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Ecart de Boisanne (Plouër-sur-Rance)

Dossier IA22132539 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

A quelques centaines de mètres de La Roche et de la Rance, le hameau de Boisanne est représentatif du bâti ancien des bords de Rance, par son implantation et son organisation.

Implantation et organisation communautaire

Le hameau s'organise en deux regroupements significatifs d'habitat construit à deux époques différente. En effet, à l'est près de l'ancien manoir de Boisanne on trouve un habitat plus ancien remontant au 17e siècle, et à l'ouest le hameau se développe à partir du 19e siècle avec l'ajout de nombreux bâtiments.

Les maisons sont alignées les unes aux autres et orientées vers le sud. Cette organisation communautaire dans laquelle l'enchainement des cours non fermées, devant les maisons, est encore perceptible traduit une manière d'habiter propre aux villages de ce territoire.

Une population de laboureurs et de marins

Plusieurs dates (1625, 1629, 1663, 1688, 1736, 1821, 1840...) et inscriptions gravées dans la pierre indiquent des périodes d'installation ou de remaniements et traduisent la fierté des habitants, anciennement tisserands, laboureurs et marins.

Quelques maisons caractéristiques

Parmi les maisons du village s'en distinguent plusieurs dont les deux alignement du 17e siècle les plus à l'est du hameau, la maison située en face du portail du manoir, ainsi que celle située juste à l'ouest du manoir. Ces logis modestes dont un possède un escalier extérieur qui mène à la salle surélevée se retrouvent dans d'autres communes des bords de Rance.

Les maisons les plus à l'est furent construites au 17e siècle même si elles ont été fortement remaniées à la fin du 19e siècle : seules les cheminées et les portes en plein cintre sont les témoins de la première construction. Les nouvelles ouvertures sont en brique ; le mur de clôture, sommé de brique, surmonté d'une grille remploie un linteau de porte historié "F.P.M. 1736 OLLIVIER COUPEAUX". Les Ollivier Coupeaux sont nombreux dans les registres paroissiaux entre 1650 et 1790.

La maison située en face du manoir se démarque par la présence d'un bel écu lisse sur le linteau de la baie de l'étage, ce décor, classique sur la commune, témoigne bien de l'époque de construction de cette maison qui remonte au 17e siècle.

A l'origine sans étage et couverte en chaume, la dernière maison était très caractéristique du 17e siècle avec sa porte en plein cintre et ses petites fenêtres. La toiture et la charpente qui la supportaient ont été détruites et la maison rehaussées d'un étage en 1821 (la date est au-dessus d'une fenêtre de l'étage). A cette occasion les deux crossettes de pignon sculptées d’une tête ont été remontées.

D'autres habitations, à pièce unique au sol, s'intègrent à des rangées de logis et sont représentatives des anciennes maisons surélevées, au 19e siècle, d'un niveau supplémentaire de grenier. Ces maisons à l'origine plus basses étaient souvent recouvertes de chaume.

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Plouër-sur-Rance
Lieu-dit : Boisanne
Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle, 1ère moitié 20e siècle
Dates 1625, porte la date
1663, porte la date
1688, porte la date
1736, porte la date
1821, porte la date
1840, porte la date

Le hameau s’organise en deux regroupements significatifs d’habitat, un à l'est près du manoir et un à l'ouest. De nombreuses habitations ont été remaniées ou reconstruites au 19e siècle. La plupart maisons a été surélevée par un niveau de grenier recouvert d'une toiture d'ardoises remplaçant l'ancienne couverture de chaume.

