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Église paroissiale Saint-Patern, rue Saint-Patern ; rue de la Fontaine ; place Sainte-Catherine (Vannes)

Dossier IA56003318 inclus dans Faubourg Saint-Patern (Vannes) réalisé en 2000

Fiche

Dossiers de synthèse

La reconstruction de l´édifice a beaucoup souffert d´un manque de moyens financiers. La décision de reconstruire l´église par parties successives en est une conséquence. Le choix de commencer cette réédification par la nef à partir de la croisée permet aux paroissiens d´aménager rapidement un lieu de culte assez grand avant la fin des travaux.

Des problèmes de structure et de poussée rencontrés très tôt sont en partie dus à des problèmes de liaison avec les parties anciennes de l´édifice ou à de mauvais choix faits dans les années antérieures. Enfin, un procès datant de 1784 entre le recteur Le Croisier et le Général de la paroisse à propos des quêtes effectuées pour la construction de la tour-clocher et l´utilisation des fonds récoltés, ajouté aux événements révolutionnaires ont largement contribué à un ralentissement des travaux, surtout ceux concernant l´achèvement de la tour-clocher.

Avant la chute de la tour-clocher en 1726 située à la croisée des transepts, il faut mentionner en 1701-1703 le prolongement du choeur et la réalisation d´une sacristie au nord de ce prolongement par l'architecte Le Ray. Le procès-verbal de 1727 indique le mauvais état de ces augmentations et préconisent leur destruction avant la reconstruction de l´édifice. Ce qui sera fait.

D'après les archives et l'analyse architecturale, on distingue trois grandes périodes de travaux :

1) 1727-1737 : reconstruction de la nef, de la croisée et du choeur prolongé d´une sacristie d´après les plans de l´architecte Olivier Delourme ; les lambris de la voûte sont réalisés durant cette période, tout comme le parquet et les vitraux. Les murs intérieurs et extérieurs sont enduits. L´édifice se présente en 1737 avec une nef composée de trois travées, un choeur de deux travées prolongé d´une sacristie à étage et un transept peu saillant à pans coupés dont la croisée est surmontée d´un clocheton en forme de dôme.

2) 1769-1777 : l´architecte Ulliac procède au rallongement de la nef de 2 travées supplémentaires et à la construction de la tour-clocher sur trois étages ; la reprise de maçonnerie était nettement visible sur le mur nord de la nef avant la restitution des enduits.

3) 1825-1826 : achèvement de la tour-clocher par l´architecte-voyer Louis Philippe Brunet-Debaines. D´après les archives, son travail consiste à lui donner une partie supérieure, réaliser le beffroi (la charpente en chêne pour la chambre des cloches) et un entablement dorique. Concernant cette tour, le plan cadastral de 1809 décrit un ouvrage non terminé en maçonnerie légère semble t-il. Par contre celui de 1844 affirme très nettement l´achèvement de la tour-clocher que l´on devine supportée par un important ouvrage de maçonnerie et montre également la réalisation de l´escalier d´accès à l´édifice depuis la rue.

Les travaux réalisés en 1905 sur le plafond des voûtes du transept indique à cette date l´existence d´un enduit en plâtre posé sur un voligeage en bois non daté.

Le dessin conservé aux Archives départementales (1Fi126) attribué à Delourme semble concerner Saint-Patern plutôt que l'église du Mené à laquelle il est attribué : la comparaison entre le dessin de cette élévation et l'état actuel montre une certaine similitude au niveau inférieur. Cependant, le dessin de la tour-clocher prévoyait trois niveaux d'élévation : Ulliac qui succède à Delourme pour la réalisation de cette tour modifie le portail, en créant un niveau intermédiaire qui accueille l'oculus : dans le projet, celui-ci surmontait la porte ; cette dernière et le fronton sont fortement abaissés, la moulure forment corniche du fronton se prolongeant vers les bas-côtés de l'édifice et soulignant la volute du pignon. La forte verticalité soulignées par les pilastres sur le dessin est contrebalancée par cette ligne horizontale en forte saillie au premier niveau, reprise au second niveau. On soulignera également la parenté des étages supérieurs de la tour avec ceux de Saint-Gildas d'Auray, en partie reconstruits en 1832.

Débarrassé de ses ajouts postérieurs (sacristies secondaires), l'église parfaitement symétrique laisse apparaître son style sévère dit "style des ingenieurs" ; seule la façade ouest avec son pignon à volutes s'inspire encore du style Jésuite de la seconde moitié du 17e siècle. Ce dessin est aujourd'hui peu visible, car masqué par le massif de la tour. La sacristie d'axe à étage est une caractéristique morbihannaise présente dans de nombreux édifices religieux ruraux.

