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Couvent des Dames Budes, dit séminaire des Filles de la Sainte-Vierge ou des Dames de la retraite

Dossier IA35023929 inclus dans Ancien bourg Saint-Hélier, puis faubourg et actuellement quartier Saint-Hélier réalisé en 1999

Fiche

Á rapprocher de

Historique

Créée en 1676 puis approuvée par lettre patente de Louis XIV en 1678, l'association des Filles de la Sainte Vierge ou des Dames Budes tient son nom de sa fondatrice, Jeanne Brandon, veuve de Jean Budes, et eut comme vocation l'éducation et l'encadrement de femmes. Les soeurs, bien que soumises à un statut, ne prononçaient pas de voeux et restaient propriétaires de leurs biens dont elles firent souvent profiter leur fondation. D'abord installées, en 1682, dans une maison de la rue de Toussaints, les Dames Budes souhaitèrent fonder, au milieu du 18e siècle, un nouveau groupement ; elles furent encouragées par l'évêque de Rennes qui favorisa la continuation de leurs oeuvres et l'essor des retraites. Ainsi, l'établissement fut-il transféré en 1758 dans la rue de La Guerche, actuelle rue Saint-Hélier, sur un terrain appartenant à une certaine Mme Dampierre. Un nouveau bâtiment, construit par l'architecte François-André Forestier, fut béni en 1760. Bien que propriétaires, les religieuses furent chassées de leur maison à la Révolution ; on y installa une manufacture de toile (1804) puis un dépôt de mendicité, avant que l'édifice ne fut échangé par la ville à un ecclésiastique, l'abbé Caron, contre la manufacture de la Piletière. En 1821, ce dernier céda finalement le couvent aux Dames Budes qui avaient entre temps pensé s'installer dans l'ancien couvent des Carmélites. Deux ailes vinrent agrandir l'établissement en 1859 tandis que Melle de Trédern, Supérieure générale, fit construire une nouvelle chapelle en 1865. L'édifice abrite aujourd'hui principalement une clinique et une maison de retraite, la fondation religieuse, rattachée à l'ordre du Sacré-Coeur de Jésus, n'en occupant que petite partie.

Description :

Les dispositions originelles du couvent nous sont principalement connues grâce à une description faite en l'an XII par un architecte chargé d'évaluer les bâtiments. Le corps principal, construit en 1758, était précédé au nord par une cour fermée sur la rue et ouvrait, au sud, sur un grand jardin. Il avait un plan longitudinal et était précédé de deux ailes latérales présentant un léger avant-corps que devaient joindre différents corps de bâtiments plus anciens en fermant les côtés est et ouest de la cour.

Le bâtiment central se compose d'un rez-de-chaussée reposant partiellement, au nord, sur des caves ; il est surmonté d'un entresol, d'un étage carré, d'un étage mansardé et enfin d'un grand grenier. Double en profondeur, le bâtiment est traversé à chaque étage par un corridor longitudinal tandis que la distribution verticale était assurée par trois escaliers (disparus) précédés par leur vestibule. Le rez-de-chaussée était occupé, dans l'aile nord est, par la cuisine et ses dépendances ; dans le corps principal, côté jardin, se trouvaient en particulier le réfectoire et l'ancienne chapelle, deux pièces dont la hauteur allait jusqu'au premier étage. Le cloisonnement des salles du rez-de-chaussée fut vraisemblablement modifié dès la Révolution par l'aménagement de grands espaces nécessaires à la manufacture de toiles qui s'y installa.

Principalement voué à accueillir des retraites spirituelles, l'établissement comportait un grand nombre de chambres, certaines avec cheminée, garde-robe ou cabinet, et ouvrant de part et d'autre du corridor central. On en comptait 19 à l'entresol, 22 au 1er étage et 24 à l'étage mansardé, ce dernier n'étant accessible que par les deux escaliers latéraux. Dans le grand grenier régnant sur la totalité des mansardes, sans cloison, un petit escalier en échelle de meunier communiquait avec un campanile.

