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Ensemble fortifié de l'île aux Moines dit fort de "l'île aux Moines" (Perros-Guirec)

Dossier IA22002922 inclus dans Capitainerie de Morlaix : ensemble fortifié réalisé en 2002

Fiche

Œuvres contenues

LE FORT DE L'ILE AUX MOINES.

ARCHIPEL DES SEPT-ILES

in La route des fortifications en Bretagne et Normandie de Guillaume Lécuillier, coll. les étoiles de Vauban, Paris, éditions du Huitième jour, oct. 2006, 196 p.

"Les îles ne sont pas habitées excepté celle dite Les Moines qui est de longueur égale à 240 toises de long, 25 cent de large, qui tire son nom d´un couvent de Cordeliers qui l´abandonnèrent il y a plus d´un siècle, et il n´y reste aucun vestige de bâtiment.

C´est aussi la seule qui puisse l´être par les avantages qu´elle a sur les autres qui sont.

Premièrement : deux sources d´eau douce dont l´une ne tarie jamais.

Deuxièmement : parce qu´elle est accessible par deux endroits aux bâtiments qui peuvent mouiller sur un bon fond et s´y mettre à l´abri de tous vents. Ce sont ces deux petits mouillages qui ont rendu les Sept-îles aussi fameuses que redoutables, pendant la dernière guerre [celle de La ligue d´Augsbourg], à cause de l´établissement que les corsaires de Jersey et de Guernesey y avaient fait, lesquels y trouvant un asile assuré, en bon parage pour des captures, y étaient quelquefois de huit à dix ensemble d´où découvrant tous les bâtiments qui approchaient de la côte couraient sur eux et enlevaient presque toujours ceux sans convoi, en sorte qu´ils désolèrent le commerce et détruisirent le cabotage par la quantité de prises qu´ils firent lesquelles coûtèrent 13 ou 14 cent mille livres à la Province". Garangeau, Description des Sept-Iles, mars 1739.

Plusieurs projets de batterie et fort dans l'archipel des Sept-îles en face de Perros-Guirec, sont établis en avril 1694 ; 1718 ; 1739 ; 1740-1746.

Au cours de ses tournées d´exploration et d´inspection sur les côtes de Saint-Malo, Vauban fut poursuivi par des chaloupes anglaises en revenant du fort La Latte en 1694. Cet épisode malheureux fit dire au Roi la nécessité de "mettre du canon" dans l´archipel des Sept-îles en face de Perros-Guirec qui servait de refuge aux corsaires... La batterie évoquée par le Roi lui- même en avril 1694, projetée sur papier en 1718 et 1739 ne trouva un début de réalisation qu´en février 1740 avec la construction d´un fort sur l'île aux Moines disposant de batteries couvrant toutes les approches, redoute, caserne et même potager (pour occuper les soldats...). Garangeau, architecte et ingénieur du Roi, directeur des fortification de Saint-Malo (couvrant le territoire allant du Couësnon au château du Taureau en baie de Morlaix) a alors 89 ans. Il concevra là son dernier fort qui sera achevé en 1746 par l´ingénieur Parrocel, de la famille des peintres de bataille (auteur notamment des peintures murales de l´Hôtel Royal des Invalides à Paris).

Propriété du Conservatoire du Littoral, le fort de l´île aux Moines inscrit au titre des Monuments Historiques se visite au départ de Perros-Guirec. En empruntant vers l´ouest le chemin de ronde défilé par un parapet, on découvre la caserne et le fort perché sur son rocher. La redoute pentagonale servait de corps de garde et de réduit défensif. Sortant du fort par la grande porte, on chemine vers le phare reconstruit après la seconde Guerre Mondiale. On peut attendre la navette sur la plate-forme de la grande batterie à canon de Cosmoguer en admirant l´île Bono toute proche.

Sur la côte de Granite Rose, l´archipel des Sept-Iles est surtout connu pour son exceptionnelle réserve naturelle qui compte une colonie de fous de Bassan (près de 15 000 couples !) sur l'île Rouzic.

