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Eglise paroissiale Notre-Dame-de-la-Purification (L'Hermitage)

Dossier IA00007812 réalisé en 1994

Fiche

Œuvres contenues

L'église Notre-Dame-de-la-Purification est un édifice d'une grande importance pour l'histoire de la commune. En effet, ce monument est la représentation d'une partie de l'histoire de l'architecture religieuse depuis l'époque romane jusqu'au néo-classicisme en passant par le néo-gothique. Elle est le témoin de ces passages qui se sont opérés entre chaque époque mais également le témoin de l'histoire de la commune car elle porte en son sein les signes héraldiques des seigneurs de L'Hermitage tels que les du Boberil, du Margat et les de Méjusseaume dont l'influence marque, encore de nos jours, le patrimoine de cette ville.

VocablesNotre-Dame-de-la-Purification
Dénominationséglise paroissiale
Aire d'étude et cantonRennes Métropole - Mordelles
AdresseCommune : Hermitage (L')
Cadastre : 1988 AB 275

À ses origines, au XIe siècle, l'église est dédiée à Saint-Avit, un ermite dont la légende veut qu'il se soit retiré au VIe siècle à L'Hermitage, près d'une source, afin d'y exercer ses dons de guérisseur.

Cette dévotion semble localement séculaire néanmoins aucun document ne vient confirmer la venue du saint en ce lieu. L'église est finalement dédiée à la Sainte-Vierge que l'on honore, encore aujourd'hui, durant la fête de la Purification (également appelée fête de la Présentation de Jésus au Temple).

Selon le pouillé historique de Rennes une première église est édifiée à la fin du XIe siècle dont les seuls témoins qui nous restent sont le chœur et l'abside devenue sacristie. Cependant, ces derniers ont subi de nombreuses modifications.

La nef est modifiée à la fin du XVe siècle début du XVIe siècle mais elle garde son tracé d'origine. La chapelle latérale sud a certainement été rajoutée à cette période. Pour les seigneurs de Méjusseaume elles est d'abord dédiée à Saint-Roch puis à Saint-Louis.

Peu de temps après, aux XVIIe et XVIIIe siècle, l'église subit quelques travaux dont certains sont menés par le recteur de la paroisse de L'Hermitage, Pierre Even, en fonction de 1620 à 1650. Celui-ci est également à l'origine de la construction du presbytère en 1638.

Des travaux qui ont été menés sur l'église durant ces deux siècles il ne reste de visible que la porte d'entrée présente sur le mur sud (on retrouve la date de 1627 gravée au-dessus) ainsi qu'une des trois cloches que possède ce monument (elle est datée de 1777 et est classée au titre des Monuments Historiques depuis 1919).

En 1827 le chœur et la nef de l'église sont réaménagés dans un style néo-classique par l'architecte Jean-François Pointeau, en fonction à la même période sur l'église Sainte-Croix de Vitré et l'église Saint-Pierre de Vezin le Coquet. Ce dernier détruit l'arc triomphal qui séparait le chœur de la nef. Il modifie également le plan de l'église afin d'obtenir une croix latine. En effet, il agrandi ce qui n’était qu’un petit renfoncement dans le mur nord, alors nommé chapelle du Margat en référence à la famille dont elle dépendait, afin de créer l’actuelle chapelle nord dédiée à Notre-Dame du Rosaire. Cette dernière est donc venue répondre à la chapelle sud afin de former le transept de l'église.

En 1865 sont réalisés le prolongement de la nef côté ouest et la construction d'un clocher-porche d'inspiration néogothique sous la direction et d'après les plans de l'architecte Charles Langlois.

Le cimetière, qui entourait l'église, est transféré en 1926 date à laquelle est également achetée une horloge installée sur le clocher. La croix classée au titre des Monuments Historiques en 1946 qui se trouvait alors dans le cimetière est déplacée près de la porte d'entrée de la façade sud de l'église afin d'être mise en valeur.

Entre les années 1947 et 1950 a lieu la mise en place de plusieurs vitraux réalisés par l'atelier Rault.

Les restaurations qui ont lieu entre 1989 et 1993 ont donné son aspect actuel à l'église. En effet elles ont consisté en la suppression des plafonds plâtre que l'on a remplacé par une voûte lambrissée en châtaigner. C'est également à ce moment qu'ont été posés les entraits en chêne et qu'un piquetage des enduits muraux suivi d'une réfection à la chaux ont eu lieu.

Enfin, une campagne de restauration a eu lieu en 2001 afin de mettre au jour et de consolider les peintures murales, jusqu'alors cachées sous plusieurs couches d'enduits, présentes dans la chapelle sud de l'église. Le beffroi a également fait l’objet d’une restauration suite à un diagnostique complet de l'installation des cloches réalisé en 2002. Il a montré que les poutres d’assises placées dans les murs qui supportaient le beffroi étaient très abîmées et ne pouvaient plus porter les 1350 kg des trois cloches. À cette même période la toiture a été refaite selon les méthodes du XIXe siècle et un orgue à tuyaux a été ajouté dans l'église.

