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Église paroissiale Saint-Sauveur, érigée Basilique Saint-Sauveur en 1954 (Dinan)

Dossier IA22009904 réalisé en 2006

Fiche

D'après l'enquête thématique régionale sur les églises romanes de Bretagne (Texte Mélanie Cros) :

L´ancienne église romane Saint-Sauveur, dont les vestiges de la façade occidentale et du mur méridional de la nef témoignent encore, nécessita très certainement un financement important, ne pouvant être le fait que de riches seigneurs. La tradition qui attribue à Riwallon le Roux, frère de Geoffroy de Dinan, la fondation de l´église ne repose sur aucun élément probant. Selon Marc Déceneux, il faut voir dans le riche mécène de Saint-Sauveur le seigneur Alain de Dinan-Bécherel.

Le plan de l´église romane devait comporter une nef unique, couverte en charpente, précédée ou non, d´un espace occidental. Quant aux dispositions orientales elles demeurent inconnues. L´église possédait probablement un transept dont il est possible d´imaginer que la croisée était surmontée d´une tour, à laquelle on accédait par un escalier en vis qui devait se situer à l´angle sud-est de la croisée où les traces d´une cage sont visibles. Marc Décéneux penche pour l´existence d´une simple tour de clocher, pensant que l´église « ne devait pas présenter de transept à croisillons ».

Dans la première travée de nef se trouvent des éléments pouvant indiquer l'existence, ou du moins un projet de construction, de narthex : les deux colonnes massives contre la façade occidentale, la colonne de la première travée au mur sud couronnée d´un chapiteau imposant et le chapiteau à ressauts comme suspendu à la corniche du mur sud, sans utilité apparente. De plus, au niveau supérieur les arcatures aveugles alternant avec des baies sont subitement interrompues. A cet endroit le mur est nu et on note un décrochement dans la maçonnerie. Enfin, les deux modillons sculptés sous la charpente et la baie en plein-cintre à l'extrémité ouest sont autant d'indices qui semblent correspondre à la mise en place d´un projet de narthex. A l´origine de la construction l'édification d'un massif à deux niveaux d´élévation à l'Ouest avait du être envisagée. Ce projet n´a semble t-il jamais été réalisé. A la fin du chantier, les moyens ont peut-être manqué pour achever la construction.

Il devait exister une seconde entrée sur le mur méridional de la nef. Au niveau de la troisième travée où fut construite au 15e siècle une chapelle, se voient des supports différents. Les colonnes contreforts des autres travées laissent place à deux pilastres encadrant une travée moins large pouvant correspondre à l´emplacement d´un autre portail.

Du point de vue de la sculpture, Saint-Sauveur se place parmi les réalisations les plus complètes, les plus figurées et les plus riches conservées pour l´époque en Bretagne. Le choix dans la répartition du décor peut pourtant surprendre.

La sculpture figurative est réservée à l´extérieur de l´édifice, l´intérieur ne présente qu´un décor végétal, excepté au revers de la façade. Les fidèles avaient accès à l´ensemble des sculptures situées à l´extérieur de l´édifice et en ce sens le programme iconographique de Saint-Sauveur assure bien un rôle didactique auprès des populations.

Cependant, il est plutôt fréquent dans les églises où la décoration sculptée abonde à l'extérieur de retrouver dans la nef des scènes historiées qui poursuivent l´éducation religieuse et morale.

Or, à Saint-Sauveur ce n'est pas le cas. On peut émettre plusieurs hypothèses quant à ce choix. Il est possible qu´il s´agisse là d´une volonté, d´un parti pris de réserver le programme iconographique, figuré, à l´extérieur de l´édifice repoussant les images de péchés et vices hors du lieu saint. On peut aussi imaginer que les moyens financiers étaient insufisants pour poursuivre une telle entreprise dans l´ensemble de l´église. Enfin, le décor sculpté de la nef était peut-être complété par un décor peint aujourd´hui entièrement disparu. Les arcades aveugles du registre inférieur, l´espace mural laissé nu entre ces arcades et la corniche ainsi que les arcades aveugles du niveau supérieur, constituent autant de supports muraux susceptibles d´avoir reçu un programme peint.

