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Écart : Ile Milliau et Île Molène

Dossier IA22007761 réalisé en 2006

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Parties constituantes non étudiées maison, ferme, mur de clôture
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Communes littorales des Côtes-d'Armor - Perros-Guirec
Adresse Commune : Trébeurden
Lieu-dit : Ile Milliau, Ile Molène
Cadastre : 1987 C

L'Ile Milliau, dépendant de la commune de Trébeurden, fut peut-être l'île que les "Holandois", appelaient au 17ème siècle, "t'groen eijlant", c'est à dire l'Île Verte. Avant la Révolution, l'Île Milliau faisait partie de la terre de Penlan et tomba par donation dans le domaine de l'abbaye de Bégard au cours du 15ème siècle. Le livre comptable de l'abbaye daté de 1493 mentionnait déjà la présence de fermiers sur l'île. Cependant, si des traces écrites citent la métairie de Milliau entre le 16ème et le 18ème siècle, aucun document graphique ne décrit ces constructions. Le premier document graphique est le cadastre de 1819, qui montre les trois bâtiments A, B, C, implantés sur une même parcelle (certainement construits ensemble), le bâtiment D sur la parcelle voisine et deux petits édicules aujourd'hui disparus (indiqués P et S). On notera qu'à l'emplacement de la cellule antique, ne figure aucune indication de construction : la voûte à cette date, était effondrée, ne laissant que la base des murs côté ouest. Les premiers chemins furent tracés dans l'île vers 1950 lors de l'aménagement d'un centre équestre. Le dolmen est classé MH. L'Île Milliau appartient au Conservatoire du Littoral comme sa voisine Molène, depuis 1989. La gestion de ces deux îles a été confiée à l'association privée de la loi de 1901, l'APEGIT, qui avec l'aide du Conseil général des Côtes d'Armor, aménage ces deux sites remarquables pour l'accueil du public. Cependant, il est interdit de débarquer sur l'île Molène. L'Ile Molène, était le lieu traditionnel de coupe du goémon au 18ème siècle, en particulier, le lendemain de la chandeleur, où la coupe du goémon était autorisée (par arrêt préfectoral et municipal). Le 3 février 1821, cette activité goémonière mobilisait 22 bateaux armés par 150 personnes, toutes en infraction, alors que le jour d'ouverture officielle de la campagne de coupe, soit le 16 février, 37 navires étaient dénombrés sur l'estran rocheux de l'île. Le 14 février 1838, une tempête de sud-est contraint 18 bateaux goémoniers à se réfugier sur l'île Molène, en débarquant leur équipage, qui furent secourus par MR Le Luyer, pasteur de Trébeurden. L'Île Molène ("Molénez en breton") fut surnommée en 1893 par Armand Dayot, inspecteur général des Beaux-Arts, "le paradis des crevettes" (cité par A. Le Pape). Un café estival fut momentanément ouvert sur l'île Molène en 1923. Cependant la fréquentation s'arrêta en 1989.

Période(s) Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle

L'Île Milliau a une surface totale de 22 ha 80 ares et 15 centiares à marée haute et 23 hectares à marée basse. L'Île Molène couvre 60 ares de dunes. Sa voisine à l'est, Molène est une île dunaire et granitique d'environ 1 ha, située à moins d'un mille marin (1, 835 km) de la côte.

Statut de la propriété propriété publique

Annexes

  • Présentation de l'île Milliau (synthèse proposée par Guy Prigent d'après le rapport de J.P. Pinot "L'évolution du littoral autour de la baie de Lannion et sur la Côte de Granit Rose", SMVM de la baie de Lannion, 1993) :

    L'Île Milliau s'étend sur une vingtaine d'hectares d'un terrain granitique en forte saillie, entouré de falaises. Elle était défendue au 18ème siècle par un corps de garde, qui a été remplacé dans les années 1920 par une villa. Dans l'ensellement central de la ligne de crête, une allée couverte dite "Ty Liac'h", qui, selon Jollivet, servait alors de grange en 1859, limite au sud un champ dans lequel certaines photographies aériennes montrent les traces d'une vingtaine de cabanes circulaires protohistoriques. D'autres témoignages archéologiques remarquables sont visibles sur l'île : cellule monastique, menhirs. Au sud-est de l'île, une ferme qui fut habitée jusqu'au milieu du 20ème siècle, et dont la production des pommes de terre était réputée pour sa qualité et sa précocité, a été restaurée par le Conservatoire du littoral, propriétaire de l'île depuis l'année 1984. Les anciennes cultures ont été réhabilitées (lin, chanvre, blé noir) et présentent avec la réintroduction de végétaux insulaires, le paysage du 19ème siècle sur une île de Bretagne nord. L'île est aujourd'hui gérée par l'APEGIT (Association pour la Protection, l'Etude et la Gestion des Iles du Trégor) et ouverte aux visiteurs.

