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Croix monumentales et calvaires sur la commune de Ploemel

Dossier IA56005816 réalisé en 2006

Fiche

Observations générales croix et calvaires

- Dénombrement et emplacement

Sur les 18 croix mentionnées par l´abbé Le Tallec dans le bulletin paroissial de Ploemel vers 1970, il n´a été retrouvé que 14 croix monumentales et 1 calvaire, parmi lesquels 10 croix et le calvaire ont fait l´objet d´un dossier de sélection. Il convient d'y ajouter deux croix disparues signalées sur le cadastre ancien de 1845, la croix du Bonhomme et la Grosse croix, dont la disparition est sans doute à mettre à l'actif de l'aménagement des routes aux 19e et 20e siècles ; le plan du bourg dressé en 1878 signale également une croix face à la maison d´école de filles, sans doute la croix Méen qui a donné son nom au lieu-dit, alias la Groëz Ven remontée dans le monument du Quiniec. L'abbé Collet mentionne à 300 m. à l'est de Saint-Laurent, une croix de pierre face à un menhir penché. D'autres, telles les croix de Kerran ou de Kerbrézel, ont été mutilées ou brisées lors de déplacements successifs. Le chanoine Danigo signale la Croix Doré sur la route d'Auray à Belz, datée 1751, aujourd'hui déplacée sur la route de Mendon. Le corpus actuel est donc fragmentaire et parfois dénaturé avec des périodes qui s'échelonnent du haut Moyen Âge au début du 20e siècle. Sept de ces croix sont isolées en bordure de chemin. L'une d'entre elles marque la limite paroissiale au nord de Coëtquintin (fig. 8). Trois croix situées dans des hameaux accompagnaient des chapelles, disparues pour les chapelles de Saint-Michel à Locmiquel et Saint-Goal à Kergal, encore existante à Locmaria. Quant au calvaire, déplacé dans le cimetière actuel, il était autrefois dans le cimetière autour de l'église, accompagné d'une autre croix qui ne semble pas pouvoir être celle aujourd'hui conservée au chevet de l'église.

Datation, historique, auteurs

Deux croix portent un chronogramme : la Croix dorée, déplacée à Pont-Fol, datée 1751, et celle marquant la limite paroissiale au nord de la commune, datée 1900 ; on y ajoutera la croix Sommer disparue repérée par l'abbé Le Tallec en 1973, datée 1778. Comme ailleurs dans le canton, les croix médiévales correspondent à la période la plus représentée avec quatre exemples sélectionnés : il s´agit des croix de Locmiquel (fig. 4), de Kergal, de Kerganiet et de Mane Bley (fig. 3), auxquelles on ajoutera la croix dite de Groez Ven, provenant du bourg et installée comme la croix de Mane Bley, en 1924 par l´abbé Le Franc dans le monument du Quiniec. La croix de Kerbrézel bien que fragmentaire pourrait remonter au 15e siècle ; le calvaire du cimetière et la croix de Kermarquer ont été édifiés dans la 2e moitié du 16e siècle. La croix de Kerran doit dater du 17e siècle, tandis que la croix de Locmaria, plus tardive, date sans doute du milieu du 18e siècle par comparaison avec la croix Dorée de Pont-Fol. Enfin la croix de l´église a été érigée au 19e siècle ; on y adjoindra la croix de Saint-Laurent dont la base est un lec'h datant de l'Âge du Fer, et le fut cassé du 19e siècle, le Christ ayant été refait au 20e siècle ; la croix de mission dont il ne reste que l'autel au chevet de la chapelle de Recouvrance date de la fin du 19e siècle. Enfin la croix marquant la limite paroissiale au nord de la commune et celle de Kerivin datent du début du 20e siècle.

Matériaux

Les croix sont toutes réalisées en granite. Lorsqu´il y a présence de soubassement, il est en pierre de taille sauf dans deux cas où il a été remonté en moellon, à Kerran et à Kerbrézel.

Dimensions

La tendance habituelle qui veut que les croix médiévales soient les plus petites du corpus et que les dimensions des croix augmentent dans le temps est ici battue en brèche, en particulier parce que plusieurs croix de la période moderne (17e siècle), brisées, n´ont plus leur dimensions d´origine. Cependant, la hauteur de la croix médiévale de Locmiquel qui approche trois mètres, est très inhabituelle. Les deux croix les plus hautes de la commune datent du 16e siècle : il s´agit du calvaire du bourg qui dépasse 5m et de la croix de Kermarquer (4, 35 m.). Les croix les plus récentes sont plus petites et modestes.

Structure

Monolithes, les croix médiévales sont soit fichées dans une base incluse dans le sol (Locmiquel, Mané Bley), soit dans un talus, au sommet (Kerganiet) ou encastrée (Kergal). On exclura la croix de Groëz Ven du monument du Quiniec, déplacée. Très courts, en particulier pour la croix de Locmiquel (fig. 3) sans doute taillée dans un menhir, leurs bras sont pattés (Kerganiet) ou simplement fuselés (Groëz Ven au monument du Quiniec, Kergal). On notera la forme à double traverse curviligne de la croix de Mane Bley (fig. 4), avec trou au centre du croisillon et bras tréflés, sans équivalent sur le canton.