La tradition attribuant à Riwallon le Roux la construction de l´édifice a forgé l´idée selon laquelle l´architecture et la sculpture de Saint-Sauveur pourraient avoir été « importées », du moins influencées par les oeuvres d´Orient avec lesquelles il aurait été en contact. René Couffon évoquait les édifices d´Istambul : Kariyé-Djami et Fethiyé-Djami. Comme Marc Déceneux l´a, à juste titre rappelé, les éléments qui ont pu faire songer à des sources orientales existaient dans des régions voisines de la Bretagne, notamment en Poitou-Charente. Il faut voir dans la façade occidentale de Saint-Sauveur l'influence des grands édifices aquitains. Au 12e siècle dans le Poitou apparaît un type de façade dit façade-écran ou frontispice. Il se répand dans toutes les régions voisines, de l'Aquitaine à l'Anjou, aux marges de l'Auvergne et de l'Orléanais, jusqu'en Bretagne. Ainsi, ces façades présentent des divisions indépendantes du plan et de l'élévation de l'église. Elles sont composées d'alignements d'arcatures qui se superposent également à la verticale. Soulignées de multiples voussures les arcatures abritent un riche décor sculpté, figuré. Tous ces éléments apparaissent à Saint-Sauveur.

De même l'élévation sud de l'église est animée d'arcatures aveugles, de niches concaves scandées par des contreforts-colonnes, de corniches de modillons, autant d'éléments qui ornent les chevets, façades et nefs du Poitou-Saintonge.

D'après l'enquête thématique régionale sur l'architecture gothique en Bretagne (Texte Jean-Jacques Rioult) :

"La tradition situe au début du XIIe et attribue à Rivallon le Roux, seigneur de Dinan revenu de croisade, la fondation en 1112 à proximité du château originel, d´un prieuré relavant de l'abbaye de Saint-Jacut. Son église construite au cours de la première moitié du XIIe siècle, est conçue avec une nef unique, charpentée, et une façade occidentale dont la riche composition accueille un programme iconographique sur le thème du Tétramorphe et du Christ-Sauveur, vocable de l'église, dans la tradition des églises de Saintonge et du Poitou.

A partir de 1480 d´importants travaux sont entrepris pour agrandir l´église, devenue centre d´une riche paroisse. La nef est d'abord doublée au nord d´un large collatéral bordé d´une file de chapelles. L´étage de la façade occidentale, entièrement reconstruit est largement ouvert par une grande verrière destinée à compenser la disparition de l´éclairage direct au nord. Le collatéral sud, prévu sur le même modèle ne fut jamais réalisé. Une petite chapelle funéraire à trois pans sommés de pignons aigus, fut construite à la place d'une ancienne porte au sud, sans doute peu avant 1500.

Le nouveau choeur est commencé en 1507, par le maître d´oeuvre Roland Bougnard ou Bouesnard, comme l'indique une inscription sur une des piles du rond-point. Son plan prend pour modèle celui du choeur de l'église Saint-Malo. Le déambulatoire et les chapelles rayonnantes, sont voûtés entre 1515 et 1545, les crédences et les niches à l´intérieur, les contreforts et les pinacles du chevet associent moulures gothiques et premiers décors Renaissance. Suite à l´effondrement du clocher en 1545, le transept et les parties hautes du choeur édifiés tardivement au début du XVIIe siècle, ne sont pas voûtées, et les arcs-boutants du chevet ne sont pas construits. Une charpente lambrissée est mise en place en 1646 au dessus du choeur et des bras de transept. Des fausses voûtes en plâtre l'ont remplacée au dessus du choeur au XVIIIe siècle.

