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Ensemble fortifié (Mo 100a, 100b-107) (Île-de-Batz)

Dossier IA29000696 inclus dans Capitainerie de Saint-Pol-de-Léon : ensemble fortifié réalisé en 2002

LES TOURS DU CAP FREHEL ET D'OUESSANT.

in La route des fortifications en Bretagne et Normandie de Guillaume Lécuillier, coll. les étoiles de Vauban, Paris, éditions du Huitième jour, nov. 2006, 168 p.

"Le deuxième étage servira de corps de garde, lequel percé de deux créneaux, défendra la batterie qui protège le mouillage vers l'Ouest". Garangeau, Projet de tour pour l'île de Batz, 1705.

Les tours fanaux du Cap Fréhel et du Stiff à Ouessant appartiennent à la famille des tours côtières de Tatihou, La Hougue et les Hébihens. En fonction des besoins, la tour d'observation à plate-forme d'artillerie s'adapte pour devenir fanal. Avec moins de 6 mètres soit 4 toises de diamètre extérieur à la base et 15 mètres de hauteur, la tour fanal du Cap Fréhel est la plus petite de la série et la tour du Stiff : 23 mètres (12 toises), la plus haute !

Située à cinq lieues de Saint-Malo, la tour du Cap Fréhel se trouve dans l'alignement exact du donjon du Fort La Latte et de la tour des Hébihens. Si l'on s'en tient au plan de Garangeau, la tour n'était pas encore réalisée en octobre 1700. On y trouve outre un magasin en rez-de-chaussée et un corps de garde au premier étage, "le logement de celui qui aura le soin du fanal" au second étage, et la torchère en terrasse. Situé à 15 mètres de hauteur, l'éclairage à l'air libre sur réchaud puis sous lanterne était obtenu avec du bois ou du "charbon de terre".

A Ouessant, le fanal de la tour du Stiff allumé dès 1700 s´élève à 89 mètres au dessus du niveau de la mer. L'édifice servait aussi à la surveillance des deux grands mouillages : Lampaul et le Stiff, situés de part et d'autre de l'île. Vauban prévoyait la construction d'une autre tour d'observation et de signalisation, un port (août 1685) ainsi qu´un fort sur le rocher du Corce à l'entrée de la baie de Lampaul (Projet de Denis de Lavoye fait à Brest le 14 décembre 1685). Enfin, une autre tour fanal était programmée par Garangeau à l'île de Batz en baie de Morlaix. En 1712, l´intendant de la Marine écrivait à son ministre : "Nous n´avons sur la côte que la tour d´Ouessant et le fanal de Saint-Mathieu où il est observé de faire du feu de temps en temps, mais il y a déjà très longtemps qu´on n´y en fait que très rarement, faute de matière pour entretenir le feu".

Parties constituantes non étudiéescorps de garde, caserne, ensemble fortifié
Dénominationsensemble fortifié
Aire d'étude et cantonBretagne Nord
AdresseCommune : Île-de-Batz

Ensembles fortifiés allemands codés "Wn Mo 100a, 100b à 107" et rattachés à la Marine d'après l'état du 15 janvier 1944.

Période(s)Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
États conservationsdésaffecté, inégal suivant les parties, envahi par la végétation
Statut de la propriétépropriété publique
propriété privée
Intérêt de l'œuvrevestiges de guerre, site archéologique, à signaler

Annexes

  • Description de l'île de Batz par Christophe-Paul de Robien parue dans le " Petit Flambeau de la Mer " imprimé au havre en 1731 : "L'île de Batz est par le travers des Sept-îles. Elle montre de loin deux pieux ou poteaux qui ressemblent à deux moulins ; au bout de l'Est, il y a un haut rocher dentelé ; lorsqu'on est à l'Est de ce rocher, on voit deux clochers pointus, assez loin l'un de l'autre ; ce sont les clochers de Pempoul. On découvre aussi de là le château de Morlaix (château du Taureau) au Sud-est et le grand rocher dentelé de l'entrée de cette rivière éloigné de trois lieues de la pointe de l'île de Batz à l'Est et Est quart Sud-est.

    Quoique cette côte soit remplie d'écueils, on peut cependant naviguer parmi les rochers, le long de la terre, depuis les Sept-îles, jusqu'à celle de Batz ; on a bon fond partout et plusieurs grandes baies.

    Au Nord nord quart de Nord-est de l'île de Batz, à cinq lieues est une roche sous l'eau, on la nomme Roche Blanche.

    Les livres hollandais disent que de basse mer le sommet paraît à fleur d'eau, mais les pêcheurs de l'île de Batz assurent qu'il y a toujours assez d'eau pour passer toutes sortes de vaisseaux, quoique dans les tempêtes la mer y brise très fort ; elle est distante des Sept-îles de neuf lieues à l'Est.