AppellationsFort de l'île aux Moines
Dénominationsensemble fortifié, fort, caserne, batterie
Aire d'étude et cantonBretagne Nord
AdresseCommune : Perros-Guirec
Lieu-dit : les Sept-Iles
Adresse : Ile aux Moines
Période(s)Principale : 2e quart 18e siècle
Principale : 19e siècle
Secondaire : 2e quart 20e siècle
Dates1718, daté par source
1739, daté par source
1740, daté par source
Auteur(s)Auteur : Siméon Garengeau
Garengeau Siméon , né(e) Simon Garengeau (1647 - 1741
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ingénieur militaire attribution par travaux historiques
Auteur : Jean-Baptiste-Joseph Parrocel ingénieur militaire attribution par travaux historiques
Personnalité : Vauban personnage célèbre attribution par travaux historiques
Personnalité : Louis XIV personnage célèbre attribution par travaux historiques
Personnalité : Louis XV personnage célèbre attribution par travaux historiques
Planssystème bastionné
Typologiesile-fort
États conservationsdésaffecté, restauré
Mesuresl : 470.0 cm
la : 230.0 cm
h : 45.0 cm

Site naturel protégé depuis 1912, réserve naturelle depuis 1976.

Propriété du conservatoire du Littoral.

Statut de la propriétépropriété d'un établissement public
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, à signaler
Protectionsinscrit MH, 1975/09/30
Précisions sur la protection

Fort de l'île aux Moines, y compris le mur d'enceinte (cad. D 2282) : inscription par arrêté du 30 septembre 1975.

Annexes

  • Description des Sept-Iles d'après Christophe-Paul de Robien, Description historique topographique et naturelle de l´ancienne Armorique

    "Les Sept-Iles sont plus éloignées et à une grande lieue au nord, de l'île de Thomé, six lieues à l'ouest-quart-de-nord-ouest de Bréhat et quatre lieues est-ouest des Piquels.

    Il n'est pas sûr de naviguer trop près de ces îles, s'étendant de là plus à l'Est un banc de roches sous l'eau du côté du sud : il est terminé par un rocher sur l'eau, qui est une bonne marque pour éviter le banc. Du côté de l'ouest des mêmes îles s'étend encore une chaîne de rochers dessus et dessous l'eau qui n'empêche cependant pas qu'on mouille un peu au large.

    Quoiqu'on ne puisse passer entre les Sept-Iles, on peut le faire au sud entre ces îles et l'île Verte, qui n'en n'est éloignée que d'une lieue, et où il y a un large canal. Au nord-ouest du bout occidental des Sept-Iles, on rencontre un écueil sous l'eau ; il paraît de basse mer".

  • Garangeau (alias Garengeau) d'après BLANCHARD (A.), Dictionnaire des ingénieurs militaires 1691-1791, Montpellier, 1981, 2 tomes.

    "Famille de bourgeoisie parisienne.

    1678, Siméon Garangeau

    Né à Paris vers 1647.

    Père : Sieur François Garangeau, bourgeois de Paris, maître menuisier.

    Mère : Demoiselle Marie Dubois.

    Soeurs :

    - Françoise, aînée, épouse de Jacques gousse.

    - Marie, épouse de Jean Rémy et belle-mère d´un apothicaire.

    - Françoise, cadette, épouse de Charles Courtois, maréchal des logis de la dauphine (toutes trois habitant Paris ; mortes avant leur frère).

    Célibataire.

    Mort à Saint-Malo le 25 août 1741, âgé de 94 ans.

    Ingénieur ordinaire, département de la Marine, à 31 ans en 1678 ; affecté à Brest.

    Ingénieur en chef à Saint-Malo en 1691 ; ayant le soin de Saint-Malo, du fort en dépendant et du château du Taureau.

    Directeur des fortifications de Haute-Bretagne au début du 18e siècle.

    Capitaine réformé au régiment de Champagne à une date inconnue, chevalier de Saint-Louis en 1712. Mort en activité.

    Services de guerre inconnus.

    Très remarquable architecte auquel on doit de très nombreux travaux, en particulier les suivants :

    - Les forts de l'île d'Harbour, de la Latte en Plévenon, du Petit Bé, de la Conchée, de l'Ile aux Moines.

    - Les travaux au château du Taureau et à la tour de Solidor,

    - La canalisation du Couësnon, celle des marais de Dol,

    - Plusieurs batteries et tours à feux,

    - Les hôpitaux de Morlaix et de Cézembre,

    - Les églises de Saint-Louis de Brest, de Saint-Servan, de Cancale, la chapelle Saint-Sauveur de Saint-Malo,

    - Les répartitions des remparts de Brest et de Dinan,

    - Les accroissements de Saint-Malo,

    - Les projets de Saint-Servan,

    - Plusieurs malouinières (maisons de campagne de Saint-Malo)".