Vocables Saint-Patern
Parties constituantes non étudiées enclos, escalier indépendant, fontaine
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Vannes
Adresse Commune : Vannes
Adresse : rue Saint-Patern , rue de la Fontaine , place Sainte-Catherine
Cadastre : 1809 I1 343, 344 ; 1844 K2 574 ; 1980 BO 81, 80

Situé au coeur même de la ville antique sur la colline de Boismoreau, l'édifice actuel succède à deux édifices antérieurs : le premier construit vraisemblablement au cours du 6e siècle pour abriter les reliques de saint-Patern, premier évêque connu de Vannes, sacré en 465 et le second reconstruit au 11e siècle sur les vestiges du précédent détruit après les invasions vikings. L'église devient au Moyen Age une étape du Tro-Breiz (tour de la Bretagne), ou pèlerinage aux sept saints fondateurs de Bretagne.

L'église actuelle fait suite au dernier édifice ruiné par deux tempêtes successives en 1721 et 1726 provoquant l'effondrement de la tour-clocher située à l'origine à la croisée du transept, comme il est d'usage à la période romane. La première phase des travaux, comprise entre 1727 et 1737, effectués sur les plans de l´architecte vannetais Olivier Delourme, concerne la reconstruction d'une nef à trois travées et d'un transept à pans coupés dont la croisée est surmontée d´un clocheton en forme de dôme. Le choeur est prolongé d´une sacristie.

Entre 1769 et 1777, l'architecte Ulliac procède au rallongement de la nef de 2 travées supplémentaires et à l'édification de la tour-clocher actuelle prévue sur deux étages. La tour est achevée en 1825-1826 par l´architecte-voyer Louis Philippe Brunet-Debaines, de même qu'est réalisé le monumental escalier d'accès à l'édifice depuis la rue de la Fontaine. Les dates de début et d'achèvement de la tour sont d'ailleurs inscrites sur le portail de celle-ci, accompagné de l'inscription : "Terribilis locus hic templum Dei est et domus orationis -1770-incoepitur et perfectum 1826" (ce lieu vénérable est le temple de Dieu et la demeure de la prière. Commencé en 1770 et achevé en 1826). En 1907, sur demande de la fabrique, la reconstruction des 2 porches d'entrée latéraux édifiés au cours de la première moitié du 19e siècle est réalisée par l´architecte Gabriel Muiron. Ces deux porches sont ensuite repris et transformés en 1922 et 1923 par l´architecte Joseph Caubert de Cléry en même temps qu'il construit des annexes à la sacristie au nord et au sud du chœur. La restauration de l'église entre 2006 à 2008 a redonné à l'édifice ses volumes du 18e siècle et du 19e siècle en supprimant les rajouts intempestifs du début du 20e siècles. Les enduits extérieurs sans doute supprimés dans les années 1960, ont également été restitués.

Période(s) Principale : 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Secondaire : 1er quart 20e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates 1770, porte la date
1826, porte la date
Auteur(s) Auteur : Delourme Olivier,
Olivier Delourme

La terre et seigneurie de Boismourault et Bilaire sont vendues à Olivier Delourme pour la somme de 15000 £ par acte du 23 janvier 1722.


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architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Ulliac de Kerleau Gabriel-Marie, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Brunet-Debaines Louis-Philippe,
Louis-Philippe Brunet-Debaines

Louis-Philippe Brunet-Debaines, architecte voyer de la ville dans la première moitié du 19e siècle, est l'auteur de l'escalier en fer à cheval extérieur visible sur les anciennes cartes postales.


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architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Muiron Gabriel, architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : Caubert de Cléry Joseph, architecte, attribution par travaux historiques

En forme de croix latine et à chevet plat, c´est une église en moellon enduit à vaisseau central aveugle et collatéraux qui ouvrent sur des chapelles non communicantes. L´ensemble est coiffé d´une toiture à deux pans augmentée à l´ouest par une tour-clocher en pierre de taille. A l'est, l'édifice est prolongé par une sacristie d'axe à deux étages.

Murs granite moellon enduit
granite moyen appareil
Toit ardoise
Plans plan en croix latine
Étages 3 vaisseaux
Couvertures toit à longs pans
noue
croupe
dôme polygonal
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis
États conservations restauré
Techniques peinture
Précision représentations

Les peintures du choeur qui n'ont pas été conservées lors de la restauration de l'édifice étaient du peintre Pierre-Gustave Chevalier.

