Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Château La Fosse Hingant (Saint-Coulomb)

Dossier IA35004296 réalisé en 1999

Fiche

Œuvres contenues

Philippe Bonnet, à l'occasion de la Commission régionale du patrimoine historique, archéologique et ethnographique du 28/01/1993

La Fosse-Hingant, est une demeure chargée d´histoire, dont l´architecture conserve les traces. La terre est connue depuis 1418 comme relevant de la seigneurie du Plessix-Bertrand et l´on connaît parfaitement la succession des propriétaires depuis cette date jusqu´à nos jours. Mais l´histoire de la demeure en elle-même est fort peu documentée et a surtout été très peu étudiée ; à part l´ancienne propriétaire, Mme de Dieuleveut, tous les propriétaires depuis une trentaine d´années ont refusé toute visite de leur demeure. Les éléments historiques connus et les photographies conservées dans l´ancien dossier de recensement permettent cependant d´en retracer les grandes lignes.

Le logis actuel ne semble pas remonter au-delà des premières années du 18e siècle. Quelques auteurs avancent l´hypothèse du 17e siècle : dans ce cas, il s´agirait des toutes dernières années du siècle (l´utilisation du toit à croupe sur les pavillons pourrait confirmer cette hypothèse). En effet, l´architecture du logis antérieur aux modifications du 19e siècle, telle qu´on peut essayer de la reconstituer, est tout à fait représentative d´un modèle de malouinières de moyenne importance, tel qu´il aboutit vers 1720-1730 : un corps central à deux niveaux plus combles et trois ou cinq travées, flanqué de deux pavillons, séparant nettement la cour au nord du jardin au sud. On sait en outre que la terre fut achetée en 1657 par Olivier Trublet, sieur des Champs, membre d´une des plus vieilles familles de la bourgeoisie malouine, qui l´a transmise à son fils François, commissaire général de la marine à Saint-Malo de 1732 à 1739, et qui a été le premier à prendre le titre de sieur de la Fosse-Hingant : il semble légitime de voir en lui le fondateur de la malouinière.

Après être passée par alliance à la famille Désilles, liée au complot de la Rouërie, et après le drame auquel elle a laissé son nom, la Fosse-Hingant est abandonnée, puis louée à un fermier avant d´être vendue en 1821 à Emmanuel Hippolyte Le Joliff. La propriété subit alors une vaste campagne de travaux : le corps central du logis est remodelé dans l´esprit des maisons de la campagne toscane, il est complété par un avant-corps à deux tourelles carrées, et remanié : percements de nouvelles fenêtres et modification des ouvertures anciennes, sans cependant en modifier l´emplacement, ce qui donne une façade assez déséquilibrée : l´avant-corps vient s´appuyer juste au bord des fenêtres situées de part et d´autre. Le toit pourrait avoir été modifié, mais seule une visite de la charpente permettrait d´en avoir la certitude. Les quelques témoignages que l´on possède permettent de supposer l´existence d´un décor intérieur homogène, datant de la Restauration, au moins au rez-de-chaussée, mais là encore, aucune certitude n´est possible sans une visite des lieux. Le témoignage transmis par un des membres de la famille propriétaire permet cependant d´affirmer qu´il n´y a eu aucune modification depuis le début de ce siècle.

La rénovation du logis est suivie par une modification de la cour, agrandie et complétée par la construction du pavillon en forme de temple néo-classique, à portique dorique, dont l´architecture originale est un exemple unique dans la région de Saint-Malo. Les recherches n´ont pas permis pour l´instant de connaître l´architecture auteur de ces travaux.

En définitive, si la Fosse-Hingant ne peut plus prétendre être représentative de l´architecture des malouinières, elle semble en revanche être l´un des rares exemples d´une architecture de la Restauration dans la région de Saint-Malo, et un exemple assez complet si les décors intérieurs correspondent bien à ce que nous supposons. Cet intérêt, la qualité de l´architecture du « tempietto » et l´intérêt historique de la demeure justifient pleinement une inscription à l´Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques.

Parties constituantes non étudiées chapelle, colombier, remise, jardin, clôture de jardin, communs
Dénominations château
Aire d'étude et canton Ille-et-Vilaine - Cancale
Adresse Commune : Saint-Coulomb
Lieu-dit : la Fosse Hingant
Cadastre : 1982 P 3-14
Ancien manoir appartenant aux Trublet puis aux Desilles de 1657 à la Révolution ; remanié au début du 18e siècle lors de l'édification de la malouinière probablement par François Trublet, commissaire général de la marine à Saint-Malo de 1732 à 1739, et enfin remodelé à partir de 1821 dans l´esprit des maisons de la campagne toscane.
Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle
Secondaire : 1er quart 19e siècle
Dates 1821, daté par source

Données complémentaires architecture IP35

HYPOI sans objet
HYPOE sans objet
PHYPO malouinière type château
SCLE1 1ère moitié 18e siècle
IAUT sans objet
ICHR typicum
IESP typicum région ou pays
ICONTX intégré
SEL sélectionné
Statut de la propriété propriété d'une personne privée
Protections inscrit MH, 1995/03/20
Précisions sur la protection

Logis, chapelle, tempietto, cour avec ses murs de clôture (cad. P 5,6) : inscription par arrêté du 20 mars 1995.

Références documentaires

Documents figurés
  • Feuille cadastrale de la section D1 dite de la Tiolais. Levée par Demolon, géomètre, [1828], échelle 1/2500e. (A.D. Ille-et-Vilaine : 3 P 5487).

Bibliographie
  • BANÉAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine. Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1927.

    p. 363 Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)
  • SEGOGNE, Henry de, [et al.] Ille-et-Vilaine. Paris : Éditions artistiques françaises, 1962.

    p. 80-81
  • MONIER, Mathurin-Eugène. Quinze promenades autour de Dinan. Rennes : Imprimerie Bretonne, 1956.

    p. 519-524
  • [Exposition. 1975]. Les malouinières : exposition itinérante, organisée avec le concours de la Société d'histoire et d'archéologie de Saint-Malo et de la ville de Saint-Malo, 1975. Réd. Françoise Hamon. Rennes : Commission régionale d'inventaire de Bretagne, 1975.

    p. 21

Liens web