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Ecart Toul-an-Héry (Plestin-les-Grèves)

Dossier IA22003377 réalisé en 2004

Fiche

Parties constituantes non étudiées chapelle, maison, manoir, port
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Plestin-les-Grèves
Adresse Commune : Plestin-les-Grèves
Lieu-dit : Toul-an-Héry, Sainte-Barbe, le Hogolo
Cadastre : 1814 A2, L1 ; 1848 A2, A3, J1

Le port de Toul an Héry aurait été le port de la Châtellenie de Lanmeur au temps des ducs de Bretagne (15ème siècle). Les rois le pourvurent d'un bureau de l'Amirauté au 17ème siècle et d'une ferme pour le vin, le sel et l'eau de vie. La "rade de Toul an Héry" est citée dans la carte de 1689 de Duval, géographe ordinaire du Roi. La plus ancienne mention cartographique de l'existence d'un port date de 1634 et figure sur une des "cartes de toutes costes de France" de Christophe Tassin, avec la mention de "rade de Toulhery", portant la précision de "port de cherrette" (pour port des charrettes). "Toul ar c'hirri" en breton signifie littéralement le "trou des charrettes". En 1689, Duval, géographe du Roy, mentionne "Toulsery" sur sa carte des Côtes de Bretagne. Le port de Toul an Héry s'étire de la pointe de l'Armorique à la pointe de Locquirec. La Révolution y affecta une brigade des douanes. Sous l'Ancien Régime, les exportations consistaient surtout en céréales et toiles de lin à destination de l'Angleterre ou de l'Espagne, qui transitaient par Morlaix et Bordeaux. Le port disposait d'une flottille de 12 à 15 barques de pêche. Le commerce du lin florissant au 17ème siècle a laissé comme témoignage architectural le manoir de l'île Blanche sur la rive gauche du Douron, construit par le filotier et commerçant Richard de La Haye, originaire de Plouaret. C'est vers cette époque florissante que se sont construits les manoirs et les maisons fortifiées bordant l'estuaire. Les seigneurs locaux (Lézormel) disposaient d'un droit de pêche exclusif dans la rivière qui baignait leur propriété. Le port de Toul an Héry était considéré comme un "port oblique", c'est à dire comme un port d'une certaine importance dépendant d'un siège d'Amirauté (ici Morlaix) où était installé un receveur de droits. Cependant, le port de Plestin-les-Grèves n'est pas le centre d'un grand commerce maritime et il ne figurera plus dans les formes de statistiques des congés de navigation de l'Amirauté après 1730, largement dépassé par la concurrence des ports de Morlaix et de Lannion, qui disposent d'infrastructures portuaires plus élaborées. Le chenal de "Toul-ar-Hiri" est encore cité à l'attention des navigateurs sur la carte de Belin vers 1770. Pendant la Révolution, le port va connaître un regain d'activité et de commerce en contrebande des céréales vers la Grande-Bretagne et les îles anglo-normandes. En 1793, dans un "tableau sommaire", rédigé par l'ingénieur ordinaire des Ponts-et-Chaussées, figure Toul an Héry, pour lequel il était prévu de construire "un quai d'embarcation et de déchargement" en plus du "curement et de l'élargissement de la rivière", le tout évalué à 21000 francs. Ces travaux ne purent être réalisés, faute d'argent. Pendant la Guerre des courses, en 1810, le havre de Toul an Héry reçut la visite surprise d'une prise en mer par le capitaine corsaire Furet de Saint-Malo, un navire caboteur espagnol la « Santa-Maria », chargé de bois de construction, obligé par la météo d'entrer en cette rivière. Au début du 19ème siècle (1848), fut enfin édifiée une jetée pour l'accostage des caboteurs et le chenal fut balisé par plusieurs perches en bois et une balise en pierre maçonnée (Pichodour). Cependant, peu de navires avaient Toul an Héry comme port d'attache, à cause des bancs de sable qui obstruaient le chenal d'entrée, mais plutôt comme port d'embarquement ou de débarquement. Les statistiques font état de 32 navires en 1840, 38 en 1842 et 90 en 1880, avant que ne commence le déclin. Le trafic décroît de 1899 (4303 t.) à 1914 (1459 t.) pour s'arrêter en 1924. Le surveillant de port en 1925 était un certain Broudic (en poste de 1912 à 1926). La voie ferrée Lannion-Morlaix puis Plestin allait suppléer le cabotage (AD 22, série 11 S 7). Cette digue de 70 mètres de long à l'origine, terminée par un quai de 30 mètres, avec un musoir fut restaurée et réaménagée en 1849, surélevée en 1858 et 1861 et remblayée régulièrement, avant d'être prolongée vers l'aval, côté chenal et vers l'amont entre 1864 et 1883. Le port de Toul an Héry offre un vaste havre sur fonds sablo-vaseux pour l'accueil et l'échouage des navires de travail et de plaisance, qui embouquent le chenal du Douron entre l'île Blanche et les rochers de Pichodour jusqu'au pont du Douron. Protégé des vents dominants d'ouest, le port de Toul an Héry dispose de 5 mètres de hauteur d'eau en marée d'équinoxe sur la rive droite du Douron, en limite de la jetée insubmersible, qui permet l'accostage à mi-marée des navires sur son quai et leur échouage dans l'anse de Sainte-Barbe ou le long du lit de son petit estuaire. Dans le rapport de 1916 sur l'actualité économique du département, édité par Guyon, on peut lire : "Les ouvrages du port se composent d'une levée de 350 mètres de longueur, établie parallèlement à la grève entre l'extrémité du chemin de Plestin et la chapelle Sainte-Barbe, et d'une jetée qui, construite à 195 mètres du débouché du même chemin, sert à l'accostage des navires. La jetée a 150 mètres de longueur sur une largeur de 14 mètres qui s'accroît progressivement par les dépôts de lest effectués sur les perrés extérieurs. Les navires accostent du côté est, qui présente un mur de quai de 90 mètres... Sur ce même côté est, se trouve une cale de 50 mètres qui peut servir au carénage et facilite les travaux de désenvasement nécessaires chaque année. Le port ne possède aucun outillage". Le port de Toul an Héry représente un havre idéal, hier pour les petits borneurs, qui chargeaient les grains dans une région riche en céréales et aujourd'hui pour les randonneurs nautiques. Cependant, les nombreux rapports rédigés au cours du 19ème siècle signalent le faible encombrement des quais, des sables mouvants, l'envasement permanent, les changements de lit du Douron et la nécessité de gros travaux de curage. Ces mauvaises conditions ont certainement freiné le développement du port. Les pétitions vont affluer pour réclamer la création d´une cale débarcadère, puis son allongement et le curage du port. Le commerce du port ne dégageait pas d'activité induite. En 1874, Thomassin dans son ouvrage "Pilote de la manche" constatait qu'il n'y avait plus à Toul an Héry, aucun bateau de pêche qui fasse la pêche du poisson, le ramassage du sable et du goémon. L'appellation de Toul an Héry dériverait du vocable "toul ar chirri", le trou des charrettes ; ce qui correspondrait bien au défilé continuel des charrettes de transport de marchandises qui transitaient par le port et le chemin des charrettes (du port au bourg), au transport de la marne et autres amendements marins, collectés dans la grève et ses ornières vaseuses. La nécessité d'un terre-plein pour ces charrettes allait favoriser l'argumentaire pour la construction d'une digue-jetée avec perré et plus tard celle d'un pont sur le Douron. Avant de disposer d'un pont sur le Douron au milieu du 20ème siècle, le port de Toul an Héry utilisait les services des passeurs et de leurs bacs entre les deux rives du Douron. Les vestiges de la maison du passeur et de l'ancienne ferme dite de Toul an Héry, sur la rive finistérienne, proche du manoir de l'île Blanche, les anciens magasins ou entrepôts du manoir du Puils, les riches demeures d'armateurs ou de négociants, l'ancienne caserne des douanes et manoir de Beauport, la chapelle Sainte-Barbe, entourée d'un bâti de caractère, structurent encore le paysage architectural et portuaire de ce lieu et participent de son attrait patrimonial et historique.