  • Les différents propriétaires de l'île Milliau du 14ème au 20ème siècle (synthèse proposée par Guy Prigent d'après Josette Jacquin-Philippe, APEGIT, n° 8, 1993) :

    L'île Milliau, propriété de l'abbaye de Bégard depuis le 13ème siècle, afféagée en 1569 à Allain de Kermarec puis à Jan Cam de Lannion, convenancier, reprise par les moines en 1659 jusquax 2-3 novembre 1789, lors de la "mise à disposition de la nation des biens ecclésiastiques". L'ile Milliau était afféagée en 1790 à Jean Lojou (AD 22 série Q). Elle fut vendue le 3 juillet 1791 à Joseph Le Saux, négociant à la Roche-Derrien. En 1819, elle devint la propriété de Yves Le Corre, cultivateur à Perros et à Joseph Quinio de Pleumeur. En 1848, Yves Le Corre, fils du précédent, la céda à la famille Rogon de Carcaradec (de Buhulien), puis elle échoua au fil des héritages au comte Anatole James, qui, le 26 juin 1911, la vendra à Madame Lucie, Amélie Uro, dite Jourdan. Entre temps, nombre de fermiers avaient fait fructifier le sol fertile de l'île : Jacques Carré jusqu'en 1911, remplacé par Charles Le Goff, puis Adrien Hamon. Mme Jourdan resta propriétaire de l'île jusqu'en 1942. Son protecteur et amant fut Maurice Bunau-Varilla, propriétaire du journal collaborationniste "Le Matin", puis Aristide Briand. Les fermiers se succèdent sur l'île : les époux Le Briquir de 1925 à 1935, puis les époux Patezour prirent la suite. Une SCI pris le relais de la propriété de l'île Milliau "Le pays de France", qui la conserva jusqu'en 1957, avant de la vendre par l'intermédiaire de son actionnaire majoritaire, Guy, le fils de Maurice Bunau-Varilla, à un proche de la famille Paul Jullien, qui fit les restaurations nécessaires consécutifs aux dommages de guerre. La ferme n'était plus exploitée et ne l'était pas au moment de la vente par expropriation et utilité publique en 1983 au Conservatoire du Littoral.

  • L'évolution des dunes de Molène en Trébeurden (synthèse proposée par Guy Prigent d'après le rapport de J.P. Pinot "L'évolution du littoral autour de la baie de Lannion et sur la Côte de Granit Rose", SMVM de la baie de Lannion, 1993).

    La couverture sableuse de l'île Molène provient des poussières sédimentaires de la grande plaine qu'était alors la Manche, apportées en plusieurs fois, dans un premier temps au cours de la période glacière, pour constituer le "loess", le long du front dunaire, puis à l'époque romaine, lors d'épisodes de vents violents, enfin au début du 18ème siècle, par les sables de la dune.

    Cependant, les transformations rapides qui affecté cette dune sont pour une large part dues à la fréquentation humaine : l'île a été très utilisée au 19ème siècle pour le séchage du goémon, comme en témoigne l'épisode célèbre du sauvetage des goémoniers par le recteur de Trébeurden en février 1838. La végétation dunaire a été très dégradée, le piétinement a rompu les liens racinaires qui maintenaient le sable, emporté par le vent. Après la guerre de 1914-18, les goémoniers ne fréquentent plus guère Molène, mais ils sont relayés par les touristes qui "usent" la végétation du site. Heureusement, la dune se reconstituer d'elle-même pendant la guerre 1939-45, où l'île est désertée. Mais la pression va reprendre vers 1950, et c'est à partir d'une saignée créée vers 1960 que s'est formée la grande "caoudeyre" du nord-est en face de la balise des Trois Frères, qui aujourd'hui encore, éventre la dune jusqu'à son sommet. Dans ces conditions, l'île s'est rétrécie, rallongée à son coin nord-est et l'érosion du front dunaire s'est poursuivie jusqu'en 1988, date à laquelle, le Conservatoire du littoral s'est rendu propriétaire de l'île et a commencé à entraver ce phénomène d'érosion en reconstituant le couvert végétal et en régulant le débarquement sur l'île et sa découverte. Ce dispositif de protection a été engagé avec le concours du Service départemental des Espaces verts, de la DRAE et de l'APEGIT, sur un financement du Conseil général des Côtes d'Armor. Il a permis de préserver la qualité dunaire de l'île et de sensibiliser les touristes et les locaux au fonctionnement de cet ecosystème littoral.

  • 20062209831NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 4 Num 1/48.

    20062209816NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, S. 639.

    20062210024NUCB : Collection particulière

    20062210023NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 19 Fi 489.

    20062210022NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 19 Fi 487.

    20062209952NUCA : Archives départementales des Côtes-d'Armor, 16 Fi.

    20062209968NUCA : Collection particulière

    20062209972NUCB : Archives départementales des Côtes-d'Armor, Fonds Henrard.

    20062209983NUCB : Direction départementale de l'Equipement (Côtes-d'Armor)

Références documentaires

Documents figurés
  • BEAUTEMPS-BEAUPRE, Charles-François. Le Pilote français. Paris : Imprimerie Royale, 1847.

Bibliographie
  • PINOT, Jean-Pierre. Rapport sur l'évolution du littoral autour de la Baie de Lannion et sur la côte de Granit Rose, SMVM de la baie de Lannion. Brest : Laboratoire de Géographie de la Mer, UBO, 1993.

  • JACQUIN, Josette Philippe. Les différents propriétaires de l'île Milliau du 14ème au 20ème siècle. In Iles du Trégor. APEGIT n° 8, Trébeurden, 1993.

Périodiques
  • GUERIN, Odile. Les goémoniers de l'île Molène. APEGIT, n° 4, 1989.

  • ROIGNANT, Jean-Jacques, LEPAPE, André. Sortilège de Molène en Trégor- Histoires d'une petite île. Rennes : Association Bretonne, tome 107, 1998.

    p. 490-501
  • ROIGNANT, Jacques. A propos de l'île Milliau. Lannion : Les Cahiers du Trégor n° 21.