Les autres croix ont toutes un soubassement maçonné en pierre de taille surmontée d´un socle monolithe (sauf pour la croix de Kerran, remontée en moellon sans socle, et celle de Kerbrézel, remontée sur un soubassement en moellon, mais ici avec son socle). Les plans de soubassement sont généralement carrés ou légèrement rectangulaires ; la croix de l´église est la seule à se dresser sur un soubassement ciculaire. Les fûts sont monolithes, mais le croisillon est rapporté au calvaire du cimetière, ainsi qu´aux croix de Kermarquer, Pont Fol et Locmaria. La section des fûts est carrée, plus ou moins chanfreinée selon la date de construction, circulaire (croix de Kermarquer et de l'église).

Représentation

Seules trois croix et le calvaire sont ornés d´un décor sculpté. Le plus complet est celui du calvaire qui sur la base du croisillon formant traverse met en scène côté avers la Crucifixion (le Christ en croix encadré de la Vierge et de saint Jean, fig. 6), et au revers, la Vierge de pitié encadrée de saint Jean et de la Madeleine. Signant la commande, deux blasons ornent les côtés. Malgré l´absence de traverse, la croix de Kermarquer est assez proche d´un calvaire puisque la Crucifixion s´accompagné au revers (fig. 5) d´une Vierge de Pitié sculptée en haut relief sur une large base formant noeud ; au pied du fût, le donateur, un prêtre portant calice s´affiche en pied. Les deux autres croix qui ont un décor sculpté arborent un simple Christ en croix (croix de Locmaria et de Pont Fol).

Conclusion

Parmi les croix médiévales de Ploemel se détache la remarquable croix de Mane Bley, au type inusité, ainsi que celle de Locmiquel pour sa taille. On y adjoindra la croix de Kerganiet qui mérite une restauration, car elle penche aujourd´hui dangereusement. Pour la période moderne, la croix de Kermarquer et le calvaire du cimetière, du 16e siècle, émergent de la production à la fois par la qualité de leur décor et par l´indication de leurs donateurs.

Aires d'étudesRia d'Etel
Dénominationscroix monumentale, calvaire
AdresseCommune : Ploemel
Période(s)Principale : Moyen Age
Principale : 15e siècle
Principale : 16e siècle
Principale : 17e siècle
Principale : 18e siècle
Principale : 19e siècle
Principale : 20e siècle
Mursgranite
moellon
pierre de taille
Décompte des œuvres repérées 17
étudiées 11

Annexes

  • Liste des croix repérées sur la commune.

    Au bourg. A l'est de l'église : croix monumentale sur soubassement circulaire en pierre de taille ; croix de section circulaire, milieu 19e siècle ? (fig. 10).

    Au bourg, au chevet de la chapelle Notre-Dame de Recouvrance, autel en granite qui supportait une croix de bois disparue : d'après Le Tallec, cette croix est placée en 1841 au chevet de la chapelle.

    Au nord de Coëtquintin : croix marquant la limite paroissiale, érigé sur le talus bordant la route. Granite monolithe, soubassement en moellon, socle cubique, corniche débordante, h = 2, 20 m. (croix : h = 1, 20 m.). Datée 1900 au milieu du fût. (fig. 8).

    Kerivin. Croix de chemin, soubassement de plan carré en moellon de granite, croix moderne en granite agloméré. Début 20e siècle. (fig. 7).

    Saint-Laurent. La croix est emplantée dans un lech, enchassé dans le talus bordant un ancien chemin de desserte. Le fût de la croix a été refait au 20e siècle, la croix date du 19e siècle. Un Christ en croix surmonté d'un titulus est sculpté sur l'avers, un ostensoir au revers. H = 240, L = 80, La =98. Le Tallec mentionne que cette croix était en 1975, démontée au nord du village sur la route qui mène à Saint-Cado. (fig.9)

    Au sud du bourg, sur la D119, croix déplacée en deux morceaux sur socle en tronc de pyramide, h = env. 1m, 19e siècle ?

    Croix de Kerbernès. Le long de la D22 d'Auray à Belz, vestiges de croix marquant l'entrée d'un champ au début de l'ancien chemin de Trélusson : tableau en bâtière avec ébauche de la silhouette du Christ. Le Tallec signale cette croix, engagée dans la cavité d'un gros bloc de granite, avec Christ bien sculpté et fleur de lys au revers. (fig. 11).

  • 20065606098NUCA : Mairie de Ploemel

    20065606099NUCA : Mairie de Ploemel

Références documentaires

Bibliographie
  • DANIGO Joseph. Eglises et chapelles du doyenné de Belz. Bannalec, 1986.

    p. 112-114, 126-127
  • LE MENE, Joseph-Marie, Histoire archéologique, féodale et religieuse des paroisses du diocèse de Vannes, Marseille : Laffitte, 1982.

    p. 113-114
  • Le patrimoine des communes. Morbihan. Flohic éditions, 2e édition, 2000.

    p. 164-167
  • LE TALLEC, Frédéric. Histoire de la paroisse de Ploemel..

    p. 133-142
  • ROSENZWEIG, Louis. Répertoire archéologique du département du Morbihan. Vannes : Imprimerie Impériale, 1863.

    col. 25