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Corps de garde crénelé, batterie de Taillefer (Le Palais)

Dossier IA56132127 inclus dans Batteries, Pointe de Taillefer (Le Palais) réalisé en 1974

Fiche

Le réduit de la batterie de Taillefer est un exemplaire du plan-type courant de corps de garde n° 2 adapté pour 30 hommes. Son originalité réside dans son intégration à une batterie des années 1880.

Précision dénomination corps de garde crénelé servant de réduit à une batterie d'artillerie de côte
corps de garde défensif
Parties constituantes non étudiées caserne, poudrière, cuisine, citerne, mur défensif
Dénominations corps de garde, réduit
Aire d'étude et canton Bretagne Sud
Adresse Commune : Palais (Le)
Lieu-dit : Pointe de Taillefer
Cadastre : ZD 469

Le réduit attribué par la Commission de défense des côtes de 1841 à la batterie de Taillefer est un corps de garde défensif n° 2.

Dès 1846, l'Inspecteur-général du génie en tournée, le général Berthois, demande la construction d'un corps de garde crénelé adapté à la contenance de 30 hommes correspondante à l'armement prévu pour la batterie. Le Comité des fortifications, dans son avis du 11 juillet 1848 appuie cette demande et suggère d'utiliser le nouveau plan-type de corps de garde pour 30 hommes. C'est d'après ce type qu'est construit le bâtiment en 1859-1860.

Lors de la refonte de la batterie vers 1880, il est conservé mais perd le parapet de sa terrasse pour être intégré dans un massif terrassé. A la fin du 19e siècle il sert de magasin de munitions et de matériel à la batterie moderne.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Dates 1859, daté par source
1860, daté par source
Auteur(s) Auteur : Génie

Le corps de garde crénelé de la batterie de Taillefer est conforme au type adapté pour 30 hommes du corps de garde n° 2 pour 40 hommes de la circulaire du ministère de la Guerre du 31 juillet 1846. Ce type obtenu par réduction de la largeur est introduit en 1847 pour la construction du corps de garde de la batterie de l'Ilette de Kermorvan près du Conquet, et largement employé par la suite dans d'autres ouvrages du littoral, notamment dans les batteries de La Ferrière et du Bugull à Belle-Île.

Son aspect actuel est fortement marqué par son intégration dans une batterie des années 1880. Afin de le soustraire aux tirs du large, il a été intégré dans un fort massif de terre l'entourant sur trois côtés. Seule sa face sud-ouest est laissée libre et se confond avec l'escarpe de l'enceinte défensive de la batterie. Une galerie maçonnée voûtée en demi-cintre cours le long des trois faces enterrés du bâtiment et communique avec l'extérieur par deux plans inclinés voûtés opposés. Deux puits de lumière débouchent dans cette galerie.

La transformation du corps de garde crénelé en magasin à la fin du 19e siècle a entraîné le percement d'un porte dans l'ancien magasin d'artillerie, ainsi que d'une fenêtre semi-circulaire dans un des magasins à poudre.

Les matériaux utilisés sont le schiste local pour les moellons et le granite importé du continent pour les pierres de taille. A la différences d'autres ouvrages fortifiés contemporains sur Belle-Île, le calcaire n'a pas été employé.

Les sols dallés de pierre de l'ancienne cuisine et de l'ancien magasin d'artillerie sont bien conservés. D'autres éléments anciens comme des huisseries sont encore visibles, bien que l'état général de l'ouvrage souffre de son abandon.

L'inscription "Batterie de Taillefer" est encore lisible au dessus de la porte d'origine, mais la date de construction est masquée par la voûte de la galerie périphérique.

Murs schiste moellon
granite pierre de taille
Toit terre en couverture
Plans plan rectangulaire régulier
Couvrements voûte en berceau plein-cintre
voûte en berceau segmentaire
Typologies corps de garde crénelé type 1846 n° 2 modifié pour 30 hommes modèle n° 1
États conservations désaffecté, état moyen
Mesures l : 19.7 m
la : 10.45 m
Statut de la propriété propriété de la commune
Éléments remarquables corps de garde
Sites de protection loi littoral, site classé, zone naturelle d'intérêt écologique faunistique et floristique
Protections inscrit MH, 2000/10/30
Précisions sur la protection

Inscription de l'ensemble de la batterie de Taillefer

Annexes

  • Propositions de la commission de 1841 pour la batterie de Taillefer.

    Armement proposé par la commission de 1841.

    Belle-Ile.

    [...]

    Batterie de Taillefer.

    La batterie de Taillefer sera restaurée.

    [...]

    La batterie sera armée de 6 bouches à feu :

    - 3 canons de 30

    - 3 obusiers de 22c

    dont 2 tirant sur le mouillage de Port Jean et de Port Fouquet, 2 sur les approches du mouillage du Palais & 2 au large.

