Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Four à chaux, Port de Carhaix (Motreff)

Dossier IA29132188 réalisé en 2017

Fiche

Dans les articles traitant des fours à chaux dans le Finistère, le four à chaux de Port-de-Carhaix n'est pas mentionné. Les fours à chaux sont principalement construits près des gisements de calcaire pour faciliter leur approvisionnement. En effet c'est à partir de pierre calcaire que l'on produit de la chaux vive après un processus de calcination. Les études précisent que les gisements de calcaire sont situés au tour de la rade de Brest. En presqu'île de Crozon des fours à chaux sont présents sur les communes de Lanvéoc, Roscanvel et Crozon. Ce dernier, dénommé four à chaux de Rozan, datant de 1839, a d'ailleurs été restauré et classé monument historique. Ces fours à chaux, situés sur les lieux de construction des fortifications, permettaient d'obtenir directement de la chaux vive, qui, après hydratation, devenait un mortier utilisé pour la construction.

D'autres fours à chaux autour de la rade de Brest sont aussi présents comme celui de Pont-de-Buis, Port-Launay, l'Auberlac'h, l'île Ronde, Brest, Landerneau et Saint Urbain qui, lui, a fermé en 1958 et a été le dernier en activité dans le Finistère.

La chaux produite est principalement utilisée pour la construction mais aussi pour l'agriculture, pour amender les terres, ainsi que dans la papeterie, les tanneries, les stations d'épuration, les aciéries. La présence de fours à chaux à proximité du canal de Nantes à Brest permettaient un approvisionnement en pierre à chaux mais aussi en combustible (charbon) nécessaire à la calcination. D'autres fours à chaux étaient présents le long du canal de Nantes à Brest, comme ceux de Port-Launay. Des fours étaient situés entre le bourg et l'écluse de Guilly-Glas sur la rive droite. Ceux-ci étaient approvisionnés par les gisements de Saint Ségal, la carrière du Pouldu. Ces fours à chaux ont cessé d'exister et au début du XXe siècle a été construit un four à chaux sur les hauteurs de Port-Launay à flanc d'une colline naturelle, à proximité des axes de Quimper-Brest. On ne voit guère aujourd'hui que les fondations de ce four à chaux, le reste de l'édifice est enseveli sous la végétation et situé entre plusieurs jardins de particuliers. Mais le lieu-dit porte encore le nom de "Fours à chaux".

Dénominations four à chaux
Aire d'étude et canton Communes riveraines du canal de Nantes à Brest - Carhaix-Plouguer
Adresse Commune : Motreff
Lieu-dit : Port de Carhaix
Adresse :
Cadastre :
Précisions

Construit en 1859, près du canal de Nantes à Brest au lieu dit Port-de-Carhaix, le four à chaux aurait fonctionné jusqu'au début du 20e siècle.

Dans les années 1990 l'association des amis du port de Carhaix s'est constituée et a, entre autre, débroussaillé l'ancien four à chaux de Port de Carhaix situé sur l'axe Lorient-Roscoff dans les années 2000. Les membres ont nettoyé et restauré le four à chaux. Des tôles, faisant office de toit, reposaient sur les contreforts et servaient alors d'enclos pour les bêtes d'un agriculteur à qui appartenait le terrain. D'après Louis-Marie Mondegueur, un spécialiste de la pierre et de la construction, qui a participé à la restauration du four à chaux, certains gros moellons et pierres ouvragées proviendraient du château de Kergoat incendié et pillé en 1675. La restauration a révélé la différence entre les pierres de schiste utilisées pour la construction du four et son avancée maçonnée avec des pierres de granit provenant du château de Kergoat incendié.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Dates 1859, porte la date

Ce four à chaux construit en 1859, à flanc de colline, est en pierre de schiste. C'est un four à chaux de type vertical dont la façade est d'une hauteur de 8m. Le four possède une double entrée d'accès à la zone de combustion. La première entrée présente une voûte en pierre qui devait donner sur des ouvertures latérales appelées "gueules de défournement" ou "ouvreaux" permettant de récupérer les pierres cuites, c'est-à-dire la chaux vive. Le conduit du four appelé le "gueulard" était revêtu à l'origine de pierres réfractaires. On peut en apercevoir encore certaines. Les pierres calcaires et le combustible, bien souvent du charbon, étaient chargés par le haut successivement par couche, tandis qu'en bas, dans le foyer, le chaufournier allumait et alimentait un feu de bois qui se propageait au charbon et cuisait ainsi les pierres. Ce four à chaux, de par sa taille modeste, est un type de four artisanal dont la chaux était utilisée comme fertilisant par les agriculteurs et comme matériaux de construction (liant, mortier). Ce four à chaux est un four de type ovoïde , c'est à dire que les diamètres du haut et du bas du four sont plus petits que le diamètre au milieu du four appelé le "ventre".

Le foyer est obstrué par de la terre, des pneus et un tas d'immondice et a servi, visiblement de décharge. Le four est sur un terrain privé appartenant à M. Cariou.

Les deux contreforts sur le devant du four auraient été rallongés au 20e siècle alors que le four n'était plus en activité.

Murs schiste maçonnerie
Plans ensemble régulier
Énergies énergie thermique produite sur place
États conservations établissement industriel désaffecté
Mesures h : 6.5 m
Précision dimensions

La mesure de la hauteur a été prise en haut du gueulard. La première entrée à voûte a une hauteur de 2,20 m une profondeur de 1,32m pour une largeur de 1,50m. La deuxième entrée carrée qui donne accès au foyer mesure 1,70 m de hauteur pour une largeur de 0, 60 m de largeur et 1,30 m de profondeur.

Le four à chaux ayant été restauré et débroussaillé dans les années 90, il serait souhaitable de poursuivre cet entretien et permettre ainsi une mise en valeur de l'édifice. Le "gueulard" accessible par le haut du terrain pourrait être dégagé de ses immondices, ce qui permettrait d'observer les pierres réfractaires encore en place et la forme de l'édifice.

Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à étudier
Éléments remarquables four à chaux

Références documentaires

Bibliographie
  • Entre terre et mer ou la naissance de deux communes au fil de l'Aulne, Port-Launay : 1840, Pont-de-buis : 1948. Service Historique de la Défense de Brest. éd. 2003.

    Service Historique de la Défense de Brest
  • De Nantes à Brest : les gens du canal . Service Historique de la Défense de Brest. éd. 2009.

    Service Historique de la Défense de Brest
  • De Nantes à Brest : les gens du canal . Service Historique de la Défense de Brest. éd. 2015.

    Service Historique de la Défense de Brest
  • Les bagnards du canal de Nantes à Brest : la vie au camp de Glomel, 1823-1832. Service Historique de la Défense de Brest. éd. 2003.

    Service Historique de la Défense de Brest
  • Le canal de Nantes à Brest. Service Historique de la Défense de Brest. éd. 2005.

    Service Historique de la Défense de Brest
  • La batellerie bretonne, vie quotidienne des mariniers dans l'Ouest, Jacques Guillet, Jean-Pierre Cébron, Emile Guyomard, Ed. de l'Estran - Chasse-marée, 1989.

    Archives départementales du Finistère
Périodiques
  • Tome CXXVIII, Année1999

    Archives départementales du Finistère
  • N ° 7 - juin 1999. Article sur les fours à chaux de la presq'île de Crozon

    Archives départementales du Finistère
  • Les fours à chaux et gisements calcaires dans le Finistère, Yves Rolland, 1972, Bretagne vivante.

    Archives départementales du Finistère

Liens web