L´intérêt de l´édifice repose non seulement sur son homogénéité stylistique retrouvée (1727-1767), période qui correspond pourtant à un ralenti de l'activité architecturale dans le secteur, mais également sur la présence de l'escalier monumental, dispositif conservé d'accès à l'édifice depuis la rue. L'influence des conceptions constructives des ingénieurs de l'époque est perceptible au niveau de la sévérité des ouvertures (en arc segmentaire) et l'absence de décor mis à part les volutes terminant le pignon ouest, réminiscence du style jésuite. La sacristie d'axe à deux étages est un trait propre au Morbihan. La tour-clocher affiche des parentés avec celle de l'église du Mené disparue, du même architecte.

Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection secteur sauvegardé
Protections inscrit MH, 2005/10/19
Précisions sur la protection

L'église en totalité, à l'exclusion des deux annexes latérales ajoutées au début du 20e siècle (cad. BO 81) : inscription par arrêté du 19 octobre 2005.

Annexes

  • Procès-verbal, 1727

    A. D. Morbihan B 497 : 30 avril 1727 : Descente et PV en l´église de Saint Patern à la requête des fabriques attendu la chute du clocher. François Hyacinthe Dondel écuyer seigneur de Kergonan premier président et sénéchal du siège présidial de Vannes en compagnie de Me François Marie Fabre avocat substitut du procureur du roi et Henry Nicolazo commis au greffe.

    Dans la maîtresse vitre derrière le grand autel il y a 5 écussons sur la même ligne savoir le premier du côté de l´évangile passé de six pièces d´argent et d´azu, le second écartelé au premier de Bretagne qui est d´argent semé d´hermines sans nombre, le second de Montmorency qui est d´or à la croix de gueule et en surtout, les armes de Rosmadec passées d´argent et d´azur au nombre de six pièces le tout surmonté d´une couronne de marquis, le troisième écusson en dessus des armes de Rosmadec en places, et le quatrième écusson écartelé au premier quartier pallé d´argent et d´azur au nombre de six pièces, le second échiqueté d´or et de gueules, le troisième à neuf macles d´argent et le quatrième quartier de sable à l´aigle impérial d´argent membré et bec d´or, et le cinquième écusson contient les susdites armes de Rosmadec en plein.

    Avons vu qu´au milieu de la dite église et à deux pieds du balustre de la table de communion et en dehors du sanctuaire il y a un tombeau élevé de deux pieds sur la surface du pavé de l´église de la longueur de 6 pieds et de 3 pieds de largeur. Au pied duquel il se trouve placé un écusson en pierre de tuffeau et en alliance savoir au premier quartier pallé de six pièces d´argent et d´azur, au second quartier d´un échiquier dont on ne peut découvrir le fond, au troisième quartier de gueule à neuf macles d´argent et au dernier quartier d´un aigle impérial de sable au fond d´argent. Et qu´à la teste du dit tombeau, il se trouve un autre écusson et quarte quartiers en partie éffacé et sur lequel on ne découvre que les vestiges d´un écartelé au premier de lion, au second de macle, au troisième de croissant et au dernier d´une face, et au côté droit du même tombeau, il y a un troisième écusson qui est d´un fond non blasonné avec une face chargée de 5 hermines, et au côté gauche il y a aussi un quatrième écusson chargé d´un lion rampant dont le blason est éffacé pour lequel le Sr Comte de Kercado paye 40 s de rente à la fabrique.

    Le Sr recteur, les fabriques nous ont déclaré qu´avant la chute du clocher arrivé le 9 de Mai 1726 il y avoit un banc à queue d´environ 8 pieds de long sur 4 pieds de front appartenant au feu Sr Gibon de Couetec du blason duquel ils ne se souvenaient pas et ce du côté de l´évangile vis-à-vis des piliers et de l´escalier par lequel on montait à la tour à la distance de 24 pieds du balustre de la table de communion et que le dit banc étoit prêt et touchant au même pilier pour lequel on paye 3 £ de rente à la fabrique.

    Le Sr recteur, les Srs fabriques et les députés nous ont fait voir une pierre tombale sans écriteau ni armoirie joignant le même balustre du côté de l´évangile à la distance de 5 pieds de la longère de l´église qu´ils nous ont dit unanimement être prohibitive à la famille des Srs Sesbouez au parsus duquel ils nous ont dit n´avoir aucune connaissance d´aucune autre prééminance dans la dite église que nous avons visité en dedans et par dehors sans y avoir également rien aperçu au-delà des droits honorifiques cy-dessus dont acte.

    Et faisant droit sur le réquisitoire des dites fabriques et députés nous ordonnons qu´il soit dresssé un PV par les nommés Charles Charillec Me charpentier, et Jean Rontence maçon lesquels ont prêté serment.

