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Écart de la Corbinière (Noyal-sous-Bazouges)

Dossier IA35049663 réalisé en 2012

Fiche

Á rapprocher de

Parties constituantes non étudiées manoir, chapelle, ferme
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Pays de Fougères - Antrain
Adresse Commune : Noyal-sous-Bazouges
Lieu-dit : La Corbinière

Situé à environ 1,5 km au nord-est du village, l´écart de la Corbinière est représenté sur le cadastre ancien datant de 1823. On y voit une grande demeure et sa métairie, ainsi qu´une chapelle au nord. Les parcelles cultivables de grandes superficies témoignent de la richesse des propriétaires. Paul Banéat, dans son ouvrage sur le patrimoine d´Ille-et-Vilaine en 1927, cite un manoir à la Corbinière et sa chapelle dite « du Rocher-Blot ». En 1927, la chapelle est en ruines mais l´ancien manoir est encore debout. On peut lire sur le linteau de la porte « Fondée par François Boscher et Jeanne Ménard, 1670 ». Aujourd´hui il ne reste rien de ce manoir, à l´emplacement duquel est construite une étable, ni de la chapelle. Théodore Chalmel, dans son livre sur Noyal-sous-Bazouges en 1939, nous donne les noms des propriétaires successifs du manoir, qui aurait été fondé au 12e siècle par un certain Corbin. La date portée sur le linteau correspond à une rénovation ou reconstruction du bâtiment puisque Chalmel cite des propriétaires du lieu bien avant 1670. Il fait une brève description du manoir : « la maison principale consistait en un grand corps de logis aspecté au midi, bâti de taille, couvert d´essaves, mesurant 48 pieds sur 25, comprenant un embas, cellier, salle en laquelle existe une cheminée de pierre, une montée à l´étage et au grenier. Le bout occidental rejoint des bâtiments plus bas et moins importants qui se divisent ainsi : étable, grange, pressoir, pavillon, le tout en cour close fermée d´un portail. » La chapelle Notre-Dame de Bon Secours du Rocher-Blot est la dernière chapelle qui ait été construite sur la commune de Noyal-sous-Bazouges. Elle a été fondée en 1670 par François Boscher, le propriétaire du manoir. En 1939, Théodore Chalmel en fait une brève description : « Le bâtiment de forme rectangulaire, construit en moellon, mesure 8 mètres de longueur sur 7 de largeur. Sa charpente supporte un toit couvert d´essaves. A l´intérieur on voit des murs passés au lait de chaux, un autel et d´antiques statues. Le linteau de l´entrée principale contient cette inscription : « Fondée par François Bôcher et Jeanne Ménard en 1670 ». La porte latérale s´ouvre au midi et donne accès à la maison noble à mi-pente du vallon. » La ferme que l´on voit aujourd´hui a été construite à la fin du 19e siècle ou au début du 20e siècle dans le prolongement de l´ancien manoir, et une étable a pris place à la place de ce dernier. A quelques mètres au sud de l´ancien manoir se trouve un alignement de deux maisons, dont une est aujourd'hui en ruine. Sur la partie encore debout se trouve une pierre près de la porte indiquant la date 1561. La typologie du bâtiment, avec ses portes en plein cintre et la cheminée monumentale, confirme cette datation. A ses côtés, la maison en ruine, malgré son état de vétusté, a conservé ses deux cheminées, dont une à l'étage. Au total, se sont donc trois cheminées qu'ils nous est permis de voir dans cet alignement. Toutes trois portent des corbeaux à double ressaut caractéristiques des cheminées de la fin du 16e siècle et du début du 17e siècle. La présence d'un étage habité révèle l'importance de ses propriétaires. Ces deux maisons étaient probablement liées au manoir et pouvaient en être la métairie.

Période(s) Principale : 3e quart 16e siècle
Principale : 3e quart 17e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Dates 1561, porte la date, daté par travaux historiques
1670, porte la date

L´écart de la Corbinière est composé aujourd´hui de deux fermes. La première, quand on arrive du sud, est constituée d´une ferme construite en moellons de granite et de pierre de taille de granite pour les ouvertures et les chaînages d´angle. Elle est orientée à l´est et sert aujourd´hui de dépendance. D´après les ouvertures, on voit qu´elle comprenait une pièce à feu au nord surmontée d´un grenier et d´une grande pièce froide sur sa partie sud, étable ou cellier. Les portes qui donnent accès à ces pièces sont en plein cintre et jumelées. Celle qui donne accès à la pièce de vie est plus haute et plus large que l´autre. Une porte en plein cintre se trouve sur la façade postérieure. Une des deux fenêtres porte un appui saillant en granite tandis que l´autre est entourée de bois. La cheminée en granite présente des corbeaux à double ressaut. La date 1561 portée en façade au niveau des portes correspond bien aux caractéristiques architecturales mentionnées ci-dessus. Cette ferme est aujourd´hui couverte en tôle. Dans son prolongement se trouvent les vestiges d'une maison mitoyenne. Il reste peu d'éléments de cette maison hormis deux intéressantes cheminées, dont une à l'étage. A côté se trouve une maison dont la façade est tournée au sud. Construite en granite et couverte d´ardoise, elle se compose de deux pièces au rez-de-chaussée et d´un étage sous comble. Les deux fenêtres du bas ont également été agrandies et l´étage aménagé durant la deuxième moitié du 20e siècle. Cette maison daterait d´après son occupante de 1907. Derrière cette maison se trouvait l´ancien manoir. On y voit aujourd´hui une deuxième ferme construite en granite et couverte d´ardoise. Le rez-de-chaussée est prolongé par un appentis et surmonté d´un grenier. Le contour des ouvertures est réalisé avec des pierres de taille de granite « bleu », provenant de carrière. La taille importante des ouvertures ainsi que la faible pente du toit montrent que la maison a probablement été construite au début du 20e siècle.

Murs granite
Toit ardoise, tôle ondulée

Annexes

  • 20123505893NUC : Archives départementales d'Ille-et-Vilaine

Références documentaires

Documents figurés
  • Plan parcellaire du bourg de Noyal-sous-Bazouges, canton d'Antrain, arrondissement de Fougères, département d'Ille-et-Vilaine. Section B, 1ère feuille. Terminé sur le terrain le 15 juillet 1823 sous l'administration de M. Le Cte de la Villegontier, Préfet, M. Benoit, Maire, M. Naylies, Géomètre en chef, par M. Roger Géomètre. Papier, encre, aquarelle, [1823], échelle 1 : 2500 e. (A.D. Ille-et-Vilaine).

Bibliographie
  • BADAULT, Dominique. CHEVRINAIS, Jean-Claude. ANTRAIN et son canton. Chronique de la vie quotidienne 1880-1950. Editions Danclau, 1996.

  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927 ; reprint, Mayenne : Editions Régionales de l´Ouest, 1994.

    t. 2, p. 508-510
  • CHALMEL, Théodore. Monographie de la commune de Noyal-sous-Bazouges, Anciennes familles. Rennes, Imprimerie Simon, 1908.

  • CHALMEL, Théodore. Noyal-sous-Bazouges, Ille-et-Vilaine Rennes, 1939.

  • GUILLOTIN DE CORSON, Amédée. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1883, 1884, 1886.

    p. 357 à 361
  • L'architecture traditionnelle dans le canton d'Antrain. Association pour la Promotion du Patrimoine d'Antrain et de son Canton, 1985.