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Ecarts agricoles devenus maritimes de Cadouarn, de Kerdavid, du Ranquin et île de Boëde (Séné)

Dossier IA56006366 réalisé en 2008

Fiche

Précision dénomination écarts agricoles
écarts maritimes
Parties constituantes non étudiées maison
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Bretagne - Vannes Est
Adresse Commune : Séné
Lieu-dit : Cadouarn Kerdavid le Ranquin île de Boëde

Situés au centre de la presqu´île de Séné, les écarts (appelés « villages » en Bretagne) de Cadouarn, Kerdavid et du Ranquin ont eu, depuis le milieu du 19e siècle, des évolutions démographiques relativement comparables, même si la population des deux plus petits villages (Kerdavid et le Ranquin) était au départ agricole tandis que celle de Cadouarn comportait, déjà, de par sa position géographique d´ouverture sur le Golfe, une majorité de pêcheurs. L´île de Boëde est fonctionnellement liée à ces écarts car ses parcelles étaient cultivées par les agriculteurs de Cadouarn qui y accédaient au moyen d´un gué submergé à marée haute. Par ailleurs, la faible distance géographique séparant Kerdavid, Cadouarn - les deux seuls villages qui apparaissent sur la carte de Cassini (vers 1787) -, et le Ranquin (plus récent) a conduit certains agents du recensement à considérer ces trois villages comme une seule entité géographique. Cependant, le village de Cadouarn, en partie placé sur la route qui mène au bourg de Séné, est dès le 19e siècle le plus important de cette partie centrale de la presqu´île. Disposant de commerçants, d´artisans et offrant une population relativement importante pour ce secteur (210 individus en 1841), il y joue en fait le rôle d´un bourg-relais par rapport à celui de Séné. À la même époque, Kerdavid ne rassemble que 111 habitants et Le Ranquin 8 (dont un ménage de laboureurs). Le fort développement des activités maritimes durant la seconde moitié du 19e siècle va profondément transformer ces trois villages. En 1886, leur population a augmenté d´un tiers par rapport à 1841. Les pêcheurs y sont maintenant majoritaires, tandis que le nombre de maisons a quasiment doublé, passant de 58 à 103 en seulement 45 ans. Pêcheurs et marins de commerce, venus d´autres écarts ou d´autres communes, vont continuer à s´implanter dans ces villages jusqu´au début du 20e siècle. Aussi, le dénombrement de 1931 (349 individus) révèle-t-il une géographie sociale métamorphosée. Cadouarn reste le village le plus important et, mis à part quelques marins de commerce et d´Etat, cultivateurs et commerçants, la majorité des actifs est composée de marins pêcheurs. Dans le même temps, l´ostréiculture se développe sur l´ensemble de la côte sud, de Bellevue (au nord-ouest) à Moustérian (au sud-ouest). À ce sujet, notons que l´île de Boëde possède un rare exemple de maison de gardien de parcs à huîtres. Ainsi entre le milieu du 19e siècle et le début du 20e, la flotte locale s´étoffe considérablement et se spécialise en bateaux pour la pêche (l´emblématique sinagot) et en chalands pour l´ostréiculture. Les villages de Kerdavid et du Ranquin ont également évolué, puisque l´un et l´autre comptent environ 30 individus en 1931 ; en un peu moins d´un siècle (1841-1931), Kerdavid a perdu 2 maisons tandis que le Ranquin offre désormais un petit noyau d´habitat de 8 maisons. La population de Kerdavid est maintenant mélangée (pêcheurs et cultivateurs) et celle du Ranquin est aussi à majorité maritime (pêcheurs ou marins de commerce). Cependant, avant la Seconde Guerre mondiale, le nombre total d´habitants de ces trois villages commence à diminuer. Aujourd´hui, ces trois anciens noyaux de peuplement appartiennent à un même continuum urbanisé ; les nombreuses maisons construites après à la Seconde Guerre mondiale ayant, selon un processus classique, progressivement encerclé les maisons plus anciennes, maintenant transformées et partiellement réhabilitées. Leurs habitants ne sont plus que très exceptionnellement des familles de pêcheur, même à Cadouarn. Ce secteur littoral particulièrement attractif du point de vue immobilier, connait actuellement un total renouvellement de population. Ce sont des populations à mode de vie urbain qui désormais y résident temporairement ou y habitent : retraités, résidents secondaires ou actifs travaillant dans l´agglomération vannetaise.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Secondaire : Temps modernes