L'édifice fit l'objet d'une restauration en 1851-1852, par l'architecte Hyppolyte Bezier-Lafosse qui refit à l'identique les fenestrages de la façade occidentale et du bras sud selon leur dessin ancien. Des relevés détaillés de l'édifice sont établis à la fin du XIXe siècle par l'architecte Charles Chaussepied.

Plan et ordonnance intérieure

Le collatéral nord de l'église est édifié dans un premier temps à partir des années 1480. Une suite de cinq arcades dont les arcs chanfreinés à double ressaut viennent pénétrer directement dans des piles cylindriques remplace l'ancien mur gouttereau de la nef romane. Leurs bases sont aujourd'hui noyées dans le sol du fait de la surélévation de ce dernier au XVIIIe siècle Le parti architectural retenu est donc celui d'une nef à vaisseau principal obscur éclairé par les chapelles latérales, choix commun à la plupart des églises bretonnes de l'époque. D'emblée il s'agit d'un parti mixte qui associe un vaisseau principal couvert d'une charpente lambrissée à des collatéraux et des chapelles voûtés. Les travées du collatéral, voûtées d'ogives ouvrent sur une file de chapelles peu profondes dont les voûte, des berceaux transversaux brisés habillés de nervures à l'imitation des croisées d'ogives, participent au contrebutement.

Le transept, édifié à partir du milieu du XVIe siècle après la construction des parties basses du nouveau choeur, présente un parti architectural tout différent. Il n'est pas voûté mais simplement couvert d'une puissante charpente lambrissée dont les entraits sont assemblés au sommet des murs gouttereaux dans un corps de sablières et d'entretoises moulurées qui forme plan d'enrayure au sommet de ses murs. Cette charpente résolument gothique malgré sa date d'exécution tardive de 1646, a permis ici d'évider au maximum les pignons et d'y percer de large et hautes baies qui diffusent la lumière en direction de la croisée.

Le plan du choeur, édifié à partir de 1507 est directement inspiré par celui de Saint-Malo dont il systématise et amplifie le programme. Comme dans le collatéral nord de la nef, les chapelles des travées droites, peu profondes, sont couvertes de voûtes en berceaux brisés transversaux. Les chapelles rayonnantes, au nombre de cinq au lieu de trois, ne sont plus comme à Saint-Malo, séparées par des pans de maçonnerie. Leurs murs latéraux fusionnés en une seule masse déterminent un déambulatoire continu scandé de piles cylindriques partiellement engagées identiques à celles qui ferment le sanctuaire et contribuent à l'unité plastique de l'espace. Les bases des colonnes présentent un corps de moulures à arêtes décalées, d'un emploi peu fréquent en Bretagne, que l'on retrouve en Normandie à Saint-Pierre de Coutances et Notre-Dame de Saint-Lo. Les voûtes des chapelles rayonnantes ornées de multiples liernes et tiercerons que rehaussent d'importantes clés sculptées des emblèmes de la Passion, leurs crédences liturgiques monumentales richement sculptées et surmontées de dais à étage ou de niches qui prennent l'importance de véritables édicules intérieurs, sont parfaitement caractéristiques de l'évolution du dernier art gothique. Au niveau du sanctuaire enfin, les colonnettes qui recoivent la retombée des voûtes descendent dans les écoinçons des grandes arcades sous la forme de " colonnes-pilastres" hybrides, de plan carré, qui s'arrrêtent en dessous de la naisssance des arcs sur des culots moulurés reliés au corps des piles par des agrafes à rinceaux. Les parties hautes du vaisseau central ne furent édifiées que tardivement, vers 1570, en respectant le projet initial du début du XVIe siècle. Toutefois, malgré le maintien des rapports entre les pleins et les vides, le délai important dans la mise en oeuvre de cette partie explique le traitement de la coursière entre deux bandeaux, à la manière d'un entablement, le dessin du garde corps lui-même et la modénature simplifiée des fenêtres hautes.

Ordonnance extérieure

La reconstruction de l'église commença par le collatéral nord vers les années 1480 et le projet, resta en attente au sud, comme le montre son amorce bien lisible sur le mur occidental du bras sud. Il est probable que la conservation de la partie inférieure de la façade romane ne faisait pas partie de ce projet qui visait certainement, selon l'esprit de l'époque, à reconstruire la totalité de l'édifice. L'aspect actuel, hybride, de cette façade est vraisemblablement lié à l'abandon du projet de recosntruction de la côtière sud. La perte de lumière occasionnée par la construction du collatéral nord rendant nécessaire l'apport d'un éclairage par l'ouest on se contenta de réédifier la partie supérieure de la façade occidentale. Sur un glacis qui rattrape la diminution de l'épaisseur du mur, une grande et haute fenêtre dont le réseau occupe la majorité du triangle du pignon vient éclairer par l'ouest le volume de la nef. Les accolades et les pinacles à multiples fleurons qui couronnent ses contreforts latéraux, dont le style bien différent de ceux du collatéral nord rappelle celui des butées du chevet de l'église Saint-Malo édifiées vers 1500, de même que le style des bases qui ne peut guère être antérieur aux années 1510-1520, semblent venir étayer cette hypothèse. En excroissance sur le mur sud de l'église, l'élégante petite chapelle à trois pans accolée contre la troisième travée du mur roman, est une construction parfaite dans ses proportions et sa modénature que ses pignons à gâbles aigus, dont la forme rappelle les chapelles rayonnantes de l'abside de l'église Saint-Malo situent peu avant 1500. L'installation de cette chapelle de fondation privée corrobore l'abandon du projet de reconstruction du collatéral sud

La mise en oeuvre des parties basses du choeur, commencée en 1507, comme l'indique l'inscription mentionnée plus haut, dut également concerner les premières assises des bras de transept si l'on en croit un détail de modénature caractéristique qui court sur l'ensemble du pourtour : comme à l'intérieur du choeur, la plinthe moulurée en doucine juste au dessus du sol décroche en hauteur à chaque ressaut de plan un peu après l'angle rentrant et la moulure se croise systématiquement à la rencontre d'une verticale et d'une horizontale. Ce détail de modénature caractéristique des années 1520-1530 résume à lui seul l'esprit du décor du chevet qui bien qu'inachevé présente un éblouissant exemple du gothique de la Renaissance en Bretagne. L'imbrication des volumes prismatiques des contreforts, l'interpénétration des corps de moulures et des pinacles, les bagues formées d'arêtes décalées qui rappellent à mi hauteur les bases des colonnes du sanctuaire appartiennent pleinement à ce jeu de formes virtuose propre au gothique du premier quart du XVIe siècle. Sur le répertoire gothique hérité du XVe siècle d'arcs incurvés et de feuilles retournées se greffent de nouvelle formes : colonnes torses, losanges et cercles alternés, écailles, ainsi qu'un rare décor de rinceaux traités en méplat . Le couronnement ajouré de la vis d'escalier du déambulatoire sud présente dans une étonnante composition un assemblage de l'ancien et du nouveau répertoire.

Il est certain que le projet du chevet de Saint-Sauveur aurait du égaler voire surpasser celui de Saint-Malo mais l'interruption des guerres de Religion et les difficultés financières de la fabrique à la fin du XVIe siècle en décidèrent autrement. Au lieu des voûtes de pierre prévues, le vaisseau central du choeur fut finalement couvert d'une fausse voûte lambrissée et les arcs-boutants destinés à contrebuter les poussées ne furent pas montés. Le déambulatoire et les chapelles initialement couverts d'un extrados en couverture formant terrasse et destiné à recevoir des pièces d'artillerie, ainsi que le rapporte Du Buisson-Aubenay (? en sorte que ceste double voûte est comme expressément faite pour battre sur ledit costeau ; mais est elle foible pour porter canons, et n'y a escalier ni passage à y en monter ? furent finalement recouverts d'un comble en appentis et de toits polygonaux permettant d'en assurer l'étanchéité. "

VocablesSaint-Sauveur
Dénominationséglise paroissiale, basilique
Aire d'étude et cantonBretagne
HydrographiesLa Rance
AdresseCommune : Dinan

Eglise prieurale au 12e siècle dépendant de l´abbaye bénédictine de Saint-Jacut. Au 12e siècle, époque de la construction de l´église Saint-Sauveur, Dinan possédait déjà plusieurs édifices religieux. Vers 1066 en effet, Olivier Ier de Dinan fondait le prieuré Saint-Malo au Nord de la ville, puis dans les années 1070-1080, Geoffroy, fils d´Olivier Ier, fondait le prieuré de Sainte-Marie-Magdeleine-du-Pont de l´autre côté de la Rance. Il semble que l´édification d´un troisième sanctuaire soit attribuable, essentiellement, à l´accroissement de la population et au développement du bourg de Dinan durant les 11 et 12e siècles. Selon le récit de Guillaume de Tyr et d´Orderic Vital, le frère de Geoffroy de Dinan, Riwallon le Roux serait parti en croisade en Palestine en 1112, fait prisonnier il aurait alors promis qu´à son retour il ferait construire une église pour remercier Dieu de l´avoir sauvé. D´après Guillaume de Tyr toujours, en 1120 Riwallon était encore en Syrie. Toutefois aucun élément ne venant appuyer cette thèse, Marc Déceneux a émis une hypothèse plus vraisembable qui voit dans le riche mécène de cet édifice le seigneur Alain de Dinan-Bécherel. L´église est attestée pour la première fois dans une charte datée de 1123. Celle-ci fait état du partage de la ville de Dinan entre les deux fils de Geoffroy, décédé. Saint-Sauveur est alors mentionnée comme possession de l´abbaye bénédictine de Saint-Jacut. L´existence de l´édifice est confirmée dans une charte de 1131. La construction de l´église est aujourd´hui quasi-unanimement attribuée à la seconde moitié du 12e siècle pour ses parties les plus anciennes. Au 15e siècle l´édifice subit d´importantes modifications. Sous la direction de l´architecte Guy Pinçon les travaux débutent en 1480 pour agrandir l´édifice. Le mur nord de la nef est réédifié et on ajoute un bas-côté. Le pignon de la façade occidentale est également transformé, notamment par le percement d´une baie de style flamboyant. Au début du 16e siècle on entreprend la construction du choeur. En 1547 le clocher en construction au niveau de la croisée du transept, s´effondre ; les quatre piliers sont reconstruits en 1557-1558. Au 16e siècle, pendant les guerres de religion, les travaux s´interrompent pour reprendre au 17e siècle. Après la Révolution l´église sert de grenier à foin : elle était dans un état de délabrement important et nécessitait de rapides restaurations. Elle est rendue au culte, à la demande des paroissiens en 1801. Très vite, avec l´engouement naissant pour le romantisme et l´art du Moyen-Age, Dinan et l´église Saint-Sauveur suscitent l´intérêt des archéologues et érudits. Ainsi, Mérimée la visite en 1835 puis le chevalier de Fréminville, Arcisse de Caumont et Alfred Ramé. Sous la direction de l´architecte Ruprich-Robert les travaux débutent dans la seconde moitié du 19e siècle par la façade occidentale. En 1860, treize colonnettes des arcades du niveau inférieur de cette façade sont remplacées par de nouvelles. On modifie certaines bases ainsi que l´appareil des piliers en arrière des colonnes. On pose au niveau de la porte centrale des piédroits recevant un linteau surmonté de motifs de petites vagues. Cinq des chapiteaux de la façade Ouest sont modifiés au cours de l´année 1861 ; ceux de l´Annonciation et du Paradis terrestre, situés auparavant de chaque côté de la porte centrale, sont déposés. Une dizaine de tailloirs sont refaits ainsi que certaines embases de colonnes. A l´extérieur du mur méridional, dix colonnes sont remplacées avec leurs embases ; des chapiteaux et tailloirs du niveau inférieur sont également refaits à neuf. Suite à la suppression de la chapelle gothique édifiée contre la première travée occidentale, on reconstruit une double arcade reposant sur une console centrale et deux colonnettes à chapiteaux. On supprime également l´escalier menant à la chaire, situé au niveau de la cinquième travée. L´église Saint-Sauveur est classée parmi les Monuments Historiques en 1862. En 1864 on pose le nouveau tympan au-dessus de la porte centrale. En 1954 l'église devient basilique.

Période(s)Principale : 2e moitié 12e siècle
Secondaire : 15e siècle
Secondaire : 16e siècle
Secondaire : 17e siècle
Secondaire : 19e siècle
Dates1123, daté par source, daté par travaux historiques
Auteur(s)Personnalité : Riwallon Le Roux commanditaire (?), attribution par source

Le plan actuel de l´édifice comprend une nef de six travées bordée au Nord par un collatéral, un transept saillant dont la croisée ouvre sur un choeur formé de trois travées droites et d´un déambulatoire donnant sur onze chapelles. De la période romane sont conservés la partie inférieure de la façade occidentale ainsi que le mur méridional de la nef. La façade Ouest mesure 13,85 mètres de largeur et le niveau inférieur 6,35 mètres de hauteur. La nef, et par conséquent le mur sud, mesure 32,33 mètres de long sur 12,50 mètres de haut. La longueur totale dans oeuvre de l´édifice, transept et choeur gothique compris, atteint 73 mètres. Les parties romanes de l´édifice ont été construites en grand appareil de granit d´une provenance locale, attribué aux carrières de Kérinan. Au mur méridional, l´appareil est large et irrégulier, les joints sont ouverts et les mortiers faits de sable et chaux. La partie inférieure de la façade occidentale présente une composition tripartite : trois arcades en plein-cintre légèrement surhaussé, reposant sur quatre massifs piliers formés de faisceaux de cinq colonnettes d´une hauteur de 3,80 m, chapiteaux et bases compris. La porte centrale est encadrée par deux arcatures aveugles de 2,15 mètres de largeur, dans lesquelles sont ménagés deux arcs géminés aveugles, formant niches, reposant sur une colonne centrale à chapiteau lisse et sur deux colonnes latérales torsadées ; les trois supports prenant appui sur deux lions couchés sculptés en ronde-bosse, dos à dos. Ces lions sont placés sur deux stylobates de cinquante centimètres de hauteur. Dans les niches prennent place des statues extrêmement mutilées, reposant sur le dos des lions et couronnées par un dais richement sculpté. Peut-être représentaient-elles les quatre évangélistes comme le suggérait Bézier La Fosse en 1847 mais rien ne permet de l´affirmer. Le portail central, d´une largeur de 13,85 mètres sur une hauteur de 6,35 mètres, présente trois voussures dont deux sont sculptées : l´une présente un décor figuré de personnages, l´autre un décor de type végétal datant des restaurations du 19e siècle. Ces trois rouleaux surmontent un tympan, linteau et piédroits ajoutés au 19e siècle. Chacune des clés des trois arcades est surmontée d´une tête sculptée en ronde-bosse, aux écoinçons sont sculptés, également en ronde-bosse, un lion et un boeuf ailés symboles de saint Marc et saint Luc. La multiplicité des supports sur cette façade a permis le développement d´une riche sculpture. A l´extérieur, le mur méridional de la nef présente deux niveaux d´élévation horizontaux séparés par un cordon torique et est divisé en six travées matérialisées par des colonnes-contreforts appareillées montant du sol jusqu´à hauteur de la corniche formée de modillons sculptés. La troisième travée, partant de l´Ouest, est délimitée non par des colonnes mais par des pilastres, cette travée possède une chapelle hors oeuvre de style flamboyant ajoutée au 15e siècle. Il est très probable qu´à l´époque romane existait à cet emplacement un portail d´accès à la nef, ce qui pourrait expliquer la présence de pilastres mais aussi la largeur moindre de cette travée par rapport aux autres. Ce mur Sud présente deux registres superposés. Le registre inférieur est aveugle et formé de deux arcs plein-cintre par travée retombant au centre sur une console sculptée et aux extrémités sur une colonnette d´angle couronnée d´un chapiteau sculpté. Les arcs aveugles de ce niveau bas n´atteignent pas la hauteur de la moulure torique horizontale, ainsi une partie du mur reste nue entre la clé des arcs et le cordon. Le registre supérieur possède une composition tripartite pour chaque travée : une fenêtre haute en plein-cintre encadrée par deux niches concaves de largeur plus ou moins inégales selon les travées. Ce niveau est surmonté d´une corniche de modillons sculptés situés dans l´alignement des chapiteaux des colonnes-contreforts et pilastres, sous la toiture. A l´intérieur, au revers de la façade occidentale, se retrouve la division tripartite de l´extérieur : trois arcs plein cintre en partie masqués par les constructions modernes, reposant sur deux massives colonnes adossées, couronnées de chapiteaux sculptés. La première travée, est délimitée sur le mur sud par une colonne adossée du même type que celles visibles contre la façade occidentale. Au-dessus de cette colonne, au niveau du cordon torique horizontal qui court sur toute la longueur du mur, se voit un large chapiteau à ressauts. L'élévation Sud présente deux registres superposés. Le registre inférieur formé d'une suite d´arcades en plein-cintre aveugles reposant alternativement sur des consoles et sur des colonnettes jumelées couronnées de chapiteaux aux motifs végétaux ; ces chapiteaux ont été refaits au 19e siècle : Bézier La Fosse mentionnait en 1847 que "les chapiteaux n´offrent plus aucun vestige des sculptures primitives". Ce niveau est interrompu par le percement au 15e siècle de la chapelle dédiée à saint Jean. Le niveau supérieur également formé d'une suite d´arcades en plein-cintre. Elles sont alternativement aveugles et percées de fenêtres hautes et larges, en plein-cintre. Ces baies présentent un ébrasement intérieur et sont formées de trois rouleaux, les deux voussures extérieures reposant de chaque côté sur deux colonnettes couronnées de chapiteaux. Ce registre est surmonté par un bandeau mouluré qui court sur toute la longueur du mur.

Mursgranite
grand appareil
Plansplan en croix latine
Étages3 vaisseaux
Couvrementscharpente en bois apparente
voûte en berceau brisé
États conservationsremanié
Techniquessculpture
Statut de la propriétépropriété de la commune
Protectionsclassé MH, 1862
Précisions sur la protection

Eglise Saint-Sauveur : classement par liste de 1862.

Références documentaires

Bibliographie
  • AUTISSIER A., La sculpture romane en Bretagne XI-XIIè siècles, Rennes, PUR, 2005.

    p. 266-268.
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  • DECENEUX M., La Bretagne romane, Rennes, Ouest-France, 1998, (coll. Références).

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  • GRAND R., L´art roman en Bretagne, Paris, Picard, 1958.

    p. 259-264.
  • LENGLARD L., Les parties romanes de l'église Saint-Sauveur de Dinan : leur place dans l'art roman en Bretagne, maîtrise d´histoire de l´art, sous la dir. de X. Barral, Rennes 2, 1986, 130 p.

  • LENGLARD L., Les restaurations de l´église Saint-Sauveur de Dinan au XIXe siècle, mémoire de DEA, sous la dir. de X. Barral, Rennes 2, 1987, 2 vol. (62 p.).

  • TILLET L.M., Bretagne romane, La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1982, (coll. La nuit des temps).

    p. 115-119.
Périodiques
  • CAMPBELL J., Les parties romanes de Saint-Sauveur de Dinan, in : BMSECDN, T. LXXIX, 1949-1950.

    p. 177-180.
  • COUFFON R., Saint-Sauveur de Dinan, in : Congrès archéologique de France, Saint-Brieuc, 1949, Presses bretonnes, 1950.

    p. 195-209.

Liens web