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Église paroissiale Saint-Denis (Saint-Gravé)

Dossier IA56008113 inclus dans Village dit Bourg de Saint-Gravé réalisé en 2013

Fiche

L’église qui résulte de diverses reconstructions à la charnière des 19e et 20e siècles adopte un plan irrégulier dont le symptôme le plus évident est l’emplacement de la tour-clocher, à l’extrémité du bras sud, une position pour le moins inhabituelle dans les églises paroissiales bretonnes. Le seul vestige en place semble le bras nord du transept et sa chapelle jumelle, malgré la réfection de leurs baies au 20e siècle : la conservation du blason des Rieux-Rochefort dans le pignon du bras nord est à mettre en lien avec l'ancien presbytère, ancien relais de chasse des comte de Rieux.

L'apposition sur le pan axial du chevet du blason en remploi des Du Matz en alliance avec la Marzelière montre bien la position prédominante qu'avaient encore les possesseurs du château du Brossay lors de la reconstruction de l'église au début du 20e siècle.

VocablesSaint-Denis
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonCommunes riveraines du canal de Nantes à Brest - Rochefort-en-Terre
AdresseCommune : Saint-Gravé

On ne connaît pas la date de l’ancienne église de Saint-Gravé. Lors de l’enquête de l’an 11, elle est déclarée en bon état, tandis que l’enquête sur les édifices publics de 1811 fait apparaître que le pignon ouest a besoin d’être relevé.

En 1891, Le Méné y remarquait deux fenêtres ogivales et les restes d’une construction ancienne au sud de la nef (ossuaire ?) qu’il ne date pas.

Le 10 août 1881, l’inspection de l’église faite par l’architecte Maignan aboutit à la conclusion que l’église doit être reconstruite en raison de son état qui nécessiterait pour sa remise en état des dépenses équivalant à une reconstruction « tout en conservant un aspect fâcheux par suite de son peu d’élévation, de l’étroitesse de sa nef et de son insuffisance comme surface ».

En 1899, la reconstruction partielle de l’église paroissiale est décidée : plan et devis sont signés par les frères Le Diberder, architectes à Nantes. Le devis pour la nef et le transept s'élève à 35000 fr., et à 19900 fr. pour le clocher. Le conseil municipal propose que seuls nef et transept soient réalisés dans un premier temps, mais dans le plus bref délai. La somme de 35000 fr est donnée par le Général de Kerdrel, maire, le 12 août 1899. Il était précisé : « Cette construction sera faite en moellon de granite et en pierre de taille de granite pour l’extérieur, les contreforts,les fenêtres, les couronnements de gâbles, le clocher, et en pierre blanche de Lavoux et de Saint-Savinien pour les colonnes, les contournements, les nervures des voûtes et les encadrements des baies.»

Les travaux sont adjugés le 12 octobre 1899. Il est probable que sont remployées certaines parties des ouvertures : archivolte et fleuron ainsi qu’une partie des pilastres de l’élévation ouest, piédroits de certaines fenêtres ; aucune n’est réalisée en pierre blanche comme le précisait le devis.

Peut-être en raison de la loi de 1906 (séparation de l’Eglise et de l’Etat), il n’est plus fait mention dans les archives de travaux dans l’église. Or, à l’analyse, il semble que le chœur ancien, conservé dans sa partie proche du transept (on remarque dans le mur nord du chœur une porte en arc segmentaire bouchée qui pourrait remonter au 18e siècle) a été augmentée d’un chœur polygonal au début du 20e siècle ; le pan axial remploie un blason mi-parti en alliance couronné représentant les familles du Matz et de la Marzelière qui fait sans doute référence à René Du Matz et Gillone de la Marzelière, mariés dans la 1ère ½ du 17e siècle. Sous le blason de la Marzelière, armes non identifiées. Ce même blason est figuré dans la chapelle de la Bogerais.

De même, le clocher est reconstruit à l’extrémité du bras sud du transept. On remarque également des reprises dans le contrefort d’angle et la fenêtre de la chapelle nord-ouest, dans les contreforts d’angle de la façade ouest, en granite de taille industriel.

Un second blason écartelé aux armes non identifiées est inséré dans le pignon nord de la chapelle nord-ouest : ce blason aiderait à préciser la date de construction des parties conservées, chapelles nord et partie est du chœur, du 17e ou du 18e siècle : Gallot dans son rapport précise seulement qu’elles existent déjà, de même que la sacristie qui parait cependant dater du 19e siècle. Quant aux chapelles, elles ont été modernisées lors de la reconstruction de la nef par l’ajout de nouveaux contreforts et rampants, d’oculus identiques en pignon ainsi que de nouvelles baies, celles de la chapelle ouest sans doute contemporaines de la dernière campagne.

Les archives communales révèlent aussi qu'en 1902 est voté un budget pour l'acquisition du mobilier : maitre-autel, chaire, deux confessionnaux, sainte table, bancs et mobilier de sacristie. En 1929, l'église est électrifiée par l'entreprise nantaise Champroux.

Période(s)Principale : limite 19e siècle 20e siècle
Secondaire : 18e siècle
Dates1899, daté par source
Auteur(s)Auteur : Le Diberder, frères architecte attribution par source
Personnalité : Audren de Kerdrel commanditaire attribution par source

L’église qui résulte de diverses reconstructions montre un plan irrégulier dont le symptôme le plus évident est l’emplacement de la tour-clocher, à l’extrémité du bras sud.

Construite en moellons de granite avec baies en pierre de taille de granite, elle se compose d’une nef à quatre travées avec bas-côtés, de bras de transept accotés d’une chapelle au nord et au sud, d’un chœur polygonal.