    Avons vu que la place de l´ancien clocher est aidé par la chute arrivé d´iceluy et que les longères et les charpentes de la même église ainsi que les chapelles qui y sont attachées sans en excepter le chœur, le bâtiment qui avoit été nouvellement bâti derrière le maître autel sont tellement ébranlés tant par la chute du dit clocher que par la mauvaise construction des ouvrages qu´il est nécessaire de démolir ce qui reste pour rebâtir une autre église ainsi que les mêmes experts nous l´ont rapporté.

  • Sources iconographiques

    20075605801NUCA : Bibliothèque de Rennes-Métropole

    19975601177X : Archives municipales de Vannes, 21 Fi.

    20015604403NUCB : Archives départementales du Morbihan, 3P 593.

    19975601218XA : Archives municipales de Vannes

    19975601217X : Archives municipales de Vannes

    19985600193XA : Archives municipales de Vannes

    20035604070NUCB : Archives départementales du Morbihan, 5M 230.

    20015600173XA : Archives départementales du Morbihan, 1 Fi 126.

    20015600298XA : Archives départementales du Morbihan, 2 Fi.

    20045606172NUCB : Fonds privé, CPA088.tif.

    19925600117XB : Inventaire général

    20035603823NUCB : Fond privé

  • Repères chronologiques

    Les recherches archivistiques nous permettent de connaître

    l’église avant l’effondrement de la tour-clocher qui provoque sa ruine ainsi

    que les travaux qui suivent pour sa reconstruction :

    • 15 novembre 1698 mémoire des matériaux fournis pour les réparations des

    couvertures de l’église (ardoises, clous, chaux, cheville) par Jan.

    • 22 avril 1699 quittance de Gilles Plaudrain pour tous frais du caderans

    solaire fait contre le pignon de la croisée de l’église du costé de la

    grande rue (10 livres

    13 sols).

    • 1700 réparations de la charpente : mémoire du bois qu’il reste à acheter pour

    la charpente de Saint-Patern par Jean Glas qui obtient le marché. Ces

    travaux de réparations peuvent correspondre à la charpente de la nef qui

    est dite dans le procès-verbal de visite de 1727 de très mauvais

    assemblage sans liaison [et] qui contribue encore à pousser les murailles

    qui sont vieilles et caduques en dehors ».

    • 30 juillet 1701 payé à Le Ray (l’architecte ?) la somme de 60 livres à valoir

    au marché de la massonne pour le rallongement de l’église de Saint-Patern.

    Ce rallongement de l’édifice est cité dans le procès-verbal de visite de

    1727 qui constate l’état de ruine de l’édifice : Et ayant visité un bout

    de ralongement qui a esté fait à la teste de l’église depuis quelques années

    […]. D’après l’abbé Luco qui reproduit ce document dans son article, il

    s’agit du prolongement du chœur et de la sacristie réalisés d’ailleurs

    très sommairement d’après ce procès-verbal car les enquêteurs constatent

    la faiblesse des longères pour soutenir l’écartement de la charpente […]

    [entraînant] l’ouverture qui s’est faite dans l’arcade qui est dans le mur

    de refente […] de manière que ce bout d’église ne peut rester debout

    lorsqu’on défera le pignon qui est entre la vieille église et le neuf. A l’issue

    de leur visite, les enquêteurs soulignent la nécessité de démolir ce

    bâtiment neuf pour profiter des matériaux et aider à réédifier l’église

    qu’on a dessein de bâtir à neuf.

    • 30 septembre 1701 Jean Martin fait deux estrieux de fer pour lier la charpente

    avec la vieille. Il est question en effet dans le procès verbal de visite

    de 1727 d’un tirant chevillé sur les sablières pour empescher la poussée

    de la charpente et l’écartement des dits murs […].16

    août 1702-1er mai 1703 mémoire des matériaux fournis par René Le Barbier

    pour le bâtiment neuf de l’église de Saint-Patern (ardoises, clous,

    lattes) pour 271 livres 8 sols 3 deniers. Ce bâtiment neuf

    correspond au prolongement du chœur et de la sacristie située en façade

    nord puisque l’on suppose l’existence d’une maîtresse-vitre au-dessus du

    grand autel. En effet, il est signalé en 1698-1699 un raccomodage du

    treilly du vitraille du grand autel pour seulement 4 livres 11 deniers.Janvier

    1703 mémoire des matériaux fournis pour réparer la couverture de l’église

    de Saint-Patern.

    • 15 décembre 1703 payé 16 livres 10 sols pour six barreaux de la fenestre de

    la sacristie.