Période(s) Principale : Gallo-romain
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 1er quart 20e siècle

Toul an Héry est un petit port d´échouage, sur la rive droite du Douron, à l´abri de tous les vents, pour navires de 3 à 4 mètres dans les grandes marées et pour navires de 1,50 m dans les mortes-eaux. Ce port, situé à un mille au sud-sud-ouest de Locquirec, est formé par une jetée, avec un petit môle qui s´avance du sud-est au nord-ouest et laisse entre lui et la terre un abri qui peut recevoir plusieurs navires le long du quai et en son milieu. Le môle se trouve à peu près à 150 mètres au sud du village de Sainte-Barbe, dont l´église, qui est marquée sur la carte, ne se voit pas de la mer. Une zone sablonneuse s'étend le long du petit estuaire du Douron, en aval du pont routier ; elle offre un bon abri d'échouage pour les bateaux amarrés sur corps-morts.

Statut de la propriété propriété publique
propriété privée

Annexes

  • Le Pilote de Thomassin, 1875 : Toull an Héry :

    Toul an Héry est un petit port d´échouage, sur la rive droite du Douron, à l´abri de tous les vents, pour navires de 3 à 4 mètres dans les grandes marées et pour navires de 1,50 m dans les mortes-eaux. Ce port, situé à un mille au sud-sud-ouest de Locquirec, est formé par un petit môle qui s´avance du sud-est au nord-ouest, et laisse entre lui et la terre un abri qui peut recevoir trois navires le long du quai et autant au milieu.

    Le môle se trouve à peu près à 150 mètres au sud du village de Sainte-Barbe, dont l´église, qui est marquée sur la carte, ne se voit pas de la mer. C´est là que sont tous les habitants.

    L´endroit est appelé Toul an Héry, c´est-à-dire "trou des charrettes", nom qui est porté sur les cartes qui ont 200 ans de date, parce que c´était l´endroit le plus près de la mer où les charrettes pouvaient passer de Lannion à Guimaec´h.

    Renseignements divers :

    La population de Toul an Héry est de 100 habitants. Le bourg le plus rapproché est Plestin, qui se trouve à 2 km au sud-est, dont la population est d´environ 2000 habitants. La route de Morlaix à Lannion passe entre les deux pays. Il n'y a à Toul an Héry aucun bateau qui fasse la pêche du poisson, du sable ou du goémon ; il n´y vient pas de caboteurs en relâche dans les circonstances ordinaires ; ils vont tous à Perros, à Millio, au Yaudet ou au Dourduff ; mais il s´y fait une exportation assez importante de grains. En 1869, il y est venu 65 navires chargés pour les ports de Morlaix et Bordeaux principalement, puis pour Dunkerque et Le Havre. Le plus fort navire était un brick-goélette de 117 tonneaux.

  • Toul an Héry par Jollivet en 1854 :

    Ce petit port est situé à 2 km de Plestin, avec lequel il communique par une fort belle route. L´abord en est rendu difficile par un rocher presque imperceptible qui se trouve à l´entrée. Il n´était pas sans importance autrefois, puisqu´on y avait établi une ferme royale pour les vins, sels et eaux-de-vie. On assure qu´il a servi pendant longtemps d´entrepôt à diverses villes du Finistère et des Côtes-du-Nord. Dans les hautes marées, la mer atteint 5 mètres de profondeur dans le port ; elle n´en conserve que 2 mètres à marée basse. Toul-an-Héry n´est séparé du Finistère que par le Douron, rivière qui prend sa source dans les montagnes de Guerlesquin et va se jeter à la mer près de la grève de Saint-Michel. Le turbot et la chevrette de Toul an Hery sont très estimés (p. 124).

