Ploubazlanec) réalisé en 2008
Dénominations front de mer
Aire d'étude et canton Bretagne - Paimpol
Adresse Commune : Ploubazlanec
Lieu-dit : le Tourot le Porjou Loguivy-de-la-Mer

L'urbanisation du front de mer de Loguivy de la mer s'est développée de façon continue sur le pourtour du port, à commencer par le quartier du Porjou, à l'embouchure du Trieux (cadastre de 1832). La partie Est du port s'est développée un peu plus tard (le Torot), avec un bâti à flanc de coteau. Ces modestes maisons à un seul étage sous combles étaient habitées par des familles de marins pêcheurs. Le front de mer de Beg Nod se caractérise par des habitations plus cossues, construites au début du 20ème siècle par des familles plus aisées (résidences secondaires), inspirées de l'architecture balnéaire de cette époque. Au début du 20ème siècle, grâce à l'arrivée du chemin de fer à Paimpol (1897), ce petit port de caractère avait déjà commencé à attirer les premiers touristes (Hôtel du Grand Rocher), des artistes (les peintres Boulard, Faudacq, Rivière, Chevalier, Bouillé) et des écrivains. L'église de Saint-Ivy a été construite en 1937-39 par l'architecte James Bouillé. A la fin du 20ème siècle, l'économie de pêche du port de Loguivy s'est mixée avec le tourisme. La pression foncière s'est accentuée autour du port, sur le front de mer. Les maisons de pêcheurs ont été achetées par des gens extérieurs au pays. La plaisance a commencé à occuper le port. Cependant, les bateaux de pêche ont su conserver l'emplacement de leurs bateaux et de leurs viviers entre les grèves de Roc'h Hir et de la Roche Conan. Les nouveaux murs de quais, les terrassements et les enrochements effectués à partir des années 1960 et à la fin du 20ème siècle ont endiguer le front de mer et fait reculer de bâti Est du port. les parkings ont remplacé les grèves et fait disparaître le vieux lavoir du port. Une nouvelle voie de circulation permet aujourd'hui d'accéder à la nouvelle jetée à l'extrémité Est du port.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Principale : 4e quart 20e siècle

Annexes

  • Extraits du témoignage de Claude Agnes et de Jeanne Le Goff-Mengelle, septembre-octobre 2008 : les usages et la vie sociale du front de port

    L'église de Loguivy, Saint-Ivy, construite en 1937, a été agrandie par la suite. L'aile gauche et la nef ont été édifiées en 1939, l'aile droite et le clocher, dix ans plus tard. Un poisson surmonte la flèche du clocher, comme symbole d'un pays de pêcheurs. La procession de saint-Yves allait dans la grève jusqu'au corps de garde, où on dressait un autel. Les femmes vendaient le goémon sur la place du port, face à l'église, aux cultivateurs de la région. En 1946, la route directe de Paimpol n'existait pas. Il fallait passer par le bourg de Ploubazlanec pour rejoindre la ville. Un mareyeur de Pors Even, Lasbleiz avait construit une maison au début du 20ème siècle sous le Grand Rocher. La cabane en bois des douanes était située à côté. Elle a été détruite par le tempête de 1987. Une maison située sur la partie Est du port a aussi servi à loger les douaniers, très nombreux après la Première guerre, à cause du trafic important dans l'estuaire du Trieux.

    Il y avait plusieurs épiceries (7) dans la rue principale de Loguivy et plusieurs cafés. Le café de la Marine (chez 'Gaud'), était l'un des plus fréquentés. Le café de Célestine Toudic à côté de l'hôtel du Grand Rocher, vendait du black et des cordages pour les marins, avant de se reconvertir au mareyage.

    En 1920, il y avait 2 boulangers, un épicier (Morvan), un charcutier-épicerie-café (Louis Leroux), une petite épicerie-Bar à l'Issue (Paul Goaster) et 5 auberges (dont la vieille auberge 'Chez Irène Cavelan'). On pouvait compter 40 maisons, toutes de taille modeste, cependant habitées par des familles nombreuses, autour du 'Château' et du 'Tourot'. On disait que les maisons neuves avaient été construites avec des pattes de homards. Mais tous n'on pas fait fortune. L'épopée des Loguiviens a duré 70 ans (de 1850 à 1920).

    Les filets étaient régulièrement mis à sécher contre les murs. Les voiles étaient tannées au cahou à Roch'Hir (pratique en usage jusqu'en 1955-60). En 1920, 60 bateaux fréquentaient le port, principalement des langoustiers. Le port était plus vaste et plus profond, moins envasé à cette époque. Les murs des maisons étaient régulièrement mouillés par la mer. A grande marée, à cause des cales submersibles, le ravitaillement es bateaux se faisait au Grand Rocher, à l'extrémité du port. En l'absence de mareyeur, à la fin du 19ème siècle, les femmes de pêcheurs allaient vendre le poisson jusqu'à Paimpol à pied ou en voiture à cheval. Les premiers mareyeurs se sont installés à partir de 1925 et surtout après 1945 (Oulhen, Hénaff, Pourdieu, Viovir, Toudic), mais les Loguiviens commerçaient aussi avec Samson de Saint-Malo. Le déclin de la pêche s'est amorcé dans les années 1930. Les Loguiviens se sont exilés vers les grands ports de Boulogne, de Cherbourg, du Havre pour pratiquer la pêche ou le commerce. Cet exil contraint a favorisé la vente des maisons et la recomposition sociale de la société locale. La pression foncière très forte a fait disparaître nombre de commerces. Les résidences secondaires ont remplacé les maisons habitées toute l'année. En 1963, il ne restait plus que 6 bateaux de pêche dans le port. Les nouveaux équipements portuaires ont permis plus tard (1960-80) de favoriser le débarquement des produits de la pêche. Sous le parking du port, gît l'épave de la 'Confiance' et d'autres vieux langoustiers. Mais les marins pêcheurs ont quitté le port pour habiter des lotissements ou se loger à l'extérieur du quartier portuaire. Ce n'est pas tant le front de mer qui a changé de physionomie que la population permanent qui a vieilli et qui s'est renouvelée avec une autre société. Il n' y a plus de vieux marins à fréquenter le port.

  • 20082207744NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 Num 1/25.

    20082207444NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 Num 1/25.

    20082207582NUCB : Collection particulière

    20082207589NUCB : Collection particulière

    20082207593NUCB : Collection particulière

    20082207591NUCB : Collection particulière

    20082207576NUCB : Collection particulière

    20082207180NUCB : Collection particulière

    20082207587NUCB : Collection particulière

    20082207586NUCB : Collection particulière

    20082207584NUCB : Collection particulière

    20082207583NUCB : Collection particulière

    20082207745NUCB : Collection particulière

    20082207521NUCB : Collection particulière

    20082207578NUCB : Collection particulière

    20082207077NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi 4069.

    20082208224NUCB : Collection particulière

    20082208225NUCB : Collection particulière

    20082208226NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents figurés
  • AD Côtes-d'Armor. 4 NUM 1/25. Plans cadastraux parcellaires de 1832, Numplan 1/25. Documents consultables sur le site Internet http://archives.cotesdarmor.fr.

Documents audio
  • ANIECE, Claude. Témoignage oral sur le lavoir du port de Loguivy. Loguivy-de-la-Mer, 20 octobre 2008.

  • CORFDIR, Augustine. Témoignage oral. Ploubazlanec, 27 octobre 2008.

  • LE GOFF, Marie-Anne Yvette Jeanne Témoignage oral. Ploubazlanec, 15 septembre 2008.