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Ecart, Cardevily (Trévron)

Dossier IA22018122 réalisé en 2012

Fiche

Le village de Cardevilly dont les écritures ont pu varier dans le temps : « Kerdenili », « Cardvilly », « Quardevilly » est situé au nord du bourg, proche du ruisseau du même nom. Il est constitué de plusieurs fermes anciennes remontant pour certaines à la fin du 16e siècle. La métairie noble reconstruite au 19e siècle est séparée du hameau et se distingue par ses grandes parcelles organisées et closes de murs.

Une partie des terres de « Kerdenili » appartient en 1448 à Josselin de Chalonge et Phelipotte de Guitté pour cause de douaire ( bien que le mari réserve à son épouse dans le cas où celle-ci lui survivrait). D'après la déclaration du général de la paroisse de Trévron, du 5 avril 1690, ces terres nobles sont la propriété de François Urvoy, escuyer, sénéchal de Ploërmel qui possède également une partie des terres du Poncel. Les registres de catholicité mentionne aussi parmi les familles importantes de Cardevily, la famille Hervé. François Hervé baptisé en 1665 en

l'église de Trévron sera qualifié plus tard de M(aît)re, appellation qui l’identifie comme un notable rural. Enfin, le

village est habité également sous l'Ancien Régime par des familles de tisserands, comme en rend compte un logis dont le linteau de porte est sculpté d' une navette de fil.

Ferme 1

A proximité du ruisseau du même nom, la ferme actuelle de Carvilly à l’écart du hameau serait l'ancienne terre noble appartenant Josselin du Chalonge en 1448. Elle appartient en 1811 à Madame Grarry de Dinan Elle a été transformée au 19e siècle (1837 et dans la deuxième moitié du 19e siècle), mais conserve toutefois la même organisation que celle visible sur le cadastre de 1811 : l’entrée de la cour fermée par un portail, au sud-est la grange attenante à un jardin et les dépendances disposées à l’ouest de la cour. Le logis avec sa dépendance accolée est constitué de deux corps de bâtiments accolés d’inégales hauteurs qui traduisent des campagnes différentes de travaux. L’organisation en travées et les lucarnes de comble avec leurs linteaux cintrés reprennent le style simple en vigueur à cette période.

D’autres fermes se regroupent plus à l’ouest et forment un noyau d’habitat organisé en plusieurs rangées de logis.

Fermes 2

Cet alignement de plusieurs logis présente une forme d’organisation communautaire. Les matrices des états de section de 1811 mentionnent 5 propriétaires différents. Un des logis est mentionné à cette date en mauvais état : « masure ». La date inscrite de 1808 sur un cartouche correspond à la construction qui présente les éléments et la mise en œuvre caractéristique de cette période (organisation plus régulière en travées, linteaux des baies en arc segmentaires). Les logis qui sont situés de part et d’autre de ce logis double (habité par deux familles différentes, mais présentant une homogénéité de façade) ont été remaniés dans leurs ouvertures dans la deuxième moitié du 19e siècle et au 20e siècle. Chaque habitation est pourvue d’un jardin, situé à l’arrière ou devant, ainsi qu’une petite dépendance qui elle aussi est regroupée au sein d’un alignement de petites dessertes.

Ferme 3

Cette ferme située plus au nord, présente quant à elle une organisation différente et des campagnes de constructions plus anciennes pouvant remonter à la fin du 16e siècle ou au début du 17e siècle. Le logis bien que modifié par des modifications d’usage, s’apparente aux logis rencontrés sur le territoire de la Rance à trois pièces au sol. La présence à l’étage d’une chambre haute est attestée par une fenêtre qui cohabite avec une gerbière à usage de grenier. La mixité des fonctions du logis qui regroupe une partie habitation et une partie exploitation ou de stockage est courante pour cette période et correspond à des usages fonctionnels afin d’assurer la protection et la surveillance des possessions de la ferme, troupeau ou autre source de revenu et récoltes aux greniers.

Ferme 4

Cette ferme ancienne dès 17e et 18e siècles, bien que remaniée, est intéressante car elle conserve sculptée sur un

linteau de porte une navette de tisserand, une date : 1792 et une inscription.

Ferme 5

Ce logis à trois pièces, parfois appelé dans les actes à trois « aîstres » est fréquemment rencontré, au 17e siècle, dans le pays de Dinan. Il combine des pièces à vivre et des pièces d’exploitation. En l’absence de visite intérieure,

l’on devine une première pièce en rez-de-chaussée sans feu qui doit communiquer avec la salle qui suit éclairée par une fenêtre qui a été agrandie. Une salle supplémentaire se situe dans le prolongement avec une porte extérieure aujourd’hui murée. Ce logis appartient en 1811 à la veuve Hervé. Il peut s’agir de la même famille qui est mentionnée à Cardvilly depuis le 17e siècle. François Hervé baptisé en 1665 sera qualifié de Maître, appellation qui induit une certaine notabilité.

Dénominations écart
Aire d'étude et canton Projet de Parc naturel régional Rance-Côte d'Emeraude
Adresse Commune : Trévron
Lieu-dit : Cardevily
Période(s) Principale : 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle
Dates 1792, porte la date
1808, porte la date
1837, porte la date

Mise en œuvre du bâti en moellons de granite. Toiture simple à longs pans avec pignons découverts pour les plus anciennes maisons rurales. Présence dans le hameau de logis à trois pièces au sol ayant chacune une distribution vers l’extérieur. Cette typologie a été souvent rencontrée sur le territoire rural de Rance.

Annexes

  • Carvilly, état des sections de 1811 (3P 107)

    Ferme 1

    Appartient à Madame Grarry à Dinan

    A 580 : le jardin

    A 581 : Maison et cour

    A 582 : La Pépinère, terre labourable

    A 583 : le clos de derrière, terre

    A 626 : le clos de la fontaine

    A 630 : la noé

    A 631 : la chenaie

    A 575 : le clos Dubois, terre

    A 576 : le petit verger

    A 577 : la prée

    A 578 : le coudray et haut clos

    A 579 : le grand verger

    A 580 : le jardin.

    Fermes 2

    Appartient à Joseph Poncel

    A 585 : le courtil de derrière

    A 586 : maison

    Appartient à Gille Nogues de la Herviais

    A 587 : maison

    Appartient à JOachim Gigou

    A 588 : maison

    Appartient à Joseph Petit à Carfantin

    A 589

    Appartient à Charles Poncel à la Marre

    A 531 : masure

    A 532 : courtil de devant

    Fermes 4

    Appartient à Philippe Houel, notaire à Dinan

    A 476 : maison

    Appartient à Jacques Duponcel, maréchal au bourg

    A 479 : maison

    Appartient à François Maillard

    A 478 : maison

    A 477 : courtil de derrière

    Ferme 5

    Appartient à la veuve Hervé au Pont-Roux

    A 475 : maison.