  • Le trafic portuaire et son évolution :

    Avant la Révolution française, le port de Toul an Héry est considéré comme un "port oblique", dépendant d'une Amirauté, celle de Morlaix, dont il pouvait cumuler 27 congés entre 1719 et 1720. Cependant, dès le milieu du 18ème siècle, il ne figurait plus aux registres des recettes de l'Amirauté. Pendant la révolution, il retrouve une activité non négligeable due à un trafic parfois illégal de grains, source de protestations de la commune de Morlaix et de sa demande d'envoi en 1790 d'une force armée pour mettre fin à ces activités. Le port de Toul an Héry ne possédait pas de bureau de la marine, ce qui ne facilite pas l'exploitation de données chiffrées régulières. Ce sont les services des Douanes, le service maritime des Ponts-et-Chaussées, quelquefois la mairie qui apportent quelques éléments de réponse, pour le 19e et le début du 20e siècle, même si les chiffres avancés diffèrent quelque peu suivant les sources.

    En 1827, le Chevalier De Fréminville déclare dans ses Antiquités des Côtes-du-Nord, que le port eut jadis quelque importance : "Il est de tradition dans le pays qu'il a pendant longtemps servi d'entrepôts pour diverses villes des Côtes-du-Nord et du Finistère, telles que Callac, Belle-Isle-en-Terre, Carhaix et Guerlesquin. Les vastes magasins attenant à chaque maison, ne permettent pas de douter que ce petit port n'ait eu plus d'importance autrefois qu'il n'en a maintenant ".

    Habasque en fait une description précise en 1832 : "Le port ne possède que deux navires et dans les 18 dernières années, il n'en a été construit que quatre, jaugeant depuis 34 jusqu'à 90 tx. On y charge des bâtiments de 200 tx, et en 1823, le "Thobias" de Hambourg y entra sans trop de difficulté, bien que ce fut un brick de 300 tx. On y compte de deux bonnes maisons de commerce et notamment celle de Rochelau, mais plusieurs commerçants de Plestin y font des chargements. Il est annuellement embraqué 7 à 800 tx moitié de froment, moitié avoine. Le commerce consiste en outre en bois, fer, charbon de terre.".

    Le "Dictionnaire de Bretagne" d'Ogée (réédition de 1843), cite : "le relevé des douanes pour 1841 montre qu'en cette année, il a été exporté par ce point une quantité de 170 tonneaux, consistant en grains et farines (93 tonneaux), matériaux divers (71 tonneaux) Bordeaux, Morlaix, Tréguier, Lannion étaient les principaux points d'expédition. Dans cette même année, les entrées ne furent que de 14 tonneaux.

    On peut constater un certain déséquilibre entre les sorties et les entrées, qui contrarie le développement de l'économie locale. Plestin est une région céréalière, les industries n'y sont pas implantées.

    Le port connaît un regain d'activité de 1843 à 1847, grâce en partie aux nouveaux aménagements portuaires, comme en témoigne le tableau suivant :

    En 1843, nombre de navires chargeant : 30 pour un tonnage global de 1605 tx, un tonnage moyen par navire de 53, 5 tonneaux et 148 hommes d'équipage. En 1847, le nombre de navires chargeant passe à 95, pour un tonnage global de 1967 tonneaux, un tonnage moyen par navire de 20, 7 tonneaux et 388 hommes d'équipage.

    Pour le trafic des années 1870, le port est à son apogée :

    Année 1875 : 84 navires

    Année 1876 : 104 navires

    Année 1877 : 86 navires

    Année 1878 : 80 navires

    Année 1879 : 95 navires

    Pour l'année 1880, concernant aussi le transit des marchandises, une statistique est plus explicite : 67 navires, montés par 260 hommes d'équipage y accostent. Les marchandises aux entrées représentent 310 tonneaux contre 2222 tonneaux aux sorties. En 1882, il exporte 2500 tonnes de céréales. Les importations sont légèrement supérieures. Le port de Toul an Héry fonctionne en liaison directe avec le port de Lannion jusqu'en 1939. Il exporte du charbon de Cardiff jusqu'en 1920-1922 et commerce encore ses céréales jusqu'en Angleterre et en Espagne.