L'élévation du bâtiment construit par Forestier est en moellons, aujourd'hui enduits, avec encadrement de baies en pierre de taille de granit. La façade nord est composée de 11 travées de fenêtres, dont les trois centrales s'inscrivent sous un fronton triangulaire disposé en avant du brisis du toit. Cette composition se retrouve à la façade sud, élargie de part et d'autre de deux travées de fenêtres. La toiture à la Mansart, couverte d'ardoise, comportait deux croupes sur ses petits côtés, disposition devenue illisible depuis la transformation des ailes latérales. La puissante silhouette du bâtiment, hérissée par de robustes souches de cheminée, est dominée par l'élégant campanile à colonnettes surmonté d'une croix.

La sobriété de l'édifice est accentuée par une absence presque totale de décor : si l'entrée est marquée par quelques consoles sculptées, seules les volutes encadrant les mansardes viennent orner le bâtiment.

La chapelle du 19e siècle :

D'importants agrandissements vinrent transformer l'édifice dans la seconde moitié du 19e siècle, avec en 1859 la construction de deux ailes symétriques en retour d'équerre sur la cour et surtout la construction, au sud, d'une chapelle rattachée au corps central par un passage surmonté d'une tribune. Commencée en 1865, elle est l'oeuvre de l'abbé Brune, théoricien et architecte, et fut consacrée en avril 1867. D'après le comte de Palys, le modèle pris par Brune était une chapelle de Vitré. De plan longitudinal sur lequel se greffent deux chapelles hors oeuvre en avant du choeur, cette chapelle de style néo-gothique à chevet polygonal présente un astucieux système de confessionnaux desservis par un couloir périphérique. Les quatre travées de la nef, couvertes de croisées d'ogives retombant sur des culots sculptés, sont fortement marquées tant par les arcatures cintrées qui s'ouvrent au-dessus des portes jumelées des confessionnaux que par les fenêtres hautes. La tribune des soeurs au nord, le choeur au sud, et l'ouverture des chapelles latérales portent un décor plus riche essentiellement composé par le jumelage d'arcatures brisées ou trilobées s'inscrivant dans une arcade aveugle ou encore surmontées d'un occulus ou quadilobe et retombant sur de fines colonnettes ornées de chapiteaux à feuillage. Les fenêtres hautes, dessinées de manière classique suivant les modèles du 13e siècle, ont perdu leurs vitraux d'origine qui furent remplacés après la seconde guerre mondiale.

Le mobilier du 19e siècle, également disparu, était composé d'un maître-autel surmonté d'un tabernacle, de gradins et d'une exposition, elle-même couronnée par une statue de pierre du Sacré-Coeur signée par J.M. Valentin (seul cet élément est conservé) ; l'ensemble était encadré par deux anges adorateurs. Le choeur était fermé par une clôture métallique tandis qu'une chaire à prêcher à cuve et abat-voix, également de style néo-gothique, était suspendue sur le côté gauche de la nef. Seule la chapelle latérale droite abrite encore son mobilier d'origine.

Les transformations contemporaines :

Les transformations du bâtiment central, commencées à la Révolution, ont vraisemblablement continué tout au long du 19e siècle avec, entre autre, des aménagements engendrés par l'installation d'un dépôt de mendicité entre 1809 et 1811 ou l'installation de salles de classe au rez-de-chaussée dans les années 1870. L'installation d'une clinique et d'une maison de retraite a entraîné ces dernières décennies une restructuration totale des intérieurs, la disparition et le déplacement des escaliers ainsi que la suppression des fenêtres à petits carreaux. La chapelle, entièrement repeinte, a vu l'agrandissement de sa chapelle latérale gauche par la construction dans les années 60 d'une annexe très contemporaine, oeuvre de l'architecte parisien Willy Anthoons et qui fut exécutée par MM. Malluile et de Giorgy. Dédiée au Saint-Sacrement, elle est dessinée sur un plan en accordéon et est couverte de 3 berceaux plein-cintre en briques de verre. Elle renferme un beau vitrail abstrait signé Jean Le Moal et Allain datant vraisemblablement de 1966.

Conclusion :

L'ampleur de l'édifice construit en 1758 témoigne du succès de la fondation et de l'essor des retraites spirituelles qui en étaient l'activité principale. François-André Forestier, ou Forestier aîné, était lors de cette réalisation, un architecte reconnu à Rennes puisqu'il avait dressé entre 1720 et 1722 le plan de la ville sous la direction de Robelin, qu'il apparaissait en 1726-1727 sous le titre "d'architecte des bastimens de la ville de Rennes" et qu'il avait construit en 1733 l'important hôtel Bonin de la Villebouquais. Le parti adopté ici se caractérise par un plan massé dont la conception se rapproche de celle des bâtiments civils, suivant une évolution de l'architecture conventuelle sensible dès de début du 18e siècle : la distribution éclatée traditionnelle des édifices tend à céder le pas sur un ramassement des corps de bâtiment. Dans le contexte de la reconstruction de la ville de Rennes, rien d'étonnant à ce qu'un architecte averti suive les tendances contemporaines dont on retrouve les caractéristiques aux Dames Budes.

La chapelle construite en 1865 dans le style gothique du 13e siècle sans véritable originalité suit les orientations de son auteur, le chanoine Brune, qui, dans son enseignement, se distingue comme ardent défenseur de cette architecture. Ainsi, ne cherche-t-il pas ici à établir de lien stylistique entre sa réalisation et l'édifice existant.

Malgré les nombreuses transformations et mutilations qui ont affecté l'intérieur du bâtiment, celui-ci nous reste en grande partie lisible comme témoin de l'importante emprise spatiale des établissements religieux sous l'Ancien Régime.

Destinations édifice hospitalier
Parties constituantes non étudiées chapelle, école
Dénominations couvent
Aire d'étude et canton Rennes ville - Rennes ville
Adresse Commune : Rennes
Adresse : rue Saint-Hélier

Le couvent de la Retraite, fondé par les Dames Budes, voit sa construction débuter vers 1758 selon les plans de l'architecte François-André Forestier. Après le départ des religieuses, entre 1792 et 1825, l'édifice est transformé en filature puis en dépôt de mendicité et de prostituées. Ensuite, entre 1855 et 1860, les bâtiments d'origine sont agrandis, et en 1865, une chapelle est construite par le chanoine Brune. Une annexe, dessinée par Willy Anthoons et construite par Malluile et de Giorgy, vint l'agrandir à l'est autour de 1965. Cet ancien couvent abrite aujourd'hui une clinique de rééducation, une maison de retraite et une petite communauté religieuse.

Période(s) Principale : 3e quart 18e siècle
Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 3e quart 20e siècle
Dates 1760, daté par source
1865, daté par source
1965, daté par source
Auteur(s) Auteur : Forestier François-André, architecte, attribution par source
Auteur : Brune, architecte, attribution par source
Auteur : Anthoons Willy, architecte, attribution par source
Auteur : Malluile, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Giorgy de, entrepreneur, attribution par source

L'édifice original, agrandi par la construction de deux ailes en retour d'équerre sur la cour au milieu du 19e siècle, se caractérise par un plan massé encadré latéralement par deux ailes symétriques ; il se compose d'un étage carré sur entresol et rez-de-chaussée, surmonté d'un étage mansardé. Double en profondeur, ce corps de bâtiment est traversé à chaque niveau par un couloir central. L'élévation, d'une grande simplicité, est marquée par des chaînages de granit en pierre de taille et surtout par un fronton triangulaire couronnant l'avant-corps antérieur. A l'arrière de l'édifice, un passage couvert donne accès à une chapelle néo-gothique agrandie dans les années 6O.

Murs schiste
calcaire
granite
enduit
moellon
pierre de taille
pierre de taille
béton armé
Toit ardoise, verre en couverture
Étages rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble

Données complémentaire architecture Rennes

IAUT typicum
ICHR typicum
IESP unicum secteur
ICONTX structurant
ITOPO site de faubourg
PINTE Ce bâtiment, occupé depuis plus de deux siècles par une même communauté religieuse, s'affirme à nous comme témoin de l'évolution de l'architecture conventuelle au 18e siècle sous l'influence des grands modèles de l'architecture civile.
POS 3
SEL étudié
Statut de la propriété propriété privée

Annexes

  • Inventaire de l'ancien couvent des Dames Budes par Philippe Binet, architecte de la ville de Rennes, an XII. (A.D. 35 : 1.V.1478)

    "L'an douze de la République française, le douze nivose, nous Philippe Binet père, architecte de la ville de Rennes, Honoré-Joseph-René Beillard et François-Yves Le Brun, ingénieurs des Ponts-et-Chaussées du département d'Ille-et-Vilaine, rapportons qu'ayant été chargés par le citoyen Mounier préfet de ce département, et du consentement du citoyen Solier père faisant et agissant pour ses enfants, de faire l'estimation comparative des manufacture des Dames Budes et de La Plletière situées dans la dite commune de Rennes, la première appartinet aux citoyens Solier et Delarue, et la seconde au gouvernement. En conséquence nous avons requis le citoyen Solier père de vouloir bien souscrire son adhésion à ce que nous procédions aux estimations dont il s'agit, lequel a signé.