Période(s)Principale : 11e siècle
Principale : 4e quart 15e siècle, 1er quart 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 2e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 20e siècle
Principale : 21e siècle
Dates1827, daté par travaux historiques
1865, daté par source
Auteur(s)Auteur : Pointeau Jean-François architecte attribution par travaux historiques
Auteur : Langlois Charles architecte attribution par travaux historiques

L'église orientée, possède un plan en croix latine et son sol présente une déclivité assez marquée vers l'ouest. Elle est composée selon trois styles architecturaux : le roman, le néo-classique et le néogothique.

L'époque romane possède peu de témoin, seule l'abside semi-circulaire permet de s'en rappeler (actuellement transformée en sacristie) grâce à la fenêtre qui reprend la forme d'une meurtrière.

Le second, le néo-classique, se retrouve essentiellement au niveau du retable, dans le choeur, dans lequel on constate la présence du tableau d'Antoine Logerot La présentation de Jésus au temple réalisé en 1828 est inscrit entre deux pilastres eux mêmes présentés entre deux colonnes à fût monolithe d'ordre composite. Ce tableau est encadré par deux toiles imitant les bas-reliefs : celle du nord représente l'Annonciation et celle du sud la Visitation. Au-dessus de ces décors se déploient une frise puis une corniche et enfin un fronton triangulaire. Le tout est baigné dans la couleur or.

Enfin, le troisième style dit néogothique se retrouve essentiellement au niveau du clocher-porche réalisé en pierre de Montfort également appelée poudingue.

Entre le chœur et le clocher-porche une nef possédant une voûte lambrissée en chêne en plein cintre ainsi qu'un transept se déploient. Les bras de ce dernier accueillent tous deux une chapelle qui ouvre sur la nef au moyen d'une arcade en plein cintre. La chapelle sud a conservé sur son mur Est une crédence à arc ogival. Sur ce même mur on peut observer des peintures murales qui se déploient autour d'une large niche peinte en rouge (elle se trouve à l'emplacement d'une baie qu'elle est venue boucher).

Certaines de ces peintures sont datées du XVIe siècle tandis que d'autres, réalisées sur le même badigeon, datent du XVIIe siècle.

Le décor XVIe représente un groupe de huit saints au nord de la niche peinte en rouge. Seul le nom de Saint-Armel est encore visible dans un cartouche placé au-dessus de sa tête. On le reconnaît également par la présence d'un dragon à ses pieds.

Le décor XVIIe comprend deux médaillons portés par des anges dans lesquels on peut voir le portrait d'un homme et celui d'une femme. Un décors de faux joints blancs sur fond gris est également visible autour de la niche. Celui-ci a été réalisé sur un badigeon qui est venu recouvrir (peut-être au XIXe siècle) l'ensemble des peintures murales des XVIe et XVIIe siècles.

Certains éléments faisant partie de l'église sont également à noter comme le bénitier. Le culte pour Saint-Avit est rappelé par la présence d'une statue de bois polychrome le représentant avec un nourrisson à ses pieds.

On peut également noter la présence de signes héraldiques rappelant les seigneurs de la commune.

En effet, on retrouve le blason des seigneurs de Méjusseaume dans la chapelle sud (d'azur au lion d'argent chappé de gueules). Les armes des du Margat (d'argent au lion rampant de sable) peuvent être observées sur une des pierres tombales présentes dans l'église. Les armes des du Boberil (d'argent à 3 ancolies d'azur, les tiges en haut de gueules) se retrouvent elles aussi dans le monument notamment, semblerait-il, au niveau de la clé de voûte de l'abside actuellement cachée par un faux plafond.

Mursschiste moellon
calcaire pierre de taille enduit partiel
poudingue moellon
granite pierre de taille enduit partiel
Toitardoise
Plansplan en croix latine
Étages1 vaisseau
Couverturestoit à longs pans noue
flèche carrée
Typologiesclocher-porche, chevet arrondi
Techniquessculpture
peinture
Précision représentations

Armes de la famille des du Boberil, du Margat, de Méjusseaume.

Statut de la propriétépropriété publique
Précisions sur la protection

Calvaire inscrit Monument Historique, le 27 février 1946.

Cloche classée Monument Historique, le 25 octobre 1919.

Annexes

  • Enquête topographique rédigée en 1986 :
  • 19933500565X : AD, Ille-et-Vilaine, 6Fi.

    19933500564X : AD, Ille-et-Vilaine, 6Fi.