  • Historiographie : la garnison du fort de l'île aux Moines

    Turquet de Beauregard en 1977 écrit deux articles dans le journal Le Trégor consacré à l´organisation de la défense des Sept-îles au 18e siècle. Son étude sur le fort de l´île aux Moines sera complétée moins de dix ans après par Jean-Pierre Bois dans un article intitulé : "Les invalides de l´Ile aux Moines (1739-1789), chronique d´une garnison côtière au 18e siècle". Très proches dans leur contenu du fait de sources communes : les liasses C 1071-1078 de la Série C des Archives départementales d´Ille-et-Vilaine, les deux auteurs soulignent particulièrement les difficultés de la garnison à vivre son insularité. Il ne faut pas s´étonner qu´on insiste sur les tracas et problèmes de la garnison : quand tout va bien au fort, il n´y a pas d´archives.

  • Service Historique de la Marine. Brest. Rapport Pinczon du Sel. Livre IV. Le Mur de l´atlantique la côte de la Manche et de l´Atlantique du Mont Saint-Michel à Laïta. 1947-1948.

    "Le fort de l'île aux Moines : s'avançant à 3 milles au nord de la côte de la pointe de Lannion, les Sept-Îles occupent une position intéressante pour surveiller les approches des baies de Saint-Brieuc et de Morlaix.

    L'île aux Moines fût occupée mais ce ne fut d'abord que des visites quotidiennes. Un détachement de quatre marins renforcés ensuite de dix soldats de l'armée de l'Air ne s'installa à demeure qu'en février 1941. A vrai dire, ce ne fut que pour surveiller le gardien de phare et servir de poste de guet aérien, un câble téléphonique sous-marin reliant le phare à Ploumanac'h. Le phare fonctionnait par intermittence de 10 minutes au passage de convois allemands.

    Les travaux de défense furent très limités. Outre l'aménagement des anciens ouvrages "Vauban" pour servir de positions d'infanterie, le phare fut entouré d'un triple réseau de barbelés et la partie nord du deuxième réseau reçut une rangée de mines contre personnel. De nombreux combats entre ces unités légères de marins et les aéronefs alliés se déroulèrent dans les parages des îles.

    Au début d'août 1944, quelques jours avant la libération de la côte le détachement occupant l'île fit sauter complètement le phare à la dynamite et partit".

  • Sources iconographiques

    20042209087NUCA : Archives Départementales, Côtes-d'Armor, Série 3P.

    20022202250NUCA : Archives Départementales, Côtes-d'Armor, Série 3P.

    20022200915NUCA : Archives Départementales, Ille-et-Vilaine

    20022200914NUCA : Archives Départementales, Ille-et-Vilaine

    20022200916NUCA : Archives Départementales, Ille-et-Vilaine

    19832200325PE : Archives Départementales, Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service Historique de l´Armée de Terre, Château de Vincennes Archives du Génie Article 4 : Frontières de France, Section 2 : Frontières maritimes. Paragraphe 3 : Côtes de Bretagne depuis la rivière de Couësnon jusqu´à la baie de Bourgneuf (4 cartons, 1683-1831). Carton 3 : Fortifications de Bretagne, 1798-1811. Pièce n° 10 : 1802. Mémoire sur la défense des Sept-Iles par Buhot. 1818. Mémoire sur la défense des Sept-îles par Buhot. Places Abandonnées (classées par ordre alphabétique) Sept-îles : 1738-1830. Description de Garangeau avec une carte et plusieurs profils. Lettres sur les travaux de l´île aux Moines accompagnées de plans. Projet de fort dans l´île Tomé. 1811 : rapport de la commission des côtes.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes
  • Archives départementales d´Ille-et-Vilaine Série C. Administrations provinciales. Intendance de Bretagne et subdélégations ; Etats de Bretagne, commission intermédiaire et commissions spéciales des Etats. C 1071 : Fort des Sept-Iles, 1739-1742. C 1072 : Fort des Sept-Iles, 1742-1747. C 1073 : Fort des Sept-Iles, 1748-1753. C 1074 : Fort des Sept-Iles, 1753-1756. C 1075 : Fort des Sept-Iles, 1756-1758. C 1076 : Fort des Sept-Iles, 1758-1762. C 1077 : Fort des Sept-Iles, 1762-1769. C 1078 : Fort des Sept-Iles, 1768-1789. C 1094 : Invalides, ordonnances du Roi, 1747-1790. C 1095 : Invalides, 1769-1764. C 1096 : Invalides, 1765-1786. C 2552 : Ordonnances imprimées du Roi concernant les Invalides, 1744-1769.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine
  • Archives départementales des Côtes d'Armor Série A. Législation. Textes officiels : lois, ordonnances, décrets, arrêtés, règlements, traités, droit de la mer, droit maritime, droit de la pêche... A 78 : Domaine de Lannion. Acte concernant les Sept-Iles et l´île Tomé. Série H. H 190 : Iles de Sieck et Sept-Iles. Arrêt du Conseil d´Etat, supplique des religieux et autres pièces concernant la possession et la jouissance des îles ; ferme des Sept-Iles à la Marine royale. Installation de forts. 1515-1765. Série L, Révolution (1790-1800) 6 L 101 : Surveillance des côtes : batterie et signaux, casernes de Saint-Efflam et de Sainte-Barbe (Plestin), fort de l´île aux Moines (Perros-Guirec), 1791-An III. 55 L 12 : Prestation de serment de la garnison du fort des Sept-Îles.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor
Documents figurés
  • Archives départementales d´Ille-et-Vilaine Série C. Administrations provinciales. Intendance de Bretagne et subdélégations ; Etats de Bretagne, commission intermédiaire et commissions spéciales des Etats. Série Fi. Documents figurés autres que ceux contenus dans les autres séries et entrés à titre de dons ou achats. Cette série regroupe : cartes et plans, affiches, cartes postales, photographies, croquis, dessins. C Fi 1071 - 01 : Plan de la redoute de l´île aux Moines, l´une des Sept-Iles, 1740. C Fi 1071 - 02 : Elévation du bâtiment proposé sur l´île aux Moines, l´une des Sept-Iles, 1740. C Fi 1071 - 03 : Plan de l´île aux Moines et de sa fortification, 1740. C Fi 1071 - 04 : Carte particulière des Sept-Iles, 1739.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine
Bibliographie
  • CRESSARD (P.), Le paradis tranquille des petites îles, 1951, p. 121-127 : notice descriptive et historique concernant l´archipel des Sept-îles.

