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Cités ouvrières, la Mine (Trémuson)

Dossier IA22003764 inclus dans Ensemble d'industrie extractive dit mine de plomb argentifère de Trémuson réalisé en 2005

Fiche

La construction de ces maisons, à partir de 1924, avait tout d'abord comme objet de loger la population étrangère qui venait de toute l'Europe. Un logement permettait de fixer la population. C'était une garantie supplémentaire pour que les étrangers restent travailler à la mine. Le nombre de maisons construites s'est rapidement accru atteignant le chiffre de 70 environ. Formant ainsi un véritable village qui en 1928 abrite 1 000 personnes alors que le bourg de Trémuson ne comprend que 700 habitants, le village des mines devient donc le plus grand lieu de peuplement sur la commune.

En 1931, un document indique qu'au centre des Boissières, il y a « 79 maisons ouvrières comprenant 130 logements et 75 jardins » tandis qu'à la ville-Alhen la cité minière est beaucoup moins importante, il n'y a que « 39 maisons comprenant 62 logements avec 30 jardins ». Thirion et Averan apportent des précisions sur ces différentes maisons : « 9 pavillons pour les chefs de service, 69 pour les chefs de poste et les ouvriers, 15 corons de 12 pièces chacun et abritent environ un millier d'habitants ».

Les murs ainsi que les toitures étaient en fibro ciment. C'est une entreprise de Poissy dans les Yvelines qui était chargée de les construire. Elles se construisaient très rapidement ; il fallait à peine quinze jours pour édifier deux maisons. Ces maisons avaient toutes la même allure. Elles avaient une base en agglos sur lesquels on posait les plaques de fibro ciment ce qui rendait l'assemblage beaucoup plus aisé et extrêmement rapide.

Il existe trois types de maisons. L'attribution de ces maisons se faisait d'après le nombre de personnes qui composait la famille. Aux jeunes couples, on attribuait des petites maisons. Ces maisons étaient composées d'une seule pièce. Toutefois à l'intérieur de cette même pièce avait été élevées des murs de séparation pour donner l'impression d'avoir plusieurs pièces, mais il n'y avait pas de portes. La maison mesurait environ 4m x 5m. Il y avait trois grandes fenêtres et on accédait à la maison par un petit escalier.

Pour les familles plus importantes, de quatre personnes, on attribuait des maisons un peu plus grandes. Elles mesuraient 7,50m X 5m.

Ce type de maison comportait trois pièces, une grande pièce, lieu de vie principale. Les deux autres pièces servaient de chambre et étaient complètement fermées.

Le troisième type de maison était en quelque sorte, le même que le type n°2 mais amélioré puisqu'il y avait un étage. Ce genre de maison était réservé aux grandes familles. Elles avaient d'ailleurs les mêmes dimensions 7,50m X 5m.

A l'étage, il y avait le même nombre de pièces que la maison précédente c'est à dire deux chambres et une pièce principale qui toutefois étaient disposées de manière différente. Les deux chambres étaient accolées. A côté de ces chambres, il y avait un escalier qui permettait de descendre au rez-de-chaussée. Le rez-de-chaussée de ces maisons n'est pas forcément visible de la route. En effet pour certaines maisons, il est enterré ou a demi-enterré. Dans certains cas il sort complètement de terre et est donc visible de la route. Ce rez-de-chaussée est une pièce immense. Pour les grandes et nombreuses familles, on peut supposer que cette pièce faisait office de grande chambre. Le rez-de-chaussée pouvait servir de cave pour les moins nombreux, il pouvait également faire office de pièce principale.

Dans ces grandes maisons, on pouvait accéder au premier étage directement par un escalier situé à l'extérieur, il en est de même pour le rez-de-chaussée lorsqu'il était à demi-enterré. Le fait qu'il y ait deux entrées bien distinctes laisse supposer également que deux familles pouvaient vivre dans cette maison. Mais ceci n'est qu'une supposition, mais ce qui nous fait affirmer ceci, c'est qu'il y avait « 79 maisons comprenant 139 logements ».

Ces maisons n'ont pas eu comme unique but de loger les familles étrangères, des familles françaises ont également résidé aux mines.

Toutes les familles n'étaient pas logées dans des maisons, certaines étaient logées dans des corons, il y avait quinze corons qui étaient constitués chacun de 12 pièces. Ces corons permettaient de loger un grand nombre de personnes.

Cet ensemble n'était pas uniquement une cité ouvrière, certains responsables de la mine y ont également résidé. Ils avaient exactement le même type de maison que les ouvriers, le seul élément qui changeait c'était le confort. En effet, les chefs de poste et les ouvriers avaient le droit aux mêmes maisons et aux même prestations : c'est à dire l'eau courante et le chauffage (un poêle à charbon était dans chaque maison) étaient à la charge de la mine. Quant aux chefs de service, ils avaient une salle de bain avec lavabo et douche en plus, ainsi que les toilettes dans la maison. Les autres maisons n'avaient pas le droit à ces avantages.

Les maisons n'étaient pas offertes à titre gracieux par la direction de la mine. Les habitants des mines payaient un loyer.

L'électricité n'était pas installée dans les maisons. Elle éclairait la mine et ses lieux publics depuis 1924, alors queTrémuson n'aura l'électricité qu'en 1927. Pour éclairer leur maison, les mineurs avaient le droit d'emmener chez eux leur lampe à carbure, le pétrole était fourni par la mine. La mine fut la première à recevoir le service des postes, une boîte aux lettres fut installée en 1928.

Dénominationscité ouvrière
Aire d'étude et cantonArrondissement de Saint-Brieuc - Plérin-sur-Mer
AdresseCommune : Trémuson
Adresse : La mine
Précisionsoeuvre située en partie sur la commune Plérin

Les cités ouvrières ont été construites à partir de 1924. Elles sont toujours utilisées comme maisons.

Période(s)Principale : 1er quart 20e siècle
Dates1924, daté par travaux historiques

Pour la description : voir texte associé.

Mursciment amiante
Toitciment amiante en couverture
Étagessous-sol, rez-de-chaussée surélevé
États conservationsrestauré
Statut de la propriétépropriété privée