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Écart de l'Aber (Crozon)

Dossier IA29004188 réalisé en 2007
Appellations L'Aber
Dénominations écart
Aire d'étude et canton Bretagne - Crozon
Adresse Commune : Crozon
Lieu-dit : l' Aber

L´écart de l'Aber est situé sur le littoral sud de la commune de Crozon, en baie de Douarnenez. Le petit site portuaire est implanté dans l´estuaire (an aber en breton) éponyme, qui est barré par une flèche à pointe libre, longue de 1 200 mètres et large de 60 à 80 mètres. La mer envahit l´anse à chaque marée montante en empruntant un chenal entretenu par les eaux fluviales et les marées. La lagune en arrière du cordon dunaire a elle-même été coupée par une digue construite en 1860 au niveau du pointement rocheux de Rozan, sur lequel se trouve une ancienne motte féodale et un four à chaux datant du 19e siècle. A l´est de la flèche de l´Aber, au-delà de l´étroit goulet, se trouve la pointe de Raguenez, qui se prolonge vers le sud par l´île de l´Aber, site fortifié depuis la fin du 17e siècle (le corps de garde actuel date de 1862). L´implantation humaine est ancienne à l´Aber, comme en témoigne la présence de mégalithes néolithiques. A l´époque gallo-romaine, le site est utilisé pour la salaison (pointe de Raguenez). L´écart de l´Aber se développe progressivement sur le flanc nord de l´estuaire. Jusqu´à la Seconde guerre mondiale, il est habité en majorité par des paysans-pêcheurs. Ces derniers pêchent des crustacés (homards essentiellement), mais aussi certains poissons (maquereaux, vieille...) ou des coquillages et ramassent le goémon pour amender leurs petites exploitations. Les petites fermes familiales pratiquaient la polyculture (fourrage et blé) et l´élevage (vaches, moutons, cochons). Entre 1956 et 1958, un nouveau barrage est construit par Robert Richet en aval de la digue de Rozan. Celui-ci empêche la mer de pénétrer dans l´anse. Le port n´est alors fréquenté que par deux pêcheurs et une dizaine de plaisanciers. L´écart de l´Aber se tourne progressivement vers l´agriculture (élevage laitier). Dans les années 1960-1970, une forte volonté politique souhaite voir le réaménagement du site de l´Aber, pour faciliter les nouvelles activités de loisirs et créer de nouvelles zones résidentielles. Mais, en 1961, la pointe de Raguénez, les dunes et l´île de l´Aber sont inscrits à l´Inventaire supplémentaire des sites naturels. La prise de conscience de l´intérêt de ce site, relayée par les associations de défense de l´environnement et les élus, aboutit, entre 1980 et 1987, au rachat de 87 hectares à l´Aber (principalement en amont et en aval de la digue de Rozan) par le Conservatoire du Littoral et à la destruction de la digue Richet (1981) ; permettant ainsi à la mer de reconquérir une partie du territoire qu´elle avait perdu et de reconstituer la biodiversité du site. Dans le même temps, des travaux ont été entrepris sur la digue de Rozan, celle en amont qui n´a pas été détruite, afin de laisser pénétrer la marée et favoriser la remontée des poissons le long des cours d'eau. Aujourd´hui, la vocation agricole de l´écart de l´Aber perdure. La restauration des paysages naturels a également permis l´essor d´un tourisme de nature.

Période(s) Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Secondaire : Moyen Age

Données complémentaires architecture PATMAR

THPA Vie des populations littorales ; Protection contre l´érosion côtière ; Défense militaire des côtes ; Activités artisanales et industrielles liées à la mer
INGP intérêt de mémoire ; intérêt technique ; intérêt paysager et pittoresque
PING Plusieurs héritages maritimes culturels diversifiés ont été conservés à l´Aber. Ils témoignent de la position stratégique du site au sein de la baie de Douarnenez pour la défense militaire des côtes et d´autres activités moins spécifiques (exportation de la chaux, pêche côtière). L´endiguement de l´estuaire est également caractéristique de nombreux sites en Bretagne.
RECO Le site de l´Aber, longtemps menacé par de grands projets d´aménagement, est aujourd´hui préservé de la poldérisation et de la spéculation foncière (rachat de 87 hectares par le Conservatoire du Littoral). Le fort de l´Aber et la motte féodale de Rozan viennent d´être intégrés à la Route des Fortifications de la presqu´île de Crozon. La mise en valeur de l´ensemble du site pourrait se faire dans ce cadre, mais également à travers un parcours de découverte spécifique à cette partie de la commune (en intégrant, outre les autres héritages maritimes moins emblématiques de l´Aber et de Postolonnec, le patrimoine rural et préhistorique du secteur).
Sites de protection site inscrit

Annexes

  • 20082908361NUC : Fonds Géomer, Non coté.

Références documentaires

Périodiques
  • L´Aber de Crozon. Rivages, juillet 1990, n° 28.

  • MENESGUEN, Claudie ; CABIOC'H, Fanch. Les activités humaines à l'Aber. Crozon : Avel Gornog, n° 1, 1993.

    p. 25-28
  • CADIOU, Didier. L'Aber, de la préhistoire à l'histoire. Crozon : Avel Gornog, n° 1, 1993.

    p. 37-39
  • MENESGUEN, Claudie. L´Aber en Crozon. Découverte du site de L´Aber. Crozon : Avel Gornog, 1993, n° 1.

    p. 16