Murs granite moellon
granite pierre de taille
brique
Toit ardoise

Annexes

  • Compte-rendu des fouilles archéologiques du site de Boisanne

    Au lieu-dit Boisanne, sur un plateau dominant la Rance (de 60 mètres), suite aux travaux préalables à la R.N.176, des fouilles archéologiques de 1987 à 1989 eurent lieu sur les structures encaissées (fosses, fossés et trous de poteaux) d’un habitat rural du second Age du Fer permettant ainsi la reconstitution de son histoire. Ce site de fondation précoce connaît un essor au cours des IIIe et IIe siècles av J-C, avant un abandon, au Ier siècle av. J.-C. Il reflète bien ce que l’on connaît du développement de ces unités rurales en Armorique. Fondée au VIe siècle av. J.-C., à l’abri d’un massif rocheux, la ferme est alors composée d’une zone d’habitat avec un bâtiment sur six poteaux de bois, (35 m²), protégé par un talus, renforcé d’une palissade à poteaux jointifs, doublé d’un fossé externe. Deux enclos accolés, bordés par deux chemins, sont interprétés comme des espaces agraires (jardin ou parc à bestiaux). Au sud de l’habitat, une mare suggère une activité d’élevage et la présence d’un cheptel. La culture des céréales est attestée par la palynologie et par les fragments de plusieurs meules en grès d’Erquy. A 100 mètres à l’est, un enclos carré (de 10 mètres), avec une fosse centrale, pourrait être une structure funéraire. A proximité, un groupe de 5 trous de poteaux évoque un petit édicule. L’évolution de la ferme, sur près d’un demi-millénaire, va montrer diverses transformations. Elles accompagnent l’agrandissement de cette unité agricole, pour atteindre 6000 m² au IIe siècle avant J.-C. Parmi ces aménagements, on peut citer un souterrain, sorte de cachette bien connue sur les habitats armoricains, des réseaux de clôtures sans cesse remaniés, des bâtiments détruits, d’autres construits. Lors de son extension maximale, les données paléo-environnementales témoignent d’un milieu largement ouvert, avec une lande en recul, au profit de la prairie. Des pollens d’arbres et des charbons de bois indiquent la présence de haies. La culture de céréales semble attestée dans des secteurs éloignés. Le mobilier témoigne d’activités domestiques et agricoles, mais aussi, pour un certain nombre d’objets, d’échanges. La faune montre une majorité d’os de bovidés (ce qui pourrait correspondre à l’élevage pratiqué), mais aussi de porcs, d’ovicapridés, de chiens, de chevaux, de cerfs et de marsouins ou dauphins. Divers lots de coquillages, patelles et moules (pour l’essentiel), viennent du littoral et pourraient indiquer des préparations culinaires du « type conserve ». L’exploitation agricole est abandonnée à la fin du Ier siècle av. J.-C., peut-être au profit d’un établissement gallo-romain situé à environ 300 m au nord. La dernière phase reconnue sur le site, correspond à la fréquentation d’un petit bâtiment à colonnes de briques, couvert en tegulae et imbrices, qui a été construit vers le milieu du Ier siècle apr. J.-C. (à l’emplacement des bâtiments les plus orientaux de la ferme). Les fragments d’au moins 70 statuettes en terre blanche, témoignent d’une activité cultuelle. On pense à la chapelle domestique de l’habitat gallo-romain proche. Les mesures archéomagnétiques, effectuées sur les tuiles, ont permis de montrer que le bâtiment a été détruit par le feu, probablement au début du IIe siècle ap. J.-C. Durant cette phase, le massif de gneiss est transformé en carrière, sans doute pour l’établissement gallo-romain proche.

Références documentaires

Documents figurés
  • Tableau d'assemblage du plan cadastral parcellaire de la commune de Plouër, canton de Dinan (ouest), arrondissement de Dinan, département des Côtes-du-Nord terminé sur le terrain le 1er juin 1844 sous l'administration M. Thieullen, préfet, Mr Lechien Maire et sous la direction de Mr Forestier, directeur des contributions directes, M. Beuvière, géomètre en chef. Archives départementales des Côtes d'Armor.

    Archives départementales des Côtes-d'Armor
Périodiques
  • Le Carrouge, n°1 à 92, revue de l'association Le Carrouge, Plouër-sur-Rance.

    Bibliothèque municipale de Dinan