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Ferme, lieu-dit Le Manoir (Coatréven)

Dossier IA22132060 réalisé en 2018

Fiche

La seigneurie de Coetrevan :

Seigneurs fondateurs de la paroisse, la famille de Coetrevan possédait autrefois un droit de haute, moyenne et basse justice.

Site probablement occupé dès le 10e ou 11e siècle, il fut successivement la propriété des familles de Coetrevan, de Chefdubois, de Boiséon et de Michau de Montaran.

La famille de Coetrevan, "écartelé d’or et d’azur (sceau 1381) alias à trois croissants de gueules sur le tout (sceau 1415)".

- Au 13e siècle, elle est la propriété d'un seigneur de Coetrevan, chevalier croisé en 1248.

- En 1381, un certain Guillaume de Coetrevan, ratifie le second Traité de Guérande le 2 mai 1381.

- Un dénommé Henri de Coetrevan, chevalier, est cité en 1415 (Histoire de Bretagne, 1707).

Au 15e siècle, la seigneurie passe ensuite à la famille Chefdubois, "de gueules au sautoir d’or, cantonné de quatre coquilles d’argent (sceau 1311)".

- Rolland de Chefdubois, sieur de Coetrevan, est cité à la Réformation des fouages de 1426 et marié à Marguerite de Bucault.

- Jean (ou Jehan) de Chefdubois, sieur de Coetrevan, cité à la Montre de Tréguier en 1481 (réunion de tous les hommes en arme) et marié en 1474 à Anne de Queslen.

- Perronnelle de Chefdubois de Coetrevan (-1507) épouse en 1495 Pierre de Boiséon (-ap.1566), seigneur de Boiséon, gentilhomme ordinaire à la Chambre du Roi.

En 1495, la seigneurie passe aux mains de la famille de Boiséon, "d’azur au chevron d’argent, accompagné de trois têtes de léopard d’or".

- Claude de Boiséon de Chefdubois, sieur de Coetrevan, épouse en 1522 Marie de Kerrimel.

- Yves de Boiséon (-1569), marié en 1550 à Isabelle de Laboissière.

- Pierre de Boiséon (-1627), marié en 1587 à Jeanne de Rieux (-1630).

- Claude de Boiséon (-1653), marié en 1621 à Marthe de Saint Denis.

- Hercule-François de Boiséon, marié en 1653 à Françoise de Coëtquen.

A la fin du 17e siècle, la famille Michau de Montaran "d’argent à l’aigle impérial de sable, becqué et membrée de gueules", acquiert la seigneurie de Coetrevan.

- Jacques Michau de Montaran (1621-1699), conseiller du roi au Grand Conseil et trésorier général des États de Bretagne, épouse en 1647 Jacquemine Raisin (1630-), puis en 1664 à Marie Le Gouverneur (1643-1719).

- Jean-Jacques Michau de Montaran (1668-), trésorier général des États de Bretagne puis conseiller du roi au grand Conseil en 1690, marié en 1700 à Françoise Goureau.

- Jacques-Marie-Jérôme Michau de Montaran (1701-1782), conseiller au parlement en 1722, intendant du commerce pour le roi en 1744 et commissaire pour la Compagnie des Indes en 1751, marié en 1729 à Marguerite Vireau de Villefix

- Jean-Jacques Maurille Michau de Montaran (1735-1816), avocat au Parlement, conseiller au Grand Conseil puis intendant du commerce, marié à Marie-Pauline Jacqueline Gautier de Lisolle (1752-).

- Enfin en 1834, Edme (Hippolyte Jacques ?) Michau de Montaran (1780-1848), baron de l'Empire en 1811, écuyer de l'Empereur est propriétaire du Manoir et exploité par Yves Leroux.

Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Schéma de cohérence territoriale du Trégor - Tréguier
Adresse Commune : Coatréven
Lieu-dit : Manoir (le)

Siège de la seigneurie de Coetrevan dès le 13e siècle, l'occupation du site apparaît plus ancienne. La présence d'une double motte castrale située au nord de la ferme actuelle, nous renseigne sur une occupation remontant probablement au 10e ou 11e siècle. Occupant les parcelles n°539 et n°537 (section B2, dite de Lochrist), nous retrouvons pour cette dernière l'appellation Coat-Bihan-ar-Mouden signifiant le "petit bois de la motte". Signalée sur la carte archéologique, la double motte semble être le premier lieu de résidence des seigneurs de Coatréven.

