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Ferme 6 dite la sieurie, Hent Tiglas, Saint-Dégan (Brec'h)

Dossier IA56005901 inclus dans Écart dit village de Saint-Dégan (Brec'h) réalisé en 2008

Fiche

  • Vue générale
    Vue générale
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  • Parties constituantes

    • enclos
    • puits
    • remise
    • latrine
Parties constituantes non étudiéesenclos, puits, remise, latrine
Dénominationsferme
Aire d'étude et cantonPluvigner - Pluvigner
AdresseCommune : Brec'h
Lieu-dit : Saint-Dégan
Adresse : Hent Tiglas
Cadastre : 2000 ZL 181 ; 1839 E1 165, 166

La ferme nommée la sieurie est une ancienne métairie. Elle se compose d'une partie sans étage à usage de ferme probablement construite à la fin du 16e siècle ou au début du 17e siècle. A la fin du 17e siècle, un pavillon est ajouté en alignement à l'ouest. Il est décrit dans un acte de 1780 (voir étude de G. Danet). La partie basse est surélevée de deux rangs de parpaings lors du changement de toiture, du chaume au fibro-ciment, au milieu du 20e siècle. A la fin du 20e siècle, le bâtiment est restauré et remanié à deux reprises : suppression des rangs de parpaings et du fibrociment remplacé par de l'ardoise avec restitution du pignon découvert, transformation en salle de restaurant du rez-de-chaussée de la ferme (aujourd'hui retransformée), avec ajout de lucarnes et modification des baies de la façade (suppression des jours de l'étable au profit de fenêtres, suhaussement de la porte de l'étable, suppression d'un jour de comble), surélévation de la toiture au nord avec création d'un étage de comble, ouverture d'une grande baie à l'étage dans le mur ouest du pavillon. A l'entrée de la cour, la dépendance reconstruite dans la 2e moitié du 19e siècle remplace un autre bâtiment agricole figurant sur le plan cadastral de 1839. A l'entrée de la ferme au sud, le puits porte la date de 1839.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 20e siècle
Dates1839, porte la date

Aspecté au sud, le manoir est construit sur un terrain en forte pente nord sud, avec un jardin clos de murs au nord et une cour au sud avec remise à l'ouest de la cour. Le décalage de niveau fait que le mur nord de la partie basse est enterré tandis que le pavillon ne l'est que jusqu'en demi-étage. Le logis se compose de deux parties communiquant par une porte au rez-de-chaussée. Construite en moellon régulier de granite, la partie est relève du type logis étable à deux portes, dont la salle à l'ouest avec cheminée en granite au pignon ouest. Les modifications ont altéré la distribution de la partie étable. Le pavillon est également construit en moellon régulier. Doté d'une cave et d'un étage, il est desservi par un étroit escalier latéral en granite à retours sur mur-noyau, en partie saillant sur la façade postérieure. Située en demi-niveau dans l'escalier, une porte ouvrait au nord sur le jardin. Sur le demi-niveau, en hors-oeuvre sont également situées des latrines éclairées par un jour. Signalées dans l'inventaire de 1780, les cheminées placées au pignon ouest ont disparu. En l'état actuel, le pavillon est composé de deux pièces superposées sur sous-sol et il est difficile de savoir si la pièce du premier étage était la plus importante ou si les deux pièces avaient la même importance, salle et chambre. Le puits circulaire en moellon est surmonté de deux montants monolithes supportant une traverse triangulaire terminée par une boule.