    Dans l'île de Batz, il y a de l'eau douce, et elle produit quelques grains ; elle est à une demi-lieue de terre, et en contient une et demie de long Est et Ouest. La descente de son port est bonne, elle est peu éloignée de Roscoff, où l'on peut entrer par les deux bouts de l'île, quoiqu'à terre de cette île il y ait quantité de rochers qui couvrent et découvrent toutes les marées, on peut cependant mouiller tout autour par les sept brasses d'eau de basse mer, mais pour entrer par le côté de l'Est, il faut, lorsqu'on a passé le "haut rocher à deux cornes" ou "la selle", autrement "le Taureau", faire route vers la terre ferme par le milieu du chenal, où il y a de fond sept à huit brasses d'eau de pleine mer ; mais de basse mer la grande quantité de rochers rendent ce passage trop dangereux, et presque impraticable ; c'est pourquoi il est bon de prendre un pilote du lieu ; les Hollandais font ce passage facile, mais l'expérience montre le contraire".

  • L'île de Batz durant la Seconde Guerre Mondiale : "Prolongeant la pointe de Roscoff, l'île de Batz avec ses hauteurs relatives et son petit port accessible à marée haute, offre une position stratégique importante. Les Allemands l'occupent dès leur arrivée en juillet 1940 et rapidement se renforcent pour tenir l'île sérieusement. La garnison s'élève jusqu'à 350 hommes environ en juillet 1943.

    D'assez nombreux ouvrages sont construits pour défendre les approches de la côte.

    Le port est fermé par deux ouvrages, l'un à Roc'higou comprenant une casemate de 47 mm et un Tobrouk de mitrailleuse, l'autre une casemate pouvant abriter un 88 mm dominant le débarcadère au Roch (Ar Ru), avec une niche de mitrailleuses.

    A la pointe Chleguer, une casemate de 47 mm tire sur la passe et prend à revers le port de Roscoff.

    Bilvidic reçoit également une casemate pour canon de 88 mm et plusieurs postes de mitrailleuses.

    Au Moulin Nord-ouest, une cuve en béton est armée d'un canon de 20 mm conttre avion. (20 mm Oerlikton FLAK 28) et ... fort ? voisin du phare est renforcé par des ouvrages de campagne.

    Les quelques plages propices à des débarquements de commandos sont obstruées par des pieux et des barbelés agrémenté pour ceux de la Grève Blanche par des tellermines.

    Le phare (au point le plus élevé 23 mètres, se dresse à 41 mètres de hauteur) garda ses gardiens pendant l'occupation, mais il était allumé que sur ordre. Ceux-ci purent assister en mai 1944 à un violent combat naval qui se déroula à 4 heures du matin et au cours duquel un contre-torpilleur allemand gravement avarié est venu s'échouer sur le Raoumem".

  • YSNEL, Franck. La défense de la Baie de Morlaix aux XVIIème et XVIIIème siècles. Mémoire de D.E.A., sous la dir. de Claude Nières, Rennes, 1991.

    "Enfin, à l'île de Batz vers 1694, un corps de garde est élevée au centre du bourg (sans doute à l'emplacement de l'actuel sémaphore). En 1711, un état des batteries, envoyé au gouverneur de la Bretagne, mentionne 2 batteries (A. M. Roscoff, Annales roscovites, Tome 1, p. 178. Cf. Plan sans date (1er moitié du XVIIIème siècle) au graphisme incertain, mais positionnant les différentes batteries et corps de garde, Planche XVI), l'une à la pointe extrême du Sud-ouest et l'autre de un canon, au Sud près du bourg.

    En 1734, la batterie du Sud disparaît au profit d'une autre aménagée au Sud-est à Penn-ar-C'hléguer (A. N. Mar., C/4/169, en 1739, la batterie près du bourg est toujours mentionnée. A. D. 29, 1 E 613/3). Elle est en demi cercle de 8 toises de diamètre à barbette et 4 plate-formes sont construites en pierre pour recevoir les pièces ; un magasin à poudre se trouve à 37 mètres au Nord-est.

    La batterie de l'Ouest ne possède pas de plate-forme pour tous les canons. Des travaux sont effectués à partir de 1756 pour rehausser l'arrière de la batterie car lors de la guerre de Succession d'Autriche les canonniers, tirant sur un corsaire ennemi, ont vu un des canons, par l'effet du recul, sortir de sa plate-forme et dévaler la pente située derrière (A. N. Mar., G 158, état des batteries de la capitainnerie de Saint-Pol-de-Léon le 27 février 1756). Un corps de garde de 24 pieds sur 14 est construit un peu plus au Nord en 1744 pour 1333 livres (A. D. 35, C 1146, cf. Plan du corps de garde et du magasin à poudre dessiné par l'ingénieur Dumains le 8 juin 1744, planche XXVI).