    Nous avons examiné ces deux propriété et évalué comme il suit les objets qui en dépendent, prenant en considération la proximité de la rivière ou son éloignement, et l'indemnité à accorder au fermier actuel d'une partie de la principale maison et du jardin des Dames Budes.

    MANUFACTURE DES DAMES BUDES

    Nous avons commencé nos opérations par l'examen de la maison connue sous le nom des Dames Budes située côté méridionnal de la rue et faubourg de la Guerche de la ville de Rennes sous le n°30 : nous avons reconnu que le tout consiste en plusieurs corps de bâtiments, une grande cour ayant son issue vers la rue, un grand jardin au midi de la principale maison et un petit jardin entre de vieux bâtiments situés vers la rue, et une aile du grand bâtiment.

    La grande cour servant d'entrée principale à la maison, fermée au nord par un mur donnant sur la rue, et des autres côtés par les maisons, renferme deux puits : elle contient en superficie treize ares trente centiares que nous avons estimé au capital de sept cent cinquante francs.

    Bâtiment neuf des Dames Budes :

    Le principal bâtiment ayant la cour au nord, et des jardins au midi a été construit depuis cinquante ans ; il a les angles et les ouvertures en pierre de taille, le reste est construit en moilon. Les couvertures sont en ardoises, il a deux ailes des côtés orient et occident de même construction. Il est double et a de façade quarante trois mètres cinquante trois centimètres sur dix sept mètres cinquante quatre centimètres. Sa hauteur est de onze mètres quatre centimètres sous la corniche. Il consiste en caves sous une portion de la maison, en un rez-de-chaussée, un entresol, un premier étage, un étage en mansarde et un grand grenier sur tout le bâtiment.

    Caves :

    Les caves sises sous partie des pièces d'angle orient et nord du bâtiment n'ont qu'un mètre cinquante centimètre de hauteur sous soliveaux passants. Elles ont remplies d'eau faute de conduit qui puisse en procurer l'évacuation. Elles sont desservies par un encavage et un escalier du côté de la cuisine ; elles consistent en quatre caves et cinq caveaux éclairés au nord par des soupiraux que nous avons estimé valoir trois cents francs.

    Rez-de-chaussée :

    Le rez-de-chaussée du principal bâtiment où règnent trois escaliers avec leurs vestibules dont un au milieu, les deux autres à chaque avant-corps, est composé de corridors qui règnent tout le long du grand corps, et dans les ailes il y a du côté nord une cuisine, une pièce avec un four, onze chambres à feu, trois chambres sans cheminée dont une servait de sacristie, un cabinet de toilette et quatre garde-robes. Dans la façade du midi est une grande chambre dont on a défait les cloisons qui en faisaient ci-devant une distribution diférente, un réfectoire, un grand vestibule et une grande pièce servant de chapelle, le réfectoire et la chapelle montant jusqu'au 1er étage ; partie de ces pièces ont le plancher inférieur en parquet et plancher, et portion en carreaux de terre cuite, quelques unes ont des lambris à hauteur d'apui et d'autres montent jusqu'au haut, la plupart sont plafonnées et quelques unes ont des armoires d'attache. Nous estimons tout le rez-de-chaussée y compris les latrines une somme de six mille deux cents francs.

    Entresols :

    Les entresols desservis par les trois escaliers dont il a été parlé ci-dessus et par des corridors qui règnent au milieu du grand bâtiment et dans les ailes, sont composés de douze chambres à cheminées, sept sans cheminée, quatre cabinets de toilette, cinq garde-robes et cabinets de latrines aux deux extrémités ; quatre des dites chambres sont en mansardes avec deux greniers auxquels on communique par une échelle en levant une trape. Les planchers inférieurs sont presque en totalité an carreaux de terre cuite, l'ensemble ont le plancher supérieur plafonné, d'autres en soliveaux. On estime ces entre-sols une somme de quatre mille francs.