    • 11 mai 1704 payé 90 livres à Yves Le Ray architecte pour des

    augmentations par luy faites dans le bastiment du chœur et grand autel par

    délibération du 11 mai 1704.

    Ruine de l’église :

    • 1721 effondrement de 15 pieds de la tour-clocher de l’église du à une

    grosse tempête.

    • 17 septembre 1724 décision d’abattre et de relever cette tour mais cette

    décision n’est pas exécutée assez rapidement.

    • 9 mai 1726 effondrement total de la tour-clocher de l’église ruinant

    l’édifice et ses chapelles.

    Les travaux de reconstruction :

    • 20 avril 1727 différends sur la reconstruction : les paroissiens ne sont pas

    d’accord de commencer celle-ci par le chœur et la croisée pour 2 raisons

    dont la seconde est l’espace trop grand selon eux existant dans le projet

    de l’architecte Olivier Delourme entre l’édifice neuf et le bout de

    l’ancienne nef qui doit rester debout jusqu’à ce que le général aie trouvé

    les fonds pour le réédifier ; afin d’éviter le retardement, les

    paroissiens préfèrent d’abord bastir la croisée et la partie de la nef

    depuis la dite croisée jusqu’à l’ancien ouvrage resté debout à savoir les

    murailles, charpente et couverture, enduit, crépissage et blanchissage des

    murailles, serrures et vitrages. Les arcades nécessaires dans la longueur

    de la dite nef pour les chapelles et tour se feront dans la suite ainsi

    que le lambris et le pavé lorsque le Général aura des fonds.

    • 30 avril 1727 procès-verbal d’une visite constatant l’état de ruine de

    l’ancienne église après la chute de la tour.

    • 1727 sur les conseils de l’architecte Olivier Delourme utilisation des anciens matériaux de

    l’église pour la reconstruction.

    • 19 septembre 1728 sur l’avis de Delourme nécessité d’allonger les bas-côtés

    encore d’une chapelle pour qu’il s’en trouve trois de chaque côté au lieu

    de 2 qui sont commencées. Deux raisons sont données. La première concerne

    les derniers piliers actuellement bâtis qui ne sont pas assez forts pour résister

    à la poussée des arcades. Ce qui a entraîné la pose de pieux de bois entre

    les piliers neufs et les vieilles longères restant debouts pour servir

    d’arc-boutants et contreforts à la poussée des voûtes. La seconde tient à

    l’utilisation impossible de l’édifice commencé sans le fermer pour les

    besoins du culte ce qui obligeroit de continuer la vieille charpente et

    couverture pour joindre l’église neuve afin de pouvoir se servir de la

    neuve église et de ce qui reste de l’ancienne pour faire cet ouvrage. Il

    en coûteroit beaucoup plus qui se trouveroit d’argent perdu dans la suite

    estant obligé de le deffaire et démolir dans la suite pour recontinuer le

    restant de l’église ce qui n’arrivera pas en faisant et ajoutant à ce qui

    est fait une chapelle de chaque costé parce que le dernier pilier du côté

    du nord faisant un des piliers de la tour qui se doit faire dans la suite

    se trouvant plus fort que les autres n’aura pas besoin d’arc-boutant que

    de le joindre seulement par la massone avec la vieille et celuy de l’autre

    côté se trouvera aussy fortifié par le jambage de la porte du porche et

    qui se fera avec le pillier et par le moyen l’église neuve joindra ce qui

    reste de la vieille église et l’on mettera en état de servir comme la nef

    quelque temps en faisant une cloaison ? et d’ardoises pour clore la

    hauteur de ce que l’église neuve passe au-dessus de la vieille et faisant

    l’ouvrage de cette manière elle sera utile et sans estre obligé de rien

    démolir et refaire dans la suite lorsque la paroisse sera en état de

    continuer de rebâtir le restant de la dite église ». On demande dans ce

    sens à Delourme de faire « un devis et une estimation de tous les bois

    nécessaires pour la charpente de la dite église et couverture tant

    chevrons qu’ardoises et cloux et lattes et oeuvre de main de la dite

    charpente et couverture et même de la ferrure nécessaire pour les vitraux

    et des vitres et du revissage et chaux de sable sur les murs par dehors et

    enduit aussy de chaux et sable par dedans et blanchis et du lambris de la

    ditte église et des portes avec leurs serrures et ferrure ? et d’oster les

    ouvrages qui seront de trop dans la dite partie commencée avec les 2

    chapelles en estat de servir avec la table d’autel simplement et le marche

    pied.

