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Ferme, Carmeroc (Tréfumel)

Dossier IA22017273 réalisé en 2010

Fiche

Dossiers de synthèse

L’examen des états de section du cadastre de 1833 renseigne sur l’histoire des lieux. En contrebas à l’ouest de la ferme actuelle les parcelles 29, 63, 70 appelées les douves conservent le souvenir de l’emplacement de l’ancienne maison seigneuriale, sans doute disparue depuis fort longtemps. Ces anciennes douves comblées en 1833 étaient alimentées par des prises d’eau sur la Rance et le ruisseau du Hac, encore figurées sur le plan cadastral ancien. Les parcelles dites du Bois de Carmeroc 72, la garenne 103 ainsi que celles attachées au moulin sur la Rance confirment le statut ancien de lieu noble, ainsi que la Chenotiére, petit bois de chêne. Au milieu des anciennes douves, l’assiette probable de l’ancien manoir appelée « courtil de la Veillere », autre nom d’une plante appelée l’herbe aux cloches, témoigne d’un abandon du site déjà ancien. Les armoiries remployées dans la façade de l’actuelle ferme rappelle que l’ancienne seigneurie de Carmeroc, fut racheté en 1448 par Jean Hingant, seigneur du Hac à Jean de Beaumanoir du Besso, dans le but d’étendre son domaine par l’achat de terres mitoyennes.C’est sans doute à une famille Vauclin ou Vauquelin habitant Saint-Thual, propriétaire de Carmeroc en 1833 qu’il faut attribuer la reconstruction de la ferme en 1818.Ce lieu ancien est appelé à héberger le futur centre d’interprétation du patrimoine de la « maison des Faluns ».

Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Tréfumel
Lieu-dit : Carmeroc

Le toponyme de Carmeroc proviendrait probablement du préfixe breton Ker, (lieu habité, village, maison) transposé en pays gallo sous la forme Car. Quant à Meroc, il peut s´agir d´un ancien prénom qui a pu se transformer dans le temps et dans les écritures. Entre le 5e siècle et le 12e siècle, Tréfumel appartient à la paroisse primitive de Plouasne dont les noms des premiers seigneurs fondateurs Quirmarhoc nous sont connus par des actes du 11e siècle retranscrits et commentés par Arthur de la Borderie. Le premier texte connu indique vers l´an 1050, un chevalier du nom de Quirmarhoc, et sa femme Rotrouce qui donnent à l'abbaye saint Nicolas d'Angers l'église de Saint-Pern (également trêve de Plouasne) avec un grand terrain à l'entour clos par des fossés. La donation de Quirmarhoc comprenait de plus une terre considérable, de la contenance de deux charruées et demie, ce qui représente environ quarante-trois à quarante-cinq hectares. Enfin, on peut également assigner a ce toponyme une origine bretonne Marhoc ou Marhec etant un mot breton dérivé de marc´h, cheval qui signifie cavalier ou chevalier. Un ancien site seigneurial La proximité de la Rance, du moulin à eau de Carmeroc ainsi que les grandes parcelles qui entourent le bâti témoignent d´un ancien site seigneurial ce que confirment les archives et le remploi d´un écu sculpté en pointe, posé obliquement, en haut à gauche de la porte d´entrée de l´habitation. Ce blason correspond aux armes de la famille Hingant, seigneur du Hac et de Carmeroc qui sont « de gueules à la fasce d´or accompagné de quatre billettes de même en chef, et trois en pointe, posée deux et un ». Les actes notariés anciens font état jusqu´au 18e siècle de la juridiction des seigneuries de Hac et de Carmeroc. En 1448, Jean Hingant du Hac rachète à Jean de Beaumanoir, seigneur du Besso, les manoirs et moulins de Carmeroc. L´un de ses moulins est encore représenté sur le cadastre de 1833, son emprise au sol est développée sur la commune de Saint-Juvat. Ce site de moulin était associé, comme souvent à des ponts permettant le franchissement de la Rance, d´autres exemples existaient en aval sur les sites de Maumusson et du Besso. La ferme de Carmeroc Le logis de la ferme de Carmeroc résulte de différentes phases de construction. Quelques éléments d´architecture permettent d´en faire remonter l´origine au 17e siècle : les jambages chanfreinés de la gerbière à l´est de l´alignement ainsi que les deux poutres transversales de la chambre basse. La date portée de 1818 correspond à une reconstruction quasi-totale de l´ensemble qui est prolongé en deux temps, à l´ouest, avant 1833 puis vers 1870. La lisibilité et la cohérence de cet alignement ont été fortement altérées dans les années 1960, en particulier pour la partie médiane, par des ouvertures en rectangle allongé à linteau béton. A l´intérieur, du côté ouest, deux murs de refends ont été supprimés à cette date pour créer une vaste stabulation. Cette suppression a fragilisé l´édifice. Sur les deux tiers de l´alignement, le toit plus haut à pente plus forte a conservé son ancienne charpente dont les fermes sont contreventées par de grandes écharpes croisées assemblées avec la sous faîtière. Ce modèle que l´on peut dater de la fin du 18e ou du début du 19e siècle, correspond très probablement à une importante reconstruction de l´ensemble en 1818.