Sur l’élévation ouest à trois travées séparées par des contreforts, l’accent est mis sur la travée centrale avec porte en anse de panier surmonté d’une fenêtre en arc brisé, l’ensemble encadré de pilastres qui supportent une archivolte dont le fleuron parait remployé. Les travées latérales sont percées de niches à appui à cordelière et dais fleuronné. Les trois premières travées de la nef sont éclairées de chaque côté par une baie en arc brisé à remplage néogothique probablement en calcaire. La quatrième travée correspond au sud à une chapelle ouverte d’une fenêtre au sud identique à celles de la nef ; elle est couverte d’un toit à pignons et noues multiples. La chapelle en vis-à-vis au nord est ouverte en pignon d’une baie en plein cintre récente et d’un oculus chanfreiné au nord.

Avec son pignon découvert et son oculus, le bras nord fait pendant à la chapelle nord, si ce n'est qu'elle possède une porte rectangulaire chanfreinée qui est surmontée d'une baie en arc brisé à remplage redenté. Au-dessus de l'oculus, elle conserve un blason écartelé à cinq besants au 2 et 3, vairé au 1 et 4, un écu à deux fasces sur le tout (Rieux-Rochefort + Harcourt).

Le chœur à noues multiples à cinq pans est percé de larges baies en arc brisé à remplage redenté, surmonté dans le pignon d'un jour ; les rampants découverts sont en pierre de taille de granite et terminés par un fleuron. Au-dessus de la baie axiale est remployé le blason en alliance des du Matz.

Les colonnes qui séparent nef et chœur des bas-côtés sont en calcaire. Chaque travée de la nef est éclairée par une baie en arc brisé à remplage néogothique probablement en calcaire. La fausse voûte (en brique ?) à nervures en calcaire recouvre l’ensemble de l’édifice en unifiant les différentes parties.

Statut de la propriétépropriété de la commune

Annexes

  • 1881 : inspection de l’église par l’architecte Maignan

    AD Morbihan. 2O. Dossiers d’administration communale. 2O218/1811. Saint-Gravé. Travaux communaux.

    10 août 1881 : inspection de l’église par l’architecte Maignan :

    « Avons reconnu que l’église se compose d’une seule nef centrale et de deux chapelles latérales situées en regard à droite et à gauche de la nef. A l’extérieur est située en saillie une porte latérale et un ossuaire. La surface intérieure est insuffisante pour les besoins de la population (…)

    Les murs sont construits en moellons liaisonnés au mortier de terre et malgré leur épaisseur, l’un des murs de la nef centrale est fortement bouclé ( ?) sur sa hauteur et ne serait déjà plus debout depuis longtemps s’il n’était appuyé par l’ossuaire extérieur.

    La charpente n’est pas en très bon état et la toiture est mauvaise.

    Le dallage intérieur est mauvais, les murs sont mal et irrégulièrement percés, l’aspect général enfin tant à l’intérieur qu’à l’extérieur est celui d’une vieille construction qui ne saurait être remise en bon état sans exiger des dépenses presque égales à une construction neuve tout en conservant un aspect fâcheux par suite de son peu d’élévation de l’étroitesse de sa nef et de son insuffisance comme surface.

    Nous estimons donc que cette église doit être remplacée

    (…) »

  • 1899 : Reconstuction de l'église

    AD Morbihan. 2O. Dossiers d’administration communale. 2O218/1811. Saint-Gravé. Travaux communaux. Reconstruction de l’église

    Rapport fait à la commission par l’architecte Gallot de Lorient, 19 août 1899

    L’église de Saint-Gravé étant défectueuse (…), les maçonneries étant en mauvais état, faites de mauvaises maçonneries de terre, le conseil de fabrique a décidé que l’église serait refaite dans sa plus grande partie, en ne conservant que le chœur et quelques parties de construction plus récentes que les autres et plus solides. Les ressources ne permettant pas la construction immédiate du clocher, cette partie de la construction été ajournée.Par suite un projet a été dessiné par M. Diberder frères,architecte à Nantes. ( …)Ce projet a été dressé sur les données les plus simples en raison des ressources de la commune.L’église se composera d’une nef à 4 travées, d’un transept,d’un choeur et d’un clocher, ce dernier dans l’axe longitudinal du transept.Une sacristie, le chœur et une partie du transept existent déjà.La nef sera accompagnée de bas-côtés, le tout sera couvert d’un seul tenant par une toiture à deux versants.De robustes contreforts de 1,20m. X 0,60m viendront contrebutter facilement les voûtes légères en plâtre des bas-côtés de petite largeur.Il en sera de même pour l’équilibre des voûtes de la nef, les arcs formerets étant surchargés jusqu’à la limite même de la toiture.Cette construction sera faite en moellon de granite et en pierre de taille de granite pour l’extérieur, les contreforts, les fenêtres,les couronnements de gâbles, le clocher, et en pierre blanche de Lavoux et de Saint-Savinien pour les colonnes, les contournements, les nervures des voûtes et les encadrements des baies. (…)Devis des architectes Le Diberder établi à Nantes le 14 août 1900

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Morbihan. Série P. 3P 260. Plan cadastral 1840. Tableau d'assemblage et feuilles par sections.

    Archives départementales du Morbihan : 3P 260
  • AD Morbihan. 2O. Dossiers d’administration communale. 2O218/1811. Saint-Gravé. Travaux communaux. Reconstruction de l’église

    Archives départementales du Morbihan : 2O218
Bibliographie
  • LE MENÉ, Jean-Marie. Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes. Vannes, 1891-1894. Reéd. Coop Breizh, 1994.

    p. 390 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du Département du Morbihan. Paris : Imprimerie impériale, 1863.

    col. 215-216 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)