  • D'après l'enquête topographique départementale de 1994 sur les églises d'Ille-et-Vilaine

    "Vestiges de la période romane (abside et une partie de la nef ?) . Nef et chapelles latérales reconstruites au 16e siècle. Démolition de l'arc triomphal en 1825 par l'architecte Pointeau et aménagement du choeur. Reconstruction partielle, sur les plans de Charles Langlois, par Peschard entrepreneur, entre 1864 et 1867 (tour et prolongement de la nef)". Barbedor Isabelle et Véronique Orain

  • La dévotion pour Saint-Avit. Extrait des archives départementales 35, 4 J 131.

    « […]la dévotion envers saint Avit est en cette paroisse de tradition immémoriale. C'est surtout le lundi de la Pentecôte que les pèlerins abondent à l'église de L'Hermitage, où se trouve la statue du saint ; on y apporte ce jour-là un grand nombre d'enfants à évangéliser, car saint Avit est regardé comme le protecteur de l'enfance, ayant, dit sa légende, rendu la parole, pendant qu'il vivait, à un pauvre petit muet ».

  • Les seigneurs de L'Hermitage. Extrait des archives départementales 35, 4 J 131.

    « Le seigneur du Boberil se disait aux deux derniers siècles seigneur fondateur, supérieur et prééminencier de cette église ; en 1678 il y avait son enfeu dans le chanceau, son banc et ses armoiries. Il lui appartenait aussi à la Purification, jour d'assemblée très fréquentée alors, de jeter la soule que lui devait le dernier marié de l'année précédente (Archives Nationales, P. 1714). Le seigneur de Méjusseaume, au Rheu, ne nous semble pas, — quoi qu'en ait écrit M. l'abbé Oresve (Dictionnaire de Bretagne, I, 508), — avoir été le seigneur de l'église de L'Hermitage. Au moment même, en effet, où le seigneur du Boberil déclarait y avoir les droits de fondation et de supériorité, celui de Méjusseaume avouait en 1680 avoir seulement en cette église « une chapelle du costé de l'épître dans la nef, avec un banc à queue et un enfeu prohibitif » (Archives Nationales, P. 1710). Mais à cause de ses fiefs nombreux et importants, le seigneur de Méjusseaume avait plusieurs droits féodaux qu'il exerçait dans cette même église ; ainsi, à Noël, le propriétaire de Launay lui devait une paire de gants blancs « incontinent après la messe de minuit, sous les cloches ». Les tenanciers du courtil Touzé et du courtil du Mur lui devaient également chacun une paire de gants blancs entre la messe de minuit et celle de l'aurore ; enfin, le tenancier du clos de la Perrière lui devait un sol, présenté à son banc le jour de la Trinité (Notes de M. l'abbé Oresve - Dictionnaire de Bretagne, I, 508). Nous avons dit que le seigneur du Margat possédait une chapelle prohibitive au Nord de l'église ; il y avait son banc, son enfeu et ses armoiries ».

  • Description de l'église en 1847. Extrait des archives municipales de L'Hermitage, côte 24 W8, boîte 3085.

    « Église de construction ancienne : abside circulaire servant aujourd'hui de sacristie. Au grand autel était une table de pierre […]. La porte latérale du sud porte la date de 1627 : elle fut refaite à cette époque par Dom Even […]. La nef aujourd'hui percée de fenêtres cintrées n'avait autrefois, m'a dit Mr Oresue qui les a vues, que de petites ouvertures en meurtrière semblables à celles qui existent dans le mur septentrional de Moigné, et celle qui existe encore dans le mur nord à l'Hermitage […]. La porte principale du bout, occidental de l'église est en cintre, une guirlande de feuilles de chêne sculptée court tout autour de sa baie ». Labigne Villeneuve 26 juillet 1847.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine : 4 J 131
  • Archives municipales de L'Hermitage : 2 Q1 (boîte 1022)
  • Archives municipales de L'Hermitage : 2 M5 (boîte 1054)
  • Archives municipales de L'Hermitage : 2 M3 (boîte 1054)
  • Archives municipales de L'Hermitage : 1 W30 (boîte 1035)
  • Archives municipales de L'Hermitage : 4 W3 (boîte 98)
  • Archives municipales de L'Hermitage : 24 W7 (boîte 3085)
  • Archives municipales de L'Hermitage : 24 W8 (boîte 3085)
Bibliographie
  • RENOULT, Michel. Le canton de Mordelles en cartes postales et photos anciennes. Dinard : éditions Danclau, 1996.

    pp. 35-40
  • VALLEE-LE PEVEDIC Annick., L’Hermitage : histoire et petite histoire d’une commune, L’Hermitage, Imprimerie Hermigraph, 1989.

    pp. 13-16 Bibliothèque de Rennes Métropole
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927.

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)