Mursgranite
moellon
Toitardoise
Étagessous-sol, 1 étage carré, comble à surcroît
Élévations extérieuresélévation à travées
Couverturestoit à longs pans
pignon découvert
croupe
Escaliersescalier demi-hors-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
Typologieslogis-étable à deux portes, logis à deux pièces superposées, puits morbihannais

Malgré le fort remaniemments qui l'a affecté ces dernières années, ce bâtiment est sélectionné en raison de sa structure, unique dans le cas de cette étude, mais cette sélection demanderait à être revue dans un cadre élargi. Cette "sieurie" pose le problème de son utilisation : la partie à étage semble réservée au propriétaire, tandis que la partie basse fonctionne comme une ferme. Ce schéma associant un logis haut à un logis bas à fonctions multiples n'est pas rare en Morbihan ouest (il s'agit souvent de maisons de prêtre), même si ici, les deux parties ne sont pas contemporaines, ce qui est souvet le cas. La différence est ici la surélévation du rez-de-chaussée sur cave, très inhabituelle en milieu rural. La photo prise en 1986 permet de déceler la structure initiale de la partie basse : l'étable à l'est possède son propre accès et est éclairée d'un jour tandis que la salle à l'ouest est percée d'une fenêtre et d'une porte plus haute et plus moulurée que celle de l'étable.

Statut de la propriétépropriété privée

Annexes

  • Intégrée à l'étude de Gérard Danet, la description et déclaration fournie pour la tenue de Joseph Le Bourcer, du 25 avril 1780 (ADM 1E 2319), contient une description précise des deux bâtiments composant la ferme et nous éclaire précisemment sur la disposition des lieux à l'époque.

    Le pavillon nommé 'Thy Glase' (dénomination récurrente dans les textes anciens en référence à la couverture d'ardoise 'bleue') possède sur sa façade sud une porte, trois grandes fenêtres (sans doute y compris la lucarne récemment restituée) et quatre petites encadrées de pierre de taille, ces dernières disparues à l'exception du jour éclairant la cave. Les latrines (commodités) sont mentionnées avec porte et fenêtre : la porte aujourd'hui est intérieure dans la cage d'escalier : est-ce cette porte qui est mentionnée ? L'escalier a 44 marches en pierre sur trois étages ; la cuisine au rez-de-chaussée possédait une cheminée en pierre de taille de granite (linteau, consoles, piédroits). La cave est plafonnée de 'terrasses' reposant par quatre poutres. Au troisième étage, une chambre et un cabinet séparés par une cloison en terrasse (torchis), avec une cheminée à jambages aujourd'hui disparue.

    En prolongement à l'est est la maison nommée 'Thy Tanne' dont la cheminée de pierre (qui a été conservée) se trouve au mur ouest mitoyen de Thy Glas, à côté d'une porte de communication en pierre de taille (également conservée) avec Thy Glas. La façade sud montre ses deux portes et trois fenêtres, trois lucarnes à pignon, qui avaient disparu en 1985, sans doute remplacées après 1780 par une gerbière et deux jours : aujourd'hui, les deux lucarnes ajoutées (au lieu de trois) ont provoqué la disparition des ouvertures du comble à part un jour à l'est. Un escalier de bois de 16 marches desservait le comble. On trouve une seconde cheminée (avec sa quarré de bois, c'est-a-dire linteau et consoles) dans le grenier (nommé second étage).

    Enfin, le buron à charettes nommé cardy, occupe en partie la place de la remise actuelle, reconstruite perpendiculairement dans la 2e moitié du 19e siècle : le pignon du cardy était alors, de même que sur le cadastre ancien, ouvert à l'est sur la cour.

    Il est enfin fait mention d'une maison nommée Thy Cohe (ou ty coz, soit la vieille maison), sensiblement de même dimensions que Thy Tanne : sans étage et avec une cheminée à linteau de bois, il est douteux d'y voir l'ancien logis de la sieurie, qui reste aujourd'hui mystérieux..

  • 20085605040NUCA : Collection privée

    20085605025NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P 63.

Références documentaires

Documents d'archives
  • DANET, Gérard. Saint-Degan. Histoire et architecture. Dossier dactylographié, 1986.

    p.
Bibliographie
  • Le patrimoine des communes. Morbihan. Flohic éditions, 2e édition, 2000.

    p. 816