    En 1780, deux batteries sont élevées : celle de la pointe de Beg Séach à l'Ouest, divisée en deux et revêtue de maçonnerie, possède une petite poudrière et une guérite (A. G., Art 4, Section 2, Paragraphe 3, carton 2).

    Entre la pointe Beg Séac'h et la batterie à l'extrême Sud-est un nouveau corps de garde voûté est construit, l'ancien est reconverti en une grande poudrière pour servir de magasin général à toute l'île.

    Celle du Bilvidic au Nord-ouest et le corps de garde sont établi sur le terrain du séminaire de Saint-Pol-de-Léon (A. D. 35, C 1053, Etat militaire, île de Batz : 1705-1783). Les deux batteries de l'Ouest sont dépourvues de poudrières et le nouveau corps de garde est situé à mi-distance des deux, à la Grande Roche".

  • 20042903409NUCA : Archives Départementales, Ille-et-Vilaine, C Fi 1146-02. Corps de garde des côtes de Bretagne, 1718-1745.

    20042901420NUCA : Archives Départementales, Finistère

    20042901421NUCA : Archives Départementales, Finistère

    20042901422NUCA : Archives Départementales, Finistère

Références documentaires

Documents figurés
  • Corps de garde des côtes de Bretagne, 1718-1745.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C Fi 1146-02.
Bibliographie
  • Baie de Morlaix CHAURIS (L.), "Carrières au bord de mer : île Grande et îlots voisins (Côtes-du-Nord)" in 115e Congrès national des Sociétés savantes, Avignon, 1990.

  • CHAURIS (L.), "Coupeurs de goémon contre tailleurs de pierre : cas de la lutte pour la possession de l´estran en Bretagne au 19e siècle", Annales de Bretagne, 1993, p. 121-127.

  • CHAURIS (L.), "Lest abandonné sur l´estran : un témoignage du transport par mer des granites de l´île Grande", Ile du Trégor, bulletin annuel de l´A.P.E.G.I.T., n° 10, 1995, p. 24-26.

  • CHAURIS (L.), "L´extraction du granite rose de l´île Callot et son emploi dans le pays de Morlaix", Annale de Bretagne et des Pays de L´Ouest, 1995, p.7-34.

  • CHEVAL (P.), "Les baies de Morlaix et leur défense", Baie de Morlaix vie et traditions maritimes, hiver 1988-1989, p.11.

  • CORRE (O.), "La Guerre de course durant la guerre d'indépendance des Etats-Unis d'Amérique dans le ressort de l'Amirauté de Morlaix", mémoire de maîtrise, Histoire : Brest, 1990, 333 p. (BM MORLAIX : Th 66), CRBC : M-04704), SHM BREST : Mem 1989/2).

  • GUICHOUX (J.), "La Résistance dans la région morlaisienne sous l'occupation allemande", mémoire de maîtrise, Histoire : Brest, 1970, 166 p. (BM MORLAIX : Th 59, CRBC : M-00937).

  • GUILLEMET (D.), Les îles de l´Ouest, de Bréhat à Oléron du Moyen Age à la Révolution, 2000, Geste éditions, 355 p.

  • JEGOU-COCHARD (Ch.), "Charles Cornic (1731-1809) "l'officier bleu" : la plus belle illustration de Morlaix au 18e siècle", mémoire de maîtrise, Histoire : Brest, sous la dir. de Fanch Roudaut, 1998, 98 p. (CRBC : M-07248).

  • LECUILLIER (G.), "Le château du Taureau au XVIIIème siècle, Architecture, Vie quotidienne, Bastille morlaisienne", mémoire de maîtrise d´Histoire Moderne de l´Université de Bretagne Occidentale, sous la dir. de P. Jarnoux, Brest, 2000, 213 p.

  • LE GUENNEC (L.), Nos vieux manoirs à Légende, Quimper, 1936, p. 254.

  • LHERITIER (A.), La pointe de Primel, Morlaix, 1990, s. réf., Centre de Ressources Bretonnes et Celtiques.

  • LOREDAN (J.), La Fontenelle, seigneur de la Ligue 1572-1602, Paris, 1926, p. 96.

  • ROUALEC (N.), "Essai de toponymie de l´île de Batz", Les cahiers de L´Iroise, 1981, p. 66-68.

  • TANGUY (J.-Y.), Le port et le havre de Roscoff, La Baule, éditions des paludiers, 1975.

  • YSNEL (F.), "La défense de la Baie de Morlaix aux XVIIème et XVIIIème siècles", mémoire de D.E.A., sous la dir. de Claude Nières, Rennes, 1991.

(c) Inventaire général (c) Inventaire général ; (c) Association Pour l'Inventaire de Bretagne - Lécuillier Guillaume