Période(s) Principale : 19e siècle
Secondaire : 15e siècle
Secondaire : 17e siècle
Dates 1818, porte la date
Auteur(s) Personnalité : Vauquelin

L´ensemble de la ferme construit en calcaire coquillier se compose de logis et de parties agricoles sous un même toit. A l´est une première unité composée au rez-de-chaussée de trois pièces comprenant une salle avec cheminée et vaisselier mural, encadrée de deux pièces sans feu. Ces pièces sont surmontées de deux greniers avec probablement une chambre sans feu contre le pignon est. Au centre une partie d´exploitation incluant une grange dont le volume a été recoupé, par un plafond à poutrelles à peines équarries, actuellement en très mauvais état. Le linteau de bois de la porte d´origine de cette grange est encore bien visible, encastré dans la maçonnerie, au dessus de la porte actuelle. A l´ouest deux extensions successives : la première qui fait suite à l´ancienne grange n´est plus guère lisible en façade sud que par une trace de porte murée mais se repère aisément sur la façade nord par un collage de maçonnerie très net. La dernière extension, à l´ouest est une petite habitation surmontée d´un grenier en haut surcroît, logement secondaire qui pouvait être celui d´un journalier. A l´intérieur, le décalage de la porte d´entrée par rapport au mur de refends disparu ainsi qu´une trémie dans le plafond correspondent à un ancien escalier d´accès au grenier.

Murs falun
Techniques sculpture
Représentations armoiries
Précision représentations

Blason aux armes de jean Hingant, seigneur du Hac et de Carmeroc qui sont : de gueules à la fasce d'or accompagné de quatre billettes de même en chef, et trois en pointe, posée deux et un.

Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • 1833 section B1, Carmeroc, propriétaire M. Vauclun à Saint Thual

    n° 24 : la ruette de la Rue Cholet

    n° 26 : maison et sol de cour

    n° 27 : le jardin de derrière

    n° 28 : le courtil

    n° 29 : les douves

    n° 30 : le courtil de la Veillère

    n° 31 : pré commun

    n° 32 : le Chenotière,

    n° 33 à 38 : pâture de Carmeroc

    n° 39 : pré de Carmeroc

    n° 57 : le grand clos de Carmeroc

    n° 58- 61 : pâture de Carmeroc

    n° 62 : le grand Clos, terre

    n° 63 : les petites douves

    n° 64 : le pré des Isles

    n° 65 : le clos du moulin

    n° 66 : la pâture du Bardeau

    n° 67 : Launaie du Moulin

    n° 68 : le pré de la rue au compte

    n° 69 : le pré Rabin

    n° 70 : les douves de Carmeroc

    n° 71 : le clos de la Porte

    n° 72 : le Bois de Carmeroc

    n° 103 : la Garenne de Carmeroc.

  • 20102211548NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor

    20102211547NUC : Archives départementales des Côtes-d'Armor

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.Départementales des. Côtes d´Armor : série E 3465.

  • A.Départementales des Côtes d´Armor : 3 E54 145 à 1456 (Yves Nogues, notaire des juridictions de Beaumanoir, Chamsavoy, Hac et Carmeroc).

  • DE LA BORDERIE Arthur. Fondation du prieuré de Saint Pern. Chartres inédites des XIe et XIIe siècle. (mise en ligne : http://jodenoual.chez.com/prieure%20de%20saint%20pern/prieure%20saint%20pern.htm.).

  • FROTTIER DE LA MESSELIERE H. Les juvégneurs. Observations sur d'anciennes familles de la région de Dinan. (Mise en ligne par Joseph Denoual : http://jodenoual.chez.com/accueil/).

  • Http://www.vialibri.net/item_pg/6193599-1689-gabillart-gabillard-andr-eacute-tailor-feudal-tenant-the-seigneur-hac.htm.

Bibliographie
  • DECENNEUX Marc, LE ROUX Brice. Le château du Hac.Editions Bécherel Cité du Livre : Bécherel, 2004.

  • MEIRION-JONES G. I. JONES M. Hac au Quiou, l´une des grandes résidences seigneuriales bretonnes, Mémoires de la SHAB LXXVI (1998), p.546.

    p. 546