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Ecart de la Hisse (Saint-Samson-sur-Rance)

Dossier IA22132319 réalisé en 2014

Fiche

L'appellation de cet écart, la Hisse, tient à la fois à la topographie particulière du lieu, le bâti étant campé en bordure et au sommet d’un promontoire rocheux qu’au souvenir de manœuvres de marins hissant leur grande voile aux caprices du vent. En haut de la falaise, face à l'écluse du Châtelier, ce “quartier-lotissement” n'existait pas encore sur le plan cadastral de 1843, il apparaît à partir de 1879 pour sa halte ferroviaire sur la ligne de Dol-Lamballe. A partir de cette date, le bâti va progressivement s'étendre de part et d'autre de la rue des Grippais qui reprendra le toponyme d'une ancienne métairie et d'un moulin à vent et va englober l'ancien lieu-dit de la Ville-es-Prévots, où se situent les plus anciennes maisons, certaines portent les dates de leur construction, 1766, 1778, 1784. Les autres logis édifiés à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle, se conforment au style des villas balnéaires de la côte d’Émeraude tant dans l'introduction du décor, lambrequin de toit, frise et entourage de briques que dans leur appellation « Bellevue » (1902), « Sans Souci » (1924). Les maisons implantées dans les années 50 sont dans le nouveau style régional de la maison bretonne, à savoir une maison en pierre de taille de granite, issue des carrières locales notamment le granite gris du Hinglé, une toiture en ardoise, avec un pignon découvert, et un plan en avancé abritant l'entrée.

Le recensement de la population fait apparaître au 19e siècle et au début du 20e siècle, une population de laboureurs et de marins. François Champalône est qualifié en 1851 de fermier marin à Terre Neuve. Le recensement de 1881 indique à la Hisse six marins, mais aussi six veuves chef de famille. Au début du 20e siècle, les métiers se diversifient avec plusieurs cafés tenus également par des jeunes veuves dont on suppose que les maris ont péris en mer lors des grandes pêches à Terre Neuve.

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Saint-Samson-sur-Rance
Lieu-dit : Hisse (la)

Situé en bordure de commune, et surplombant l'écluse du Châtelier et la vallée de la Rance, l'écart de la Hisse s'est développé à partir de la deuxième moitié du 19e siècle. En effet, le cadastre ancien de 1844 indique qu'il n'y avait aucun bâti à l'emplacement actuel de la Hisse, hormis un vieux moulin rattaché au lieu-dit "Le Grippa". L'écart s'est donc développé à partir de rien. Dans son expansion, il a englobé plusieurs édifices du 18e, rattachés aux lieux-dits à proximité. Un des logis de l'ancien lieu-dit "la Ville es Provost" présente notamment plusieurs dates portées sur sa façade principale, dont la plus ancienne indique 1766.

A la fin du 19e siècle, une nouvelle architecture, influencée par le modèle de la villa balnéaire, fait son apparition. Cette architecture se retrouve dans plusieurs édifices de l'écart de la Hisse. ils se distinguent notamment par les noms inscrits sur leur façade : "Bellevue" ou "Sans-souci".

Ces maisons sont essentiellement occupées par des familles de marins. En effet, la Rance garde son caractère de fleuve commercial, et de nombreux bateaux, en provenance de Saint-Malo et de la mer, remontent jusqu'à Dinan chaque jour. Certains sont des navires de retour de Terre-neuve, remplis de matelots désireux de retrouver la terre ferme. Plusieurs de ces marins terre-neuvas choisissent d'implanter leur demeure à la Hisse.

L'écart attire également d'autres professions. Le recensement de la population de 1901 signale une forte présence de familles d'aubergistes et de domestiques, ainsi que quelques cultivateurs. Le nombre important d'aubergistes met en avant l'attrait touristique de cet écart, qui offre aux voyageurs une vue exceptionnelle de la Rance. En parallèle, les cultivateurs renvoient au caractère rural de la Hisse et de la commune, qui demeure encore au 20e siècle.

La nouvelle sous-commune continue son développement dans la première moitié du 20e siècle, en parallèle à une évolution progressive des styles. Chaque demeure en construction s'adapte au mouvement architectural en vogue. Deux maisons des années 1950 reprennent notamment le style néo-breton.

Période(s) Principale : 18e siècle, 19e siècle, 20e siècle

Annexes

  • Recensement de la pouplation en 1881 et 1906 de Saint-Samson-sur-Rance

    Population, chefs de ménage à la Ville aux-Prévots en 1881

    Pommeret Jeanne, ménagère

    Sébert Catherine, ménagère

    Rouxel Laurent, marin

    Frère François, laboureur

    Rouxel Jean, journalier

    Maillard Frédéric, maçon

    Rouxel Jean-Marie, laboureur

    Coudroy Julien, laboureur

    Population, chefs de ménage à la Hisse en 1881

    Jan Pierre, marin Brebel

    Jeanne, ménagère Roland

    Marie-Louise, ménagère

    Champalaune Célestin, marin

    Lecrublé Louise, ménagère

    Moisan Pierre, journalier

    Briot Marie Ange, laboureur

    Lehourchis Jean , maréchal

    Guillaume Pierre, marin

    Dahiot Julien, chef d'équipe

    Henry Elodie, ménagère

    Rouxel laurent, laboureur

    Conté Marie Ange, journalier

    Onen Julien, marin

    Henry Hippolite, marin

    Population, chefs de ménage, profession, mention du lieu de naissance, en 1906 :

    à la Hisse

    Pollet Antoine, maître d'hotel, Frantours

    Spitzer Eugène, néant, Alger

    Jan François, débitant, Sant-Samson

    Roux Victor, marin, Saint-Juvat

    Ribault Louis, débitant, Broons

    Jouhier Pierre Marie, charron, Brusvily

    Neveu Mathurin, marin, Saint Samson-sur-rance

    Josselin Marie, débitante, Saint-Samson-sur-Rance

    Relionnais Marie,débitante, Saint-Samson-sur-Rance

    Le Bihan Jean, employé des Chemins de fer, Perros Guirec

    Pouliquen Louise, débitante

    Cograine Virginie, débitante Tréssé

    14 maisons

    16 ménages

    Les Grippais

    Lebigot Louis, marin, plouër

    Henry Hipolyte, journalier, Saint-Samson-sur-Rance

    Lomet Jean, journalier, Saint-Samson-sur-Rance

    Collet Célestin, marin, Taden

    5 maisons

    4 ménages

    la Villes es prévots

    7 maisons

    7 ménages.

Références documentaires

Documents d'archives
  • A.D. Côtes d'Armor: 3 P 332/8 (Matrice des propriétés foncières, 1823-1844) ; 3 P 332/9 (Matrices des propriétés foncières, 1845-1914) ; 3 P 332/10 (Matrices des propriétés bâties, 1882-1911) ; 3 P 332/11 (Matrices des propriétés bâties, 1911-1932).

    Archives départementales des Côtes-d'Armor