    • 19 septembre 1728 à la même date est prise la décision de construire une

    sacristie et on prie le sieur Delourme de joindre aux devis ci-dessus

    mentionnés cette dépense.

    • 1729 décès de l’architecte Olivier Delourme.
    • Entre le 27 mai 1736 et le 15 juin 1737 taille et pose de la pierre de taille

    des balustres du chœur et des 2 autels de la croisée ; tailler et poser

    les quarreaux du sanctuaire.

    • Entre le 27 mai 1736 et le 15 juin 1737 payé à Blévenec 52 livres et 10 sols

    et autres charpentiers de cadet pour avoir monté et descendu les echafaux

    pour placer les lambris.

    • Entre le 27 mai 1736 et le 15 juin 1737 demande de décharge de la paroisse

    Saint-Patern dans les comptes d’une somme de 18 livres pour une

    année de loyer d’une boutique qui a servi ci-devant de sacristie.

    • 27 mai 1736 marché avec Jean Aillo maître-menuisier de cette ville et Pierre

    Tubout son beau-frère pour l’exécution des lambris du chœur et croisée de

    l’église neuve - procompte du lambris de l’église neuve de Saint-Patern. 371 livres et 5

    sols pour la façon de 135 toises et six pieds du lambris suivant le marché en date du 27 may 1736.

    • 30 mai 1736 le fabrique reconnaît avoir reçu de Pesnelle de Vannes 100

    planches de Hollande pour les lambris au prix de 125 livres.

    • 27 aôut 1736 marché passé avec Jean Lescornet maître-sculpteur à Vannes pour

    le maître-autel de l’église neuve suivant ses dessins. Ce maître-autel est

    remplacé dans le courant du 19e siècle, vers 1861.

    • 13 septembre 1736 Pierre Guillaume reconnaît avoir reçu la somme de 148 livres pour le

    blanchissage et le huilage du lambris de l’église contenant 135 toises –

    et la somme de 12 livres 12 sols pour le blanchissage des pierres de

    taille des vitraux et des piliers de l’église avec le bas de l’ancienne

    église- et 1 livre 16 sols pour le huilage des 2 portes de la croisée.

    • 24 octobre 1736 mesurage et toisage de la superficie concave du lambris de

    l’église Saint-Patern (confère la transcription du document).

    • 29 octobre 1736 marché passé avec Jean Vincent Chenay pour tout le vitrage de

    l’église neuve de Saint-Patern consistant dans les quatre grands vitraux

    du chœur, quatre pareils vitraux de la croisée de la même église et six

    autres vitraux des bas-cotés des chapelles […]. 300 livres pour le

    verre fourni.

    • Du 8 septembre 1736 au 28 avril 1737 sciage des bois pour les parquets et

    autres œuvres de menuiserie.

    • Du 27 mai 1736 au 15 juin 1737 payé à Pierre Tubout maître-menuisier et 4

    compagnons pour 2 portes de la croisée, tembours, cloisons et armoires de

    la sacristie, garnir le tour du chœur de planches reblanchies, bancs et

    chaises du chœur, poser les confessionnaux et raccomoder les vieux et

    autres ouvrages les plus pressants.

    • Du 27 mai 1736 au 15 juin 1737 payé à Housset plombeur 164 livres 3 sols 3

    deniers pour solde de fourniture et façon de la garniture du dôme en plomb

    et étaux de l’église.

    • Du 27 mai 1736 au 15 juin 1737 payé à Penelle 100 livres pour 100

    planches de chataîgniers pour le parquet.

    • 5 décembre 1736 marché passé avec Claude Housset maître-menuisier pour faire

    un parquet neuf dans le chœur de l’église neuve de Saint-Patern et de

    couvrir en parquet dans le même goût le marche-pied et les marches du

    grand-autel.

    • Du 27 mai 1736 au 15 juin 1737 payé à Hardy 28 livres 12 sols

    une centaine de tuffau en 24 pièces pour le grand autel avec Hardy de

    Nantes.

    • Du 27 mai 1736 au 15 juin 1737 payé à Lotember sculpteur pour la façon d’un

    dessin d’autel. On sait que ce sculpteur a aussi travaillé pour la

    cathédrale Saint-Pierre.

    La construction de la tour :

    • 1755 début de la construction de la tour clocher. Cette date a été trouvée dans

    un extrait du registre des délibérations du conseil municipal de la ville

    de Vannes datant du 14 février 1826 (confère la transcription de ce

    document).

