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Enceinte urbaine (Vannes)

Dossier IA56003322 inclus dans Secteur sauvegardé de Vannes réalisé en 2000

Fiche

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Parties constituantes non étudiéesouvrage d'entrée, porte de ville, tour, mur défensif, château, courtine
Dénominationsenceinte
Aire d'étude et cantonVannes
AdresseCommune : Vannes
Cadastre : 1980 BS, BR non cadastré

Vers le milieu du 3e siècle, Vannes, (Darioritum) installée à l´origine sur la colline de Boismoreau, construit une première enceinte urbaine sur la colline avoisinante du Méné (du breton menez qui signifie montagne) pour se protéger des menaces d'invasion. Pendant plusieurs siècles, le tracé de l´enceinte reste le même. Son tracé est relativement connu dans la partie nord : il longe la rue Thiers, la rue Francis Decker, la rue de Closmadeuc et la rue du Mené dans des jardins publics et privés et derrière plusieurs magasins. Il demeure plus incertain au sud. Les chercheurs considèrent aujourd'hui qu'il devait longer les limites nord et ouest de l'actuelle place des Lices ; formant un angle près de l'ancienne chapelle des Lices, il continuait vers le nord jusqu'à la rue Saint-Salomon à travers la rue Noé. Cinq portes donnent alors accès à l'intra-muros : Saint-Patern et Saint-Salomon, les portes du Bali, Saint-Jean et Mariolle. Vers 1370, son agrandissement est décidée vers le sud par Jean IV avec la construction du château de l'Hermine dans les années 1380 qui s'appuie sur elle. Les travaux durent jusque dans les années 1395 par la construction des murailles ouest près des Cordeliers. La nouvelle enceinte s'ouvre au sud de 2 portes, celles de Calmont et de Gréguennic et se dotent de tours vers le milieu du 15e siècle (tour du bourreau, tour Poudrière, tour Joliette). A la fin des années 1580, à l'époque des guerres de religion, la ville entreprend le renforcement de son enceinte par l'édification de plusieurs bastions (Gréguennic, Brozillay, Haute-Folie ...puis la Garenne). Dans le même temps, une ouverture supplémentaire est percée au sud pour desservir le quartier du port. C'est la future porte Saint-Vincent. De 1650 à la Révolution, l'enceinte fait l'objet d'aménagements destinés à faciliter la circulation de la ville avec les faubourgs environnants : percements des portes Poterne et Saint-Jean, restauration de la porte Saint-Vincent. Elle répond ainsi aux besoins d'agrandissements nés de l'installation à Vannes du Parlement de Bretagne entre 1675 et 1689 et de l'arrivée d'une dizaine de couvents qui s'édifient hors les murs. Cette époque voit aussi l'afféagement de certaines parties des remparts devenus obsolètes. Les douves sont comblées et les fortifications morcelées et vendues à des particuliers qui construisent leurs maisons par-dessus. A la fin du 18e siècle et dans le courant du 19e siècle, les percements de nouvelles rues et le manque d'entretien des bâtiments entrainent la démolition partielle de certaines murailles et de portes. Ainsi la porte Prison est partiellement détruite en 1886. Son classement en 1912 empêche sa destruction totale et inaugure une politique de protection du linéaire des remparts qui est aujourd'hui quasi intégrale. La mise en place du plan de sauvegarde et de mise en valeur est depuis 1982 un nouvel outil pour la protection des remparts dans l'emprise du secteur sauvegardé. Depuis 20 ans, de nombreuses parties de muraille ont pu être dégagées à l'occasion de ventes et de chantiers de restauration.

Période(s)Principale : Antiquité
Principale : Moyen Age
Principale : Temps modernes
Auteur(s)Auteur : Bugeau Jean architecte attribution par source
Auteur : Cosnier François architecte attribution par source

Enceinte de forme irrégulière flanquée de tours et de bastions avec portes cochères et piétonnes et courtine dotée de machicoulis.

La première enceinte est de forme triangulaire et d'un périmètre de 980 mètres environ. Elle couvre une superficie de cinq hectares sur un promontoire rocheux environné à l'origine de marécages. Plusieurs segments de ce castrum antique subsistent encore aujourd'hui dans des jardins privés et près de la tour Joliette, rue Francis Decker. Les murs de ce castrum présentent un appareil fait d'une alternance de petits moellons et de rangées de brique. Cette muraille devait comporter un certain nombre de tours et de portes défensives qui ont disparu, remplacées par les tours et les bastions existants qui datent des aménagements postérieurs à l'extension de l'enceinte entreprise vers le sud. Les différents parements observés des tours et des courtines de la nouvelle enceinte témoignent des arrêts et des reprises de sa construction. La nouvelle enceinte qui porte la superficie de la ville "intra muros" à dix hectares comprenait aussi un certain nombre d'ouvrages défensifs dénommés barbacanes élevés à cette époque en vue de protéger les portes particulièrement exposées à l'ennemi et rendues plus vulnérables aux progrès de l'artillerie à feu. Face à ces derniers, les nouvelles tours voient l'apparition de nouveaux dispositifs d'artillerie à feu, en même temps, que les portes pourvues à l'origine de simples herses à contrepoids, se dotent de pont-levis à flèches.