    Manifestes d'entrée et de sortie des caboteurs au port de Toul an Héry au 19ème siècle

    Les navires expédiaient régulièrement de la farine de froment, de sarrasin, d'orge en vrac et des tuiles en provenance de Lannion (AD 22 série 5 P 338).

    Manifeste de sortie du caboteur Sainte-Anne, jaugeant 11 tonneaux, commandé par le capitaine Allain, qui charge un grenier de briques de 24000 kg, expédié du Légué à destination de Toul an Héry en 1898. Il est contrôlé au port de Toul an Héry par les douaniers Le Guellec et Scoazec.

    Au cours de l'année 1898, les bâtiments suivants sont des habitués de Toul an Héry : le « Saint-Claude » y vint au moins cinq fois, le « Marche-Droit », 4 fois, la « Marie-Catherine », 3 fois, afin de compléter leur cargaison, en céréales, pour des ports plus importants.

    Le 13 novembre 1895, le navire Eugénie, capitaine Le Coz, de 77, 28 tx de jauge, en provenance de Morlaix., embarque un grenier de sable de mer ou maërl (30 000 kg) à Toul an Héry. En 1883, le commerce du port représentait 1/3 de celui de Lannion.

    Autres source, la statistique sur le mouvement de la navigation de 1866 à 1875 inclus, publié par l'ingénieur des Ponts et Chaussées, Jourjon, nous apprend que 644 navires, dont 3 étrangers sont entrés au port ; 510 d'entre eux naviguaient sur lest contre 134 chargés de marchandises. A l'inverse sur les 644 sorties enregistrées, 613 navires repartaient avec du fret contre 31 seulement sur lest.

    Déclarations des marchandises ou des grains expédiés par cabotage, acquits à caution ou passavants en 1895

    Le navire "Frère et Sœur", capitaine Gaudin, expédiait 72000 kg d'orge en grenier en novembre 1895, du port de Toul an Héry, contrôlé par le receveur des douanes Le Quellec (AD 22, série 5 P 339).

    Avant de toucher Toul an Héry, les navires venant du large prenaient le pilote à Locquirec. Ils prenaient dans la 1ère moitié du 19ème siècle Ollivier Lintanff pour cette fonction, Hervé Ogès comme aspirant en 1860 et comme titulaire en 1880. Le bateau-pilote de Yves Ogès s'appelait "Marie", construit à Carantec en 1880, jugeant 5 tx et gréé en sloop.

    Le commerce du charbon

    En 1897, les Douanes avaient autorisé le commerce du charbon avec le Pays de Galles. D'après le receveur des Douanes, les premières importations apparaissent en 1908, pour décroître et presque disparaître après le conflit de 1914-1918 :

    1908 : 266403 kg

    1909 : 363620 kg

    1910 : 415701 kg

    1912 : 180491 kg

    1913 : 115901 kg

    1914 : 245298 kg

    L'inexorable déclin du port s'amorce à partir de 1912, avec un forte diminution du trafic portuaire :