    • De 1769 à 1777 compte-rendu fait par Gérard Danet au Général de la paroisse

    Saint-Patern de Vannes des dépenses faites pour la bâtisse de la dite

    paroisse dont il est chargé. Dans ce compte-rendu, il est signalé le 26

    septembre 1769 14 livres pour des pierres tirées à Arradon sur billet

    de M. Ulliac ; le 5 juin 1770 et le 15 août 1770 200 livres

    à M. Ulliac architecte pour à valoir de ce qui lui est du pour la conduite

    de l’ouvrage. La question se pose de savoir si Ulliac conduit cet ouvrage

    suivant ses plans ou ceux de Olivier Delourme.

    • 16 juin 1770 11 chartées de pierre de Tréalvé 2 livres 4 sols.
    • 5 août 1771 10 livres au serrurier pour les 2 portes de la tour.
    • 10 août 1771 3 livres pour passage en couleur des 2 portes de la tour.
    • 8 septembre 1771 18 livres pour des pierres achetées sur le port. On

    retrouve à de nombreuses reprises cette mention.

    • Entre le 10 juin 1770 et 26 mai 1771 payé à Quemard pintier la somme de 10 livres 2 sols

    pour la réparation du dôme de la croisée du transept.

    • Entre le 14 janvier 1772 et le 6 juin 1773 il est signalé dans les comptes que

    l’on réserve la somme de 817livres 8 sols à être employée aux travaux de

    la tour et dont le comptable s’est chargé au compte des dix travaux.

    • 25 février 1772 196 livres 4 sols pour 109 planches de sapin suivant billet de Mr Ulliac à Conan.
    • 21 août 1773 153 livres 3 sols 3 deniers pour façon de 2800 pieds de lambris à 17 charrois à 3

    livres 10 sols.

    • 21 août 1773 43 livres 11 sols 6 deniers pour les charrois du gros bois pour faire la porte.
    • 8 mars 1775 72 livres payé à Quinvis pour façon de la grande porte.
    • 1775 le comptable demande la décharge de 42002 livres 3

    sols et 2 deniers justifiés, consommées et employées aux frais de la

    bâtisse de la tour.

    • 1775 d’après Luco rallongement du bas de la vieille nef de 2 travées avant la

    construction de la tour clocher. Le nombre de vitraux indiqués pour la nef

    dans le marché passé avec Jean Vincent Chenay en 1736, c’est à dire 6 (3

    de chaque côté) indiquent le nombre de travées rajoutées : soit 2 de

    chaque côté. Ne pas oublier que Olivier Delourme avait fait rajouter une

    travée en cours de réalisation de la nef (confère la transcription du

    texte). Ce qui correspond aux traces de reprises existantes aujourd’hui

    sur les façades latérales.30

    juillet 1777 payé 12

    livres 12 sols à Jean-Pierre Renaud pour avoir

    garni et blanchi une des chapelles neuves. Ce qui correspond au

    rallongement mentionné par Luco.

    • 3 septembre 1777 compte à Guinois pour façon du lambris de la nef 60 livres.
    • 5 septembre 1777 au même pour le lambris d’une chapelle.
    • 28 septembre 1777 22 livres pour blanchissage et crépissage d’une

    chapelle.

    • 1780-178 le recteur Le Croisier a payé conformément à la délibération du 21

    septembre 1779 le montant des services dus pour feu sieur Croisier, son

    père la somme de 327 livres 8 sols en employ de pareille somme à la

    construction de la tour suivant les billets de monsieur Bocherel (sacriste

    de Saint-Patern). Le procès mentionné ci-dessous concerne aussi cette

    affaire.

    • 1784 procès entre le sieur Le Croisier, recteur de Saint-Patern et le Général

    de la paroisse au sujet des quêtes effectuées pour la construction de la

    tour-clocher et l’utilisation des fonds collectés. Ce document imprimé du

    procès indique la construction de la tour jusqu’au second étage et

    l’existence d’une superbe galerie correspondant au grand escalier d’accès

    à l’édifice depuis la rue de La Fontaine.

    • 1809 le plan cadastral de 1809 indique les fondations de la tour.
    • 23 mai 1825 projet d’achèvement de la tour par Brunet-Debaines.
    • 1826 secours de 7000 francs voté par le conseil municipal de la ville pour

    finir la tour clocher. Trace d’un courrier concernant l’octroi d’une aide

    de 1000frs, en 1826 pour achever le clocher commencé.

    • Entre 1834 et 1843 les budgets prévisionnels de la fabrique annoncent plusieurs

    fois la peinture du lambris de l’église pour 2000frs.

    • 1841 et 1844 le plan d’alignement de 1841 indique l’achèvement de la

    tour-clocher. Le plan cadastral de 1844 indique des porches d’entrée

    hors-oeuvre greffés aux angles où se rejoignent le transept et le chœur.