Les villages de Cadouarn, Kerdavid et Le Ranquin ont grossi en lien avec l´accroissement rapide de l´activité de pêche à la fin du 19e siècle et au début du 20e (le nombre des maisons a quasiment doublé entre 1841 et 1896). Leur architecture qui date majoritairement de cette époque est donc relativement similaire. La rue de Cadouarn qui descend directement vers la grève qui servait autrefois de port d´échouage, en offre un très bel exemple. Bordée de chaque côté par un alignement régulier de maisons construites pour les familles de pêcheurs, cette rue est typique des lotissements populaires des années 1900. Les maisons, généralement de petite taille, séparées de la rue par un minuscule jardinet, se composent d´un rez-de-chaussée et d´un étage sous combles. La façade, généralement crépie, présente une porte et souvent une unique fenêtre, et un grenier éclairé par une lucarne pendante - aussi appelée gerbière (ouverture au niveau du toit, dans le prolongement du mur de façade) - surmontée d´un fronton triangulaire en pierre. Le jardin arrière, qui permettait aux pêcheurs de cultiver quelques légumes, a souvent disparu (vente du terrain). L´aspect extérieur de ces maisons commence néanmoins à être notablement modifié afin de les adapter au goût et au mode de vie de leurs nouveaux habitants : élargissement des lucarnes, percement de nouvelles ouvertures, pose de crépi coloré, adjonction de clôture fantaisiste, construction de petites remises.

Données complémentaires architecture PATMAR

REFC SEN 29
THPA Vie des populations littorales ; Activités artisanales et industrielles liées à la mer
DREC moyennement cité
INGP intérêt paysager et pittoresque ; intérêt de mémoire
PING Ces noyaux de peuplement antérieurs aux années 1950 costituent des exemples relativement bien conservés et homogènes de l'habitat des populations maritimes de la presqu'île de Séné et, plus largement, du littoral sud de la Bretagne.
RECO Les écarts agricoles de Cadouarn, du Ranquin et de Kerdavid se sont fortement urbanisés avec le développement de l´activité de pêche au 19e siècle. Le village de Cadouarn et ses maisons de pêcheurs sont un des éléments les plus cités par les personnes interrogées au moment de l´enquête patrimoniale. Ces noyaux de peuplement antérieurs aux années 1950 constituent des exemples encore assez bien conservés et homogènes de l´habitat des populations maritimes de la presqu´île de Séné et plus largement du littoral méridional de la Bretagne. Etant donné l´intérêt historique et social de ces écarts de peuplement, héritages du monde maritime qui s´est individualisé durant la seconde moitié du 19e siècle et le début du 20e siècle, il est important de bien les identifier pour les mettre en valeur de façon spécifique, en retrouvant les caractéristiques originelles des habitations : gerbière (lucarne pendante), souvent à fronton triangulaire en pierre, façade crépie et peinte en blanc (anciennement badigeonnée à la chaux), pignons découverts. Par ailleurs, l´enfouissement des fils électriques permettrait de rendre plus visible les caractéristiques architecturales de ces rues. Dans cet ordre d´idée d´aménagements fonctionnels, il faudrait aussi réfléchir à une rénovation de la voirie qui ne nuise pas à la cohérence paysagère de la rue. En effet, ces aménagements fonctionnels ne doivent pas être trop spécifiques à notre époque et trop connotés « grande ville ». L´esprit de cette recommandation est en accord avec les souhaits des personnes interrogées à Séné au cours de l´été 2007 (se reporter aux conclusions de l´enquête patrimoniale en annexe). Pour éviter une banalisation des modestes habitats de pêcheurs, qui sont déjà noyés dans des constructions plus récentes, et conserver leur charge historique et mémorielle, il serait souhaitable qu´une véritable charte d´urbanisme concernant les rues de pêcheurs présentes dans les différents écarts de la presqu´île soit élaborée par la commune. Cette charte des quartiers de pêcheurs pourrait prendre la forme d´une Zone de Protection du Patrimoine Architectural, Urbain et Paysager (ZPPAUP).
Sites de protection zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique

Annexes

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales du Morbihan . Matrices cadastrales de Séné.

  • Archives départementales du Morbihan. Série 3 ES 243/2 et 6 M 295, Dénombrements de la population de Séné (1841/1886/1901/1911/1931).

Bibliographie
  • MORIN, Émile. Le pays de Séné. Joué-les-Tours : Alan Sutton, coll. « Mémoire en images », 1995.