    1899 : 4303 tonnes

    1905 : 2527 tonnes

    1912 : 2316 tonnes

    1913 : 466 tonnes

    1914 : 1459 tonnes

    1915 : 258 tonnes

    1919 : 368 tonnes

    1920 : 62 tonnes

    1923 : 76 tonnes

    1924 : 0 tonne

    L'armement local

    Il ne semble pas qu'il ait existé une forte tradition d'armement au commerce à Plestin, contrairement à Morlaix où les armateurs représentaient un groupe social puissant. Quelques unités seulement étaient armées au port selon Habasque dans la 1ère moitié du 19ème siècle et jaugeaient entre 34 et 90 tonneaux. La seule entreprise d'armement d'envergure fut le fait, à partir du milieu du 19ème siècle, de la famille Morvan, en particulier des frères Morvan, qui ont possédé jusqu'à 50 navires. Ils faisaient le négoce des grains et des pommes de terre et leurs descendants armaient aussi à Lannion, Perros-Guirec et Tréguier. Les équipages étaient recrutés dans les communes littorales de Trédrez à Lannion et à Locquirec. Certains bateaux fréquentaient régulièrement les quais de Toul an Héry : "Etoile de la mer", gréé en dundee, construit en 1881, souvent photographié par Charles Barré en 1900.

    Le négociant en grains Le Fiblec qui avait aménagé un magasin dans une dépendance de son manoir du Puils, possédait entre autres navires le lougre "Prospérité", les dundees "Mathieu" et "Jésus-Marie Joseph", et quelques petits vapeurs à la fin du 19ème siècle "Buzulco" et "Marche droit".

    Les petits armements au bornage et au cabotage vont disparaître dans le 1er quart du 20ème siècle au profit de puissantes sociétés ou compagnies qui vont concentrer leurs activités dans les zones portuaires les plus importantes et les plus adaptées.

  • L'installation des négociants au port de Toul an Héry :

    Les principaux négociants et armateurs en grain de Toul an Héry étaient les frères Morvan au 19ème siècle, dont le nom a été conservé sur la carte IGN "Anse de Port-Morvan". Leurs navires étaient commandés par des capitaines de la région de Plestin et de Locquirec : Cabon Le Guillou, Le Deunff. Il faut citer aussi les négociants Le Fiblec et Cotty. L'exploitation physique du site se traduit par les demandes de concessions effectuées par les négociants auprès du service maritime des Ponts et Chaussées, moyennant une redevance annuelle.

    A partir de 1875, les sources d'archives signalent une première autorisation accordée à la veuve Huet, pour la construction d'une cabane de 2,70 m sur 2,10 m, placée à 12 m du musoir, afin de servir au pesage des marchandises expédiées par Mme Huet.

    En 1884, le sieur Morvan, son gendre reprit la concession. La même année, le sieur Marchand, négociant à Morlaix, pétitionnait pour une concession temporaire de 60 m2 de terrain sur le terre-plein du môle pour y établir un dépôt de briques. Il renonça à sa demande en 1885.

    En 1904, une nouvelle concession de 16,20 m2 fut accordée à Henri Morvan, négociant à Plestin et à Lannion.

    Le 23 septembre 1908, Miton Julien obtint l'autorisation d'occuper une partie du terre-plein de la jetée sur 300 m2 et d'établir une cabane de 20 m2.

    Le 29 avril 1913, la concession Miton était affectée à un parc à charbon et à un magasin. Elle s'étendait sur 165 m2 en mai 1916.

    D'autres "compromis", selon les termes de l'époque, furent conclus entre les Ponts et Chaussées et des commerçants, des grossistes ou des entrepreneurs.

    Cependant, l'arrivée du chemin de fer, plus rapide et plus économique, allait représenter une concurrence pour le fret et faire disparaître le commerce naval du petit port et les dernières concessions.

  • Les derniers armateurs de Plestin-les-Grèves :

    Sans être directement liés à l'activité du port de Toul-an-Héry, les frères De Kergariou, propriétaires du château de Lesmaes, furent les derniers armateurs de Plestin. Ils possédaient le quatre mâts "Le Guyomard", qui assurait à partir de 1945, le transport de vin d'Algérie vers les ports méditerranéens et bretons. Il fit naufrage en 1947 au large des côtes espagnoles dans une terrible tempête qui aurait pu coûter la vie à son équipage plestinais : Jean et Pierre Georgis, Robert et Yves Berthou, Pierre Guiziou, Jean Rospabu, Armand Peuch. Le navire fut remplacé par le "Sloughi", un ancien ravitailleur de sous-marins, pour livrer exclusivement les ports bretons.

    Une ancienne péniche, le sablier "Douron", appartenant à M° Lopez, fut le dernier navire basé à Toul an Héry. Il fut désarmé dans les années 1970 à Toul an Héry, qui devint alors essentiellement un port abri pour les navires de plaisance.

    D'après le témoignage de Jean Boutouiller.

  • L'activité de pêche à Toul an Héry :

    En 1874, le Pilote de Thomassin ne relevait aucun bateau de pêche, de ramassage du sable et du goémon à Toul an Héry. Cependant, une statistique relative aux mouvements des ports maritimes et de commerce, lui attribuait pour l'année 1880, 16 bateaux pêcheurs, représentant un tonnage global de 43, 57 tonneaux/100 (2,97 Tonneaux en moyenne par unité), montés par 34 hommes d'équipage, qui ont débarqué 350 tonnes d'amendements marins (goémon et sable). Mais rien ne précise que ces embarcations avaient Toul an Héry comme port d'attache. Les pointages des registres du quartier maritime de Lannion tendent à démontrer le peu d'importance de la pêche (une quinzaine d'immatriculations de 1860 à 1903). On notera 3 constructions à Toul an Héry durant cette période : la barque "Anna" (1,04 tonneaux) en 1860, "Emelie" (1,13 tonneaux) et l'"Armorique" (0,56 tonneaux) en 1880. La pêche est avant tout l'affaire des gens de Locquirec d'un bord et de Locquémeau de l'autre ; en 1880, la flottille locquirécoise est forte de 8 unités. Le quartier de Toul an Héry ne comptait en 1832 selon Habasque que 150 âmes. Les deux derniers recensements du 19ème siècle ne contredisent pas cette assertion :

    En 1891, le nombre de maisons à Toul an Héry était de 19 pour 20 en 1896, avec 102 habitants en 1891 et 82 en 1896 pour une population plestinaise totale respectivement de 4017 et 3913 individus.

  • 20042206607NUCB : Collection particulière

    20042206498NUCB : Collection particulière

    20042206497NUCB : Collection particulière

    20042206496NUCB : Collection particulière

    20042206527NUCB : Collection particulière

    20042206494NUCB : Collection particulière

    20042206524NUCB : Collection particulière

    20042206526NUCB : Collection particulière

    20042206525NUCB : Collection particulière

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/13, plans cadastraux parcellaires de 1814.

    Numplan 3, section A, 2ème feuille ; Numplan 25, section L, 1ère feuille
  • AD Côtes-d'Armor : 4 num 1/41, plans cadastraux parcellaires de 1848.

    Numplan 32, section J, 1ère feuille ; Numplan 37 et 38, section A, 2ème et 3ème feuilles
Bibliographie
  • BOUTOUILLER, Jean, GOUAISLIN, Maurice, LE DEUNF, Roger, ROIGNANT, Jacques, THIRIOUX, Isabelle. Le Douron et Toul an Héry. Plestin-les-Grèves : Centre culturel de Plestin-les-Grèves, 1998.

    p. 32-65
  • CHAURIS, Louis. Un petit port oublié : Toul an Héry, en Plestin-les-Grèves. In Le Progrés de Cornouaille et le Courrier du Léon. Brest, 4 février 1995.

  • HABASQUE. Notions historiques, géographiques, statistiques et agronomiques sur le littoral du département des Côtes-du-Nord. Saint-Brieuc, 1832-1836, Marseille : Laffitte Reprints, 1832-1836.

  • JOURJON, M. Le port de Toul-An-Héry. Ministère des Travaux Publics : Imprimerie nationale, 1878.

  • LE PERSON, André. Lannion, un port sur le Léguer. Guingamp : Editions de La Plomée, 2004.

    p. 365-370
  • THOMASSIN. Le Pilote. Paris : 1875.