    Elle aura pour réduit un corps de garde défensif n° 2.

    Elle sera classée de 3e importance.

    La batterie de Taillefer est située sur un cap très saillant, et d'où l'on découvre parfaitement l'espace compris jusqu'à la citadelle. Cette batterie appuie la gauche de la position du Palais, offre une protection aux bâtimens qui doublent la pointe N de l'Ile, et peut assurer le mouillage devant Port Jean et Port Fouquet.

    (Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives de l'Artillerie ; Sous-série 3 W, Opérations militaires : 3 W 32, Documents concernant le 3e arrondissement maritime (Lorient). Projet d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles. Titre III : Projet d'armement du 3e arrondissement maritime (Lorient), 1841-1843, p. 139-140)

  • Préconisations du Comité des fortifications pour les corps de garde crénelés pour 30 hommes (batterie du Gripp, Groix), 1847.

    Il convient en effet, comme le Comité l'a fait plusieurs fois déjà, de modifier dans ce cas particulier, le type n° 2 de corps-de-garde, de manière à ne lui laisser qu'une contenance de 30 hommes, suffisante pour les canonniers qui doivent servir les 6 pièces de la batterie ; mais, au lieu de réduire la longueur du bâtiment pour atteindre ce but, comme le demande le Chef du Génie, c'est sa largeur que l'on diminuera, et l'on se conformera, à cet égard, aux dispositions du croquis annexé à l'avis, qui représente le plan du corps-de-garde adopté dans une même circonstance, en 1846, pour le réduit de la batterie de l'ilet de Kermorvan (chefferie du Conquet).

    (Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 582, Registre des avis du Comité des fortifications sur le crédit général pour la défense des côtes, 1846-1849. Séance du 3 mars 1847, Place de Port-Louis.)

Références documentaires

Documents d'archives
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives de l'Artillerie ; Sous-série 3 W, Opérations militaires : 3 W 32, Documents concernant le 3e arrondissement maritime (Lorient). Projet d'armement des côtes de la France, de la Corse et des îles. Titre III : Projet d'armement des côtes du 3e arrondissement maritime (Lorient), 1841-1843.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 3 W 32
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 42, Travail de la commission d'armement des côtes sur les frontières maritimes, 1844. Avis du Comité des fortifications du 7 novembre 1844.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 42
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 577. Commission de défense des côtes : tableau faisant connaître le nombre, l'armement et le classement des batteries de côtes des 1er (Cherbourg), 2e (Brest), 3e (Lorient), 4e (Rochefort) et 5e (Toulon) arrondissements maritimes, de la Corse, de l'Algérie et des colonies, 1860-1862.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 577
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 8, Places françaises et d'Algérie : 1 VH 292, Place de Belle-Île-en-Mer, projets et dépenses annuels, 1847. Direction du Génie de Nantes, Place de Belle-Ile, Inspection générale de 1846, extrait des ordres laissés par M l'Inspecteur général en tournée, 14 janvier 1847.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VH 292
  • Service historique de la Défense, Département Marine, Lorient. Archives de la Place et du Génie de Belle-Île-en-Mer ; Sous-série 4 S2, archives du Génie de Belle-Île-en-Mer : 4 S2 52, Direction du Génie de Brest, Place de Belle-Île, Règlement général et définitif des dépenses faites pour les fortifications de la place de Belle-Île (défense des côtes) pendant l'exercice 1860, 1er juin 1861.

    Service Historique de la Défense de Lorient : 4 S2 52
  • Service historique de la Défense, département Armée de Terre, Vincennes. Archives du Génie ; Article 12, Avis du Comité : 1 VK 41, Mémoires généraux sur les frontières maritimes, 1853-1885. Rapport sur la situation des travaux de défense des côtes à la fin de l'exercice 1861.

    Service Historique de la Défense du Château de Vincennes : 1 VK 41
Bibliographie
  • LE POURHIET-SALAT, Nicole, La défense des îles bretonnes de l´Atlantique, des origines à 1860, Vincennes, Service Historique de la Marine, 1983, 2 vol. : XLV-375 p. XXV pl.

  • FAUCHERRE, Nicolas, PROST, Philippe, CHAZETTE, Alain (sous la dir. de), Les Fortifications du littoral, La Bretagne Sud, Chauray-Niort, 1998, 279 p., collection : les fortifications du littoral. ISBN 2-910137-24-4.

  • TRUTTMANN, Philippe (Colonel), Les derniers châteaux forts, les prolongements de la fortification médiévale en France 1634-1914 , Thionville, Klopp, 1993, 253 p. ISBN 2-906535-75-3.

Périodiques
  • CHAURIS, Louis, Nature et provenance des pierres mises en œuvre dans les ouvrages défensifs à Belle-Île (Morbihan), Bulletin de l'association bretonne, 2011, CXX, p. 285-302.