Devenu ferme, l'édifice est reconstruit au début du 19e siècle à l'emplacement même de l'ancien manoir, comme l'atteste la présence d'une cheminée datable de la fin du 15e-début 16e siècle. Cette dernière, intégrée dans le mur de refend du rez-de-chaussée, date probablement de l'époque où le manoir passe aux mains de la famille de Boiséon.

A en juger par les traces de remaniements en façade et la différence de couleur du granite, allant du rose au gris-bleu, l'élévation ouest du logis semble avoir été remontée avec les pierres provenant de l'ancien manoir. Les linteaux des deux ouvertures centrales de l'étage portent les inscriptions suivantes : "FAIT FAIR|e] PAR O[livier] CREC'HIOU" et le millésime 1809. Le linteau de la porte d'accès au jardin-potager porte quant à lui la date de 1812.

L'ensemble a peu évolué depuis la levée du cadastre en 1834, si ce n'est la disparition de deux bâtiments situés à l'ouest et au sud-est de la ferme.

Le cadastre nous indique également l'existence, encore au 19e siècle, d'un colombier situé sur la parcelle n°530. Dénommée "parc coz couldry", que l'on pourrait traduire par le "champ de l'ancien colombier", la toponymie de la parcelle n°531 nous renseigne à son tour de la présence ancienne d'un colombier à cet endroit.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle , porte la date
Principale : Milieu du Moyen Age
Secondaire : limite 15e siècle 16e siècle
Dates 1809, porte la date
1812, porte la date

La ferme :

Organisé en U autour d'une cour, cet ensemble se compose d'un logis de plan en L à l'est et de dépendances agricoles au nord et au sud. A l'ouest, la parcelle n°535 est occupée par un jardin-potager enclos et un puits circulaire est présent dans la cour.

L'ensemble des bâtiments est édifié en moellon de granite et de schiste, avec encadrement des ouvertures en pierre de taille de granite.

Le logis, dont la façade principale est orientée à l'ouest, présente une élévation ordonnancée à six travées régulières. Il se compose d'un rez-de-chaussée, d'un étage carré et d'un étage de comble.

A l'intérieur, le logis conserve en partie son sol dallé en granite, sa cheminée ancienne ainsi que son potager, élément ancien servant à la cuisson des aliments.

Les mottes castrales :

Situées à environ 200m au nord de la ferme, deux mottes castrales occupent les parcelles n° 537 et n°539. Séparées par un ruisseau, ces dernières sont distantes d'une vingtaine de mètres l'une de l'autre. La première, située au nord-est, mesure 3m de hauteur pour 18m de diamètre et est tronquée à sa base dans sa partie nord. La seconde, à l'ouest, est sub-circulaire et mesure 2m de hauteur pour 20m de diamètre. A l'ouest de cette dernière, une plate-forme talutée semble correspondre au reste d'une basse-cour. Les fossés, comblés, sont encore visibles par endroit et les talus peu élevés (Stéphan Hinguant, Les mottes médiévales des Cotes-d'Armor, 1994).

Murs granite moellon
schiste moellon
terre
Toit ardoise
Plans plan régulier en U, plan régulier en L
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours sans jour

Références documentaires

Documents figurés
  • Archives départementales des Côtes-d'Armor : 3P042_005
Bibliographie
  • Lobineau, Gui-Alexis. Histoire de Bretagne composée sur les titres et les auteurs originaux. Tome II, Paris, 1707

  • POL POTIER DE COURCY. Nobiliaire et armorial de Bretagne. Joseph Floch Editeur, Mayenne, 1970.

  • PICHOURON, Patrick ; KERHERVE, Jean (Dir.), "Manoirs et propriétaires aux 15e et 16e siècles dans le régaire de Tréguier et la seigneurie de Botloy-Lézardré (Dans les limites actuelles des cantons de Lézardrieux et de Tréguier)". Mémoire de maîtrise, Université de Bretagne occidentale, Faculté Victor Segalen, Brest, 1994, 170 p.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel) : ARC dom
  • COLLECTIF. Bulletin d´information des Maires : éléments d´histoire et d´archéologie des communes de l´arrondissement de Lannion. Saint-Brieuc, Ateliers d´impression Préfecture, 1979. 198 p.

  • HINGUANT, Stéphan. Les mottes médiévales des Côtes-d’Armor. Rennes, Institut culturel de Bretagne, 1994, 88 p.

Liens web