  • DELESTRE (P.), Perros. D´un monde à l´autre, 1975, p. 19 et suivantes : le départ des cordeliers de l´île aux Moines, p. 23 et suivantes : l´établissement du fort des Sept-îles, p. 30 et suivantes : la piraterie anglaise dans les eaux perrosiennes, p. 32 : la circulaire du Ponant sur la défense des côtes.

  • JOLLIVET (B.), Les Côtes du Nord, histoire et géographie de toutes les villes et communes du département, 1854-1859, tome IV, p. 88-90 : Perros-Guirec et les Sept-îles.

  • KUWABARA (T.), Carnet du littoral : Les Sept-Îles, Gallimard, Conservatoire du littoral, 1999, n. p.

  • NIERES (C.), "Insécurité littoral et défense des côtes", in La Mer et les jours XVème 194, 5 siècles d´Arts et Cultures Maritimes en Côtes-d´Armor : catalogue de l´exposition, château de la Roche-Jagu, 20 juin-1er novembre 1992, p. 20-27.

  • LÉCUILLIER, Guillaume. Le Taureau, forteresse Vauban, baie de Morlaix. Morlaix, éd. Skol Vreizh, octobre 2005, 144 p.

  • LÉCUILLIER, Guillaume. La route des fortifications en Bretagne et Normandie. Paris, éd. du Huitième Jour, coll. Les étoiles de Vauban (dir. N. Faucherre), 2006, 168 p.

Périodiques
  • BOIS (J.-P.), "Les invalides de l´Ile aux Moines (1739-1789), chronique d´une garnison côtière au XVIIIème siècle", Annales de Bretagne et des pays de l´Ouest, 1984, p. 39-57.

  • BRIGAND (L.), "D´Île en île. L´archipel du Conservatoire du littoral", Les Cahiers du Conservatoire du littoral, n° 3, p. 108-113.

  • DONZET (B.), "L´île aux Moines, un site phare", Monuments historiques, mai juin 1991, n° 174. Eléments d´histoire et d´archéologie des Côtes du Nord pour l´arrondissement de Lannion dans le bulletin des maires, Préfecture des Côtes du Nord, p. 59-64 : notice sur Perros-Guirec.

  • LE GOFFIC (C.), "Les Sept-Îles", L´illustration, n° 3018, 20 décembre 1900.

  • TURQUET DE BEAUREGARD (J.), "L´organisation de la défense des Sept-Îles au XVIIIème siècle", Le Trégor, n° 38, octobre 1977.

  • TURQUET DE BEAUREGARD (J.), "L´organisation de la défense des Sept-Îles au 18e siècle", Le Trégor, n° 39, octobre 1977.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume