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Église paroissiale Saint Pierre et Saint Paul (Plouër-sur-Rance)

Dossier IA22132464 inclus dans Le village de Plouër-sur-Rance réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Plouër-sur-Rance
Lieu-dit :

Au début du 18e siècle, le comté de Plouër passe de la puissante famille Gouyon-La Moussaye à celle de Pierre de La Haye. Contrairement à ses prédécesseurs, celui-ci entend séjourner dans la paroisse et y construire son château. Désirant s'attirer la sympathie des paroissiens et considérant que l'église paroissiale est vétuste et petite, il décide de la détruire, après avoir obtenu l'autorisation de sa destruction par l'évêque de Saint-Malo en juin 1700. L'église paroissiale reconstruite conserve toutefois d’anciens gisants de la fin du Moyen Âge. En effet, elle abritait l’enfeu des seigneurs de Plouër. C’est d'ailleurs fort de ses droits féodaux que Charles Gouyon de La Moussaye réussit à imposer l’inhumation dans l’église paroissiale de son épouse protestante Claude du Chastel en 1587.

La construction de l'édifice actuel commença en 1703 et n’était pas achevé lorsque éclata la Révolution. La tour, commencée en 1791 et bien qu'ayant sa charpente n’était pas couverte en l'an XI (1802), et il fut dressé en cette dernière année un devis pour son achèvement par Laurent Guernion, entrepreneur (R. Couffon).

Le nouvel édifice contient des retables, influences tardives du modèle lavallois, disposés dans le chœur et les deux chapelles latérales. Le retable du maître-autel occupe les trois pans du chevet, et des statues de saint Pierre et de saint Paul, patrons de la paroisse, sont disposées de part et d'autre de l'autel.

Quatre éléments de l'Eglise sont classés monuments historiques : la chaire, les trois retables, les trois gisants (pierres tombales du 15e siècle) d'Alain de Plouër, de Perrine Edder et de l'Inconnue (16e siècle) qui proviennent de l'édifice primitif ; et le lutrin. Les trois retables datent du 18e siècle. La chaire de 1846 est remarquable, ainsi que les stalles et les boiseries de Le Merer (19e siècle). On y trouve également les statues anciennes de la sainte Vierge, saint Joseph, saint Pierre, saint Paul, saint Clément, saint Lunaire, sainte Marguerite, saint Jean-Baptiste, sainte Anne, saint Laurent, saint Vincent, sainte Ursule.

Période(s) Principale : 18e siècle
Dates 1703, daté par source

L'Eglise Saint Pierre et Paul de Plouër-sur-Rance est massive et trapue. En forme de croix latine, elle comprend une nef avec bas côtés de quatre travées, la dernière supportant le clocher, un transept et un chœur. Ce dernier est court et à pans coupés.

La façade intègre la travée du clocher et les bas-côtés, dans une composition ternaire, évoquant le schéma de la façade « à la romaine ». Les ailerons raccordent ces deux parties distinctes : l’une sur la terre, l’autre sur le ciel.

Le retable du maître-autel date du début du 18e siècle. Très architecturé, il est en bois et marbre. La partie centrale multiplie les avances ou ressauts, ponctués par des colonnes. Le deuxième niveau est la réduction du premier, reprenant le motif de la niche à ailerons. Les anges, étendus sur les rampants du fronton, appartiennent à l’architecture savante, depuis la Renaissance. On les retrouve au maître-autel de Saint-Carné.

Les trois gisants qui proviennent de l'édifice primitif ont longtemps été accolés verticalement au mur extérieur de l'église reconstruite au 18e siècle. Afin d'être préservés des intempéries et de l'érosion, ils ont été replacés horizontalement à l'intérieur. Celui d'Alain de Plouër représente le défunt en costume militaire du 15e siècle. La cote d'armes qui recouvre la cuirasse descend presque jusqu'aux genoux, la tête est nue et les cheveux sont bouclés, le pommeau de l'épée, longue et large, est percé à jour en forme de quatrefeuilles. Ses pieds aux souliers de fer ou solerets à poulaines reposent sur un oiseau, une chauve-souris, une arbalète ou un élément d'ancre de marine, selon les interprétations. De part et d'autre de la tête sont figurées les armoiries des Plouër, avec une brisure de cadet, à savoir l'étoile. Alain de Plouër est en effet l'un de ces nombreux cadets qui se mettent au service de Charles de Blois. Il sait profiter des occasions qui lui sont offertes de se distinguer lors des nombreux combats qui marquent la guerre de Succession de Bretagne. Après le traité de Guérandes du 12 avril 1365, le duc de Penthièvre le nomme capitaine et garde de la forteresse de Guingamp. Le duc assiège celle-ci, et il est contraint de se rendre en 1407.

Au sein de la paroisse de Plouër, deux familles s'affrontent, parfois violemment durant le 14e siècle et particulièrement le 15e siècle. La famille de Saint-Pol a, comme celle de Plouër, des possessions dans la paroisse. Au XIVe siècle, les Plouër dominent, jouissant des faveurs du duc de Bretagne, mais cette prééminence finit par décliner. Le père de Jean de Saint-Pol s'élève socialement et obtient du duc Jean V diverses charges importantes. Son fils, historien de la Bretagne, prend place dans l'entourage de François II et se marie avec Perrine Edder. Le gisant de celle-ci est sculpté de son vivant, et placé dans l'église bien avant sa mort à un âge très avancé. Elle n'est d'ailleurs pas enterrée à Plouër mais à Dinan. Le rôle du gisant est donc avant tout de marquer un prestige social, ici en concurrence avec la famille rivale. Son costume est composé du hennin bonnet haut et pointu en usage vers le milieu du 15e siècle, la taille est fine, la robe presque collante et échancrée par le haut laisse entrevoir le cou. La tête repose sur un large coussin orné de glands.

Au contraire des deux autres gisants que conserve l'église paroissiale, le dernier ne délivre que peu d'indices quant à l'identité de la personne défunte. Il représente une dame sous un dais gothique, la coiffure carrée et plate est une sorte de béguin s'attachant sous le menton. Un long manteau de deuil au collet assez haut descend jusqu'au pieds entièrement cachés par la robe ; les mains jointes tiennent un chapelet. Les deux écus qui sont représentés laissent entendre que la dame a été mariée par deux fois, et permettent de la rattacher à la famille de Plouër. L'un de ses époux appartient à la famille Angoulvent, mais la généalogie de la famille de Plouër ne fait pas état d'une demoiselle ayant contracté deux mariages.

Murs granite pierre de taille
granite moellon enduit
Toit ardoise
Statut de la propriété propriété publique

Références documentaires

Bibliographie
  • Le patrimoine des communes des Côtes-d'Armor. Collection : Le patrimoine des communes de France. Paris : Flohic éditions 1998, 2 tomes.