    1er étage au dessus de l'entresol :

    Le premier étage au-dessus de l'entresol est distribué de la même manière que les étages inférieurs : on y communique par les trois escaliers qui [touchent] les corridors qui desservent quinze chambres à cheminée, et sept sans cheminée, quatorze garde-robes, dix passages, neuf cabinets dont quelques uns ont des jours éloignés, deux grands cabinets de latrines : ces chambres sont plafonnées et le plancher inférieur est en carreaux de terre cuite. Nous estimons ce premier étage une somme de quatre mille huit cent francs.

    Étage en mansarde :

    L'étage en mansarde est desservi par les escaliers aux deux ailes du bâtiment lesquels communiquent aux corridors. Cet étage contient quinze chambres à cheminée et neuf sans cheminée, quinze cabinets, onze garde-robes et deux cabinets de latrines. Les planchers supérieurs sont en soliveaux passants et inférieurs en carreaux de terre cuite, nous estimons set étage trois mille deux cent francs.

    Grand grenier :

    Il règne un grand grenier sur la totalité des mansardes dont le comble à deux égouts est à la française avec croupes aux extrémités orient et occident. Il ne règne aucune cloisons ; il est traversé par les tuyaux et souches de cheminées. Au milieu est un petit escalier en échelle de meunier qui communique à une [] petite campanille ou clocher dont le plafond est en plomb et la hauteur d'apui en balcon de fer quarré. Ce grenier est desservi par les escaliers des deux extrémités. Nous estimons ce grenier en égard à la couverture, six cents soixante francs.

    Cabinets servant d'oratoire :

    A l'orient et à l'occident du grand corps de bâtiment ci-dessus mentionné, sont deux petits [aitrés] construits en pans de bois et terrasses, couverts en ardoises ayant portes et fenêtres, plafonnés et carrelés en carreaux de terre cuite ; ils donnent sur une des terrasses du jardin. Nous les estimons cinquante francs.

    Anciens bâtiments à l'angle orient et nord de la cour  :

    A l'angle nord et orient de la cour du portail d'entrée, il existe diférents corps de maisons construits en moelons, pans de bois et terrasses et couvertures en ardoises : ils sont en assez mauvais état et seront susceptibles d'être rescindés lorsqu'on les reconstruira pour donner une plus grande largeur à la rue de la Guerche ; ils ont leur dégagement par la rue et la cour.

    Le premier distribué en deux pièces séparées par une cloison en plancher, dont une à cheminée, un appentis avec grenier au-dessus, à la suite et vers orient une grande allée, un escalier en bois et à vis servant à communiquer à une chambre de onze mètres sur cinq mètres avec un cabinet de latrines joignant le rez-de-chaussée.

    A la suite et au côté d'orient des pièces ci-dessus une suite de petits bâtiments anciens formant ci-devant la basse cour, composée d'un corridor servant de passage à un cellier et à un second corridor au nord duquel est un second cellier (+dans lequel est un escalier, un 3ème corridor+). A l'extrémité de ces corridors est une grange de onze mètres sur cinq mètres sans grenier, au joignant de la dite grange du côté de la cour deux petites constructions en appentis servant de poulailler et de refuge à porcs. Les planchers supérieurs sont en poutres et soliveaux, les inférieurs en terre battue.

    Les étages supérieurs de ces maisons se desservent par l'escalier à vis ci-dessus dit et consistent en cinq chambres à cheminées, trois cabinets et un cabinet de latrines et quatre greniers, les planchers supérieurs sont en poutres et soliveaux, les inférieurs en carreaux de terre cuite. Tous ces corps de bâtiments sint estimés ensemble deux mille trois cents francs.

    Anciens bâtiments à l'occident de la cour :