Mursgranite pierre de taille
brique moellon
granite moellon
Toitardoise
Planssystème bastionné
Étagessous-sol, 3 étages carrés, étage de comble
Couvertures
Escaliersescalier dans-oeuvre : escalier droit en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour en maçonnerie

Secteur sauvegardé. Malgré les destructions du 19e siècle, Vannes a su garder les trois quarts de ses remparts développés à la fin du 14e siècle au sud du castrum gallo-romain. C'est l'une des villes bretonnes dont l'enceinte urbaine est la mieux conservée.

Statut de la propriétépropriété publique
propriété privée
Intérêt de l'œuvreà signaler
Éléments remarquablesbastion, porte de ville, courtine
Protectionsinscrit MH, 1927/05/23
classé MH, 1927/07/29
classé MH, 1928/05/16
classé MH, 1928/07/28
classé MH, 1942/01/15
classé MH, 1956/11/26
inscrit MH, 1956/11/27
inscrit MH, 1958/03/07
Précisions sur la protection

Tour Trompette et partie des remparts (cad. K8 1824) : inscription par arrêté du 23 mai 1927 ; tour dite Tour des Filles et portion des anciens remparts lui faisant suite vers l'Est (cad. K 1662p, 1663) : classement par arrêté du 29 juillet 1927 ; partie des remparts, dont la Tour Joliette (cad. K 1712, 1724) : classement par arrêté du 16 mai 1928 ; terrains compris entre les remparts, la rue Porte-Poterne et le ruisseau de la Garenne (cad. K8 1746, 1741, 1742) : classement par arrêté du 28 juillet 1928 ; partie des remparts (cad. K 1705) : classement par arrêté du 15 janvier 1942 ; partie des remparts allant de la Porte-prison à la Porte Saint-Jean (cad. K8 1630, 1631, 1633 à 1636, 1678) : classement par arrêté du 26 novembre 1956 ; tour Poudrière et parties attenantes des remparts (cad. K8 1730 à 1732) : classement par arrêté du 26 novembre 1956 ; Partie des remparts allant du bastion Notre-Dame à la rue Saint-Salomon (cad. K8 1601, 1586, 1587, 1576, 1577, 1546 à 1548) : classement par arrêté du 26 novembre 1956 ; Bastion dit Eperon de la Haute-Folie ; bastion dit de Gréguenic et sa porte ; courtine reliant ces deux bastions (cad. K8 1876, 1877, 1861, 1863) : inscription par arrêté du 7 mars 1958.

Annexes

  • Déclaration et débornement, 1680

    A. D. Loire-Atlantique. B 2340. 20 mars 1680. Déclaration et débornement de Maître Antoine Doré du bastion nommé Haute Folye situé au joignant de la muraille du côté de la porte St Vincent tout entouré de murailles avec ses tenants et aboutissants, lequel lieu de Haute-Folye fut donné par M. le comte de Lannion gouverneur de cette ville à M. le baron de Camors qui en a fait aussi don au dit Antoine Doré à la charge aussi de laisser une voie libre pour les rondes quand requis sera. Les dites choses étaient vagues et abandonnées et presque inaccessibles. Acensement fait par la communauté le 25 mars 1676.

  • Sources iconographiques

    20075605803NUCA : Bibliothèque de Rennes-Métropole

    20075605801NUCA : Bibliothèque de Rennes-Métropole

    20055600532NUCA : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 88/1.

    19985600371XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C704/10.

    19985600380XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C 704/11.

    19985600381XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C704/11.

    19985600427XB : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 95.

    19985600426XB : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 95.

    19985600358XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C704/19.

    19985600357XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C704/20.

    19985600359XA : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, C704/18.

    20015600167XA : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 99.

    19975601187X : Archives municipales de Vannes

    19975601182X : Archives municipales de Vannes, 21 Fi.

    19975601186X : Archives municipales de Vannes, 21 Fi.

    19975601199XB : Archives municipales de Vannes

    19975601196X : Archives municipales de Vannes

    19985600231XA : Archives municipales de Vannes

    20015604128NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

    20015604414NUCA : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

    20015604417NUCB : Archives départementales du Morbihan, 2 Fi 48.

