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Edifice Fortifié, le Chätel (Marcillé Raoul)

Dossier IA35049665 inclus dans Écart du Châtel (Marcillé Raoul) réalisé en 2011

Fiche

Parties constituantes non étudiées motte
Dénominations édifice fortifié
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Antrain
Adresse Commune : Marcillé-Raoul
Lieu-dit : le Châtel

On croit que les mottes du Châtel en Marcillé-Raoul peuvent avoir une origine gallo-romaine : elles s'élevaient en effet au bord d'une voie antique allant de Rennes à Coutances. Les premiers barons de Fougères les utilisèrent pour la défense du pays et Raoul III y construisit un château dont il ne reste plus aucun vestige. L'autorisation de bâtir cette forteresse fut donnée en 1240 au seigneur de Fougères par le duc de Bretagne Jean Ier.

Dès les commencements du 13ème siècle, Marcillé - qui prit en 1240 le nom du baron Raoul - formait une terre seigneuriale de certaine importance. En 1204 Geoffroy, sire de Fougères, détacha Marcillé de sa baronnie et la donna, ainsi que le Coglais, à son grand-oncle et tuteur Guillaume l'Angevin, lorsque celui-ci lui remit l'administration de ses domaines au moment de sa majorité. L'acte de donation évalue à environ 100 livres le revenu de la seigneurie de Marcillé : il y est stipulé que dans le cas où ce revenu serait moindre, le donataire serait en droit de prendre la différence, en monnaie d'Angers, sur la terre la plus rapprochée de Marcillé ou du Coglais. Quatre ans plus tard, en 1208, une transaction entre le grand-oncle et le neveu, qui n'avaient pu s'entendre, vint modifier ces dispositions. Geoffroy de Fougères abandonna à Guillaume l'Angevin tout le Coglais et 20 livres en fond de terre sur ses fiefs de Louvigné-du-Désert, et de son côté celui-ci renonça à tous ses droits sur Marcillé. Vers 1424 Jean, duc d'Alençon et baron de Fougères, vendit pour 3 000 écus d'or la châtellenie de Marcillé-Raoul à Pierre Morel, seigneur de la Villegontier, sergent féodé au bailliage du Coglais. Mais l'acquéreur ne put payer cette grosse somme et son fils Guillaume Morel, également seigneur de la Villegontier, dut consentir à remettre Marcillé entre les mains du duc de Bretagne Jean V, qui venait en 1428 d'acheter la baronnie de Fougères d'avec le duc d'Alençon. En 1437 Marcillé avait repris sa place parmi les châtellenies composant la baronnie. L'an 1485 le duc François II détacha de nouveau Marcillé-Raoul et vendit cette seigneurie avec tous ses droits, rentes et prééminences, à Philippe de Montauban, seigneur de Sens, pour la somme de 2 000 écus d'or que celui-ci lui avait prêtés. Cette aliénation se fit toutefois avec cette réserve que les ducs de Bretagne pourraient la rémérer pour pareille somme, mais bien des années s'écoulèrent avant qu'ils usassent de cette faculté, car nous voyons en 1498 la duchesse Anne confirmer son chancelier de Montauban dans la possession de Marcillé. Cette châtellenie ne semble avoir fait retour à la baronnie de Fougères qu'à l'époque de la mort de Philippe de Montauban, c'est-à-dire en 1516. Depuis lors et jusqu'à la Révolution la seigneurie de Marcillé-Raoul demeura unie à Fougères, mais il paraît que les barons, c'est-à-dire les rois de France, successeurs des ducs bretons, aliénèrent la plus grande partie de ses revenus dans le courant du 17e siècle. Le revenu fixe de la châtellenie de Marcillé n'atteignait plus, en effet, en 1720, que 77 livres 17 sols 3 deniers en argent et 63 boisseaux de froment. Nous ne connaissons qu'un aveu de la châtellenie de Marcillé-Raoul : il fut rendu à la baronnie de Fougères, le 13 mars 1432, par Pierre Morel, seigneur de Marcillé et de la Villegontier.

Actuellement, le village du Châtel rappelle encore par son nom l'existence du château de Marcillé-Raoul. Il se trouve à côté d'importantes fortifications en terre qui ont dû servir de bases à la forteresse du moyen-âge. Les deux mottes ou buttes, anciens vestiges de châteaux féodaux dit à motte sont connues sous l’appellation de buttes du Châtel. Sur l’une d’elle existe un chêne de la liberté planté en 1848, tandis que sur l’autre se trouve une grotte qui renferme la statue de Notre-Dame-de-Lourdes.

Le territoire de Marcillé-Raoul aurait accueilli deux églises jusqu’à la fin du 16e siècle : l’église du Châtel, assise à l’ombre du manoir, sur le bord de l’étang et l’église des moines, la plus ancienne et la plus importante.

Période(s) Principale : Moyen Age

Il s'agit de deux mottes d'inégales dimensions nommées les buttes du Châtel. Les restes de fortifications recouvrent une superficie de 1 hectare 63 ares. Elles sont séparées l'une de l'autre par un fossé qui entoure en outre chacune d'elles ; ce fossé a une profondeur de 5 à 6 mètres sur une largeur à peu près égale. L'une était surmontée d'une chapelle, un arbre de la Liberté couronnait l'autre. Contrairement à la plupart des mottes féodales, la double motte du Châtel est restée en assez bon état, tout comme les fossés du pourtour. Les buttes du Châtel forment un site unique privilégié par l'histoire, car bien conservé. Connues dans le pays sous le nom de Buttes du Châtel, elles diffèrent entre elles, tant sous le rapport de l'étendue que sous celui de l'élévation. Celle du Nord, beaucoup plus haute, présente aussi une masse beaucoup plus considérable que l'autre. Son élévation, au-dessus des remparts en terre formant l'enceinte, peut être de 9 à 10 mètres, de sorte que sa hauteur totale à partir de la base doit atteindre 15 ou 16 mètres. C'était probablement l'assiette du château même. La seconde motte devait former barbacane devant l'entrée du donjon ou n'était qu'une motte féodale, signe de la juridiction seigneuriale. Ces fortifications étaient protégées au Sud par un étang de 16 hectares aujourd'hui desséché. Peut-être l'existence de cet étang fut-elle le résultat de l'excavation produite par l'enlèvement des terres employées à dresser les mottes.

Murs terre
Typologies deux mottes jumelées
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

    20083505018NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Marcillé Raoul. Section B du Bourg, 2ème feuille, par Audran, géomètre. Papier, encre, aquarelle, [1823], échelle 1 : 2500 e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

    t. 2, p. 334
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 2, p. 334
  • Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic Editions, 2000. (Le patrimoine des communes de France).

    p. 60