    • 1861 dans les comptes de fabrique, le maître-autel est en cours d’exécution

    ainsi que le carrelage du chœur.

    • 28 avril 1878 mémoire des travaux de décoration à exécuter pour le chœur par

    Charpentier, peintre décorateur. Suivent en mai de la même année, ceux de

    la nef et du transept par Charpentier également.

    • 1879-1882 réparations sur les toitures du chœur et de la nef. Dans les comptes de

    fabrique, il est noté que la toiture de l’église demandoit des réparations

    urgentes en vertu d’une délibération du 6 juillet 1879. On décida de

    commencer immédiatement les travaux en y employant tous les fonds

    disponibles. Mais les dépenses ont été beaucoup plus considérables qu’on

    ne l’avait prévu. Elles atteignent le chiffre de 7449, 51frs. Cette somme

    sera payée sur plusieurs années. Il existe à ce sujet deux plans de

    toiture : un dressé par Mathurin Fraboulet (de Nantes) daté du 15 juillet

    1882 et un autre plan du 15 février 1883 signé par l’architecte voyer de

    l’époque (signature illisible).

    • 19 août 1903 travaux de grosses réparations sur la toiture du transept et du

    chœur, et la charpente du transept. Travaux faits par Julien Richard pour

    3010, 88frs.

    • 1905 réparations du plafond des voûtes du transept de l’église suite à la chute

    d’un bloc de plâtre qui s’est détaché des arcs diagonaux du transept de

    l’église. Les sondages indiquent à cette époque l’existence d’un enduit en

    plâtre posé sur un voligeage en bois pourri à certains endroits et à

    changer sur environ 108m², des risques de chutes des moulures en plâtre

    formant les arcs diagonaux et la réfection de la rosace formant la clef de

    voûte. Il est prévu dans le devis estimatif un enduit à deux couches en

    plâtre sur lattis neuf, compris la démolition de l’ancien enduit et

    lattis.

    • 25 juillet 1907 projet de reconstruction et reconstructions effectuées des 2

    porches par l’architecte G. Muiron. La demande est faite par la fabrique.

    Ces deux porches seront ensuite repris et transformés par l’architecte

    Caubert de Cléry dans ses projets d’annexes. Ils sont ce qui existent

    aujourd’hui.Août

    • 1922 projet d’annexes de la partie nord du chœur de l’église par l’architecte

    Caubert de Cléry.

    • 5 juillet 1923 agrandissement de la partie sud du chœur par Caubert de

    Cléry.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Morbihan B 497 : 30 avril 1727 : Descente et PV en l´église de Saint Patern à la requête des fabriques attendu la chute du clocher. François Hyacinthe Dondel écuyer seigneur de Kergonan premier président et sénéchal du siège présidial de Vannes en compagnie de Me François Marie Fabre avocat substitut du procureur du roi et Henry Nicolazo commis au greffe.

    Archives départementales du Morbihan : B 497
Documents figurés
  • A. D. Morbihan 1 Fi 126. Projet d'élévation : chapelle du Méné (?), 18e siècle.

    Archives départementales du Morbihan : 1 FI 126
  • A. D. Morbihan 2 Fi. Vue de la ville de Vannes (prise du nord). Dessin par Taslé, 1836.

    Archives départementales du Morbihan : 2 Fi
  • Inventaire général. Bretagne. Fonds cartes postales anciennes.

  • A. M. Vannes. 7Fi. Fonds cartes postales anciennes.

    Archives départementales du Morbihan : 7 Fi
Bibliographie
  • THOMAS-LACROIX, Pierre. Le vieux Vannes. Malestroit, presses de l'Oust, 2e édition, 1975.

    p. 63-65
  • LE MENE, Joseph-Marie. Topographie historique de Vannes. Vannes, Galles, 1897.

    P. 34-39
Périodiques
  • GUYOT-JOMARD, Alexandre. La ville de Vannes, ses murs, ses abords, ses fauxbourgs, voies, chemins et routes. In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan, 1887 et 1888. Vannes, impr. Galles, 1889.

    p. 62-66
  • LE PENNEC, Christophe. Fouilles archéologiques à l'église Saint-Patern de Vannes (2006-2008) . In : Bulletin de la Société polymathique du Morbihan . T.CXXXVII. 2011.

    p. 47-64
  • BONGRAND, Nathalie. L'église Saint-Patern de Vannes. in : Congrès archéologique de France. Morbihan. 1983.

    p.332-338.
  • FRELAUT, Bertrand. Les retables de l'église Saint-Patern. In : Bulletin des Amis de Vannes, 2009, n°34.

    P. 22

Liens web