    A l'occident du portail d'entrée et à l'angle occident et nord de la cour se trouvent une suite de bâtiments construits en murs de pierres, pans de bois et terrasses, les couvertures en ardoises. Toutes ces constructions qui ne sont pas en bon état bordant la rue de la Guerche seront rescindés lors de leur reconstruction vu le peu de largeur de la rue. Ils sont composés de différents corps de bâtiments ayant un rez-de-chaussée, un premier étage et greniers au-dessus. Le rez-de-chaussée composé de trois chambres à cheminée, trois sans cheminée, une ancienne chapelle, vestibule, cabinet, gallerie, corridor, allée et cabinet de latrines ; les planchers supérieurs en poutres et soliveaux, les inférieurs en carreaux de terre cuite et plancher. Le premier étage au-dessus du rez-de-chaussée ci-dessus composé de trois chambres à cheminée, dix chambres sans cheminée, deux corridors, trois cabinets, un escalier et quatre greniers, les planchers inférieurs en carreaux de terre cuite, les supérieurs en poutres et soliveaux ; de plus, une grande gallerie servant de communication du parloir sur la rue au grand corps de bâtiment, sans doublage, carrelées de carreaux de terre cuite. Nous estimons toutes ces constructions deux mille sept cent quatrevingt francs.

    Petit jardin sans arbres :

    Entre les bâtiments à l'occident de la cour dont il vient d'être parlé, le grand bâtiment et le jardin ci après, se trouve un terrain au milieu duquel il y a un puits lequel a été employé en jardin quoique sans arbres : il contient une superficie de quatre ares vingt cinq centiares lequel nous estimons trois cent francs.

    Grand jardin :

    Au midi du grand corps de bâtiments construit à neuf se trouve un très grand jardin avec terrasses et bosquets, ayant à l'orient une partie irrégulière, le jardin en bon raport bien cultivé avec arbres en espaliers et allées. Il est entouré de murs à l'orient et au midi, lesquels paraissent être dépendants de la dite propriété. Il se trouve au fossé rempli d'eau bordant une partie des murs ; on a pratiqué une porte dans le dit mur pour puiser de l'eau. A l'occident se trouve un [carrelis] en mauvais état dont partir est dépendante des propriétés voisines, et l'autre partie du dit jardin. Ce jardin contient une superficie d'un hectare quarante cinq aressoixante dix sept centiares, lequel nous estimons une somme de douze mille francs.

    Total de Dames Budes : 37340 fr 00.".

Références documentaires

Documents d'archives
  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série H ; 34 H (1 à 4). Filles de la Sainte-Vierge dites Dames Budes.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série C ; C 251. Ville de Rennes, acquisitions des Dames Budes (1757-1758) .

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série V ; 1.V.1478.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série Q ; 1.Q.890. Biens de première origine Clergé régulier (1791-an II) ; 2.Q.266, Direction des Domaines Suppression des congrégations religieuses.

  • A. D. Ille-et-Vilaine. Série Y ; 1.Y.144. Suppression du dépôt de mendicité de Rennes.

  • A. C. Rennes. Série P ; P3. Dames Budes : acquisitions de terrains et d'immeubles, dons et legs, correspondances, état des congrégations religieuses de femmes (1807-1948) .

Documents figurés
  • Plan du terrain destiné aux Dames Budes, rue Saint-Hélier par la Communauté, plan, par Chocat de Grandmaison, 1757, 1/565e (A.D. 35, Fonds de l'Intendance, C 251/02).

  • Plan du terrain destiné aux Dames Budes, rue Saint-Hélier par la Communauté, plan, 1757, 1/186e (A. D. 35, Fonds de l'Intendance, C 251/03).

  • Plan du rez-de-chaussée de l'escalier à construire à la Retraite, plan, 1758, 1/25e (A. D. 35, Fonds de l'Intendance, C 251/05).

  • Plan du même escalier pour le premier étage qui servira pour le second et le troisième étage au dessus, plan, 1758, 1/25e (A. D. 35, Fonds de l'Intendance, C 251/06).

  • Elévation d'un des côtés de l'escalier, plan, 1758, 1/29e (A. D. 35, Fonds de l'Intendance, C 251/07 et C 251/08).

  • [Plan et coupe des latrines à construire dans l'ancienne maison des Dames Budes], plan, 1758, 1/29e (A. D. 35, Fonds de l'Intendance, C 251/09).

Bibliographie
  • GUILLOTIN DE CORSON, Abbé. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes.

    1882, tome 3, p.241-242
  • POCQUET DU HAUT-JUSSE, Barthélémy-Antoine. Visites et excursions à Rennes et aux alentours. Mayenne : Joseph Floc éditeur, 1974.

    p.143-145
  • PALYS, Elie de (comte). Les Dames Budes, 1891.

  • PALYS, Elie de (comte). Les Filles de la Sainte Vierge, éd. Frain fils, 1877.