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Ex-voto des lieux de culte de Binic (Binic fusionnée en Binic-Etables-sur-Mer en 2016)

Dossier IM22005564 réalisé en 2007
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Etables-sur-Mer
Localisation Commune : Binic-Etables-sur-Mer
Précisions commune fusionnée après inventaire Commune inventoriée sous le nom de Binic

La commune maritime de Binic eut à déplorer la perte de nombreux navires pendant l'épopée à Terre-Neuve puis à Islande depuis le 16ème siècle, comme le naufrage du 16 janvier 1866, qui coûta la vie à 1- marins de la paroisse. Le patronage de "Notre-Dame-de-Bon-Voyage" associé à la première chapelle datée du début du 18ème siècle en la paroisse d'Etables, dont dépendait le havre de Binic, était destiné à se prévenir lors de ces dangereux périples : les voeux étaient fréquents, comme celui de trois marins binicais à Sainte-Anne-d'Auray en 1629. Un autel de marbre, fabriqué à Marseille à signaler), acheté avec de l'argent provenant de la pêche extraordinaire de la morue, faite le dimanche par les marins du pays, et apporté par le navire l'"Argus" de Portrieux, fut consacré le 25 août 1764 en la nouvelle chapelle de Binic, reconstruite en 1760, qui devint église paroissiale en 1820, avant d'être remplacée par l'actuel hôtel de ville, et qu'une nouvelle église soit construite à proximité en 1823 et agrandie plus tard (avec le même patronage). La chapelle des "Péris en mer" fut érigée dans l'église paroissiale de Binic peu après la perte "corps et biens" en avril 1901 du navire "Maria" de l'armement Maria Verry-Carfantan. Ce naufrage avait coûté la vie au capitaine Pierre Pomiès de la Ville-Jacob (surnommé "le Coq d'Islande") et à ses 27 hommes d'équipage. Le mémorial fut aménagé grâce à des dons, parmi lesquels la participation de la Scola Cantorum de Paris. Les ex-voto suivant ont été repérés dans la chapelle des "Péris en mer", à l'intérieur de l'église paroissiale de Binic "Notre-Dame-de-Bon-Voyage" : - une maquette du "Stella Maris", datée du 1er quart du 20ème siècle (entrée nord de l'église) - une série de plaques commémoratives en marbres, insérées dans un plaquage en bois sur les deux côtés du transept nord, soit 54 plaques à droite et 58 plaques à gauches, plus 8 plaques au fond. Les noms des marins disparus en mer sont gravés en lettres dorés sur ces plaques, avec leurs dates (entre le début du 19ème siècle et la 1ère moitié du 20ème siècle). Ces ex-voto invoquent Notre-Dame-de-la-Pitié. - Un ex-voto en forme de bouée en marbre, gravé avec le texte suivant : "A notre regretté capitaine Pomiès et aux 27 hommes de la "Maria", Islande 1901". Les vitraux de l'église paroissiale situés dans le transept nord et ouest, réalisés par F. Haussaire et Léon Payan de Paris en 1903, représentent différentes scènes maritimes religieuses ou profanes, comme "le départ des navires islandais", la bénédiction des marins", "le port de Binic en 1850", avec le grand pont, "la tempête apaisée", "la pêche miraculeuse". Les noms des donateurs sont inscrits en bas des vitraux, comme la famille de l'armateur Le Pomelec. Autre illustration de la vocation maritime de l'église paroissiale : les volets en bois de l'orgue du transept est (orgue construit par Koenig en 1966 et transformé en 1985) ont été peints par des élèves de 4ème de l'école St-Charles de St-Brieuc (date inconnue), sur le thème du "départ pour Islande". Une huile sur bois, représentant le sauvetage du brick "La Perle", le 27 mai 1836 est conservée dans l'église "Notre-Dame-de-la-Cour", en Lantic, (inscrit MH). Cette huile remarquable et les nombreux vitraux de cette chapelle, consacrés aux processions reconnaissantes et au pardon des Islandais, traduisent symboliquement les lourds tributs payés par les marins binicais en particulier (mais aussi ceux d'Etables, de Pordic, de Plourhan et de St-quay) à ces voyages de la morue. Les marins venaient en pèlerinage, pieds nus, vêtus de blanc, dès leur débarquement, avant même d'avoir parlé à leur famille ou à ceux qui les attendent au port, jusqu'à ces chapelles, parfois distantes de plusieurs lieues, en récitant le chapelet, en chantant les louanges de Marie, pour accomplir leurs voeux, et parfois suspendre un ex-voto (d'après le manuscrit rédigé par Le Voyer Jean-Marie, prêtre le 20 janvier 1900, conservé dans la chapelle de Lantic). Les vitraux du transept est de cette chapelle, réalisés par Champigneulles en 1902, représentent des scènes de pêche à Terre-Neuve et une procession au port avec un bateau trois-mâts. Les dates suivantes sont inscrites sur ces vitraux : 1464, 1792 et 1902.