    20015604416NUCB : Archives départementales du Morbihan, 2 Fi 210.

    20052905132VC : Drac Bretagne, SRI, Rennes, Fonds Villard.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Loire -Atlantique B 2340 : 20 mars 1680 : Déclaration et débornement de Maître Antoine Doré du bastion nommé Haute Folye situé au joignant de la muraille du côté de la porte St Vincent.

    Bastion de Haute Folye Archives départementales de Loire-Atlantique : B 2340
Documents figurés
  • A. D. Ille-et-Vilaine C704/11. Fonds de l'intendance. Plan du port de Vannes. 2e moitié 18e siècle.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : C704/11
  • A. D. Ille et Vilaine. Série C. C 704/18/ Fonds de l'Intendance. [Vannes]. Plan de la rue projetée icelle passant par les Cordeliers pour faciliter la communication du Bas de Lices aux douves et marché au seigle.Dessin : plan géométral par Detaille de Keroyand (ingénieur des Ponts-et-Chaussées), 1785. Ech. 1 : 495, papier, plume, encre de chine, aquarelle, 50,5 Lx45 l. C 704/19/ Fonds de l'Intendance. [Vannes]. Plan d'une nouvelle rue que l'on propose d'ouvrir en la ville de Vannes icelle passant par la cour des révérends pères Cordeliers, servant à communiquer de la place des Lices au marché au seigle et place du collège avec procès-verbal de la levée du plan du 29 Juillet 1785. Dessin : plan géométral par Detaille de Keroyand (ingénieur des Ponts-et-Chaussées), 29 Juillet 1785. Ech. 1 : 495, papier, plume, encre de chine, aquarelle, 57 Lx44 l. C 704/20/ Fonds de l'Intendance. Plan de la douve des révérends Cordeliers à Vannes dans laquelle on propose d'ouvrir une rue. Dessin : plan géométral par Detaille de Keroyand (ingénieur des Ponts-et-Chaussées), 25-01-1785. Ech.1 : 245, papier, plume, aquarelle, 92 Lx30 l.

    Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : Série C 704/18/19/20
  • A. D. Morbihan 1Fi99. Plan des ruines de l'ancien château de l'Hermine, par Demier, copie de Pressat, 1797.

    Archives départementales du Morbihan : 1Fi99
  • A. D. Morbihan. 1Fi 95. Port de Vannes. Dessin. Plan géométral, 2e moitié 18e siècle (?). Ech. 1,2 cm. pour deux toises.

    Archives départementales du Morbihan : 1Fi 95
  • A. M. Vannes. Plan général de la prison criminelle de Vannes..., par Philippe Brunet-Debaines, architecte de la ville, 5 janvier 1811. Plan aquarellé, 62,2 x 45,4.

    Archives municipales de Vannes
  • A. M. Vannes. 21 Fi. Plan cadastral 1807-1809. Tableau d'assemblage de la commune et plan par sections. Delavau (ingénieur) ; Dreuslin (géomètre). Plan aquarellé, 99,5 x 67,41 cm.

    Archives municipales de Vannes : 21 FI
  • A. D. Morbihan 2 Fi 48. Partie est et tour du Connétable, dessin de 1845.

    Archives départementales du Morbihan : 2 Fi 48
  • A. D. Morbihan 2 Fi 210. Partie est et lavoirs, dessin de Robida, 1890.

    Archives départementales du Morbihan : 2 Fi 210
Bibliographie
  • HERBAUT Claudie, DANET Gérard, LE PENNEC Christophe. Les remparts de Vannes. Edition ville de Vannes. 2001.

  • La Bretagne, d'après l'itinéraire de Monsieur Dubuisson-Aubenay. Suivi de Profil de la Bretagne, par Jean-Baptiste Babin (1663). Coordonné par Alain Croix. Presses universitaires de Rennes ; Société d'Histoire et d'Archéologie de Bretagne, Rennes, 2006.

    p. 427
  • LEGUAY Jean-Pierre. Un réseau urbain au Moyen Age : les villes du duché de Bretagne aux XIVème et XVème siècles. Paris : Maloine S.A, éditeur.1981.

    p. 173
  • Aquilina Manuelle. Les remparts de Vannes du IIIe au XXe siècle : de l'enceinte fortifiée à la simple ceinture de murailles. Rennes 2 : 1998 : 179 p.

    Archives départementales du Morbihan : TH 517
Périodiques
  • GUYOT-JOMARD, Alexandre. La ville de Vannes, ses murs, ses abords, ses fauxbourgs, voies, chemins et routes. In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1887 et 1888. Vannes, impr. Galles, 1889.

    p. 82-102.

Liens web