Annexes

  • Texte associé au tableau ex-voto la "Perle", conservé dans la chapelle "Notre-Dame-de-la-Cour" en Lantic

    En allant à Terre-Neuve, ce bâtiment battu par la tempête, reçut à 8 h du matin un coup de mer si violent qu'il fut chaviré au point que la carlingue fut éventrée, les vergues enfoncées plus de cinq pieds dans l'eau et tout ce qui se trouva sur le pont, emporté avec 8 hommes d'équipage ; dans cet état de détresse, où tout secours humain était impuissant, on eut recours au ciel, in invoqua Marie, et tout l'équipage fit un voeu à la mère de Dieu qui exauça sur le champ leur prière. La Sainte Vierge toute brillante de lumière redressa tout à coup le navire et daigna apparaître visiblement à un jeune enfant de l'équipage, qui en la voyant, s'écria qu'il voyait une belle dame redresser le bâtiment avec son bras. Un marin faisant partie de l'équipage a fait peindre et placé cet ex-voto pour l'accomplissement de son voeu.

    En 1857, raconte C. Querré, un nouveau sauvetage miraculeux fut réalisé pour l'équipage du navire "Harmonie" de Binic, en route pour Terre-Neuve, avec un chargement de bois. A peine, ces marins avaient-ils fait le voeu d'aller pieds nus à Notre-Dame-de-la-Cour, que survint un autre navire, la "Confiance" de Binic, qui les recueille à bout de forces.

  • La chapelle Notre-Dame-de-la-Cour

    La chapelle Notre-Dame-de-la-Cour, située à 5 km de Binic, dans la direction de Lantic, datée du 12ème siècle (?), classée MH, accueillait les marins-pêcheurs, qui allaient à pied, accomplir leurs voeux et dévotions. Les vitraux de la chapelle retracent les pêches et les pardons.

    Le naufrage du brik "La Perle", le 27 mai 1836, en allant à Terre-Neuve, oeuvre du peintre contemporain Vasserot est exposée dans cette chapelle des Terre-Neuvas de Lantic.

    Ce bâtiment battu par la tempête reçut à 2 h du matin un coup de mer si violent qu'il fut chaviré au point que la carlingue fut éventrée, les vergues enfoncées plus de 5 pieds dans l'eau et tout ce qui se trouvait sur le pont fut emporté, avec 8 hommes d'équipage ; dans cet état de détresse, où tout secours humain était impuissant, les marins invoquèrent la Vierge Marie, qui exauça leurs prières.

    La sainte Vierge leur apparut dans son habit de lumière, redressant le navire avec son bras : telle fut la vision apparue à un jeune mousse de l'équipage, qui répandit par la suite les conditions du miracle. Un marin faisant partie de l'équipage fit peindre et placer cet ex-voto pour l'accomplissement de son voeu.

  • 20072206637NUCB : Musée de Binic

    20072206633NUCB : Musée de Binic

    20072206636NUCB : Collection particulière

    20072206635NUCB : Collection particulière